Zone euro: Le taux de chômage à 7,5% à fin juillet

Zone euro: Le taux de chômage à 7,5% à fin juillet

Le taux de chômage dans la zone euro s’est établi à 7,5% en juillet 2019, selon les estimations l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat), soulignant qu’il est stable comparé à juin 2019 et en baisse par rapport au taux de 8,1% de juillet 2018. Analysant cette variation, Eurostat a indiqué qu’il s’agit du taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis juillet 2008. Selon les chiffres de l’office, dans l’Union européenne, le taux de chômage s’est établi à 6,3% en juillet 2019. Il reste inchangé par rapport au taux de juin 2019 et en baisse de 6,8% en juillet 2018, a-t-il relevé soulignant que cela demeure le taux le plus faible enregistré dans l’UE28 depuis le début de la série mensuelle sur le chômage en janvier 2000. En détail, il ressort des chiffres publiés par Eurostat qu’en juillet 2019, 15,613 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’UE28, dont 12,322 millions dans la zone euro. « Par rapport à juin 2019, le nombre de chômeurs a augmenté de 27 000 dans l’UE28 et a diminué de 16 000 dans la zone euro. Comparé à juillet 2018, le chômage a baissé de 1,093 million de personnes dans l’UE28 et de 898 000 dans la zone euro », a fait savoir l’office. A noter que les taux de chômage les plus faibles en juillet 2019 ont été enregistrés en Tchéquie (2,1%) et en Allemagne (3,0%). Les taux de chômage les plus élevés ont quant à eux été relevés en Grèce (17,2% en mai 2019) et en Espagne (13,9%). D’après Eurostat, sur un an, « le taux de chômage a baissé dans 25 États membres, tandis qu’une augmentation a été enregistrée au Luxembourg (de 5,6% à 5,7%), en Lituanie (de 6,1% à 6,4%) et en Suède (de 6,3% à 6,8%) ». Selon la même source, les baisses les plus marquées ont été observées en Grèce (de 19,4% à 17,2% entre mai 2018 et mai 2019), en Croatie (de 8,4% à 7,1%), à Chypre (de 8,3% à 7,0%), en Slovaquie (de 6,5% à 5,3%) et en Espagne (de 15,0% à 13,9%). En ce qui concerne le chômage chez les jeunes, il apparait que 3,195 millions d’entre eux de moins de 25 ans étaient au chômage dans l’UE28 en juillet 2019, dont 2,245 millions dans la zone euro. Par rapport à juillet 2018, leur nombre a diminué de 167 000 dans l’UE28 et de 149 000 dans la zone euro. En juillet 2019, l’Office a aussi noté la baisse du taux de chômage des jeunes qui s’est établi à 14,3% dans l’UE28 et à 15,6% dans la zone euro, contre respectivement 15,0% et 16,7% en juillet 2018. Enfin, il ressort également des chiffres d’Eurostat que « les taux les plus faibles en juillet 2019 ont été observés en Allemagne (5,6%), aux Pays-Bas (6,7%) et en Tchéquie (7,0%), tandis que les hausses les plus élevées ont été enregistrés en Grèce (39,6% au premier trimestre 2019), en Espagne (32,1%) et en Italie (28,9%) ». Martin Kam

La création d’emploi entre le marteau et l’enclume (Maroc)

La création d’emploi entre le marteau et l’enclume (Maroc)

Le nombre de demandeurs d’emploi continue de reculer. Entre le deuxième trimestre de l’année 2018 et la même période de 2019, le nombre total de chômeurs a reculé de 77.000 personnes au niveau national. Il est passé de 1.103.000 à 1.026.000 chômeurs. Cette légère embellie marque un nouveau recul du taux de chômage qui est passé de 9,1% à 8,5% au niveau national, entre ces deux périodes. D’après les chiffres publiés récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP), le taux de chômage a baissé de 13,7% à 12,4% en milieu urbain et s’est accru de 3% à 3,3% en milieu rural. Il est à rappeler qu’entre le premier trimestre de 2018 et la même période de 2019, ce taux était passé de 10,5% à 10% à l’échelle nationale, de 15,6% à 14,5% en milieu urbain et de 3,5% à 3,8% en milieu rural. Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de l’année 2019, l’institution publique a indiqué que «les baisses les plus importantes ont été relevées parmi les personnes ayant un diplôme (-1,4 point), les adultes âgés de 25 à 34 ans (-0,9 point) et les jeunes de 15 à 24 ans (-0,8 point)». En revanche, le Haut-commissariat a fait observer que les hausses les plus importantes ont été enregistrées parmi les personnes âgées de 45 ans et plus (+0,3 point) et les femmes  rurales (+0,2 point). Poursuivant son analyse, cette institution publique a également constaté des taux de chômage très élevés chez les femmes s’établissant à 11,3% contre 7,5% parmi les hommes. Soulignons que ceux-ci restent tout aussi élevés chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans (22,3% contre 6,5% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus) et parmi les détenteurs d’un diplôme (15,1% contre 2,6% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme), selon les données passées au crible par le HCP. Selon toujours les chiffres du Haut-commissariat, «le taux de chômage est de 12,3% parmi les personnes ayant un diplôme de niveau moyen  et de 20% parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur», précisant qu’il a atteint ses niveaux les plus élevés notamment parmi les diplômés de la spécialisation professionnelle (26,1%) et les lauréats des facultés (22,3%). L’institution fait aussi remarquer qu’environ 6 chômeurs sur 10 (60,6%) sont à la recherche de leur premier emploi (54% parmi les hommes et 73,6% parmi les femmes). Selon elle, «sept chômeurs sur 10 (70,2%) sont à la recherche d’un emploi depuis une année ou plus (65% parmi les hommes et 80,6% parmi les femmes) et 22,9% des chômeurs se sont retrouvés en situation de chômage suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur». En outre, 6,5% des chômeurs, totalisant 67.000 personnes, sont découragés par la recherche active d’un emploi. Ils sont à environ 92% citadins, à 60% masculins, à 54% jeunes âgés de 15 à 29 ans et à 83% diplômés.  Mais, peut-on vraiment parler d’une embellie de la situation du marché du travail ? Pas si sûr. En effet, l’évolution du marché du travail en termes de création d’emplois laisse quelque peu sceptique pour vraiment parler d’une réelle amélioration de la situation. Et pour cause, si le marché a enregistré une création de 132.000 emplois en milieu urbain entre le deuxième trimestre de l’année 2018 et la même période de 2019,  force est de constater qu’il en a perdu 125.000 en milieu rural. La différence est beaucoup plus parlante puisqu’à l’évidence l’économie nationale n’aura créé que 7.000 postes d’emploi au cours de cette période. Ce qui est bien loin des 117.000 postes créés une année auparavant, c’est-à-dire entre le deuxième trimestre de 2018 et celui de 2017. Des précisions du HCP, il ressort que «ces nouveaux postes d’emploi résultent, d’une part, des créations de 167.000 emplois par les « services » et de 43.000 par l’ »industrie y compris l’artisanat » et d’autre part, des pertes de 176.000 emplois dans le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche » et de 27.000 dans celui des BTP. 176.000 emplois perdus dans le seul secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche », cela n’a rien d’une embellie. Notons, en outre, que la situation du marché du travail a été marquée par une poursuite de la baisse des taux d’activité et d’emploi au deuxième trimestre de 2019. Ainsi que le fait remarquer le HCP, «la population en âge d’activité (15 ans et plus) s’est accrue, par rapport au deuxième trimestre de 2018, à un rythme plus important (+1,6%) que celui de la population active (-0,6%)». D’après le Haut-commissariat, le taux d’activité a reculé de 47% à 46% (-1 point) entre les deux périodes, baissant de 41,6% à 40,9% en milieu urbain (-0,7 point) et de 56,7% à 55,3% en milieu rural (-1,4 point).  Tandis que le taux d’emploi a connu une baisse, au niveau national, de 42,8% à 42,1%, reculant de 55% à 53,5% en milieu rural alors qu’il a stagné à 35,9% en  milieu urbain.  Alain Bouithy

Chômage: La zone euro enregistre le taux le plus faible depuis juillet 2008

Chômage: La zone euro enregistre le taux le plus faible depuis juillet 2008

A fin juin 2019, la zone euro a enregistré le taux le plus faible enregistré depuis juillet 2008, selon les chiffres publiés par l’office statistique de l’Union européenne (Eurostat). D’après ces données, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 7,5% en juin 2019, en baisse par rapport au taux de 7,6% de mai 2019 et au taux de 8,2% de juin 2018. De son côté, l’UE28 a enregistré durant la même période le taux de chômage le plus faible depuis le début de la série mensuelle sur le chômage en janvier 2000, soit 6,3%. Il est resté inchangé par rapport au taux de mai 2019 et en baisse par rapport au taux de 6,8% de juin 2018, a indiqué l’office notant que 15,674 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’UE28, dont 12,377 millions dans la zone euro. « Par rapport à mai 2019, le nombre de chômeurs a diminué de 36 000 dans l’UE28 et de 45 000 dans la zone euro. Comparé à juin 2018, le chômage a baissé de 1,205 million de personnes dans l’UE28 et de 1,032 million dans la zone euro », a poursuit Eurostat. Soulignons que les taux de chômage les plus faibles en juin 2019 ont été enregistrés en Tchéquie (1,9%) et en Allemagne (3,1%) alors que ceux les plus élevés ont été relevés en Grèce (17,6% en avril 2019) et en Espagne (14,0%). Selon l’office, le taux de chômage a baissé dans 24 États membres et est resté stable en Estonie et en Pologne sur un an, tandis qu’une augmentation a été enregistrée en Suède (de 6,3% à 6,4%) et au Luxembourg (de 5,6% à 5,8%). A en croire Eurostat, « les baisses les plus marquées ont été observées en Grèce (de 19,8% à 17,6% entre avril 2018 et avril 2019), à Chypre (de 8,3% à 6,5%), en Croatie (de 8,6% à 7,1%), en Irlande (de 5,9% à 4,5%) et en Slovaquie (de 6,7% à 5,4%) ». Il ressort aussi de ses chiffres que 3,176 millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage dans l’UE28 en juin dernier, dont 2,251 millions dans la zone euro. « Par rapport à juin 2018, le nombre de jeunes chômeurs a diminué de 239 000 dans l’UE28 et de 179 000 dans la zone euro », a souligné ‘office relevant que le taux de chômage des jeunes s’est établi à 14,1% dans l’UE28 et à 15,4% dans la zone euro, contre respectivement 15,2% et 17,0% en juin 2018. Martin Kam

Le chômage continue de narguer les jeunes et les diplômés (Maroc)

Le chômage continue de narguer les jeunes et les diplômés (Maroc)

Bien qu’il ait été déclaré au centre des attentions des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années, le chômage continue de faire des ravages. Au grand désespoir des jeunes et des diplômés, premiers touchés par ce fléau, qui parfois doutent des capacités des pouvoirs publics à l’éradiquer ou tout au plus à le réduire de façon significative et durable. Année après année, la question du chômage demeure aussi poignante malgré l’élaboration d’une multitude de stratégies et programmes. L’évolution du taux de chômage frise encore les 10% et risque de s’emballer. Ceci d’autant  plus que les projections du Haut-commissariat au plan (HCP) font état d’un ralentissement de la croissance nationale pour l’année en cours. Ce qui n’est pas pour raviver le moral des ménages marocains qui touche désormais l’abîme. A ce propos, rappelons que les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages relatifs au deuxième trimestre de l’année 2019 dans le volet « chômage »  sont révélateurs du climat régnant au sein des foyers. En effet, il ressort de l’enquête menée par cette institution publique que la perception par ces derniers de l’évolution du nombre de chômeurs laisse à désirer. Selon le HCP, la majorité des ménages marocains (83%) sondés  déclarent s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le Haut-commissariat en déduit que « le solde d’opinion est resté négatif à moins 76,9 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent où il a enregistré moins 75,6 points que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à moins 61,7 points ». C’est dire qu’en dépit de l’amélioration des indicateurs du marché du travail à laquelle fait allusion la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans sa dernière publication annuelle « Tableau de bord social », indiquant une baisse tendancielle du taux de chômage passé de 13,4% en 2000 à 9,8% en 2018, la question du chômage continuera de hanter les esprits, particulièrement des jeunes et des  diplômés. Et ce malgré le lancement, ces dernières années, d’une série d’initiatives visant la promotion de l’emploi et la réforme du marché du travail. C’est dans ce cadre qu’a été initiée la Stratégie nationale pour l’emploi (SNE) 2015-2025 qui cible notamment la promotion d’un emploi décent à travers une croissance riche en emplois productifs et de qualité, l’accroissement de la participation des jeunes et des femmes dans le marché du travail, souligne la Direction précisant que cette stratégie a pour principal objectif de réduire le taux de chômage à 8,5% à l’horizon 2021. Dans sa dernière publication, la DEPF fait état d’une baisse tendancielle du taux d’activité et du taux d’emploi ainsi qu’une disparité de la répartition spatiale et sectorielle. Selon elle, la population active a connu un accroissement continu à raison de 90 mille actifs nets additionnels annuellement, passant de 10,278 en 1999 à 11,979 millions d’actifs en 2018. Cependant, poursuit la DEPF, cet accroissement demeure inférieur à celui de la population en âge d’activité qui a augmenté de 371 mille personnes annuellement durant la même période, ce qui s’est traduit par une baisse du taux d’activité de 54,4% en 1999 à 46,2% en 2018. « Cette baisse du taux d’activité, essentiellement en milieu urbain, s’explique par le recul important de l’offre de travail des jeunes âgés de 15 à 24 ans qui participent de moins en moins au marché du travail », précise-t-elle notant que certains prolongent la durée de leur scolarité et d’autres se retirent du marché du travail face aux difficultés croissantes d’insertion. A noter aussi que la baisse du taux d’activité a concerné l’ensemble des tranches d’âge mais avec des niveaux différentiés. Ainsi, « pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce taux a reculé de 21 points entre 1999 et 2018, alors que chez les personnes âgées de 25 à 34 ans, il a baissé de 4,7 points et parmi celles âgées de 35-44 ans de 3,5 points ». Soulignons qu’en dépit de l’accroissement du volume de la population active occupée, le taux d’emploi a, de son côté, baissé de 46,0% en 2000 à 41,7% en 2018 (-4,3 point), selon la DEPF notant qu’il a également baissé de 1,0 point en milieu urbain et -6,3 en milieu rural. Si le nombre de chômeurs a baissé, entre 2000 et 2018, de 1.367.769 à 1.168.000 personnes, permettant ainsi au taux de chômage de gagner 3,6 points de pourcentage en passant de 13,4% à 9,8%, il faut cependant relever que « cette évolution cache des disparités selon le milieu de résidence, le sexe, l’âge et le niveau de diplôme ». Aussi, à l’instar des années précédentes, le chômage reste encore élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans. D’après la DEPF, « il a atteint 26% au niveau national (43,2% en milieu urbain) en 2018 enregistrant ainsi une baisse de 0,5 point au niveau national, 1 point pour cette catégorie en milieu rural et une augmentation de 0,7 point en milieu urbain ». Enfin, entre 2017 et 2018, le taux de chômage des diplômés a augmenté de 0,3 point pour atteindre 17,1% parmi ceux-ci  contre seulement 3,5% pour ceux n’ayant pas de diplôme. Alain Bouithy

Maroc: Le chômage continue d’affecter les jeunes et les diplômés

Maroc: Le chômage continue d’affecter les jeunes et les diplômés

Le recul du taux de chômage en 2018, qui passe de 10,2% à 9,8% au niveau national, est loin d’apaiser les inquiétudes des jeunes, des femmes et des diplômés. En effet, selon les résultats de l’enquête nationale sur l’emploi menée par le Haut-commissariat au plan (HCP), ces trois catégories sociales concentrent les plus forts taux de chômage. Dans une note d’information rendue publique récemment, le HCP a indiqué que le taux de chômage a atteint 26% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans et 43,2% parmi les citadins de cette même tranche d’âge. D’après l’institution gouvernementale, «le chômage affecte les femmes plus que les hommes, avec des prévalences respectives de 14% et 8,4%. Ce constat est plus notable en milieu urbain où le taux de chômage atteint 24,3% parmi les femmes contre 11,4% parmi les hommes ». Dans sa note, qui porte sur les «Principales caractéristiques de la population active en chômage en 2018 », le Haut-commissariat a aussi relevé que le taux de chômage croît avec le niveau de qualification. Il apparaît ainsi que le taux de chômage passe de 3,4% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 17,2% pour les diplômés et se situe à 14% pour les diplômés de niveau moyen et à 23% pour ceux ayant un diplôme de niveau supérieur. Selon les données recueillies par l’organisme statistique du Royaume, « il reste relativement plus élevé parmi certaines catégories de diplômés dont particulièrement les détenteurs des diplômes supérieurs délivrés par les facultés (25,9%), des certificats en spécialisation professionnelle (24,2%), des diplômes de techniciens et de cadres moyens (23%) et des diplômes de qualification professionnelle (21,4%) ». Soulignant la prédominance des primo-demandeurs d’emploi parmi les chômeurs, le Haut-commissariat a relevé que 57,9% d’entre eux sont à la recherche de leur premier emploi, 51,8% parmi les hommes et 69,1% parmi les femmes, précisant que la majorité est citadine (87%), âgée de 15 à 34 ans (92%) et diplômée (90,9%). L’institution a, par ailleurs, noté que « les trois quarts des primo-demandeurs d’emploi (75%) sont concentrés dans cinq régions, à savoir Casablanca-Settat (22,2%), Rabat-Salé-Kénitra (17,2%), Fès-Meknès (12,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,8%), et Marrakech-Safi (10,9%) ». Dans sa note, le HCP a également livré des chiffres sur la prépondérance du chômage de longue durée, relevant qu’environ les deux tiers des chômeurs (67,6%) sont à la recherche d’un emploi depuis une année ou plus, 63,5% parmi les hommes et 75,4% parmi les femmes. Il ressort également des chiffres sur l’emploi que plus de 7 chômeurs âgés de 15 à 34 ans sur 10 (71,1%) chôment depuis une année ou plus. A ce propos, le Haut-commissariat a précisé que « cette part augmente avec le niveau de diplôme, passant de 46,1% pour les non diplômés à 77,7% pour les diplômés de niveau supérieur ». A noter que l’enquête du HCP s’est aussi intéressée au recours par les chômeurs à l’intermédiation institutionnelle dans la recherche d’emploi que l’institution a jugé faible. Sur ce point, il apparaît que les deux tiers des chômeurs (67,9%) font appel aux personnes parentes ou à l’entourage (30,2%) ou au contact direct des employeurs (37,7%) et que les hommes (74,2%) emploient plus ces deux modes que les femmes (56,4%). Le Haut-commissariat a, en outre, noté que « la participation aux concours (10,4%) et les réponses aux annonces (11,5%) ont été déclarées comme modes de recherche d’emploi par 21,9% des chômeurs, les femmes plus que les hommes avec respectivement 32,9% et 16% ». Quant aux chômeurs diplômés du supérieur, l’enquête a révélé qu’ils recourent aux réponses aux annonces et à la participation aux concours avec respectivement 24,8% et 25,0%. Ce qui est loin d’être le cas des chômeurs non diplômés qui préfèrent s’appuyer, « dans leur recherche d’emploi, sur les personnes parentes ou l’entourage avec 44,2%, et sur le contact direct des employeurs avec 44,0% », a constaté le HCP. En ce qui concerne le statut d’emploi de salarié, les résultats de l’enquête font ressortir que les trois quarts (75%) des chômeurs désirent travailler en tant que salariés. S’il s’avère que « ce statut est recherché par les femmes (80,6%) relativement plus que les hommes (72%) et par les diplômés du supérieur (81,3%) plus que les non diplômés (71,1%) », le HCP a toutefois noté que 67,6% des chômeurs sont disposés à exercer dans n’importe quel secteur. Tandis que 20,1% d’entre eux optent pour le secteur privé et 9,3% ont une préférence pour le secteur public. Alain Bouithy

Le chômage, éternel casse-tête au Maroc

Le chômage, éternel casse-tête au Maroc

La lutte contre le chômage semble loin d’être gagnée, à en croire les récentes analyses du marché du travail et de l’emploi du Haut-commissariat au plan (HCP) au titre du deuxième trimestre 2018. En effet, selon les derniers chiffres publiés par l’organisme public, la situation du marché du travail a été marquée par la poursuite de la baisse des taux d’activité et d’emploi. En comparaison avec le deuxième trimestre de l’année 2017, la population en âge d’activité (15 ans et plus) s’est accrue à un rythme plus important (+1,5%) que celui de la population active (+0,8%), ce qui s’est traduit par un recul du taux d’activité de 47,3% à 47% (-0,3 point) entre les deux périodes. En détail, « le taux d’activité a baissé de 42,3% à 41,6% en milieu urbain (-0,7 point) alors qu’il est passé de 56% à 56,7% en milieu rural (+0,7 point) », a relevé le Haut-commissariat soulignant que l’écart des taux d’activité entre hommes et femmes a été de 47 points (respectivement 71% et 23,9%). Quant au volume de l’emploi, il apparait qu’il s’est accru de 117.000 postes, 75.000 en milieu urbain et 42.000 en milieu rural, contre une création nette de 74.000 postes une année auparavant. « Selon le type d’emploi, 141.000 emplois rémunérés ont été créés, 76.000 en milieu urbain et 65.000 en milieu rural. L’emploi non rémunéré, constitué d’environ 98% d’aides familiales, a, en revanche, enregistré une perte de 24.000 postes, 23.000 en zones rurales et 1.000 en zones urbaines », a indiqué le HCP. Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail de cette même période, le Haut-commissariat a également attiré l’attention sur le fait que le taux d’emploi a baissé de 42,9% à 42,8% (-0,1 point) en dépit de l’accroissement de la population active occupée. Ainsi, il a précisé qu’« il a baissé de 0,5 point en milieu urbain et a augmenté de 0,8 point en milieu rural. Entre hommes et femmes, l’écart des taux d’emploi est de 45 points (respectivement 65,3% et 21%) ». Soulignons qu’en glissement annuel, le HCP a noté des améliorations au niveau du marché de l’emploi. En effet, entre le deuxième trimestre de l’année 2017 et la même période de 2018, l’économie nationale a créé 117.000 postes d’emploi, 75.000 en milieu urbain et 42.000 en milieu rural, contre une création de 74.000 une année auparavant. En détail, le HCP a noté que le secteur des « services », principal pourvoyeur d’emplois au cours des dix dernières années, a enregistré une création nette de 53.000 postes cette année (45.000 en milieu urbain et 8.000 en milieu rural), représentant un accroissement de 1,2% d’emploi dans ce secteur. Alors que le secteur de l’«agriculture forêt et pêche » en a créé 24.000 (3.000 en milieu urbain et 21.000 en milieu rural) équivalant à un accroissement de 0,6%. Avec une hausse de 1,7% du volume d’emploi du secteur, le secteur des BTP a créé, entre les deux périodes, 19.000 postes d’emploi au niveau national (11.000 en milieu urbain et 8.000 en milieu rural). Tandis que le secteur de l’« industrie y compris l’artisanat » en a créé 21.000 (16.000 en milieu urbain et 5.000 en milieu rural) représentant un accroissement de 1,7%. Ainsi, la baisse de 13.000 personnes en milieu urbain et 8.000 en milieu rural constatée durant ces deux périodes permet au HCP de conclure à un recul du nombre total des chômeurs de 21.000 personnes au niveau national. Le nombre de chômeurs s’étant établi à 1.103.000 chômeurs, le taux de chômage est ainsi passé de 9,3% à 9,1% au niveau national ; de 14% à 13,7% en milieu urbain et de 3,2% à 3% en milieu rural. Selon le Haut-commissariat, « les baisses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (-0,5 point) et les personnes ayant un diplôme (-0,4 point) ». Malgré ce recul, l’organisme public a néanmoins constaté des hausses importantes parmi les adultes âgés de 25 à 34 ans (+0,3 point) et les jeunes citadins âgés de 15 à 24 ans (+0,2 points). Entre ces deux périodes, « les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les femmes (11,1% contre 8% parmi les hommes), les jeunes âgés de 15 à 24 ans (23,1% contre 6,8% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus) et les détenteurs d’un diplôme (16,5% contre 2,9% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) », a souligné le HCP. En ce qui concerne la population sous-employée, il ressort des chiffres du HCP qu’elle s’est établie à 1.064.000 personnes. Traduction : « Le taux de sous-emploi a baissé de 0,3 point, par rapport au deuxième trimestre de 2017, passant ainsi de 9,9% à 9,6% au niveau national; de 9,1% à 8,7% en milieu urbain et de 10,8% à 10,6% en milieu rural ». Soulignons enfin que les trois quarts des chômeurs (74,1%) sont concentrés dans cinq régions: Casablanca-Settat (24%), Rabat-Salé-Kénitra (16,3%), Fès-Meknès (11,5%), Marrakech-Safi (11,3%) et l’Oriental (11,2%) et que les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra (19%) et de l’Oriental (15,4%). Le HCP poursuit en indiquant que «quatre autres régions dépassent la moyenne nationale (9,1%), à savoir Guelmim-Oued Noun (12,9%), Rabat-Salé-Kénitra (11%), Casablanca-Settat (9,6%) et Fès-Meknès (9,3%)». Alain Bouithy

Maroc: Les craintes sur l’évolution du chômage s’accentuent

Maroc: Les craintes sur l’évolution du chômage s’accentuent

La confiance des ménages a connu une stabilité au deuxième trimestre de 2018, mais le pessimisme persiste en ce qui concerne les perspectives du chômage, du coût de la vie et de l’épargne. C’est la principale conclusion de l’enquête de conjoncture réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP) auprès des ménages. A en croire l’organisme public, l’indice de confiance des ménages (ICM), dont les composantes portent sur la perception par les ménages de l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables et de leur situation financière, demeure stable par rapport au trimestre précédent. En effet, il ressort des résultats de l’enquête permanente de conjoncture que l’ICM s’est établi à 87,3 points, enregistrant une légère amélioration par rapport à l’année précédente où il a été à 85,8 points. Dans une note d’information rendue publique récemment, le HCP indique que le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 5,4 points, en amélioration aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport à une année auparavant où il était à moins 6,2 et à 8,1 points respectivement. Selon les données recueillies, au deuxième trimestre de cette année, plus d’un tiers des ménages (37,5%) estime que le niveau de vie s’est dégradé au cours des 12 derniers mois. 30,4% des ménages pensent au contraire qu’il s’est maintenu au même niveau alors que 32,1% pensent qu’il s’est amélioré. Le Haut-commissariat note qu’au cours des 12 prochains mois, « 23,8% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie, 37,4% à un maintien au même niveau et 38,8% à une amélioration ». Ainsi, le solde d’opinion relatif à cet indicateur passe à 15 points au lieu de 16,6 points le trimestre précédent et 11,1 points le même trimestre de l’année 2017. En ce qui concerne le chômage, la perception est des plus pessimistes. En effet, l’enquête montre qu’une majorité des menages (74,7%) s’attend à sa hausse au cours des 12 prochains mois. Selon le HCP, « le solde d’opinion est resté ainsi négatif à moins 61,7 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent où il a enregistré moins 54,5 points que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à moins 54,3 points ». S’agissant des achats des biens durables, la proportion de ménages interrogée estime que la conjoncture ne s’y prête pas. Plus de la moitié d’entre eux, soit 54,9%, considère que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables. Le Haut-commissariat note ainsi que le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif, passant à moins 25,8 points contre moins 27,2 points le trimestre précédent et moins 28,2 points le deuxième de 2017. A propos de la situation financière, l’autre indicateur révélateur du moral des ménages, l’enquête révèle que 65,1% d’entre eux considèrent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 29,5% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 5,4% affirment épargner une partie de leur revenu. Il ressort ainsi que le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle des ménages est resté négatif, à moins 24,1 points contre moins 25,2 points au trimestre précédant et moins 25,3 au même trimestre de l’année précédente, souligne le HCP. Quant à l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, un peu moins d’un tiers (28,2%, contre 13%) estime qu’elle s’est dégradée. Selon l’analyse du Haut-commissariat, « cette perception reste ainsi négative, avec un solde d’opinion de moins 15,2 points au lieu de moins 18,1 points enregistré un trimestre auparavant et moins 16,6 points un an auparavant ». A noter que 37% contre 8,8% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière au cours des 12 prochains mois. Dans ce cas, le HCP note que le solde d’opinion de cet indicateur est resté positif à 28,1 points au lieu de 25,9 points un trimestre auparavant et 22,1 points un an auparavant. Signalons que d’autres indicateurs trimestriels de la conjoncture ont également fait l’objet d’une analyse minutieuse de la part du HCP qui s’est intéressé en particulier à la capacité des ménages à épargner et à l’évolution des prix des produits alimentaires. Il ressort qu’au cours de cette même période que 21% contre 79,0% des ménages s’attendent à épargner au cours des 12 prochains mois, le solde d’opinion ayant gardé son niveau négatif à moins 57,9 points, au lieu de moins 54,5 points le trimestre passé et moins 59,1 points une année auparavant. S’agissant des prix des produits alimentaires, le HCP relève qu’une grande majorité des ménages (88,4%) estiment que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois. Presque autant, soit 84,2%, estiment qu’ils vont baisser au cours des 12 prochains mois. Alain Bouithy

Stagnation sans précédent des salaires dans de nombreux pays de l’OCDE

Stagnation sans précédent des salaires dans de nombreux pays de l’OCDE

Selon un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’embellie constatée au niveau de l’emploi à l’échelle de la zone de l’organisation serait éclipsée par une stagnation sans précédent des salaires. En effet, alors que la croissance économique se redresse et que le chômage s’est établi à un niveau exceptionnellement bas, la stagnation des salaires semble persister dans la plupart des pays de la zone au point de préoccuper l’OCDE. Et pour cause, « si les pays ne parviennent pas à rompre avec cette tendance, la confiance du public à l’égard de la reprise économique sera compromise et les inégalités se creuseront sur le marché du travail », prévient le rapport relevant que la croissance des salaires reste beaucoup plus morose qu’avant la crise financière. Comme le rappelle l’organisation internationale, « à fin 2017, la croissance des salaires nominaux dans la zone OCDE était inférieure de moitié à ce qu’elle était 10 ans auparavant : au deuxième trimestre 2007, lorsque le taux de chômage moyen des pays de l’OCDE était à peu près identique à celui d’aujourd’hui, la croissance moyenne des salaires nominaux était, quant à elle, de 5,8 % contre 3,2 % au 4ème trimestre 2017 ». A en croire l’Organisation, ce qui préoccupe aujourd’hui, c’est que la stagnation des salaires touche beaucoup plus les travailleurs faiblement rémunérés que ceux se situant au sommet de l’échelle des salaires. En effet, selon elle, les revenus du travail réels des 1 % les mieux rémunérés ont augmenté beaucoup plus rapidement ces dernières années que ceux des travailleurs à temps plein médians. Ce qui n’a fait qu’accentuer une tendance déjà bien installée, relève l’OCDE. Pour son secrétaire général, Angel Gurría, « la tendance au redressement de l’emploi sans progression parallèle des salaires met en évidence non seulement les changements structurels à l’œuvre dans nos économies, que la crise financière a accentués et accélérés, mais également l’impérieuse nécessité pour les pays de soutenir les travailleurs, et plus particulièrement les moins qualifiés d’entre eux ». Ce dernier, qui s’est exprimé à l’occasion du lancement du rapport à Paris, estime que « des mesures ciblées et une coopération plus étroite avec les partenaires sociaux s’imposent pour aider les travailleurs à s’adapter à la mutation rapide du monde du travail et à en tirer profit, et pour faire en sorte que la croissance profite à tous ». Soulignant les causes de la stagnation des salaires, l’OCDE explique dans un communiqué qu’il s’agit de plusieurs facteurs, notamment le faible niveau d’inflation et le ralentissement marqué de la productivité, ainsi que l’accroissement des emplois à bas salaire. Rappelons que les Perspectives de l’emploi dans son édition 2018 pointent une réduction significative des salaires moyens des travailleurs à temps partiel par rapport à ceux des travailleurs à temps plein. « La réduction de la couverture de l’assurance chômage dans de nombreux pays et la persistance du chômage de longue durée pourraient également entrer en ligne de compte », assure l’organisation qui fait remarquer que, dans la zone OCDE, moins d’un demandeur d’emploi sur trois perçoit des indemnités de chômage en moyenne, et la contraction à long terme de la couverture des allocations de chômage s’est poursuivie depuis la crise dans de nombreux pays. Selon les Perspectives de l’emploi, le taux d’emploi des 15-74 ans s’était élevé à 61,7 % à fin 2017 dans la zone et, pour la première fois, on dénombrait davantage d’actifs occupés aujourd’hui qu’avant la crise. Des chiffres recueillis, il ressort que « le taux d’emploi devrait atteindre 62,1 % d’ici à la fin de l’année 2018 et 62,5 % au quatrième trimestre 2019. Certaines des améliorations les plus notables concernent les catégories défavorisées, comme les travailleurs âgés, les mères de jeunes enfants, les jeunes ou les immigrés », indique l’OCDE. D’après les estimations, la plupart des pays de la zone affichent un taux de chômage en deçà, ou presque, du taux constaté avant la crise alors que les offres d’emploi atteignaient également un niveau record au Japon, dans la zone euro, aux Etats-Unis et en Australie, souligne l’organisme sur son site web officiel. Ce n’est pas tout. Selon les prévisions, « le taux de chômage observé à l’échelle de l’OCDE devrait rester orienté à la baisse, pour s’établir à 5,3 % fin 2018 puis à 5,1 % fin 2019. Pour autant, l’OCDE fait observer que « les performances restent inégales en termes de qualité et de sécurité des emplois, notamment au regard de l’augmentation du taux de pauvreté parmi la population en âge de travailler, atteignant 10,6 % en 2015, contre 9,6 % une décennie plus tôt ». Alain Bouithy