Zone euro : faiblesse persistante de la croissance économique en 2019

Dans la zone euro, la croissance économique est restée atone au troisième trimestre 2019 (0,2% après 0,2% au T2), affectée par la faiblesse de l’investissement et des exportations dans un contexte mondial difficile. Parmi les principaux pays de la zone euro, le rythme de croissance est resté stable en France (0,3%), en Italie (0,1%) et en Espagne (0,4%), alors que l’économie allemande a échappé de justesse à une récession technique avec une légère hausse de son PIB (0,1% après -0,2%). Dans ce sillage, le FMI a réduit les perspectives de croissance de la zone euro pour les ramener à 1,2% pour 2019 et 1,4% pour 2020 contre 1,9% réalisée en 2018. Les risques pesant sur les perspectives de croissance restent élevés, englobant notamment la menace protectionniste, les incertitudes liées au Brexit, les vulnérabilités des marchés émergents et les facteurs géopolitiques. Toutefois, la résilience de la consommation dans la zone euro continuera de bénéficier des gains significatifs de pouvoir d’achat des ménages, à la faveur de la hausse continue de l’emploi et des salaires, de la faiblesse de l’inflation et de l’importante relance monétaire de la BCE. Les derniers indicateurs conjoncturels signalent un ralentissement de la croissance de la production industrielle (+0,1% septembre après +0,4% en août) et des ventes de détail (+0,1% après +0,6%). Par ailleurs, la croissance de l’activité du secteur privé reste faible, comme le montre l’indice PMI composite (50,6 en octobre après 50,1 en septembre). La croissance modérée dans le secteur des services (52,2 après 51,6) contraste, toutefois, avec la forte contraction continue dans le secteur manufacturier (45,9 après 45,7). Parmi les principaux pays de la zone euro, la France a enregistré la meilleure performance en termes de croissance de l’activité globale (52,6 après 50,8), l’Espagne a affiché son rythme de croissance le plus faible depuis près de six ans (51,2 après 51,7), l’Italie n’a connu qu’un rythme de croissance marginal (50,8 après 50,6), alors que l’Allemagne reste enfoncée en zone de contraction (48,9 après 48,5). La confiance économique dans la zone euro a poursuivi sa baisse en octobre, comme le montre l’indice ESI de la Commission européenne (-0,9 point à 100,8). Parmi les plus grandes économies de la zone euro, l’ESI a connu une baisse importante en Espagne (-3,0 points), tandis qu’il est resté globalement inchangé en Allemagne (-0,2), en France (-0,1) et en Italie (+0,1). La confiance s’est notamment dégradée dans les secteurs de l’industrie (-0,6), du commerce de détail (-0,9) et des services (-0,5) ainsi que pour les consommateurs (-1,1). Le taux de chômage dans la zone euro est resté stable à 7,5% septembre, son plus bas niveau depuis mai 2008. En glissement annuel, le taux chômage a enregistré une nette baisse dans la zone euro (-0,5 point) et dans les principaux pays membres, à savoir l’Allemagne (-0,3 point à 3,1%), la France (-0,6 point à 8,4%), l’Italie (-0,4 point à 9,9%) et l’Espagne (-0,6 point à 14,2%). Sur le marché des changes, l’euro valait 1,11 dollar le 19 novembre, en hausse de 1,7% depuis son creux de fin septembre, ramenant ses pertes à 3,3% depuis début 2019. L’euro devrait rester faible, reflétant une atonie prolongée de la croissance et une orientation très accommodante de la politique monétaire dans la zone euro. L’inflation reste faible (0,7 en octobre après 0,8% en septembre). Dans un contexte de faiblesse des perspectives de la croissance économique et de l’inflation, la BCE a lancé un ensemble de mesures de relance, avec notamment une baisse des taux d’intérêt et une extension du programme d’assouplissement quantitatif. DEPF-Note de Conjoncture Nov 2019 (N°273)
Madagascar: La croissance économique devrait rester proche de 5% cette année (FMI)

« Malgré un ralentissement temporaire de l’activité au premier semestre, principalement dû à des retards d’exécution budgétaire, les perspectives macroéconomiques sont restées favorables », a déclaré Charalambos Tsangarides, à la tête d’une équipe du Fonds monétaire international (FMI) qui s’est rendue à Antananarivo du 11 au 25 novembre 2019. « Pour 2019, la croissance devrait augmenter à 4,8%, grâce au dynamisme du crédit et aux évolutions positives dans les secteurs des mines, des transports et des services », a indiqué le Chef de mission pour Madagascar. Pour 2020, les perspectives économiques restent positives et la croissance réelle devrait atteindre 5,2%, grâce à l’augmentation des dépenses publiques consacrées aux infrastructures, à la santé et à l’éducation, et au regain d’activité du secteur privé, notamment dans le tourisme, les autres services et l’industrie légère, a-t-il poursuivi. D’après l’équipe, qui a séjourné sur l’île pour y mener des discussions en vue de la consultation au titre de l’Article IV pour 2019 et pour la sixième et dernière revue du programme de réformes économiques de Madagascar soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), « la mise en œuvre du programme soutenu par la FEC qui expire au début de 2020 est restée satisfaisante. Les autorités ont rempli tous les critères de réalisation de juin 2019, ainsi que l’objectif indicatif relatif à la collecte des recettes fiscales ». Cependant, elle a estimé que l’objectif indicatif relatif aux dépenses sociales prioritaires financées sur ressources intérieures a été manqué, avec un écart important ; malgré une exécution récemment améliorée, l’objectif de la Loi de finances rectificative ne sera pas atteint. Par ailleurs, la banque centrale a continué avec succès à limiter la volatilité du taux de change et à soutenir l’accumulation progressive de réserves, ainsi qu’à gérer la liquidité bancaire au moyen d’interventions ciblées, contribuant ainsi à la stabilité macroéconomique. Tandis que le programme de réformes structurelles a progressé, à un rythme toutefois plus lent que prévu. Le FMI a également noté qu’en dépit de la renégociation réussie des marges de distribution sur les prix des carburants, l’écart persistant entre les prix de référence et les prix à la pompe a conduit à l’accumulation continue d’un léger passif envers les distributeurs. Saluant la détermination des autorités à renforcer la croissance, à améliorer la collecte des recettes et à favoriser l’inclusion sociale, la Mission a estimé que « la réduction de la pauvreté nécessitera une bonne exécution des dépenses publiques dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que la maîtrise des dépenses publiques moins prioritaires, telles que les subventions aux opérateurs pétroliers et au secteur de l’électricité ». La mission du FMI, qui appuie également les mesures en cours de réduction des coûts, notamment par la renégociation des contrats avec les fournisseurs d’électricité et de combustibles et par l’audit des arriérés de la compagnie publique, a souligné « la nécessité d’adopter un mécanisme de tarification reflétant l’évolution des prix mondiaux sur les prix à la pompe, et de régler le passif existant envers les distributeurs afin d’éviter des coûts budgétaires » . Enfin, elle a encouragé les autorités à continuer à améliorer la gouvernance, notamment en intensifiant la lutte contre la corruption, élément essentiel pour renforcer le climat des affaires et attirer les investissements privés. Martin Kam
La digitalisation joue un rôle prépondérant en matière d’impulsion de la croissance économique

La dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture » (n° 316) du Centre marocain de conjoncture (CMC) est disponible. Dans ce spécial consacré au numérique au Maroc et à sa stratégie de développement, le Centre note que le Maroc s’emploie à faire du numérique l’outil décisif du perfectionnement de sa compétitivité. « La volonté affichée par le Royaume laisse penser que les nouvelles technologies seraient à la base de la démocratisation de l’accès aux services financiers, de la réduction de l’ampleur du secteur informel et plus généralement d’une plus grande transparence dans l’implication des agents économiques et autres acteurs sociaux », souligne le CMC. Cependant, si l’accès à l’Internet et l’utilisation des réseaux sociaux enregistrent une évolution explosive, le Centre estime qu’il n’en demeure pas moins que des efforts importants restent à déployer pour permettre aux dispositifs numériques de jouer un rôle énergique dans la création d’emplois pour les jeunes et dans l’inclusion. Dans une note synthétisant les axes principaux de ce spécial, le Centre rappelle que le monde où nous vivons accorde une place de plus en plus large aux nouvelles technologies et soutient que « la digitalisation joue un rôle prépondérant en matière d’impulsion de la croissance économique dans ses différentes composantes sectorielles ». Pour le CMC, il ne fait aucun doute que la digitalisation s’impose désormais comme un atout incontournable de la valorisation des facteurs de production et un composant infaillible de l’attractivité des investissements dans le monde. « Le digital offre un immense potentiel qui peut rendre possibles de nouveaux modes de développement et aider les pays et les individus à accéder aux connaissances », poursuit le CMC. L’occasion de rappeler que les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont largement contribué à la modernisation de l’administration publique de par le monde où elles prennent toute leur place dans la réforme de l’Etat. Evoquant le cas du Maroc, le CMC rappelle que l’adoption des technologies numériques au sein de l’administration a déjà été amorcée depuis quelques années. Mais si d’importantes avancées ont depuis lors été réalisées, il n’en reste pas moins vrai qu’il a un retard à rattraper, fait-il savoir. Et de noter que « les entreprises comme les particuliers attendent de l’administration l’introduction de plus de cohérence, de souplesse dans leurs démarches administratives et plus d’efficacité et de transparence dans les services que l’administration leur offre et qu’elle s’adapte à leurs besoins qui s’accroissent et se diversifient à mesure que la société de l’information progresse. Des retards importants synonymes d’autant d’opportunités manquées, note également le Centre lorsqu’il évoque le haut débit dont la forte diffusion au Maroc « contribuerait à la réalisation des objectifs de développement visés : émergence, augmentation de la valeur ajoutée des exportations, emploi, etc., alors que la fracture du haut débit est pleine de menaces ». Si le haut débit apporte de multiples bienfaits à l’économie et à la société, force est de constater que « le pays souffre d’un sous-développement du secteur en comparaison avec des pays comparables et les pays de la région MENA », déplore le CMC. « La diffusion de l’Internet HD fixe est particulièrement faible, les services ADSL semblent pénalisés par la problématique du dégroupage de la boucle locale filaire majoritairement détenue par l’opérateur historique et les services de fibre optique sont encore sous-utilisés », constate-t-il. Qu’à cela ne tienne, le CMC note tout de même l’émergence d’une activité à fort potentiel de développement grâce au commerce électronique qui a enregistré ces dernières années une petite percée parallèlement au développement de l’activité monétique au Maroc. En effet, « la vente en ligne qui représente actuellement 1 % du montant global des paiements par carte bancaire est en progression au taux moyen de 35 % par an depuis 2015 », relève le CMC. En dépit d’un chiffre d’affaires encore limité, tout porte à croire que le commerce en ligne présente un potentiel de développement important qui ne cesse de se confirmer avec la progression des sites marchands ces dernières années. Il importe de soutenir ce mouvement à travers la levée des obstacles qui limitent encore l’offre et la demande sur ces sites à travers les réseaux du e-commerce et la mise en place de solutions de paiement en ligne adaptées aux besoins des consommateurs et entreprises. Alain Bouithy
La détérioration de la qualité de l’eau entrave la croissance économique

Améliorer la qualité de l’eau. C’est l’une des recommandations principales formulées par la Banque mondiale dans son nouveau rapport intitulé « Quality Unknown : The Invisible Water Crisis » (Qualité inconnue : l’invisible crise de l’eau). Dans ce document, rendu public mardi 20 août, l’institution de Bretton Wood s’alarme des risques que ferait courir la détérioration de la qualité de l’eau sur la croissance économique des pays aussi bien développés qu’en développement. « Le monde est confronté à une invisible crise de la qualité de l’eau qui réduit d’un tiers la croissance économique potentielle des zones fortement polluées et menace le bien-être humain et environnemental », note l’organisation dans son rapport. Si « l’eau propre est un facteur essentiel de croissance économique », comme le souligne le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, ce dernier fait savoir également que sa « détérioration entrave la croissance économique, aggrave les problèmes sanitaires, réduit la production de denrées alimentaires et exacerbe la pauvreté dans de nombreux pays ». Ainsi que le relève le rapport, le manque d’eau potable réduirait la croissance économique d’un tiers. Pour mieux apprécier les conséquences de la détérioration de l’eau potable, la Banque mondiale a constitué la plus grande banque de données au monde sur la qualité de l’eau à partir de statistiques relevées sur le terrain dans des stations de contrôle, au moyen de techniques de télédétection et selon le processus d’apprentissage automatique. Après analyse des données recueillies, il est apparu que « la conjonction de bactéries, d’eaux usées et de produits chimiques et plastiques peut extirper l’oxygène de l’approvisionnement en eau et transformer l’eau en poison pour les êtres humains et les écosystèmes ». Suite à de nombreuses observations, les auteurs de cette étude demandent que l’on accorde, au plan mondial, national et local, une attention immédiate à ces dangers qui menacent aussi bien les pays développés que les pays en développement. Pour David Malpass, « les pouvoirs publics doivent prendre d’urgence des mesures pour lutter contre la pollution de l’eau de sorte que les pays puissent croître plus rapidement de manière équitable et durable sur le plan environnemental». Et pour cause, lorsque la demande biochimique en oxygène -mesure de la quantité de pollution organique qui se trouve dans l’eau et mesure indirecte de la qualité globale de l’eau- dépasse un certain seuil, la croissance du PIB des régions situées en aval subit une baisse pouvant atteindre un tiers en raison des répercussions sur la santé, l’agriculture et les écosystèmes, explique la Banque mondiale dans un communiqué. Selon le rapport, financé en partie par le Partenariat mondial pour la sécurité de l’eau et l’assainissement (GWSP), l’azote est l’une des principales causes de la mauvaise qualité de l’eau. Répandu sous forme d’engrais sur les terres agricoles, cet élément finit sa course dans les rivières, les lacs et les océans où il se transforme en nitrates. Les enfants qui y sont exposés « dès leur plus jeune âge souffrent de problèmes de croissance et de développement cérébral qui ont des répercussions sur leur santé et, plus tard, sur leur capacité à gagner leur vie à l’âge adulte ». Autre risque, et non des moindres : le ruissellement et le déversement dans l’eau de chaque kilogramme d’engrais azoté supplémentaire par hectare sont susceptibles de relever dans une proportion pouvant aller jusqu’à 19 % le niveau de retard de croissance chez les enfants et de réduire de quelque 2 % leurs revenus à l’âge adulte en comparaison avec des enfants non exposés à ces produits, souligne l’organisation. Sur le plan agricole, le rapport fait remarquer que les rendements agricoles diminuent sous l’effet de l’augmentation de la salinité de l’eau et des sols résultant de sécheresses plus intenses, d’ondes de tempête et de l’accroissement de l’extraction d’eau. Ce qui est préoccupant d’autant plus que « la quantité de nourriture que l’humanité perd chaque année à cause des eaux salées permettrait de nourrir 170 millions de personnes », rappelle la Banque mondiale. Face à ces situations menaçantes, les auteurs dudit rapport recommandent diverses mesures pour améliorer la qualité de l’eau : politiques et normes environnementales ; évaluation exacte des charges polluantes ; systèmes efficaces d’application de la réglementation ; infrastructures de traitement des eaux facilitées par des mesures d’incitation en faveur de l’investissement privé ; communication d’informations fiables et exactes aux ménages pour encourager la participation citoyenne, entre autres. Alain Bouithy
Togo: la croissance économique s’est accélérée à 4,9 % en 2018, selon le FMI

Après une nette décélération en 2017, due aux tensions socio-politiques, la croissance économique du Togo s’est accélérée à 4,9 % en 2018, selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI) soulignant qu’elle devrait approcher 5½ % à moyen terme. L’inflation globale, qui devrait rester en deçà du critère de convergence de 3 % fixé par l’UEMOA, à moyen terme, s’est établie à 2 % en mars 2019 en glissement annuel. Tandis que le déficit des transactions courantes en 2017-18 a été nettement inférieures aux années précédentes et devrait rester autour de 4 à 5 % du PIB dans le moyen terme. Dans un communiqué, publié à l’issue des consultations avec ce pays de l’Afrique de l’Ouest au titre de l’article IV, l’institution de Bretton Woods estime que « le Togo a rempli le critère fixé par l’UEMOA pour le déficit budgétaire en 2017 et en 2018, deux années plus tôt que le calendrier arrêté par les pays membres ». Si la dette publique diminue par rapport au niveau enregistré lors de l’approbation du programme, le Fonds constate qu’elle reste la plus élevée parmi les pays membres de l’UEMOA. Alors que la capacité du pays à lever des fonds sur le marché obligataire régional s’est améliorée. Soulignons que le Conseil d’administration du FMI a salué la mise en œuvre globalement satisfaisante par le Togo de son programme économique appuyé par un accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et a approuvé un décaissement de 34 millions de dollars en faveur du pays. Ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à environ 174,94 millions de dollars. Si les services du FMI « notent avec satisfaction la reprise économique depuis 2018 et les progrès accomplis en matière de réformes structurelles », ils constatent, cependant, que les risques demeurent importants. En outre, les administrateurs estiment que « l’incertitude reste élevée surtout à cause des élections présidentielles prévues pour le premier semestre de 2020, et, au niveau régional, les risques sécuritaires se sont intensifiés récemment ». Martin Kam
Maroc: Décélération du rythme de la croissance économique

Le rythme de croissance de l’économie nationale a connu une nette décélération au cours de l’année 2018, a indiqué le Haut-commissariat au plan (HCP), passant de 4,2% en 2017 à 3% durant l’année 2018. L’essentiel de «cette croissance a été tirée par la consommation finale des ménages et l’investissement dans le contexte d’une inflation maîtrisée et d’un besoin de financement de l’économie nationale en augmentation», a relevé l’institution publique dans une note publiée récemment. Considéré comme l’un des piliers de l’économie marocaine, le secteur agricole a accusé un net ralentissement de son rythme de croissance, expliquant ainsi le recul observé par l’économie nationale au cours de l’année dernière. En effet, son rythme de croissance a connu une véritable dégringolade passant de 15,2% en 2017 à 4% durant l’année écoulée. La faible croissance nationale pourrait aussi être attribuée au secteur des activités non agricoles qui a réalisé, de son côté, un ralentissement du taux d’accroissement de sa valeur ajoutée passant de 2,9% en 2017 à 2,6% l’année dernière. D’après l’Arrêté des comptes nationaux provisoire de l’année 2018 établi par le HCP, «aux prix courants, le PIB a connu une augmentation de 4,1% en 2018 au lieu de 4,9% une année auparavant, dégageant ainsi une hausse du niveau général des prix de 1,1% au lieu de 0,7%». Des analyses du Haut-commissariat, il ressort que la demande intérieure, en volume, s’est améliorée de 3,9% en 2018 contre 3,6% en 2017 et sa contribution à la croissance du PIB a été de 4,3 points au lieu de 3,9 points l’année précédente. «Dans ce cadre, a estimé le Haut-commissariat, les dépenses de consommation finale des ménages se sont accrues de 3,3% au lieu de 3,8% en 2017 contribuant ainsi pour 1,9 point à la croissance». De l’analyse de l’évolution de la consommation finale des administrations publiques (APU), il apparaît que celle-ci s’est également améliorée enregistrant un taux de croissance de 2,5% en 2018 au lieu de 1,9% une année auparavant. Une évolution qui lui aura permis ainsi de contribuer pour 0,5 point à la croissance nationale. Avec une contribution à la croissance de l’ordre de 1,9 point, l’investissement brut (formation brute de capital fixe et variation des stocks) a connu une croissance positive de 5,9% au lieu de 4,1% l’année précédente. Dans sa note, le Haut-commissariat a en revanche noté une contribution négative des échanges extérieurs de biens et services qui ont dégagé une contribution négative à la croissance, se situant à (-1,3) point au lieu d’une contribution positive de 0,3 en 2017. En détail, le HP a relevé une hausse de 5,8% en 2018 contre 11,1% en 2017 des exportations de biens et services contribuant ainsi de 2,2 points à la croissance au lieu de 3,9 points. Avec une contribution négative de (-3,5) points durant cette même période au lieu de (-3,6) points, les importations ont connu un accroissement de 7,5% au lieu de 7,9%. Les comptes nationaux provisoires de l’année dernière font également état d’une augmentation du besoin de financement de 4,1% du PIB aux prix courants en 2018 et d’un net recul de 20,4% des revenus nets reçus du reste du monde. «Le revenu national brut disponible a enregistré une baisse de son rythme de progression passant de 8,2% en 2017 à 1,5% en 2018 pour se situer à 1157,7 milliards de DH», a souligné l’institution publique. Dans ces conditions, le Haut-commissariat a noté qu’«avec un accroissement de 4,2% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 3,8% enregistré une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 27,6% du PIB au lieu de 29,1%». Des comptes nationaux provisoires, il ressort en outre que l’investissement brut (FBCF et variation de stocks) a représenté 33,5% du PIB en 2018 au lieu de 32,6% une année auparavant. Le HCP de préciser qu’il est financé à hauteur de 82,3% par l’épargne nationale brute contre 89,1% en 2017 et de déduire que «le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi aggravé, passant de 3,5% du PIB en 2017 à 5,9% en 2018». Alain Bouithy
Maroc: La décélération du rythme de la croissance économique se poursuit en 2019

Les perspectives de l’économie nationale pour l’année 2019 présentent un tableau peu idyllique, en ce sens qu’elles laissent entrevoir la poursuite de la décélération du rythme de la croissance économique observée durant la période 2010-2017 et entre l’année dernière et celle en cours. Selon le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami, qui a présenté mercredi 16, à Casablanca, le « Budget économique prévisionnel 2019 » de l’organisme public, le Produit intérieur brut devrait s’accroître en volume de 3% en 2018 et 2,9% en 2019, après 4,1% réalisé en 2017. Le tout dans un contexte d’une décélération de l’inflation intérieure qui passerait de 1,7% en 2018 à 1,2% en 2019. « Cette décélération s’explique particulièrement par les difficultés des activités non agricoles à se réinscrire dans un sentier haussier pour se stabiliser à 3% seulement entre 2018 et 2019 au lieu d’une moyenne de 4,2% enregistrée durant la période 2008-2012 », a indiqué le Haut-commissariat. Des hypothèses retenues par le Haut-commissariat pour l’année en cours, il apparaît que l’économie nationale serait marquée par une quasi-stagnation de la valeur ajoutée primaire et de l’amélioration des activités non agricoles; le maintien de la contribution négative de la demande extérieure à la croissance du PIB; l’allègement du déficit budgétaire; une légère atténuation des déficits externes; un léger repli des niveaux des épargnes intérieure et nationale ainsi qu’une augmentation des principales contreparties de la masse monétaire. Selon ses prévisions, qui prennent en considération, en plus des nouvelles dispositions de la loi de Finances 2019, en matière de dépenses d’investissement, de fonctionnement et de compensation, les hypothèses afférentes aux nouvelles tendances de l’environnement national et international, le ralentissement de la croissance économique en 2019 devrait se traduire par de faibles créations nettes d’emploi. De ces perspectives, qui se basent également sur la réalisation d’une production céréalière moyenne durant la campagne agricole 2018-2019 et une consolidation des activités des autres cultures et celles de l’élevage, il ressort qu’avec une légère baisse du taux d’activité, le taux de chômage atteindrait néanmoins 10,1% au lieu de 10% en 2018 et 10,2% enregistré en 2017. Quoiqu’en léger ralentissement, le Haut-commissariat assure que la demande intérieure continuerait de tirer la croissance économique nationale et devrait enregistrer un accroissement de 3,4% en 2019, avec une contribution à la croissance de 3,8 points au lieu de 4 points en 2018, a-t-il indiqué. Ceci, « sous l’effet d’une légère hausse de la formation brute de capital fixe de 2,9% en 2018 à 3,2% en 2019 et d’une faible croissance de la consommation finale des ménages se situant à 3,5% en 2019, au lieu de 3,4% en 2018 », a-t-il expliqué. De son côté, la contribution de la demande extérieure resterait négative. Elle devrait passer « d’un point en 2018 à -0,8 point en 2019, en raison de la persistance de l’écart entre le rythme de croissance des importations et celui des exportations », a averti Ahmed Lahlimi Alami. Soulignons qu’en dépit du ralentissement de la demande mondiale adressée au Maroc, le HCP s’attend à ce que les exportations enregistrent un accroissement de 5,9% en volume. Tandis que les importations afficheraient une hausse de 6,4% au lieu de 6,1% en 2018. Ainsi, pour le Haut-commissariat, « la contribution à la croissance de la demande extérieure nette, devrait rester négative de l’ordre de 0,8 point en 2019 après celle d’un point en 2018 ». En tenant compte des dépenses d’investissements qui représenteraient 5% du PIB en 2019, le Haut-commissariat prévoit un allégement du déficit budgétaire qui devrait atteindre 3,7% du PIB, après 3,9% estimé pour l’année 2018. S’agissant du besoin de financement, le Haut-commissariat au plan s’attend à ce que l’économie nationale connaisse un certain allègement du besoin en financement. Ahmed Lahlimi Alami prévient que « l’effort d’investissement ralentirait passant de 32,4% du PIB en 2018 à 32% en 2019, alors que l’épargne nationale se situerait à 27,7% du PIB en 2019, au lieu de 28% en 2018 », soutenant ainsi que le besoin de financement passerait de 4,7% en 2018 à 4,5% en 2019, que notre pays doit couvrir par le recours à l’endettement. « Dans ces conditions, l’endettement public global de l’économie passerait de 82,2% du PIB en 2018 à 82,5% en 2019, au lieu de 82% en 2017 », a-t-il soutenu. Enfin, sur le marché monétaire, le Haut-commissaire a dit s’attendre à une amélioration des réserves en devises qui passeraient de 230 milliards de DH en 2018 à 235 milliards de DH cette année, soulignant que cette évolution s’accompagnerait d’une accélération du rythme de croissance de la masse monétaire de 4% en 2019, au lieu de 3,5% en 2018. Il est à noter que le Budget économique prévisionnel 2019 présenté est une révision du budget économique exploratoire publié au mois de juillet 2018. Lors de cette rencontre, le HCP a précisé qu’il s’agit d’une nouvelle estimation de la croissance de l’économie nationale en 2018 et d’une révision des perspectives économiques de l’année 2019 et leurs effets sur les équilibres macroéconomiques internes et externes et sur le financement de l’économie. Alain Bouithy
Maroc: Ralentissement attendu du rythme de la croissance au premier trimestre 2019

Selon les prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance de l’économie nationale devrait connaître un ralentissement au premier trimestre 2019 consécutif au recul de 0,7% de la valeur ajoutée agricole. Compte tenu de la régression de la VA agricole, « la croissance économique nationale serait de 2,5%, au premier trimestre 2019, au lieu de +3,3% à la même période une année auparavant », a indiqué le Haut-commissariat. « La dynamique de croissance des filières végétales hors céréales se poursuivrait avec une expansion de la production des agrumes, de l’olivier et des cultures fruitières et les effets des chocs conjoncturels ayant affecté la production animale à fin 2018 se dissiperaient progressivement à partir du premier trimestre 2019 », a annoncé le HCP. Dans son point de conjoncture publié récemment, l’organisme public a relevé que hors agriculture, l’activité économique évoluerait dans un contexte international marqué par la persistance des tensions commerciales, financières et politiques. Un contexte qui serait favorable à l’économie nationale, puisque la demande mondiale adressée au Maroc enregistrerait une hausse de 3,8%, en variation annuelle, a-t-il prédit dans ce document qui fait état de la situation des principaux indicateurs économiques observés pour le troisième trimestre et estimés pour le quatrième trimestre 2018, et relate les prévisions pour le premier trimestre 2019. Concrètement, « cette amélioration profiterait, notamment aux industries manufacturières dont la croissance s’établirait à 3%, au premier trimestre 2019. La croissance de la valeur ajoutée de la construction resterait modérée, se situant aux environs de 1%. Quant au secteur tertiaire, sa valeur ajoutée croîtrait de 3,2%, contribuant pour environ 1,6 point à la croissance globale du PIB », a précisé le Haut-commissariat. Selon ses projections, dans l’ensemble, la valeur ajoutée hors agriculture s’améliorerait de 2,9% au premier trimestre 2019, au lieu de 3,4% le même trimestre de l’année qui précède. Dans ses dernières prévisions, et dans l’attente de la publication traditionnelle du budget économique prévisionnel de janvier 2019, le Haut-commissariat a estimé que la croissance annuelle devrait rester aux environs de 3% en 2018. Ce qui, à l’en croire, « concorde avec les prévisions annoncées dans le cadre du budget économique prévisionnel de janvier 2018 ». A noter que le ralentissement des activités non-agricoles a impacté l’économie nationale au quatrième trimestre 2018 qui aurait progressé de 2,7%, au lieu de 4,4% à la même période une année auparavant. Des chiffres du Haut-commissariat au plan, il ressort que « le rythme de croissance des activités hors agriculture aurait décéléré, passant de +3,4% au quatrième trimestre 2017 à +2,6% au même trimestre de 2018, sous l’effet du ralentissement des activités secondaires dont la croissance se serait limitée à 1,5%, au lieu de 4,6%, une année auparavant ». De son côté, la demande étrangère adressée au Maroc se serait affermie de 3,9%, au quatrième trimestre 2018. Selon le HCP, « le commerce mondial de biens, en hausse de 4,3% en variation annuelle, aurait fait preuve de résilience au quatrième trimestre 2018, porté par le dynamisme des échanges surtout des Etats-Unis et de la Chine, en anticipation d’un durcissement des barrières douanières au début de 2019 ». Quant à la demande intérieure, elle aurait continué de soutenir la croissance économique nationale lors de cette même période, dans un contexte de ralentissement des prix à la consommation par rapport au début de l’année. « La consommation finale des ménages, en volume, se serait affermie de 3,9%, contribuant pour environ 2,3 points à la croissance globale du PIB, au lieu de +1,1 point une année auparavant », a-t-il poursuivi. Et d’ajouter que la formation brute de capital (FBC) aurait, pour sa part, progressé de 4,3%, au quatrième trimestre 2018, au lieu de 8,3% une année plus tôt. S’agissant des prix à la consommation, ils auraient poursuivi leur décélération, affichant une hausse de 1% en glissement annuel, au lieu de +1,6% un trimestre plus tôt, a indiqué le HCP ajoutant, par ailleurs, que la croissance de la masse monétaire se serait établie à 4,3% en glissement annuel, au lieu de +3,5% un trimestre auparavant. Alain Bouithy