La Banque africaine de développement et le Comité international de la Croix-Rouge s’unissent pour faire progresser des solutions durables dans les contextes touchés par les conflits

La Banque africaine de développement et le Comité international de la Croix-Rouge s’unissent pour faire progresser des solutions durables dans les contextes touchés par les conflits

La Banque africaine de développement et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont signé, jeudi 14 décembre 2023 à Genève, un protocole d’accord pour relever ensemble les défis humanitaires et de développement en Afrique, renforçant ainsi le partenariat entre les deux institutions. La signature, qui s’est tenue en marge du Forum mondial sur les réfugiés, marque une étape importante dans un partenariat qui s’est considérablement développé au cours des dernières années. La Banque africaine de développement et le CICR reconnaissent le lien qui existe entre les initiatives pour la paix, l’action humanitaire et le développement, et partagent la même vision et le même engagement pour produire un impact durable dans les zones fragiles et touchées par les conflits. Le protocole d’accord fournit un cadre pluriannuel pour accroître l’impact dans les contextes sous-financés, incertains, fragiles et touchés par les conflits, en mettant l’accent sur la prévention des conflits et la résilience climatique. Ce partenariat innovant entre la première institution de financement du développement d’Afrique et la première organisation humanitaire mondiale tirera parti de leurs ressources et de leur expertise respectives pour poursuivre les objectifs suivants : Ce partenariat stratégique, qui s’inscrit dans le droit fil de la Stratégie 2022-2026 de la Banque pour remédier à la fragilité et renforcer la résilience en Afrique ainsi que la Stratégie institutionnelle 2024-2027 du CICR, fera donc progresser les interventions d’urgence et les solutions à plus long terme pour les populations les plus vulnérables dans ces contextes. L’accord a été signé par la vice-présidente de la Banque africaine de développement chargée du Développement régional, de l’Intégration et de la Prestation de services, Marie-Laure Akin-Olugbade, qui a participé en visioconférence depuis Abidjan, et par le vice-président du CICR, Gilles Carbonnier, qui était au siège de l’institution à Genève. « Ce partenariat solide, continu, renouvelé et élargi entre la Banque africaine de développement et le Comité international de la Croix-Rouge est absolument essentiel », a déclaré Mme Akin-Olugbade. « Ce nouveau protocole d’accord exprime notre engagement commun à prévenir et à résoudre les problèmes complexes et interconnectés auxquels sont confrontées les communautés touchées par les conflits en Afrique », a-t-il poursuivi avant d’ajouter : « Nous devons veiller à ce que les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables, notamment les femmes, les jeunes, les personnes déplacées de force et les communautés d’accueil, entre autres, dans les zones affectées par la fragilité et le changement climatique, ne soient pas laissées pour compte ». Ce protocole d’accord s’appuie sur un projet pilote réussi au Sahel et repose essentiellement sur la mise en œuvre.  « Ce protocole d’accord vise à apporter une réponse holistique, englobant la prévention, la protection et l’assistance, aux crises prolongées qui s’aggravent dans toute l’Afrique, avec l’ambition de produire un impact à grande échelle et rapidement, avec et pour les personnes touchées », a déclaré M. Carbonnier.  Il a ajouté que « cette étape importante dans le partenariat entre le CICR et la Banque africaine de développement favorisera le respect du droit international humanitaire, qui protège les civils, mais aussi les infrastructures essentielles, limitant ainsi le risque de revers importants en matière de développement dans les conflits armés ». Concluant son propos, M. Carbonnier a indiqué que « les partenariats visant à renforcer la résilience et l’autonomisation des communautés sont un moyen puissant d’apporter dignité et espoir dans les contextes fragiles et de conflit ». La cérémonie s’est déroulée en présence de représentants des deux organisations, notamment Yero Baldeh, directeur du Bureau de coordination des États en transition, Mamady Souaré, chef de Bureau pays pour la République centrafricaine et Jerome Berndt, chargé principal de la fragilité et de la résilience pour la Banque africaine de développement, ainsi que Patrick Youssef, directeur régional Afrique du CICR, Fidy Rajaonson, gestionnaire, et Jean François Yao, conseiller principal pour les partenariats institutionnels au CICR.

Mozambique : la Banque africaine de développement accorde un don de 33 millions de dollars pour améliorer le réseau électrique à la frontière du Malawi, de la Zambie et du Zimbabwe

Mozambique : la Banque africaine de développement accorde un don de 33 millions de dollars pour améliorer le réseau électrique à la frontière du Malawi, de la Zambie et du Zimbabwe

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, le 5 décembre 2023 à Abidjan, un don de 33,25 millions de dollars américains au Mozambique pour mettre en œuvre le Projet de ligne de transport Songo-Matambo. Le don provient de la Facilité d’appui à la transition, un instrument financier de la Banque destiné aux États en transition. L’objectif du projet est d’accroître la fiabilité et la sécurité de l’approvisionnement électrique du Mozambique et de promouvoir l’intégration régionale du réseau électrique et du commerce de l’électricité. « Le projet s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large qui vise à moderniser le réseau pour permettre l’installation et l’évacuation de capacités supplémentaires de production d’électricité, et contribuer ainsi à l’affirmation du Mozambique comme pôle énergétique émergent dans la région. Ce projet améliorera la qualité de l’approvisionnement dans les régions du centre et du nord, où se trouve la majeure partie de la population du Mozambique, et contribuera de ce fait au développement du pays. Le projet facilitera également la mise en œuvre d’interconnexions régionales prioritaires telles que Mozambique-Malawi et Mozambique-Zambie », a déclaré César Mba Abogo, responsable du bureau pays de la Banque africaine de développement au Mozambique. Le projet consiste à construire 118 kilomètres de ligne de transport à circuit unique haute tension de 400 kilovolts (kV) de Songo à Matambo. La ligne traversera le site où sera construite la future sous-station Cataxa pour intégrer la centrale hydroélectrique envisagée de Mphanda Nkuwa. En outre, elle utilisera une tour aérienne autoportante en treillis d’acier, une configuration de conducteur horizontal d’une capacité de transfert d’énergie de 2 300 mégawatts (MW). Le projet prévoit d’agrandir la sous-station de Songo afin d’étendre la barre omnibus de 220 kV, d’installer un nouveau transformateur de déphasage 220/220 kV de 600 MVA pour réguler les flux dans le réseau, ainsi qu’un transformateur élévateur 220/400 (300) kV de 3×200 MVA. Le projet permettra également de remettre en état le transformateur actuel 220/400 (300) Kv de 3×200 MVA. Des travaux d’envergure seront également réalisés à la sous-station de Matambo qui sera agrandie. Ainsi, une nouvelle travée d’alimentation de 400 kV à la nouvelle extension de 400 kV de Matambo sera construite pour intégrer la ligne de 400 kV en provenance de Songo. La zone bénéficiaire du projet est la province de Tete qui se trouve dans le corridor de développement de la vallée du Zambèze, un territoire frontalier du Malawi, de la Zambie et du Zimbabwe. Cette province compte 15 districts : Angónia, Changara, Chiúta, Chifunde, Cahora Bassa, Dôa, Marara, Marávia, Macanga, Moatize, Mutarara, Mágoè, Tsangano, Zumbo et la ville de Tete.

Multinational : la Banque africaine de développement et ses partenaires lancent un projet de 3,9 millions de dollars pour aider à catalyser les investissements de la diaspora dans huit pays africains

Multinational : la Banque africaine de développement et ses partenaires lancent un projet de 3,9 millions de dollars pour aider à catalyser les investissements de la diaspora dans huit pays africains

La Banque africaine de développement, la Commission de l’Union africaine et l’Organisation internationale pour les migrations ont signé un protocole d’accord portant sur un financement de 3,9 millions de dollars sous forme de dons pour renforcer l’investissement, le capital humain et l’engagement philanthropique de la diaspora dans huit pays africains. L’accord a été signé à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cet accord tripartite de financement et de mise en œuvre soutiendra le projet « Streamlining Diaspora Engagement to Catalyze Private Investments and Entrepreneurship for Enhanced Resilience » (Rationaliser l’engagement de la diaspora pour catalyser les investissements privés et l’esprit d’entreprise afin de renforcer la résilience, SDE4R de son acronyme en anglais). Les pays cibles sont la Gambie, le Liberia, Madagascar, le Mali, la Somalie, le Soudan du Sud, le Togo et le Zimbabwe. Le projet aidera les pays bénéficiaires à identifier les meilleures méthodes pour mobiliser efficacement le capital humain et financier de la diaspora, soit pour soutenir le développement socioéconomique en relançant le secteur privé national, soit pour se relever à la suite d’une crise politique ou humanitaire en tirant parti de l’expertise et des réseaux des groupes de la diaspora. Abdul Kamara, directeur général adjoint pour la région Afrique de l’Est de la Banque africaine de développement, a déclaré que le projet stimulera les opportunités d’affaires et le soutien technique à la résilience socioéconomique à travers le continent en promouvant des outils de financement innovants et des initiatives de transfert de compétences. « La signature aujourd’hui de l’accord de don du projet SDE4R est une étape importante dans l’exploitation de l’engagement de la diaspora pour catalyser les investissements privés et l’entrepreneuriat afin de renforcer la résilience des populations, notamment des femmes, des jeunes et des habitants des zones rurales. Cette intervention contribuera à stimuler les investissements en faveur des groupes les plus vulnérables dans les pays bénéficiaires, y compris les populations déplacées de force et les communautés d’accueil », a-t-il indiqué. Mme Betty Mupenda Wangozi, directrice par intérim de la Direction des citoyens et de la diaspora de la Commission de l’Union africaine, a souligné l’opportunité de l’accord, compte tenu du rôle de chef de file de son organisation dans la coordination des efforts visant à exploiter la contribution de la diaspora au développement de l’Afrique. Elle a ajouté que le projet SDE4R fera considérablement progresser l’Agenda 2063 de l’Union africaine dans les pays bénéficiaires. Mme Mariama Cissé Mohamed, directrice du Bureau de liaison spécial de l’Organisation internationale pour les migrations à Addis-Abeba, a déclaré que le projet s’alignait sur le mandat de son organisation, qui vise à promouvoir le développement socioéconomique par la migration tout en fournissant une assistance humanitaire aux migrants dans le besoin, y compris les réfugiés et les populations déplacées internes. « En tant que tel, cet accord constitue un tremplin pour des interventions plus globales envisagées à travers le continent africain, sur la base d’initiatives existantes et évolutives sur l’engagement de la diaspora pour le développement du secteur privé. » Outre les gouvernements des huit pays cibles, le projet devrait compter 10 000 bénéficiaires directs et 40 000 bénéficiaires indirects dans les communautés touchées par des conflits, les changements climatiques et d’autres catastrophes humanitaires et environnementales. La Banque a approuvé le projet SDE4R le 4 juillet 2023, avec un financement provenant de sa Facilité d’appui à la transition. L’Organisation internationale pour les migrations mettra en œuvre le projet sur trois ans, avec la supervision stratégique, les orientations et les conseils de la Commission de l’Union africaine. Il s’agit là d’un exemple concret de partenariat du nexus humanitaire-développement-paix axé sur la mise en œuvre de cadres stratégiques et de priorités communes. On estime à 160 millions le nombre d’Africains de la diaspora ; les quelque 96 milliards de dollars qu’ils ont envoyés sur le continent en 2021 ont largement dépassé les 35 milliards de dollars d’aide publique au développement qui ont été versés à l’Afrique la même année.

Tchad : la Banque africaine de développement accorde un don de plus de 34 millions d’euros pour améliorer les conditions de vie des populations

Tchad : la Banque africaine de développement accorde un don de plus de 34 millions d’euros pour améliorer les conditions de vie des populations

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, le 17 novembre 2023 à Abidjan, un don de 34,27 millions d’euros au Tchad afin de mettre en œuvre la deuxième phase du Programme d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement en milieu semi-urbain et rural dans onze régions du pays. Le soutien financier provient des ressources du pilier I du Fonds d’appui à la transition. L’objectif du projet est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations en zones semi-urbaines et rurales en leur donnant accès à l’eau potable et à l’assainissement. « En investissant dans la construction d’infrastructures sociales et rurales dans des zones touchées par la fragilité, le programme contribuera à la construction de sociétés résilientes, à la réduction de l’isolement et des inégalités entre les femmes et les hommes, à la promotion du développement économique inclusif et au renforcement de l’accès aux services sanitaires de base », a déclaré Mamadi Souaré, responsable par intérim du bureau pays de la Banque africaine de développement au Tchad. Le programme prévoit la construction d’infrastructures d’approvisionnement en eau potable comprenant notamment la réalisation de 23 forages pour l’alimentation en eau potable (AEP) à Amdjarass et ses environs, l’équipement avec 25 pompes immergées des forages d’Amdjarass, la réalisation de 225 forages équipés de pompes à motricité humaine ainsi que la construction de 50 unités de production hydraulique et de 54 mini-systèmes d’AEP solaires ou thermiques. Pour l’assainissement, le programme va construire 500 latrines à trois cabines, avec chasse d’eau, équipées de lave-mains, dans des écoles, des centres médicaux, des gares routières et des marchés ainsi que 20 bacs à ordures.  Quatre décharges finales de déchets solides seront aménagées ainsi que sept forages agricoles à grand diamètre et sept jardins agricoles pour la petite irrigation destinés aux groupements des femmes. La zone d’intervention de la phase 2 du programme couvre les provinces d’Ennedi Est (ville d’Amdjarass et ses environs), de Mandoul, du Moyen Chari, de Mayo Kebbi Est, de Mayo Kebbi Ouest, de Salamat et de Sila. Ces provinces ont été choisies au regard des besoins, marqués par un faible taux d’accès à l’eau potable (entre 13% et 42%) et aux services d’assainissement et un taux élevé de maladies d’origine hydrique.

Déclaration du Groupe de la Banque africaine de développement à la suite de l’arrestation illégale de membres de son personnel en Éthiopie

Déclaration du Groupe de la Banque africaine de développement à la suite de l’arrestation illégale de membres de son personnel en Éthiopie

Le 31 octobre 2023, deux membres du personnel du Groupe de la Banque africaine de développement en poste à Addis-Abeba ont été illégalement arrêtés, brutalisés et détenus pendant de nombreuses heures par des éléments des forces de sécurité, sans aucune explication officielle. Nous sommes heureux que le Premier ministre éthiopien ait immédiatement agi lorsqu’il a eu connaissance de l’incident, qu’il ait ordonné la libération immédiate des membres du personnel concernés et qu’il ait promis de diligenter une enquête immédiate sur l’incident. Il s’agit d’un incident diplomatique très grave, et la Banque africaine de développement a porté plainte officiellement auprès des autorités éthiopiennes. Le gouvernement a, quant à lui, officiellement pris acte de notre plainte, reconnu la gravité de l’incident et nous a assuré que toutes les personnes ayant contrevenu à la loi feront l’objet d’une enquête approfondie et seront traduites en justice, dans le respect de la transparence et d’une pleine reddition de compte. En outre, le gouvernement a également assuré à la Banque africaine de développement que son personnel en Éthiopie et ceux qui se rendent en mission dans le pays continueront de bénéficier du plein respect de leurs droits, privilèges et immunités diplomatiques en vertu de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et de l’Accord de pays hôte conclu entre la Banque africaine de développement et le gouvernement de éthiopien. La Banque africaine de développement accorde une grande importance à la qualité de ses relations avec le gouvernement éthiopien et est actuellement en contact avec les autorités, par voie diplomatique, concernant cet incident. La direction de la Banque africaine de développement tient à réaffirmer son engagement en faveur de la sûreté, de la sécurité, des droits et des privilèges de l’ensemble de son personnel dans tous les pays où la Banque opère. La Banque africaine de développement tient à rassurer tous ses partenaires que ses opérations en Éthiopie n’ont pas été affectées par cet incident.

Akinwumi A. Adesina: Tous les ports d’Afrique doivent suivre l’approche adoptée au niveau de Tanger Med

Akinwumi A. Adesina: Tous les ports d’Afrique doivent suivre l’approche adoptée au niveau de Tanger Med

ECONOMIE. « Le Maroc investit beaucoup en Afrique et il a une expérience qui mérite d’être partagée », selon le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi A. Adesina. Prenant l’exemple des énergies renouvelables, le patron de la Banque panafricaine a salué l’expérience réussie du Maroc au niveau du complexe Noor Ouarzazate, considéré comme l’un des plus grands parcs solaires au monde. La réussite de ce projet permettra à l’institution financière multilatérale « de lancer des projets similaires en Afrique, dans le cadre du projet Desert to Power », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’agence MAP. Lequel projet « vise à fournir de l’énergie à 250 millions de personnes dans les pays qui composent la bande sahélienne en utilisant les sources d’énergie disponible en abondance dans la région », a-t-il rappelé au cours de cette interview réalisée à l’occasion de l’édition 2023 du Forum pour l’investissement en Afrique qui s’est déroulée du 8 au 10 novembre à Marrakech. Un autre exemple soulignant l’expérience du Royaume, celui de la construction des ports avec les zones industrielles, zones industrialo-portuaires, comme Tanger Med. A ce propos, le président de la BAD a profité de cette interview pour appeler à « revoir tous les ports en Afrique, en suivant l’approche adoptée au niveau de Tanger Med », rappelant au passage que l’institution dont il est le patron investit également au niveau du complexe portuaire Nador West Med « qui est vraiment très important ». Il faut souligner que plusieurs projets du Maroc ont été discutés lors des board rooms du Forum pour l’investissement en Afrique dont les travaux ont pris fin vendredi 10 dernier et auxquels le Royaume a pris part. En effet, pour ne citer que quelques exemples, « il y avait Nador West Med avec 4,5 milliards de dollars et presque 5,6 milliards de dollars pour la Royal Air Maroc pour investir dans les avions et améliorer la compétitivité de la compagnie », a rappelé Akinwumi A. Adesina notant que d’autres projets présentés à cette occasion ont suscité l’intérêt de nombreux investisseurs. Akinwumi A. Adesina, qui ne tarit pas d’éloges sur les projets de développement réalisés au Maroc, a par ailleurs confié qu’il avait également visité l’Université Mohammed VI polytechnique. « C’est incroyable ce que j’avais vu là-bas : Comment on utilise les informations digitales dans toutes les formations », s’est-il réjoui. S’exprimant, cette fois-ci, plus généralement sur les raisons qui devraient inciter les investisseurs à avoir confiance dans le continent, le président de la BAD a d’emblée affirmé que « l’Afrique va très bien et son économie est aussi très résiliente, malgré la situation géopolitique, les taux d’inflation élevés, l’impact du Covid-19 et les effets du changement climatique ». Il a par la suite rappelé que cinq Etats africains figurent parmi les dix pays avec le taux de croissance le plus élevé au monde et noté que le taux de croissance du PIB en Afrique est estimé à 3,8% en 2023, alors qu’il est d’environ 3,5% au niveau mondial. Selon lui,  on devrait avoir beaucoup de confiance en Afrique pour différentes raisons. La première raison est que « l’Afrique a une forte croissance démographique avec une population estimée aujourd’hui à 1,4 milliard de personnes pour augmenter à 2,5 milliards de personnes d’ici 2050 », a-t-il fait remarquer. La deuxième raison, et non des moindres, le continent africain a une capacité énorme au niveau des énergies renouvelables, surtout pour le solaire. Et de citer l’exemple du Maroc avec le complexe solaire Noor Ouarzazate, financé par son institution, en plus de Noor Midelt. La troisième pour laquelle les investisseurs devraient avoir confiance dans le continent, c’est la taille de l’économie des pays qui le composent. Pour lui, nul besoin de préciser qu’« avec l’intégration régionale, la taille de cette économie devient de plus en plus importante et très intéressante pour les investisseurs », comme il l’a noté. Ce n’est pas tout. Le patron de la banque africaine estime que l’atout le plus important du continent, c’est sa jeunesse. « Nous avons aujourd’hui 477 millions de jeunes entre 15 et 25 ans », a-t-il déclaré affirmant qu’il est « toujours optimiste pour l’Afrique » et qu’on ne trouve pas des risques juste en Afrique. Il en veut pour preuve, « une étude faite sur ce sujet par le Moody’s Analytics a révélé que le taux de défaillance du continent est le plus bas du monde. Cela veut dire que l’Afrique est bancable, l’investissement sur l’infrastructure, c’est rentable et on tient les risques », a-t-il conclu. Alain Bouithy

Transport ferroviaire: la BAD accorde un prêt de 196 millions de dollar en vue de moderniser ses infrastructures

Transport ferroviaire: la BAD accorde un prêt de 196 millions de dollar en vue de moderniser ses infrastructures

La Banque africaine de développement annonce avoir accordé un prêt de 196 millions de dollars à la Namibie pour moderniser les infrastructures de transport ferroviaire du pays. S’inscrivant dans la mise en œuvre la phase II du Projet d’amélioration des infrastructures de transport, l’appui financier de la Banque panafricaine représente 51,8 % du coût total du projet, le gouvernement namibien apportant les 48,2 % restants, souligne un communiqué de l’institution financière. La même source indique que « le projet permettra d’améliorer la chaîne de valeur logistique, en s’attaquant aux goulets d’étranglement de l’infrastructure de transport ferroviaire qui entravent la fourniture de services ferroviaires ». Selon la Banque panafricaine, qui opère en Namibie depuis 1991 lorsque le pays a adhéré à l’institution, la mise en œuvre de ce projet permettra de renforcer la compétitivité commerciale de la Namibie et de la sous-région de la Communauté de développement d’Afrique australe. Dans le détail, le projet prévoit de construire un nouveau tracé à proximité de la ligne existante de 207 kilomètres de voie ferrée permanente entre Kranzberg et Otjiwarongo grâce à l’utilisation de traverses en béton et de nouveaux rails de 48 kilogrammes par mètre. 16 ponts seront ainsi construits et deux gares rénovées, et 55 000 tonnes de rails et d’aiguillages seront fournis pour l’ensemble des 518 kilomètres de voies ferrées, poursuit le communiqué ajoutant que le projet prévoit également de moderniser le système de signalisation ferroviaire le long de la ligne Walvis Bay-Tsumeb, afin d’améliorer sa fiabilité, sa sécurité et sa capacité, ou le débit du système ferroviaire. Leïla Mokkadem, directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique australe, assure que « le projet maximisera les avantages et sera transformateur pour la compétitivité de la Namibie. Il contribuera à réaliser la vision du pays de devenir un centre logistique régional d’ici 2030 tout en catalysant le changement de développement dans les pays voisins et dans la sous-région ». Par ailleurs, ajoute-elle, « ce projet ralliera également la Namibie à la ceinture de cuivre de l’Afrique et réalisera une connectivité ferroviaire régionale ». Martin Kam

Congo : développer les infrastructures durables et améliorer la gouvernance économique sont les priorités, selon le Document de stratégie pays 2023-2028 de la Banque africaine de développement

Congo : développer les infrastructures durables et améliorer la gouvernance économique sont les priorités, selon le Document de stratégie pays 2023-2028 de la Banque africaine de développement

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, le 3 novembre 2023 à Abidjan, le Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028 pour le Congo. Au cours des cinq prochaines années, l’institution va appuyer le pays dans le développement des infrastructures durables pour renforcer les chaînes de valeur à forte potentialité de croissance et améliorer le capital humain. Il s’agira aussi de renforcer la gouvernance financière et économique afin d’améliorer le climat des affaires au Congo. Le soutien du Groupe de la Banque sera concentré sur quatre secteurs d’activité : l’agriculture, les transports, la gouvernance économique et financière, et le capital humain. L’accent sera mis également sur les questions transversales, notamment l’emploi, les changements climatiques, le genre. Il sera aussi question d’améliorer l’efficacité dans la mise en œuvre des opérations et la synergie entre les réformes en matière de capital humain et de climat des affaires, ainsi que le développement du secteur privé dans les chaînes de valeur agricoles. « La Banque accordera une priorité aux projets améliorant la productivité agricole, la création d’emplois, l’accès à l’électricité et aux routes, notamment les pistes rurales pour assurer la liaison des zones de production vers les centres de consommation. En outre, elle poursuivra la réalisation des études, l’assistance technique et le renforcement des capacités », a déclaré Serge N’Guessan, directeur général de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale. Dans le cadre de la première priorité, les interventions de la Banque visent à soutenir l’amélioration de la productivité agricole et l’agro-industrie, le développement de chaînes de valeur et les industries agro-industrielles connexes. Les chaînes de valeur agricoles offrent des possibilités d’assurer la sécurité alimentaire, de diversifier les exportations, la création d’emplois et l’inclusion sociale. Le soutien de la Banque se concentrera donc sur la fourniture d’intrants agricoles améliorés et de technologies modernes afin d’accroître la productivité du secteur. Le rendement moyen des principales cultures est attendu en hausse : maïs (de 1 à 3 tonnes par hectare) ; manioc (4,5 à 9 tonnes par hectare) ; soja (1,5 à 3 tonnes par hectare) ; sorgho (0,5 à 3 tonnes par hectare). Le taux de mécanisation agricole devrait progresser de 20 %, les importations de volailles baisser de 106 000 tonnes par an, celles des produits halieutiques de 32 000 tonnes, l’afforestation de 4 500 hectares et l’agroforesterie de 10 000 hectares. Pour le second domaine prioritaire, l’appui de la Banque se concentrera sur une aide au renforcement des capacités institutionnelles et humaines en matière de gouvernance macroéconomique et financière, y compris la politique budgétaire, la mobilisation des ressources financières internes et la gestion de la dette publique. À terme, il s’agira de porter la part des investissements privés au produit intérieur brut (PIB) de 16,4 % en 2022 à 26,5 % en 2025. La gouvernance du secteur de l’énergie devrait également s’améliorer. Le 31 mai 2023, le portefeuille actif du Groupe de la Banque africaine de développement au Congo comptait dix projets pour un financement total de 362,55 millions de dollars américains.