Maroc. Le chômage dans une courbe ascendante : C’est chez les jeunes que le bât blesse le plus

Le Haut-commissariat au plan (HCP) présente dans une nouvelle note d’information les principales caractéristiques du chômage et du sous-emploi en 2020. Moins d’une semaine après la publication d’un rapport relatif à la situation du marché de travail en 2020, le nouveau document «dresse le portrait de la population en situation de chômage et de sous-emploi en 2020 et son évolution par rapport à 2019», a indiqué l’institution publique. Dans sa précédente note, le Haut-commissariat soulignait une détérioration de la situation du marché du travail en 2020 caractérisée par une destruction des postes d’emploi, une chute du volume horaire du travail et une hausse du chômage, du sous-emploi et de l’inactivité. Une situation marquée par une hausse de 29% du nombre de chômeurs qui est passé de 1.107.000 à 1.429.000 chômeurs entre 2019 et 2020. Soit une hausse de 322.000 personnes «résultant d’une augmentation de 224.000 chômeurs en milieu urbain et de 98.000 en milieu rural» et enregistrée exclusivement parmi les personnes ayant déjà travaillé. Dans sa dernière note d’information, le HCP relève la forte hausse du taux de chômage, particulièrement parmi les jeunes, les femmes et les diplômés, soulignant que le taux de chômage a bondi de 2,7 points, entre 2019 et 2020, passant de 9,2% à 11,9%. Le Haut-commissariat rappelle qu’entre 2019 et 2020, ce taux s’est accru aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, respectivement de 3,7% à 5,9% et de 12,9% à 15,8%. Tandis que le chômage a affiché une progression aussi bien parmi les hommes que les femmes, respectivement de 7,8% à 10,7%, et de 13,5% à 16,2%. Il est à souligner qu’en 2020, «cette hausse du chômage a concerné toutes les catégories d’âge, mais plus particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans dont le taux de chômage a augmenté de 6,2 points, passant de 24,9% à 31,2%», a noté l’institution. Selon les dernières données recueillies, le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,8 points parmi les diplômés, passant de 15,7% à 18,5% entre 2019 et 2020. Si les diplômés de niveau moyen ont enregistré la hausse la plus importante de 3,1 points avec un taux à 15,5%, les statistiques montrent que «cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de certificats en spécialisation professionnelle (28,4%), de diplômes en qualification professionnelle (23%) et de diplômes et certificats de l’enseignement fondamental (14,1%)». A en croire les économistes du Haut-commissariat, le taux de chômage des diplômés de niveau supérieur a, de son côté, atteint 23,9%. Il a enregistré sa forte hausse parmi les diplômés supérieurs délivrés par les facultés (26,1%), suivis des techniciens spécialisés et supérieurs (30,6%). En hausse de 13,5 points par rapport à celle enregistrée en 2019, la part des chômeurs ayant déjà travaillé a atteint 56,2% en 2020, alors que celle des primo-demandeurs d’emploi a accusé une baisse de 43,8% l’année dernière contre 57,2% une année auparavant. Le nombre de chômeurs ayant travaillé a augmenté de 331.000 personnes entre 2019 et 2020, passant de 473.000 à 804.000 au niveau national contre une baisse de 8.000 parmi les chômeurs n’ayant jamais travaillé, passant de 633.000 à 625.000, entre 2019 et 2020. Commentant l’évolution de la part du chômage de longue durée (une année ou plus), le HCP note qu’elle a reculé de près de 12 points entre 2019 et 2020, passant de 68,2% à 56,3%. Et d’ajouter qu’en parallèle la durée moyenne de chômage est passée de 36 à 28 mois entre 2019 et 2020. Quant à la part des personnes en chômage, dû au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur, elle s’est de son côté située, en 2020, à 38,7% contre 26,4% une année auparavant. S’agissant du volume des actifs occupés en situation de sous-emploi, il «a augmenté au niveau national, entre 2019 et 2020, de 126.000 personnes, passant de 1.001.000 à 1.127.000 personnes, de 514.000 à 619.000 personnes dans les villes et de 487.000 à 508.000 à la campagne», a indiqué le HCP faisant ainsi savoir que le taux de sous-emploi a atteint 10,7% au niveau national, 10,1% en milieu urbain et 11,6% en milieu rural. Concernant la part du sous-emploi lié à la durée de travail, le Haut-commissariat affirme qu’elle est passée de 38% à 58% durant la même période. Tandis que «le sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé a enregistré une baisse de 20 points passant, au cours de la même période, de 62% à 42%», a-t-il relevé estimant, dans ce contexte, que la population active occupée en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, a atteint, en 2020, 655.000 personnes au niveau national contre 385.000 une année auparavant. Quant à la hausse du sous-emploi lié à la durée de travail, qui a concerné tous les secteurs d’activité économique, l’institution publique a noté que «la hausse la plus élevée est relevée dans le secteur des BTP avec un taux passant de 8% en 2019 à 13,2% en 2020 (+5,2 points), suivi par le secteur de l’industrie y compris l’artisanat avec une hausse de 2,9 points, des services de 2,4 points et de l’agriculture, forêt et pêche de 2,2 points». Alain Bouithy
Maroc. La reprise prévue de l’activité économique ne suffira pas à enrayer le chômage

Malgré la reprise attendue de l’activité économique en 2021, l’emploi devrait peu varier au Maroc. Si l’on en croit les nouvelles prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP) pour cette année, la situation du marché du travail, aggravée par la crise du coronavirus (Covid-19), devrait rester préoccupante. Selon l’institution publique, chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, le marché du travail devrait tout de même connaître une légère baisse du taux de taux chômage. Il devrait se situer autour de 11,1% au lieu de 12,8% en 2020, a indiqué le Haut-commissariat dans son Budget économique prévisionnel 2021 qui présente une nouvelle estimation de la croissance de l’économie nationale en 2020 et une révision de ses perspectives en 2021 et leurs effets sur les équilibres macroéconomiques interne et externe. Ainsi, quand bien même la reprise économique se confirmerait, il ne faut pas s’attendre à une baisse significative du chômage d’autant plus qu’elle ne serait effective que pour certains secteurs économiques du pays. D’après l’institution publique, dans le contexte de détérioration de la croissance économique observée au cours de l’année 2020, le marché du travail aurait connu sur l’ensemble de l’année écoulée des pertes d’emploi qui auraient atteint 531 000 postes. Dans ces conditions, le Centre marocain de conjoncture (CMC) avait estimé dans sa publication mensuelle, Maroc Conjoncture N°330, que la politique économique post-crise du Maroc « devrait œuvrer prioritairement au redressement de l’activité à travers l’intensification de l’effort d’investissement. Elle devrait également mettre à profit le nouvel élan de solidarité pour le développement de facteurs de résilience au plan social». Dans sa publication, en plus de souscrire pour le redressement de l’activité et la consolidation du progrès social à inscrire dans la politique économique post-crise, il avait également porté une attention particulière à la protection sociale et la préservation de l’emploi considérées comme «une aspiration à l’universel». Sous l’hypothèse de la poursuite de la baisse tendancielle du taux d’activité, les économistes du Haut-commissariat estiment qu’en 2020 « ces pertes auraient porté le taux de chômage au niveau national à près de 12,8%, soit une hausse de 3,6 points par rapport à son niveau enregistré en 2019». Soulignons qu’entre les troisièmes trimestres de 2019 et de 2020, après une tendance à la baisse durant les trois dernières années, le taux de chômage a grimpé de 3,3 points, passant de 9,4% à 12,7%. Selon le Haut-commissariat, « le taux de chômage a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 4,5% à 6,8% et de 12,7% à 16,5% ». Dans une note d’information portant sur l’évolution des indicateurs du marché du travail au titre du troisième trimestre de 2020, l’institution publique avait indiqué que le taux de chômage avait également enregistré une forte hausse parmi les femmes, de 13,9% à 17,6% et parmi les hommes, de 8,0% à 11,4% ; et a connu une forte augmentation parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (5,7 points), passant de 26,7% à 32,3%. En passant de 15,5% à 18,7%, le taux de chômage des diplômés a enregistré une hausse de 3,2 points qui s’est avérée « plus prononcée parmi les détenteurs diplômes en qualification et spécialisation professionnelle (+ 4,9 points avec un taux de 24,8%), de diplômes de techniciens et de cadres moyens (+4 points avec un taux de 23,6%) et de diplômes de l’enseignement secondaire (+4 points avec un taux de 18,3%) », selon la même source. Revenons sur les pertes d’emplois pour préciser qu’entre les troisièmes trimestres des trois dernières années, l’économie marocaine a créé en moyenne 144.000 postes d’emplois. Paradoxalement, «au troisième trimestre 2020, l’économie a perdu 581.000 postes d’emploi par rapport à celui de 2019, ce qui correspond à une baisse de 5,4% (237.000 postes en milieu urbain et 344.000 en milieu rural)», avait relevé le HCP dans sa note. Soulignons que, sur la base d’une évolution de 4,7% prévue des impôts et taxes sur produits nets de subventions, le HCP prévoit dans ses nouvelles prévisions que le Produit intérieur brut (PIB) devrait enregistrer une croissance de l’ordre de 4,6% au cours de cette année après une récession de 7% en 2020. En valeur, le PIB devrait enregistrer une progression de 5,8%, a fait savoir l’institution dans son Budget économique prévisionnel. Lequel présente une révision du budget économique exploratoire publié au mois de juillet 2020. Alain Bouithy
10 ans après la révolution tunisienne : une économie en péril, un chômage en hausse (France 24)
Le chômage devrait nettement augmenter cette année au Maroc

La situation de l’emploi devrait sérieusement se dégrader dans les pays émergents et le taux de chômage devrait nettement grimper. C’est ce qu’a révélé le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport semestriel sur les perspectives de l’économie mondiale. «Les projections de croissance laissent supposer des écarts de production négatifs de grande ampleur et des taux de chômage élevés cette année et en 2021, dans les pays avancés comme dans les pays émergents», a constaté l’institution internationale. Quand bien même les chiffres du marché du travail sont moins complets pour les pays émergents, les résultats d’enquêtes et les estimations officielles disponibles montrent que «les taux de chômage devraient nettement augmenter cette année dans plusieurs pays émergents», a prévenu le FMI. S’agissant du Maroc, les économistes de l’organisation basée à Washington tablent sur un taux de chômage de l’ordre de 12,5% contre 9,2% l’année dernière. Si l’on en croit le document rendu public mardi 13 octobre courant, il devrait baisser l’année prochaine à 10,5%. Selon les anticipations du ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, le chômage franchirait les 13% au terme de cette année contre 12,3% actuellement tandis que l’inflation devrait pour sa part, atteindre 0,6% à fin décembre. Lors de son intervention, lundi 28 septembre dernier à Rabat, devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, l’argentier du Royaume avait déclaré que la situation devrait s’aggraver du fait de la pandémie qui ferait perdre 10.000 emplois par jour. Dans sa dernière revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière, Bank Al-Maghrib indique que les données relatives au marché du travail au titre du deuxième trimestre 2020 indiquent que l’économie nationale a accusé une perte de 589 mille emplois nets depuis le même trimestre de 2019, dont les quatre cinquièmes au niveau de l’agriculture. Selon la revue parue au mois d’août dernier, «près des deux tiers des personnes en emploi ont travaillé moins que d’habitude et le nombre moyen d’heures travaillées par semaine et par personne a reculé de 45 à 22 heures, une baisse qui a concerné essentiellement les secteurs non agricoles». Pour la Banque centrale, qui tient compte d’un retrait net de 93 mille demandeurs d’emplois, «le taux de chômage s’est aggravé de 8,1% à 12,3% globalement, de 11,7% à 15,6% dans les villes et de 3% à 7,2% dans les campagnes». Commentant l’évolution de la situation de l’emploi et du chômage durant cette période marquée par la propagation de la pandémie de la Covid-19, l’état d’urgence et le plein confinement, le Haut-commissariat au plan (HCP) précise que le taux de chômage est plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (33,4%), les diplômés (18,2%) et les femmes (15,6%). Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre, l’institution note que « la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 957.000 personnes, avec un taux de 9,1%. Celle en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 402.000 personnes (3,8%) ». Au final, le Haut-commissariat relève que le volume du sous-emploi, dans ses deux composantes, a atteint 1.359.000 personnes et que le taux global de sous-emploi est passé de 9% à 13% au niveau national, de 7,8% à 12,2% en milieu urbain et de 10,6% à 14,1% en milieu rural. Revenons à l’échelle mondiale pour ajouter que la réduction du nombre d’heures de travail au deuxième trimestre 2020 par rapport au quatrième trimestre 2019 équivaut à la perte de 400 millions d’équivalents temps plein, selon l’Organisation internationale du travail (OIT) citée par le FMI. Ce qui traduit une aggravation par rapport aux 155 millions d’équivalents temps plein perdus au premier trimestre. Alain Bouithy
Maroc. Le chômage poursuit son envolée au deuxième trimestre sous l’effet du Covid-19

Le Haut-commissariat au plan vient de rendre publics les chiffres du chômage au deuxième trimestre 2020. Sans surprise, il en ressort assez clairement que le marché du travail demeure dans une situation précaire, sous l’effet de la propagation de la pandémie du coronavirus (Covid-19), de l’état d’urgence et du plein confinement. Selon l’institution publique, l’économie marocaine a perdu 589.000 postes d’emploi, entre le deuxième trimestre de 2019 et la même période de 2020, résultant d’une perte de 520.000 postes en milieu rural et de 69.000 en milieu urbain, contre une création annuelle moyenne de 64.000 postes au cours des trois années précédentes. Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre 2020, le Haut-commissariat indique que cette perte a touché tous les secteurs d’activité, particulièrement dans l’«agriculture, forêt et pêche», l’«industrie y compris l’artisanat», les «services» et dans le BTP. Concernant le secteur de l’«agriculture forêt et pêche», il ressort que son volume d’emploi a baissé de 477.000 postes, entre le deuxième trimestre de 2019 et la même période de 2020 (12,7% du volume d’emploi dans ce secteur), contre une perte annuelle moyenne de 90.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes. De son côté, le secteur de l’«industrie y compris l’artisanat » a perdu 69.000 postes d’emploi (5,1%), 37.000 en milieu urbain et 32.000 en milieu rural, contre une création annuelle moyenne de 32.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes, selon les données analysées par le HCP. Quant au secteur des «services», il apparaît qu’il a perdu 30.000 postes d’emploi (0,6%), contre une création annuelle moyenne de 149.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes, souligne l’institution. S’agissant du secteur du BTP, les données font état de la perte de 9.000 postes d’emploi (0,8%), contre une perte annuelle moyenne de 27.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes. Le HCP fait état également de la baisse de 45 à 22 heures du nombre moyen d’heures travaillées par semaine et par personne. «En outre, 265 millions d’heures de travail par semaine ont été perdues par rapport au deuxième trimestre de 2019, ce qui équivaut à 5,5 millions d’emplois à temps plein», poursuit-il expliquant que cette baisse, de 53% au niveau national, a touché tous les secteurs, le BTP (71%), l’industrie y compris l’artisanat (63%), les services (54%) et l’agriculture, forêt et pêche (41%). Dans ce contexte, le Haut-commissariat note que le nombre de chômeurs a augmenté de 496.000 personnes entre le deuxième trimestre de l’année 2019 et celui de 2020, passant de 981.000 à 1.477.000 chômeurs. Ce qui, précise-t-il, correspond à une augmentation de 50,6%. A en croire le HCP, « cette hausse, résultant d’une augmentation de 311.000 chômeurs en milieu urbain et de 185.000 en milieu rural, a été enregistrée exclusivement parmi les personnes ayant déjà travaillé». En outre, il ressort des chiffres du HCP que cinq régions concentrent 70,3% des chômeurs. Il s’agit de «Casablanca-Settat avec 22,9% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (14,1%), de l’Oriental (13,1%), de Fès-Meknès (12,1%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,1%)». Durant cette même période, les données recueillies montrent que le taux de chômage s’est accru de 4,2 points, passant de 8,1% à 12,3%, relève l’institution rappelant que la dernière fois où il avait franchi la barre des 12% remonte au deuxième trimestre de 2001. A en croire le Haut-commissariat, «ce taux a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 3% à 7,2% et de 11,7% à 15,6%». Selon toujours le HCP, ce taux a également enregistré une forte hausse parmi les hommes, de 7,2% à 11,3% et les femmes, de 11,1% à 15,6% ; et a connu une forte hausse de 11,2 points parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 22,2% à 33,4%. Il est à souligner que le taux de chômage des diplômés a enregistré une hausse de 3,7 points, passant de 14,5% à 18,2%. Elle « est plus prononcée parmi les détenteurs de certificats en spécialisation professionnelle (+11,7 points et un taux de 37%), de diplômes et certificats de l’enseignement fondamental (+4,6 points et un taux de 14,9%) et de diplômes en qualification professionnelle (+3,8 points et un taux de 20,3%) », explique-t-on. Notons enfin qu’entre le deuxième trimestre de l’année 2019 et celui de 2020, la durée moyenne de chômage est passée de 38 mois à 24 mois; le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté de 365.000 personnes, passant de 994.000 à 1.359.000 personnes au niveau national ; tandis que les secteurs ayant connu une forte hausse du taux de sous-emploi sont l’« industrie y compris l’artisanat» (+6,9 points), le «BTP» (+5,9 points) et les «services» (+3,8 points). Alain Bouithy
La courbe du chômage remonte au premier trimestre (Maroc)

Après l’embellie observée sur le front du chômage au terme de l’année 2019, qui s’était traduite par le recul du taux de chômage de 9,5% à 9,2% au niveau national, la situation sur le marché du travail s’est brutalement dégradée au premier trimestre 2020. La crise humanitaire, provoquée par la pandémie de coronavirus (Covid-19), n’y est sans doute pas étrangère. Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le taux de chômage est reparti à la hausse au cours des trois premiers mois de l’année 2020, passant de 9,1% (durant la même période de l’année écoulée) à 10,5% au niveau national, de 13,3% à 15,1% en milieu urbain et de 3,1% à 3,9% en milieu rural. En effet, le nombre total de chômeurs s’est accru de 208.000 personnes au niveau national, suite à l’augmentation de 165.000 personnes en milieu urbain et de 43.000 en milieu rural. Il s’établit ainsi à 1.292.000 chômeurs.Comme l’avaient montré les données statistiques relatives à la situation du marché du travail de l’année écoulée, le chômage reste une fois encore le lot des jeunes et des diplômés au terme du premier trimestre 2020. D’après l’institution publique, « les hausses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (3,9 points), les personnes âgées de 25 à 34 ans (2,3 points), les personnes disposant d’un diplôme (1,9 point) et les hommes (1,6 point) ». A en croire les analystes du HCP, « les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les femmes (14,3% contre 9,3% parmi les hommes), les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,8% contre 8,2% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus) et les détenteurs d’un diplôme (17,8% contre 3,6% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) ». Dans une récente note d’information relative cette fois-ci à la situation du marché du travail au premier trimestre de l’année en cours, le Haut-commissariat a noté que « la moitié des chômeurs (50,7%) sont à la recherche de leur premier emploi (44,4% parmi les hommes et 63,0% parmi les femmes) » alors que les deux-tiers d’entre eux (66,1%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus (62,1% parmi les hommes et 74,0% parmi les femmes). Toujours selon les données du Haut-commissariat, « 30,4% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur ». Des chiffres publiés par le Haut-commissariat, il ressort aussi que près des trois quarts des chômeurs (75,3%) sont concentrés dans cinq régions : Casablanca-Settat vient en première position avec 26,6% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (14,9%), de Fès-Meknès (12,8%), de l’Oriental (11,6%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%), peut-on lire dans le communiqué. A noter que les régions de l’Oriental et du Sud enregistrent les taux de chômage les plus élevés, avec respectivement 18,8% et 16,7%, selon les observations du Haut-commissariat. « Avec moins d’acuité, trois autres régions dépassent la moyenne nationale (10,5%), à savoir Casablanca-Settat (12,4%), Fès-Meknès (11,8%) et Rabat-Salé-Kénitra (11,8%) », a fait savoir l’institution publique. Quant aux régions de Marrakech-Safi, de Béni Mellal-Khénifra et de Drâa-Tafilalet, les données statistiques révèlent qu’elles enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 5,4%, 6% et 6,5%. Soulignons, par ailleurs, qu’entre le premier trimestre de 2019 et la même période de 2020, le volume d’emploi dans le secteur de l’« agriculture, forêt et pêche » a enregistré une baisse de 3,6%, perdant ainsi 134.000 postes d’emploi, 104.000 en milieu rural et 30.000 en milieu urbain. Du côté du secteur des BTP, les chiffres font état d’une perte de 1.000 postes, consécutive à la création de 25.000 postes en milieu rural et à la perte de 26.000 en milieu urbain. Avec une création de 192.000 postes au niveau national, 119.000 en milieu urbain et 73.000 en milieu rural, le volume d’emploi dans le secteur des « services » a progressé de 4,1%. Quant au volume d’emploi dans le secteur de l’« industrie y compris l’artisanat », il apparait qu’il s’est accru de 1,8%, créant ainsi 23.000 postes, résultant d’une création de 20.000 postes en milieu urbain et de 3.000 en milieu rural. Analysant la situation régionale du marché du travail, le HCP a relevé que cinq régions abritent 72% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. Il s’agit dans l’ordre de la région de Casablanca-Settat, qui vient en première position avec 22,7% d’actifs, de Marrakech-Safi (13,4%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Fès-Meknès (11,4%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,2%). Poursuivant ses observations, le Haut-commissariat a également noté que les régions de Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Marrakech-Safi ont affiché des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (46%), avec respectivement 49,7%, 48,6% et 47,8%. Le HCP a, en revanche, relevé que les taux les plus bas ont été enregistrés dans les régions de Fès-Meknès (42,7%), de l’Oriental (42,8%) et de Souss-Massa (43%). Soulignons que la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 443.000 personnes avec un taux de 4,1%. Quant à la population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance de revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé, son nombre est de 511.000 personnes (4,7%). En somme, le HCP a noté que « le volume de sous-emploi, dans ses deux composantes, est de 954.000 personnes. Le taux global de sous-emploi est passé de 9,7% à 8,8% au niveau national, de 8,8% à 8,7% en milieu urbain et de 10,7% à 8,9% en milieu rural ». Alain Bouithy
Le chômage reste le lot des jeunes et des diplômés (Maroc)

«Les plus forts taux de chômage restent le lot des jeunes, des femmes et des diplômés ». C’est en ces termes que le Haut-commissariat au plan (HCP) résume la situation du marché du travail qui a prévalu en 2019. Près d’une quinzaine de jours après la publication de sa note d’information relative à « la situation du marché du travail en 2019 », l’institution publique revient sur cette problématique en s’intéressant particulièrement aux principales caractéristiques de la population active en chômage telles qu’elles sont ressorties en 2019. Dans sa dernière note, le HCP a ainsi relevé que le taux de chômage a atteint 24,9% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus, précisant qu’il a enregistré respectivement 39,2% et 9,9% en milieu urbain. « Le phénomène du chômage touche les femmes plus que les hommes, avec des taux respectifs de 13,5% et de 7,8%. Dans les villes, le taux de chômage des femmes est plus que le double de celui des hommes avec respectivement 21,8% et 10,3% », a constaté l’institution. Dans sa note, le HCP a souligné également que le taux de chômage croît avec le niveau de qualification. En 2019, il est ainsi passé de 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 15,7% pour les détenteurs d’un diplôme et de 12,4% parmi les personnes ayant un diplôme moyen à 21,6% pour celles ayant un diplôme supérieur. Le Haut-commissariat a toutefois relevé que ce taux « reste relativement plus élevé parmi certaines catégories de diplômés dont particulièrement les détenteurs des diplômes délivrés par les facultés (23,6%), des diplômes de techniciens et cadres moyens (23,9%) et des certificats en spécialisation professionnelle (20,9 %) ». L’autre grand enseignement de cette étude est que les chômeurs sont en majorité des citadins, des hommes et des jeunes. En effet, les chiffres publiés par le HCP montrent que plus de 8 chômeurs sur 10 (83,8%) résident en milieu urbain, 2 sur 3 sont de sexe masculin (65%), 8 sur 10 (80,3%) sont âgés de 15 à 34 ans et 4 sur 10 (40,8%) sont détenteurs d’un diplôme supérieur. Selon ces données statistiques, cinq régions ont abrité 71,6% des chômeurs l’année écoulée; Casablanca-Settat vient en première position avec 25%, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15,8%), de Fès-Meknès (11%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,9%) et de l’Oriental (9,9%). Il ressort également de toutes ces analyses que 6 chômeurs sur 10 sont des primo-demandeurs d’emploi. En détail, il apparaît que « 57,2% des chômeurs sont à la recherche de leur premier emploi, 50,9% parmi les hommes et 69,0% parmi les femmes », a souligné le HCP précisant que les primo-demandeurs d’emploi sont en majorité des citadins (85,2%), des jeunes âgés de 15 à 34 ans (92,9%) et des détenteurs d’un diplôme (91,9 %). En outre, près des trois-quarts d’entre eux (73%) sont concentrés dans 5 régions, à savoir Casablanca-Settat avec 21%, Rabat-Salé-Kénitra (18%), Fès-Meknès (12,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,4%) et Marrakech-Safi (8,7%). Sur un autre volet, l’étude a révélé une prépondérance du chômage de longue durée, relevant que plus des deux-tiers des chômeurs (67,8%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus, les femmes plus que les hommes avec respectivement 75,9% et 63,5%, les jeunes de 15 à 34 ans plus que les personnes de 35 ans et plus (respectivement 71,1% et 54,8%) et les détenteurs d’un diplôme supérieur plus que ceux ayant un diplôme moyen (respectivement 78% et 67,5%). S’il est un autre enseignement à tirer de ce travail, c’est bien le profil des chômeurs ayant déjà travaillé qu’il révèle. A ce propos, il ressort qu’au cours de l’année dernière, « plus de 4 chômeurs sur 10 (42,7%) ont déjà exercé un emploi avant de se retrouver en situation de chômage. Ils sont en majorité des citadins avec 81,9%, des hommes (74,6%) et des jeunes de 15 à 34 ans (63,4%) », a fait savoir le HCP précisant que plus des deux-tiers (69,1%) ont un diplôme, 46,9% de niveau moyen et 22,2 % de niveau supérieur. L’étude du Haut-commissariat a, par ailleurs, permis de se rendre compte que 87,9% de ces chômeurs étaient des salariés et 9,2% des indépendants et que près de la moitié d’entre eux (50,8%) exerçaient dans le secteur des services, 20,7% dans l’industrie y compris l’artisanat et 19,1% dans les BTP. En outre, près d’un tiers exerçait en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs de petits métiers (30,4%), tandis que 23% étaient des artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux et 20,7% des employés. La répartition par région montre que la majorité des chômeurs ayant déjà travaillé (80%) sont concentrés dans 5 régions. A savoir : Casablanca-Settat avec 30,4%, l’Oriental (14,2%), Rabat-Salé-Kénitra (12,8%), Sous-Massa (12,1%) et Fès-Meknès (8,5%). A noter que deux autres enseignements ont été relevés dans cette étude : le faible recours à l’intermédiation institutionnelle dans la recherche d’emploi et le salariat présenté comme le statut d’emploi le plus recherché. Concernant le premier point, il ressort que dans leur recherche d’emploi, les deux-tiers des chômeurs (64,9%) font appel aux personnes parentes ou à l’entourage (31,4%) ou au contact direct des employeurs (33,5%). Ces deux modes sont employés par les hommes (70,6%) plus que les femmes (54,2%). Si la participation aux concours et les réponses aux annonces ont été déclarées comme modes de recherche d’emploi par 18,2% des chômeurs, le recours aux institutions d’intermédiation ne représente que 5%. Quant au deuxième point, il apparaît que près de 7 chômeurs sur 10 (71,9%) souhaitent travailler en tant que salariés. Ainsi que l’a affirmé le HCP, « ce statut est recherché par les femmes (78,3%) relativement plus que les hommes (68,4%) et par les détenteurs d’un diplôme supérieur (78,7%) plus que les non diplômés (64,9%) ». Pour rappel, la population en chômage est passée, entre 2018 et 2019, de 1.137.000 à 1.107.000 personnes, selon le HCP. Dans sa précédente note, l’institution avait relevé que le taux de chômage est passé de 9,5% à 9,2% au niveau national, de 13,8%
Le chômage continue à frapper durement les jeunes (Maroc)

Les nouvelles en provenance du marché du travail ne sont pas rassurantes. Elles sonnent creux à l’oreille de nombreux demandeurs d’emplois qui vont devoir continuer à prendre leur mal en patience. Et pour cause : ils étaient encore nombreux à n’avoir pu trouver un emploi au troisième trimestre 2019. Selon les chiffres peu encourageants pour ces derniers, publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le nombre de chômeurs a enregistré une hausse de 26.000 personnes, 23.000 en milieu rural et 3.000 en milieu urbain, au neuvième mois de l’année qui s’achève. La hausse est telle que « le nombre de chômeurs est passé, au niveau national, de 1.088.000 à 1.114.000 personnes entre le troisième trimestre de 2018 et la même période de 2019 », a relevé le HCP dans une note d’information relative aux principaux indicateurs du marché de travail au troisième trimestre de 2019. Ainsi que l’a déduit cette institution publique, le taux de chômage est passé de 9,3% à 9,4%, de 13,1% à 12,7% en milieu urbain et de 3,9% à 4,5% en milieu rural. Rien de rassurant donc pour les centaines de milliers de chômeurs qui devront continuer de broyer du noir. L’analyse des données rendues publiques par le HCP suggère que le chômage continue d’affecter les jeunes âgés de 15 à 24 ans, puisqu’il demeure relativement élevé parmi cette catégorie avec des taux frisant les 26,7%, contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus. Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants qu’ils font également état de taux relativement élevés parmi les femmes, soulignant que 13,9% d’entre elles ont été concernées au cours de la même période par ce fléau social, contre 8% parmi les hommes) et les détenteurs d’un diplôme (15,5%, contre 3,7% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme). Au troisième trimestre, il ressort que plus de la moitié des chômeurs (55,3%) sont à la recherche de leur premier emploi, 49% parmi les hommes et 67,4% parmi les femmes. « Les deux-tiers (66,8%) sont en situation de chômage de longue durée, 62,2% parmi les hommes et 75,1% parmi les femmes », a relevé le Haut-commissariat soulignant, en outre, que plus du quart des chômeurs (27,8%) se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur. A en croire le Haut-commissariat, les taux de chômage les plus élevés sont relevés dans les régions du Sud avec 15,5%, de l’Oriental (14,2%), du Souss-Massa (11,7%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,2%). En revanche, le HCP a constaté qu’au cours de la période étudiée, les régions de Marrakech-Safi et de Béni Mellal-Khénifra ont enregistré les taux les plus bas du pays avec respectivement 6,3% et 4,7%. Selon toujours l’institution publique, 79,2% des chômeurs sont concentrés dans six régions. Il s’agit des régions de Casablanca-Settat (24,1%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,9%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,6%), de l’Oriental (9,8%), de Souss-Massa (9,4%) et de Fès-Meknès (9,4%). Concernant les taux d’activité, il apparaît que celui-ci a connu, au niveau national, une stagnation autour de 44,9%, entre le troisième trimestre de 2018 et la même période de 2019. « Il s’est accru de 41,1% à 41,7% en milieu urbain et a régressé de 51,9% à 50,8% en milieu rural », a noté le HCP soulignant que l’écart entre hommes et femmes a atteint 49,6 points, avec des taux d’activité respectifs de 70,1% et de 20,5%. S’agissant du taux d’emploi, qui a atteint 40,7% témoignant également d’une stagnation au niveau national, il « a connu une hausse de 0,7 point en milieu urbain et une baisse de 1,4 point en milieu rural. L’écart entre hommes et femmes a atteint 46,8 points avec des taux d’emploi respectifs de 64,5% et de 17,7% », a relevé l’institution. Autres enseignements de la note du HCP : l’emploi non rémunéré, constitué d’environ 97% d’aides familiales, a régressé de 95.000 postes, conséquence d’une perte de 113.000 en zones rurales et d’une création de 18.000 emplois en zones urbaines. Alors que le taux de sous-emploi est passé de 9,6% à 9,1%, au niveau national, de 8% à 7,8% en milieu urbain et de 11,7% à 10,8% en milieu rural. Alain Bouithy