Maroc. Une population inactive plus féminisée et adulte

Les chiffres que vient de publier le Haut-commissariat au plan (HCP) sont formels: la participation des femmes au marché du travail demeure encore marginale. Preuve en est que 73,1% des personnes inactives étaient des femmes en 2022. En effet, d’après les données réunies par l’organisme public, «près de trois quarts des inactifs (73,1%) sont des femmes, 68,8% résident en milieu urbain, plus de la moitié (51,1%) n’ont aucun diplôme et 44,9% sont âgés de 15 à 34 ans». Dans sa dernière note d’information relative aux principales caractéristiques de la population active occupée en 2022, le Haut-commissariat indique qu’« avec un effectif de 11,2 millions de personnes, les femmes en dehors du marché du travail représentent 80,2% de la population féminine en âge de travailler (81,7% en milieu urbain et 77,2% en milieu rural)». Les femmes ont constitué 73,1% des personnes en dehors du marché du travail en 2022, selon le HCP Précisons que la population en âge d’activité a atteint 27,5 millions de personnes au cours de l’année écoulée et que 12,2 millions étaient des actives (10,7 millions pourvues d’un emploi et 1,4 million en situation de chômage) tandis que 15,3 millions étaient en dehors du marché du travail. Il ressort, par ailleurs, de la même note que parmi les 5,9 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans, 15,4% exercent un emploi (905.000 personnes), 7,4% sont à la recherche d’un emploi (439.000) alors que 77,2% sont en dehors du marché du travail (4,6 millions). Toujours selon l’institution publique, dirigée par Ahmed Lahlimi Alami, «les trois quarts des jeunes en dehors du marché du travail (77%) sont des élèves ou étudiants et 19,6% sont des femmes au foyer». Dans sa note d’information, le Haut-commissariat constate également que «plus d’un jeune sur quatre âgé de 15 à 24 ans (25,2%, ou 1,5 million) au niveau national ne travaille pas, n’est pas à l’école et ne suit aucune formation (NEET)». D’après son analyse, près de 72,8% d’entre eux sont des femmes, 40,6% sont mariées et 68,2% ont un diplôme. Les jeunes souffrent de la persistance d’un niveau élevé du chômage L’autre observation à prendre en compte: les jeunes souffrent de la persistance d’un niveau élevé de chômage, en plus de leur faible participation à la vie active, reflétée par un taux d’activité de 22,8% en 2022. Comme le rappelle le HCP dans sa note d’information, «le taux de chômage s’élève à 32,7% parmi les jeunes de 15 à 24 ans contre 13,2% pour les personnes âgées de 25 à 44 ans et 3,3% pour les personnes âgées de 45 ans ou plus». Et de préciser que ce taux culmine à 61,4% parmi les jeunes diplômés de niveau supérieur. Il faut dire que l’économie marocaine n’a pas réussi à générer suffisamment d’emplois pour absorber l’augmentation de la population en âge de travailler, a fait savoir l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Rappelons à ce propos que la population en âge de travailler «a connu une hausse en moyenne de près de 400.000 personnes, alors que l’économie a créé en moyenne 121.000 postes au cours des trois dernières années qui précèdent la crise sanitaire liée à la Covid et elle a perdu 432.000 postes d’emploi en 2020 pour ensuite créer 230.000 postes d’emploi en 2021 et perdre 24 000 emplois en 2022», selon une analyse du HCP. Cette réalité n’a pas échappé au Haut-commissariat puisqu’il constate par ailleurs que le taux d’emploi, après une hausse de 0,3 point, entre 2020 et 2021, passant de 39,4% à 39,7%, a reculé de 0,6 point pour se situer à 39,1% au niveau national en 2022. Il est à préciser que ce taux a connu une augmentation de 0,2 point en milieu urbain (de 35,1% à 35,3%) et a accusé une baisse de 1,9 point en milieu rural (de 48,4% à 46,5%). Les données suggèrent même qu’il a baissé parmi les hommes (-0,3 point) et parmi les femmes (-1 point). Alors que le taux d’emploi des jeunes de 15 à 29 ans a atteint 25% en 2022 (contre 25,4% en 2021), celui des personnes de 30 à 44 ans a accusé un léger recul de 0,7 point pour atteindre 54,1%, contre 54,8% une année auparavant. Alain Bouithy 12,2 millions de personnes âgées de 15 ans et plus actives en 2022. En 2022, parmi les 27,5 millions de personnes en âge d’activité (les 15 ans et plus), 12,2 millions sont actives, ce qui correspond à un taux d’activité de 44,3%. En plus de la faible participation à la vie économique, le taux d’activité est caractérisé par une baisse structurelle depuis le début des années 2000. Ce taux a enregistré une baisse annuelle moyenne de 0,3 point, entre 2017 et 2019 et d’1 point en 2020, année de propagation de la Covid-19, avant d’enregistrer une hausse de 0,5 point en 2021, s’établissant ainsi à un niveau avoisinant celui d’avant-pandémie, puis une baisse de 0,9 point en 2022.
Maroc. Le chômage colle désespérément aux femmes, aux jeunes et aux diplômés

Les difficultés des jeunes à s’insérer sur le marché du travail demeurent préoccupantes, si l’on en croit les récents chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Malgré une baisse modérée voire insignifiante à bien des égards du taux de chômage au deuxième trimestre 2022, la situation de ces derniers sur le marché du travail n’a pas connu d’amélioration notable au cours des six premiers mois de l’année. Tout comme celle des diplômés et des femmes, deux catégories se trouvant logées à la même enseigne. En effet, alors que le taux de chômage est passé de 12,8% à 11,2% au niveau national au deuxième trimestre 2022, de 18,2% à 15,5% en milieu urbain et de 4,8% à 4,2% en milieu rural, les données du HCP montrent qu’il reste plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (30,2%), les diplômés (18%) et les femmes (15,1%). Il n’y a ainsi pas de quoi se réjouir. D’autant plus que la baisse du taux de chômage ne pourrait être en réalité qu’un mirage. Il suffit d’analyser plus en profondeur cette situation pour se rendre compte qu’on n’est à rien d’une évolution spectaculaire. A bien regarder la situation du marché du travail, on n’est pas loin de penser que cette légère baisse du chômage trouve une partie de sa justification dans le fameux programme «Awrach» qui prétend booster l’emploi des jeunes en offrant quelque 250.000 opportunités de travail à ces derniers dans des chantiers publics. Mais qui, faut-il le souligner, ne devraient pour autant véritablement pas inverser la courbe actuelle du chômage. Aussi, en plus de n’être que temporaire (2022 et 2023), il se trouve que ce programme longuement vanté par le gouvernement Akhannouch, s’appuie sur des emplois au demeurant précaires ne nécessitant pas des qualifications spéciales. Autrement dit, un feu de paille qui pourrait à tout moment replonger les jeunes auxquels il s’adresse dans la situation qui a toujours été la leur, celle d’un chômage permanent. Pour rappel, le Groupe socialiste a maintes fois exprimé ses inquiétudes au Parlement quant à la mise en œuvre de cet dispositif interpellant à l’occasion plusieurs ministres du gouvernement actuel. Youssef Aidi, président du Groupe socialiste à la Chambre des conseillers, craignait déjà, en début d’année, que ce dispositif temporaire produise une «coordination pour les victimes du programme Awrach». A ses yeux, ce programme ne garantit pas la pérennité du travail, un salaire minimum et la dignité, malgré le tapage qui est fait autour. Et c’est bien là où le bât blesse. Bien qu’elle ait concerné toutes les tranches d’âge, la baisse du taux de chômage est plus prononcée parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans (-2,2 points), passant de 20,9% à 18,7% et plus faible parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (-0,6 point), passant de 30,8% à 30,2%, a indiqué le Haut-commissariat dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2022. Selon l’organisme public, entre le deuxième trimestre de 2021 et celui de 2022, le nombre de chômeurs a baissé, passant de 1.605.000 à 1.387.000 chômeurs. Ce qui correspond à une diminution de 14%, résultant d’une baisse de 182.000 chômeurs en milieu urbain et de 36.000 en milieu rural, a-t-il estimé. Des analyses de cette institution, il ressort que la baisse du chômage a concerné l’ensemble des catégories de la population et a reculé de 2 points pour les hommes, passant de 11,9% à 9,9%, et de 0,8 point pour les femmes, passant de 15,9% à 15,1%. Il a également enregistré une baisse de 2,4 points parmi les diplômés, passant de 20,4% à 18%, et de 1,4 point parmi les non diplômés, passant de 5% à 3,6%. A noter qu’entre le deuxième trimestre de 2021 et la même période de 2022, l’économie nationale a créé 133.000 postes d’emploi, résultant d’une création de 285.000 en milieu urbain et d’une perte de 152.000 postes en milieu rural. Selon la note d’information du HCP, « le secteur des services a créé 237.000 postes, celui de l’ »industrie » 76.000 postes, des « BTP » 30.000 postes, alors que l’ »agriculture, forêt et pêche » en a perdu 210.000 ». A noter également que le taux d’activité a baissé de 0,9 point, par rapport à la même période de 2021, pour s’établir à 45,2%, suite à l’accroissement de la population en âge d’activité (15 ans et plus) de 1,4 et de la baisse de la population active de 1%. Alain Bouithy
La reprise du marché du travail ralentit à l’échelle mondiale

Menacée par de multiples crises mondiales interdépendantes, ainsi que par la montée des inégalités, la reprise du marché du travail à l’échelle mondiale marque de toute évidence le pas. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), qui en fait état dans un récent rapport, «les crises mondiales multiples entraînent une nette détérioration de la reprise du marché du travail mondial, avec une augmentation des inégalités entre, et au sein des pays». Après avoir enregistré des gains significatifs au quatrième trimestre 2021, le niveau des heures travaillées affiche une nette détérioration au premier trimestre 2022, constate l’agence onusienne. Les données recueillies montrent qu’il demeure 3,8% au-dessous de son niveau au quatrième trimestre 2019, considéré comme le point de repère d’avant-crise, souligne la 9e édition de l’Observatoire de l’OIT sur le monde du travail. Pour bien comprendre et apprécier la gravité de la situation, les auteurs du rapport expliquent que le recul du nombre d’heures travaillées équivaut à un déficit de 112 millions d’emplois à temps plein et signale un sérieux revers dans le processus de reprise. Ainsi qu’ils le relèvent dans le document, « cela constitue un revers au sein du processus de reprise depuis le dernier trimestre 2021 pendant lequel le déficit du nombre global d’heures travaillées était plus faible, à 3,2% ». Selon les explications de l’OIT, les dernières mesures de confinement en Chine comptent pour l’essentiel (86%) dans la baisse constatée au niveau mondial au deuxième trimestre 2022. Ainsi, « pour le premier trimestre 2022, ces estimations font état d’une nette détérioration en comparaison avec les prévisions précédentes de l’OIT publiées en janvier 2022 (2,4% au-dessous du niveau d’avant-crise, ce qui équivaut à 70 millions d’emplois à temps plein) », précise-t-on dans ce rapport. Pour l’OIT, il ne fait aucun doute que la multiplication des situations de crise internationale, notamment l’inflation (en particulier des prix de l’énergie et des denrées alimentaires), les turbulences financières, une éventuelle crise de la dette et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales – exacerbées par la guerre en Ukraine – accroît le risque que le nombre d’heures travaillées baisse à nouveau en 2022. Ce qui devrait avoir des répercussions plus larges sur les marchés du travail mondiaux dans les mois à venir. Autres enseignements contenus dans ce rapport : la reprise est très contrastée, et la divergence s’accentue entre les économies des pays riches et celles des pays pauvres. En effet, selon l’Observatoire de l’OIT, «si les pays à revenu élevé ont enregistré une reprise des heures travaillées, les économies à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur ont subi des revers au premier trimestre de cette année, avec un écart respectif de 3,6 et 5,7% par rapport à la période de référence d’avant-crise». La crainte des auteurs du rapport est que ces tendances divergentes soient susceptibles de s’aggraver au deuxième trimestre 2022. Pour le directeur général de l’OIT, Guy Ryder, en plus de marquer le pas, la reprise, inégale et fragile, du marché du travail à l’échelle mondiale « est rendue encore plus incertaine par une combinaison de crises qui se renforcent mutuellement ». Ainsi, craint-il, « l’impact sur les travailleurs et leurs familles, notamment dans les pays en développement, sera dévastateur et pourrait se traduire par des bouleversements sociaux et politiques». D’où son appel : «Il est désormais plus essentiel que jamais de travailler ensemble et de privilégier la création d’une reprise centrée sur l’humain». A noter que plus de deux ans après le début de la pandémie, force est de constater que les revenus du travail n’ont pas encore retrouvé leur niveau initial pour la majorité des travailleurs, l’écart entre hommes et femmes en matière d’heures travaillées a également augmenté pendant la pandémie et la hausse sensible des offres d’emploi dans les économies avancées à fin 2021 et au début 2022 a entraîné une tension sur les marchés du travail avec un nombre d’emplois disponibles grandissant par rapport à celui des demandeurs d’emploi. Par ailleurs, «alimentée par les perturbations de la production et du commerce exacerbées par la crise en Ukraine, l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des matières premières frappe de plein fouet les ménages pauvres et les petites entreprises, en particulier celles de l’économie informelle», note l’OIT. Alain Bouithy
Le secteur privé doit concurrencer à armes égales les entreprises publiques afin de créer des emplois dans les pays de la région MENA

Les marchés du travail de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) ont besoin de conditions de concurrence équitables, a souligné la Banque mondiale dans un récent rapport offrant un nouvel éclairage sur les difficultés auxquelles se heurte le développement du secteur privé. «Il est essentiel que les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) permettent au secteur privé d’accéder aux marchés et de concurrencer à armes égales les entreprises publiques», a estimé l’institution financière internationale affirmant que cela permettrait de créer des emplois dans une région où le chômage des jeunes est le plus élevé du monde. La Banque mondiale exhorte ainsi les gouvernements de la région à prendre des mesures à même de remédier au marasme du marché du travail qui, dix ans après le Printemps arabe, fait-elle remarquer, continue de saper le développement économique et le progrès social. Selon le document intitulé «Le défi de l’emploi : Repenser le rôle des pouvoirs publics envers les marchés et les travailleurs dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord», la lutte contre le fléau du chômage, en particulier chez les jeunes et les femmes de la région, passe par un secteur privé plus développé et dynamique, ainsi que par des réformes réglementaires sur les marchés du travail et des produits. Citant ledit rapport, le vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Ferid Belhaj, explique : «Les gouvernements se doivent de redéfinir leurs relations avec le secteur privé, les travailleurs et surtout avec les femmes, un facteur d’une importance égale». Ce dernier estime que, «plutôt que d’intervenir dans les secteurs économiques, l’Etat doit créer les conditions pour un secteur privé concurrentiel et réglementé. Plutôt que de se reposer sur un code du travail obsolète, l’Etat doit repenser ses programmes de protection sociale et son approche au marché de l’emploi. Enfin, plutôt que de chercher à préserver l’héritage de certaines normes historiques et sociales, l’Etat se doit d’être le gardien de l’équité entre les genres dans la région MENA». Afin de rendre leurs marchés plus fluides, les auteurs dudit rapport soutiennent que les gouvernements doivent réduire la domination des entreprises publiques, par exemple en éliminant les exclusions et les exceptions aux lois sur la concurrence, les marchés publics et la fiscalité qui sont appliquées aux opérateurs privés. Le rapport préconise pour un certain nombre de pays «l’adoption de réformes en vue de lever les restrictions qui sont imposées à l’activité des femmes dans des secteurs spécifiques et sur le plan des horaires de travail, de remédier à l’inégalité des salaires par rapport aux hommes et de mettre fin à l’obligation de requérir l’autorisation du conjoint pour obtenir un emploi». Il est à noter qu’en plus d’offrir un nouvel éclairage sur les difficultés auxquelles se heurte le développement du secteur privé, pourtant crucial pour la création d’emplois, cette publication montre en particulier comment le nombre et la qualité des emplois dans l’économie sont tributaires de la fluidité (ou «contestabilité») des marchés, a souligné l’institution internationale dans un communiqué. La Banque rappelle, à ce propos, qu’«un marché est considéré comme contestable lorsqu’il est facile pour les entreprises d’y entrer et d’en sortir et que s’y exerce en permanence la pression de la concurrence potentielle». Partant de cette définition, la Banque mondiale affirme que les marchés de la plupart des pays de la région ne sont pas contestables. Et pour cause : «Les entreprises publiques jouent un rôle prépondérant et bénéficient d’un traitement préférentiel en matière de taxes, de financements et de subventions». Le rapport explique en outre que «de nombreux pays de la région MENA disposent d’entités qui font à la fois office d’organismes de réglementation et d’opérateurs au sein des entreprises publiques, ce qui affaiblit la concurrence, tandis que les contrôles des prix et les subventions réduisent les incitations à la participation du secteur privé». Ce n’est pas tout. La publication relève, par ailleurs, que «les pays de la région MENA continuent de se caractériser par le poids des professions moyennement qualifiées, lui-même probablement lié à l’importance de leur secteur public, les travailleurs effectuant nettement moins de tâches nécessitant des compétences essentielles pour les emplois de demain, telles que des compétences cognitives (techniques) et socio-comportementales de niveau supérieur». Selon une analyse de la Banque mondiale, l’emploi dans les pays de la région MENA a progressé de 1% par an en moyenne dans les entreprises du secteur privé, bien loin des 5% enregistrés parmi les autres économies à revenu intermédiaire. L’organisme international estime en outre qu’«avec un taux d’activité féminine de 20% seulement, la participation des femmes sur le marché du travail est la plus faible au monde, tandis que le taux de chômage chez les jeunes est élevé et estimé à 26%». Il est à préciser que le rapport de la Banque mondiale examine de nouvelles données sur la réglementation des marchés de produits, qui rendent compte notamment des politiques favorisant ou entravant la fluidité des marchés, en Arabie Saoudite, en Egypte, en Jordanie, au Koweït, au Maroc, en Tunisie, aux Emirats arabes unis et en Cisjordanie et a Gaza. Ainsi, pour la première fois, l’organisme international a pu établir des comparaisons au sein de la région MENA et avec 51 pays ailleurs dans le monde. Alain Bouithy
Maroc: Recul en trompe-l’œil du chômage

Le taux de chômage a baissé entre le premier trimestre de 2021 et celui de 2022. Selon les derniers chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), il est passé de 12,5% à 12,1% au niveau national, de 17,1% à 16,3% en milieu urbain et de 5,3% à 5,1% en milieu rural. Il faut toutefois se garder de tout triomphalisme. En effet, une analyse plus en profondeur des données recueillies par l’institution publique – chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc – révèle une inversion de la courbe du chômage en trompe-l’œil. En effet, au cours de cette même période, il ressort que l’économie nationale a perdu 58.000 postes d’emploi au niveau national, suite à une perte de 148.000 postes en milieu rural et une création de 90.000 en milieu urbain. D’après le Haut-commissariat, « ces emplois perdus résultent du solde d’une création de 40.000 emplois rémunérés et d’une perte de 98.000 emplois non rémunérés ». Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au premier trimestre 2022, le Haut-commissariat précise que, « par type d’emploi, 98.000 emplois non rémunérés ont été perdus, dont 80.000 en milieu rural et 18.000 en milieu urbain ». A souligner que l’emploi rémunéré a progressé de 40.000 postes, conséquence d’une création de 108.000 emplois en milieu urbain et d’une perte de 68.000 en milieu rural. Et que, comme l’a expliqué le HCP dans sa note, le secteur des « services » a créé 85.000 emplois, celui des « BTP » 29.000 et de l’« industrie » 13.000, alors que l’« agriculture, forêt et pêche » a perdu 183.000 emplois. C’est donc dans ce contexte que le taux de chômage a reculé enregistrant ainsi une diminution de 0,4 point entre les premiers trimestres de 2021 et de 2022. Dans le détail, les derniers chiffres du HCP font état d’une baisse du taux de chômage aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 5,3% à 5,1% et de 17,1% à 16,3%. Si le taux de chômage a reculé chez les femmes en passant de 17,5% à 17,3%, soit -0,2 point, il apparaît en revanche qu’il « a augmenté parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (+0,9 point), de 32,5% à 33,4%, principalement en milieu urbain passant de 45,6% à 47,7% », a constaté le HCP. Il est à noter que le taux de chômage parmi les diplômés a accusé une baisse de 0,9 point passant de 19,8% à 18,9%. En revanche, il a enregistré une hausse de 0,5 point chez les diplômés de niveau supérieur (passant de 26,2% à 26,7%). A en croire le Haut-commissariat, « la plus forte hausse a été enregistrée parmi les techniciens spécialisés et supérieurs (+3,2 points avec un taux de 35%), suivis des titulaires de diplômes supérieurs délivrés par les facultés (+1,2 point avec un taux de 28,6%) et des diplômes supérieurs délivrés par les écoles et les instituts (+0,8 point avec un taux de 9%) ». D’après toujours le HCP, le taux de chômage des diplômés de niveau moyen est passé de 16,1% à 14,4% affichant ainsi la baisse la plus importante parmi les diplômés en qualification professionnelle (-2,6 points avec un taux de 22,3%). Il ressort, par ailleurs, des chiffres du HCP que le volume du sous-emploi est passé, durant la même période, de 988.000 personnes à 987.000, de 552.000 à 521.000 dans les villes et de 435.000 à 466.000 à la campagne. Alors que le taux de sous-emploi, au niveau national, est resté le même qu’au premier trimestre de 2021 (9,2%), avec une baisse de 8,9% à 8,3% en milieu urbain et une augmentation de 9,6% à 10,6% en milieu rural. Dans sa note, le HCP ajoute que le taux de sous-emploi a connu une augmentation de 10,2% à 10,5% parmi les hommes et a baissé de 5,6% à 4,8% parmi les femmes. L’organisme public précise qu’«en milieu urbain, ce taux est de 8,6% contre 6,9% pour les femmes. En milieu rural, il est presque 6 fois plus élevé parmi les hommes (13,3%) que parmi les femmes (2,2%) ». Alain Bouithy
Maroc. A 12,3%, le chômage continue de narguer les politiques publiques

Alors que le programme «Awrach» venait d’être mis en route, les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP) viennent rappeler une affligeante réalité : la situation du marché du travail au Maroc continue de se détériorer et la lutte contre le chômage est loin d’être une mince affaire. Arrivé depuis peu à un stade opérationnel, comme l’a déclaré dernièrement le ministre de l’Intégration économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, le programme «Awrach» entend notamment améliorer l’employabilité et accroître les chances d’insertion professionnelle. Mais en attendant les premiers résultats qui permettront d’apprécier l’impact réel de cette initiative chez les jeunes, notamment, les données du Haut-commissariat montrent que le chômage a grimpé au terme de l’année 2021. Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail en 2021, l’’institution publique annonce qu’il est passé de 11,9% à 12,3% au niveau national, de 15,8% à 16,9% en milieu urbain et de 5,9% à 5% en milieu rural. En effet, « entre 2020 et 2021, le nombre de chômeurs a augmenté de 79.000 personnes, passant de 1.429.000 à 1.508.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 5,5% », a indiqué le Haut-commissariat précisant que cette hausse est la conséquence d’une augmentation de 120.000 chômeurs en milieu urbain et d’une baisse de 41.000 en milieu rural. Comme c’est souvent le cas depuis des lustres, « il est plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (31,8%), les diplômés (19,6%) et les femmes (16,8%) », a-t-il fait savoir. Des disparités observées au niveau de l’ensemble des catégories de la population montrent que « le taux de chômage s’est accru respectivement de 0,6 point pour les femmes, passant de 16,2% à 16,8% alors que ce taux a quasiment stagné pour les hommes (de 10,7% à 10,9%) », a poursuivi le HCP. Selon la note du Haut-commissariat et la répartition par diplôme, le taux de chômage a enregistré une hausse de 1,1 point parmi les diplômés, passant de 18,5% à 19,6%, et une baisse de 5,6% à 4,6% parmi les personnes sans aucun diplôme. « Selon l’âge, le taux de chômage a augmenté de 0,6 point pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 31,2% à 31,8% et de 1,1 point pour les personnes âgées de 25 à 34 ans, passant de 18,5% à 19,6% », a-t-il ajouté. Il est à noter que le volume du sous-emploi est de son côté passé de 1.127.000 à 1.003.000 personnes, de 619.000 à 550.000 dans les villes et de 508.000 à 453.000 à la campagne. C’est ainsi que « le taux de sous-emploi est passé, au niveau national, de 10,7% à 9,3%, de 10,1% à 8,8% en milieu urbain et de 11,6% à 10% en milieu rural », a souligné le HCP dans sa note. La même source relève, par ailleurs, qu’entre 2020 et 2021, l’économie nationale a créé 230.000 postes d’emploi, correspondant à une hausse de 2% et résultant d’une création de 130.000 postes en milieu rural et de 100.000 postes en milieu urbain, A titre de rappel, 432.000 postes d’emploi avaient été perdus une année auparavant. « Par type d’emploi, 197.000 postes d’emplois rémunérés ont été créés, 112.000 en milieu urbain et 85.000 en milieu rural », a indiqué le HCP dans sa note d’information du HCP précisant que l’emploi non rémunéré a augmenté de 33.000 postes, création de 45.000 en zones rurales et perte de 12.000 en zones urbaines. Selon les statistiques du HCP, cinq régions abritent 72% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus : la région de Casablanca-Settat vient en première position avec 22,2% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Marrakech-Safi (13,3%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,6%) et de Fès-Meknès (11,4%). Ces mêmes données montrent que trois régions enregistrent des taux d’activité supérieurs à la moyenne nationale (45,3%). Selon le Haut-commissariat, « il s’agit des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (49,8%), de Casablanca-Settat (47,7%) et de Marrakech-Safi (46,8%) ». Soulignons, en revanche, que les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Souss-Massa (41,3%) et de Fès-Meknès (42,3%) et de l’Oriental (42,5%). Alain Bouithy
Maroc. Le nombre des sans-emploi va augmentant pour atteindre 1,6 million

Le chômage persiste à la hausse. Selon les dernières statistiques rendues publiques mardi 3 août par le Haut-commissariat au plan (HCP), il a connu une progression au cours du deuxième trimestre 2021. La situation reste préoccupante d’autant plus que cette tendance a été observée à une période marquée par l’assouplissement des restrictions de la santé publique relative à la pandémie de Covid-19 et par les conditions climatiques favorables à la reprise de l’activité agricole. Le retour à un environnement bien meilleur que celui ayant marqué les mois précédents n’a visiblement pas eu un effet positif sur le chômage puisqu’il a poursuivi sa progression. Il faut dire qu’entre le deuxième trimestre de l’année 2020 et celui de 2021, le nombre de chômeurs est passé de 1.477.000 à 1.605.000 chômeurs, soit une augmentation de 128.000 personnes. Ce qui correspond à une augmentation de 9%. Dans une note d’information relative à la situation du marché de travail au deuxième trimestre de l’année 2021, le Haut-commissariat a expliqué que « cette hausse résulte d’une réduction de 100.000 chômeurs en milieu rural et d’une augmentation de 228.000 en milieu urbain ». Des observations du HCP, il ressort que presque trois quarts des chômeurs (71,3%) sont concentrés dans cinq régions. En l’occurrence : Casablanca-Settat (27,3% de chômeurs), Fès-Meknès (12,9%), Rabat-Salé-Kénitra (12,3%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%) et l’Oriental (9,4%). Comme l’a fait remarquer l’institution publique, le taux de chômage a maintenu sa tendance à la hausse enregistrée au cours de la même période de l’année précédente. Il est ainsi passé de 12,3% à 12,8% au niveau national, de 15,6% à 18,2% en milieu urbain et de 7,2% à 4,8% en milieu rural. Et c’est sans grande surprise qu’il est plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (30,8%), les diplômés (20,4%) et les femmes (15,9%), une tendance maintes fois observée lors des précédentes analyses de l’évolution du marché du travail. «Ce taux a enregistré une hausse modérée parmi les hommes, de 11,3% à 11,9%, et les femmes, de 15,6% à 15,9%. Il a connu une baisse de 2,6 points parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 33,4% à 30,8%», a précisé le Haut commissariat. En ce qui concerne les diplômés, le HCP a précisé que le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,2 points, passant de 18,2% à 20,4% entre les deuxièmes trimestres de 2020 et de 2021. Selon le HCP, «ce sont les diplômés de niveau supérieur qui ont enregistré la hausse la plus importante de 3 points, avec un taux passant de 22,3% à 25,3%. Le taux de chômage des diplômés de niveau moyen a, de son côté, augmenté de 1,8 point pour atteindre 17,6%». Il est important de noter que les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (20,8%) et de l’Oriental (18,4%), comme le suggèrent les statistiques. Soulignons que deux autres régions, Casablanca-Settat (16,1%) et Fès-Meknès (14,8%), dépassent la moyenne nationale (12,8%) alors que «les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi, et de Béni Mellal-Khénifra enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 8,5%, 8,7% et 9,7%». Des mêmes données, il ressort par ailleurs que le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a baissé de 360.000 au niveau national, entre le deuxième trimestre de 2020 et la même période de 2021. Les chiffres montrent qu’il est passé de 1.359.000 à 999.000 personnes, de 753.000 à 551.000 personnes dans les villes et de 606.000 à 448.000 à la campagne. Le Haut-commissariat en déduit que «le taux de sous-emploi est passé de 13% à 9,2% au niveau national, de 12,2% à 8,9% en milieu urbain et de 14,1% à 9,5% en milieu rural». Signalons enfin que l’économie nationale a créé durant cette période 405.000 postes d’emploi. Ceux-ci résultent «d’une création de 414.000 postes en milieu rural et d’une perte de 9.000 postes en milieu urbain, contre une perte de 589.000 postes une année auparavant et une création annuelle moyenne de 64.000 postes au cours des trois années prépandémie», a précisé le HCP. D’après l’institution publique, entre le deuxième trimestre de 2020 et la même période de 2021, le secteur de l’«agriculture, forêt et pêche» a créé 318.000 postes.Il est suivi par les BTP (108.000), les services (40.000). Quant à celui de l’«industrie y compris l’artisanat», il a perdu 53.000 postes. Alain Bouithy
Maroc : Le taux de chômage grimpe à 12,5% au premier trimestre

La situation du marché du travail au premier trimestre 2021 continue encore de subir les effets de la crise qu’a vécue l’économie nationale durant l’année 2020. Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), elle a été essentiellement marquée par la hausse du chômage et de l’inactivité, particulièrement parmi les femmes et les jeunes. Ainsi, le nombre de chômeurs a augmenté de 242.000 personnes entre le premier trimestre de l’année 2020 et celui de 2021, passant de 1.292.000 à 1.534.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 19%, a souligné le HCP précisant que cette hausse est le résultat d’une augmentation de 185.000 chômeurs en milieu urbain et de 57.000 en milieu rural. Dans sa note d’information relative à la situation du marché de travail au premier trimestre de l’année 2021, l’institution publique indique que le taux de chômage s’est accru de 2 points entre les premiers trimestres de 2020 et de 2021, passant de 10,5% à 12,5%. Selon les données statistiques, « il a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 3,9% à 5,3% et de 15,1% à 17,1% ». Ces données font également apparaitre un taux de chômage en « forte hausse parmi les femmes (3,2 points), de 14,3% à 17,5%, et parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (5,7 points), de 26,8% à 32,5% », a noté le HCP soulignant, en outre, que celui des diplômés a enregistré une hausse de 2 points, passant de 17,8% à 19,8%. Il ressort, par ailleurs des chiffres rendus publics par le Haut-commissariat que « le volume du sous-emploi, dans ses deux composantes, est passé, durant la période, de 954.000 personnes à 988.000, de 531.000 à 552.000 dans les villes et de 423.000 à 435.000 à la campagne ». Ainsi, le taux de sous-emploi est passé de 8,8% à 9,2%, au niveau national, de 8,7% à 8,9% en milieu urbain et de 8,9% à 9,6% en milieu rural. Le Haut-commissariat a enfin noté que « le taux de sous-emploi des hommes (10,2%) est presque deux fois plus élevé que celui des femmes (5,6%). En milieu urbain, il est de 9% contre 8,3% pour les femmes et en milieu rural, il est presque 5 fois plus élevé parmi les hommes avec 12% que parmi les femmes (2,5%) ». Martin KAM