Casablanca /Pr Simon Jonas Ategbo: «Mutualiser les efforts des différentes sociétés africaines de pédiatrie»

INTERVIEW. Pédiatre et président de la Société gabonaise de pédiatrie, le Pr Simon Jonas Ategbo a participé au premier Congrès africain de pédiatrie. Il revient sur les enjeux de cette initiative historique. PAGESAFRIK/LIBE : Quel est l’intérêt de ce premier Congrès africain de pédiatrie ? Pr Simon Jonas Ategbo : L’objectif essentiel de ce premier congrès africain de pédiatrie est de mutualiser les efforts des différentes sociétés africaines de pédiatrie. En Afrique noire francophone, nous avons déjà une association regroupant toutes les sociétés de pédiatrie, et il en va de même pour les pays du Maghreb. Nous partageons des thématiques similaires et faisons face à des problématiques communes. Il est donc nécessaire d’harmoniser nos pratiques et nos approches pour garantir le bien-être des enfants africains. Cette initiative de coopération Sud-Sud est extrêmement prometteuse. Nous sommes ravis que le Maroc ait accueilli la naissance de ce projet ambitieux. Certes, nos ressources diffèrent, mais nos intelligences sont là, et c’est ce que nous cherchons à mutualiser afin d’améliorer les conditions de vie et de santé des enfants africains. A noter également que les échanges entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne ne datent pas d’aujourd’hui. Les échanges existent depuis longtemps, mais pourquoi la naissance de cette initiative n’arrive-t-elle que maintenant ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Les opportunités dépendent des hommes et des circonstances. Grâce à la clairvoyance du Dr Afif My Saïd, que je salue chaleureusement, et à l’engagement des autres présidents de ce congrès, cette initiative a pu voir le jour. C’est à notre génération maintenant de croire en ce projet et de lui apporter un soutien total. Quels thèmes vous ont particulièrement intéressé lors de ce congrès ? Les sujets abordés couvrent un large éventail, allant de la période périnatale à l’enfance. Nous avons discuté de nombreuses pathologies pertinentes. Ce congrès représente une première étape, mais il ouvre la voie à une spécialisation progressive. A terme, chaque pays ou entité pourra devenir un leader dans des domaines spécifiques. Un mot sur la pédiatrie au Gabon ? Comme partout ailleurs, la pédiatrie au Gabon est influencée par des facteurs écologiques et environnementaux. Les pathologies infectieuses, notamment le paludisme, occupent une place prédominante, contrairement à d’autres régions comme le Maghreb où cette problématique est absente. Nous partageons toutefois des défis communs, tels que la tuberculose, les diarrhées et d’autres maladies infectieuses. La question de la vaccination reste également un enjeu majeur, même si le niveau d’avancement varie d’un pays à l’autre. Ces disparités montrent l’importance de mutualiser les expériences et les efforts pour améliorer nos actions collectives. Propos recueillis par Alain Bouithy
Casablanca au cœur des défis de la santé infantile en Afrique

Clôture des travaux du premier Congrès africain de pédiatrie La ville de Casablanca a abrité le premier Congrès africain de pédiatrie, dont les travaux se sont achevés dimanche 12 janvier, après trois jours d’intenses échanges autour des thématiques cruciales liées à la santé des nouveau-nés, nourrissons et enfants. Jumelé au XXVIème Congrès annuel Dr Haj Driss Benjelloun, cet événement scientifique a été organisé par l’Association casablancaise des pédiatres du secteur privé (ACPP), sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI. Le Prix africain de pédiatrie Dr Abdellatif Berrada a été attribué à Diawara Idrissa, professeur de microbiologie et de biologie moléculaire à l’UM6SS La séance inaugurale de ce congrès scientifique s’est tenue vendredi dernier en début de soirée, en présence de nombreux présidents de sociétés africaines de pédiatrie, représentant leurs pays respectifs dont le Pr Ndeye Ramatoulaye Diagne, présidente de la Société sénégalaise de pédiatrie. Y ont également pris part, la présidente de l’Association des pédiatres d’Afrique noire francophone, Pr Mariam Sylla, le président des associations unies des pédiatres du monde (Joseph Haddad), le président de la Société mondiale de pédiatrie et celui de l’Association des pédiatres de langue française, regroupant plus de 30 pays. Trois jours durant, les participants ont échangé et partagé leurs expériences sur diverses thématiques à travers des ateliers, symposiums et tables rondes consacrés à des thématiques variées (allergologie, infectiologie, néonatalogie, vaccinologie, dermatologie, pneumologie, neurologie, nutrition, etc.). Précisons que cette première édition a été organisée en partenariat avec le ministère de la Santé et de la Protection sociale et la Fondation Mohammed VI pour les sciences et la santé. Pourquoi une telle initiative maintenant ? Les praticiens venus du Maroc, d’Afrique et d’ailleurs se sont également penchée sur les avancées médicales et problématiques épidémiologiques ainsi que sur les défis en lien avec la santé infantile et pédiatrique sur le continent africain Les échanges entre les pédiatres des pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne existent depuis longtemps. Mais alors, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour mettre sur pied cette initiative louable pour la santé des nouveau-nés, nourrissons et enfants du continent ? Effectivement, « nous avons toujours collaboré avec nos amis africains. Aujourd’hui, nous avons estimé que le moment était venu d’organiser ce premier congrès, car nous étions tous prêts à nous lancer et à prendre notre destin en main, en tant qu’Africains », a confié Dr. Afif My Saïd, co-président du premier congrès africain de pédiatrie avec le Pr. Adnaoui Mohamed, et le président de l’Association casablancaise des pédiatres privés (ACPP). Harmoniser les pratiques pour le bien-être des enfants africains Venu de Libreville au Gabon pour prendre part à ce congrès, le Pr Simon Jonas Ategbo, pédiatre et président de la Société gabonaise de pédiatrie, a pour sa part souligné les enjeux de cette initiative : « Ce premier congrès africain a pour objectif essentiel de mutualiser les efforts des différentes sociétés africaines de pédiatrie », a-t-il confié. Aussi, a-t-il poursuivi, « en Afrique noire francophone, nous avons déjà une association qui regroupe toutes les sociétés de pédiatrie. Il en va de même pour les pays du Maghreb. Il est clair que nous partageons les mêmes thématiques et faisons face aux mêmes problématiques. Il est donc nécessaire d’harmoniser nos pratiques et nos approches pour le bien-être des enfants africains ». Il est à noter que cet événement a été marqué par le lancement du Prix africain de la santé « Dr Abdellatif Berrada » d’un montant de 40.000 DHS. Pour cette première édition, il a été décerné à Idrissa Diawara, professeur de microbiologie et de biologie moléculaire à l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé (relevant de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé). «Je dédie cette reconnaissance à tout notre laboratoire, à toutes nos équipes, ainsi qu’à tous mes maîtres. Je tiens à remercier chaleureusement le personnel et les membres de l’équipe du laboratoire de microbiologie du CHU IBN Rochd, ainsi que ceux de notre laboratoire de microbiologie infectiologique et allergologique pédiatrique de l’hôpital Cheikh Khalifa et de l’Université Mohammed VI», a-t-il déclaré. «Nous savons que la microbiologie a connu des avancées remarquables ces dernières années, notamment grâce aux nouvelles techniques développées. Nos recherches appliquées à la pédiatrie infectieuse ont permis de mettre en place des outils de surveillance génomique pour évaluer l’impact des vaccins conjugués anti-pneumococciques. Ce travail, qui a mobilisé beaucoup efforts, est aujourd’hui honoré par ce prix », a-t-il confié. Créée en 1993 par un groupe de pédiatres, l’Association casablancaise des pédiatres privés de Casablanca (ACPP) vise, entre autres, à resserrer entre ses membres les liens d’amitié et de confraternité, faciliter l’échange d’informations à caractère scientifique ou professionnel, établir des contacts avec d’autres Associations nationales ou internationales de médecins pédiatres d’organisations scientifiques ainsi qu’à contribuer au progrès et au développement des questions scientifiques ou professionnelles relevant de leurs activités. Les membres de cette association à but non lucratif « sont représentés par l’ensemble des pédiatres exerçant en secteur libéral dans la wilaya du Grand Casablanca », souligne l’ACPP. Alain Bouithy ILS ONT DIT : Dr. Afif My Saïd, président du premier Congrès africain de pédiatrie : «Ce congrès s’inscrit pleinement dans la vision Royale» Comme nous le savons tous, Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, accorde une importance particulière à la coopération Sud-Sud. Ce congrès s’inscrit pleinement dans cette vision Royale, et nous ne pouvons qu’être fiers de notre pays, qui accueille cette première édition. Deux réalisations majeures marqueront cet événement. Premièrement, la création de l’Association africaine de pédiatrie, dont la première présidence sera assurée par le Maroc. Deuxièmement, l’attribution du Prix africain de pédiatrie, qui symbolise la coopération solide entre les pédiatres marocains et leurs confrères africains. ** Pr Idrissa Diawara, lauréat du Prix africain de pédiatrie Dr Abdellatif Berrada : «Je dédie cette distinction aux jeunes chercheurs qui font rayonner la science, notamment en infectiologie pédiatrique» J’ai l’honneur de recevoir ce premier prix décerné pour la promotion de la recherche. Ce prix est une grande fierté, non seulement pour moi, mais aussi pour notre équipe et tout notre écosystème scientifique. Je dédie également
Professeur Abdoulaye Diabaté parmi les 100 Africains les plus influents de 2024

Le magazine panafricain New African a dévoilé sa prestigieuse liste des 100 Africains les plus influents de 2024, distinguant le Professeur Abdoulaye Diabaté, figure emblématique de la recherche scientifique contre le paludisme. Un parcours scientifique exceptionnel Reconnu comme un « combattant acharné contre le paludisme », le Professeur Diabaté a été mis à l’honneur pour ses contributions exceptionnelles dans le domaine de la recherche scientifique et de la santé publique. Directeur du département d’entomologie médicale et de parasitologie à l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS/DRO) au Burkina Faso, il est également chercheur principal de Target Malaria Burkina Faso depuis 2012. Cette distinction par New African met en lumière le parcours remarquable du scientifique burkinabè. Membre de l’Académie africaine des sciences, le Professeur Diabaté a marqué la communauté scientifique internationale par ses interventions dans des institutions prestigieuses comme l’Université de Harvard et ses innovations dans la lutte contre le paludisme. Parmi ses nombreuses distinctions, il compte le prix Pfizer de la Royal Society en 2013, le titre de Chevalier des Palmes Académiques du Burkina Faso, et le prix Newcomb Cleveland de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) en 2019. En 2024, sa conférence TED à Vancouver intitulée « Comment vaincre le paludisme une fois pour toutes » a particulièrement retenu l’attention, présentant le potentiel transformateur de la modification génétique des moustiques, en particulier la technologie d’impulsion génétique. Une visibilité internationale au service de la santé mondiale En tant que scientifique africain engagé avec conviction dans la recherche sur le paludisme sur le continent, le Professeur Diabaté a également élargi sa portée médiatique internationale en participant à une série documentaire Netflix intitulée « What’s Next ? Le futur selon Bill Gates ». Cette tribune a révélé comment le Professeur Diabaté, son équipe de Target Malaria au Burkina Faso et la Fondation Bill et Melinda Gates construisent des ponts entre la science et la philanthropie, favorisant la créativité, l’innovation et des solutions durables pour faire progresser la santé mondiale, en particulier la lutte contre le paludisme en Afrique. La liste des 100 Africains les plus influents de New African, reconnue comme une référence dans le monde des médias africains et internationaux, célèbre les personnalités ayant eu un impact significatif sur le continent et le monde. Elle couvre tous les secteurs : public, privé, société civile, et tous les domaines : technologie, culture, science et politique. Le magazine New African, fondé en 1966 et distribué dans plus de 100 pays, continue de célébrer les talents et les innovations africains, offrant une perspective unique sur le continent. AMA.
Le Fonds de lutte contre les pandémies annonce un troisième cycle de financement et franchit un nouveau jalon dans les efforts de préparation

Le Conseil de direction du Fonds de lutte contre les pandémies a approuvé une enveloppe de 500 millions de dollars au titre de son troisième cycle de financement. Cette initiative va permettre d’intensifier les efforts déployés par les pays à revenu faible et intermédiaire pour renforcer les capacités des systèmes de santé en matière de surveillance des maladies, les équipements de diagnostic et de laboratoire, ainsi que les personnels de santé — soit les trois pierres angulaires de la prévention et de la réponse aux pandémies futures. Les pays, organisations régionales et organismes de mise en œuvre intéressés pourront déposer leurs propositions sur un portail en ligne à partir du mois de mars 2025. Ce troisième appel à propositions sera lancé en deux phases : la première, dédiée aux propositions nationales et plurinationales, sera ouverte dès mars 2025, tandis que la deuxième, destinée aux organisations régionales, débutera en juin. Conformément au plan stratégique à moyen terme du Fonds, les propositions devront, dans leur conception et leur mise en œuvre, accorder une attention particulière à quatre aspects de fond — l’approche « Une seule santé », la participation des communautés et de la société civile, l’égalité des genres et l’équité en matière de santé. Les investissements devront également s’attacher à renforcer deux « catalyseurs » transversaux : les instituts nationaux de santé publique (et autres institutions publiques) et les réseaux, organisations et pôles régionaux ou mondiaux. « Ce que le Fonds a accompli en seulement deux ans est remarquable. Près de la moitié des 2 milliards de dollars collectés ont été alloués dans le cadre de deux séries de financement, et de nombreux projets permettent déjà de renforcer la sécurité sanitaire dans des communautés et des pays du monde entier, ont déclaré les coprésidents du Conseil de direction du Fonds de lutte contre les pandémies, Chatib Basri, ancien ministre indonésien des Finances, et Sabin Nsanzimana, ministre rwandais de la Santé. Les récentes épidémies de variole simienne et du virus de Marburg nous rappellent avec force qu’il n’y a pas de temps à perdre sur le front de la préparation aux pandémies. Nous devons veiller à ce qu’aucun pays ne soit laissé pour compte. » Le Fonds a accordé à ce jour un montant total de 885 millions de dollars de financements, qui ont permis de mobiliser 6 milliards de dollars supplémentaires de cofinancements internationaux et de co-investissements nationaux en faveur du renforcement des capacités des systèmes de surveillance, des laboratoires et des personnels dans 75 pays répartis dans les six régions du monde. Plus de 50 % des ressources allouées au titre du deuxième cycle de financement sont destinées à l’Afrique subsaharienne, région du monde dans laquelle la demande d’aides est la plus forte. « Les pays à revenu faible et intermédiaire ne veulent pas être pris de nouveau au dépourvu. La demande d’aides auprès du Fonds de lutte contre les pandémies a largement dépassé les ressources disponibles, ce qui témoigne du déficit de financements que nous contribuons à combler, a souligné Priya Basu, directrice exécutive du Fonds. À l’heure où nous lançons le troisième appel à propositions, nous constatons déjà des résultats tangibles sur le terrain dans les pays qui mettent en œuvre les projets ayant bénéficié de notre première série de financements. Ces investissements permettront de sauver des vies et de protéger des économies pour de nombreuses années à venir. » Le portail de dépôt des propositions nationales et plurinationales sera ouvert du 14 mars au 30 mai 2025. Les organisations régionales pourront quant à elles soumettre leurs projets à partir de la mi-juin environ et jusqu’à mi-septembre. Les financements alloués dans le cadre de ce troisième appel à propositions devraient être annoncés au début du mois de novembre prochain. D’autres cycles de financement devraient être lancés fin 2025, sous réserve des ressources disponibles et dans la lignée du plan stratégique du Fonds. Face à l’ampleur de la demande de financements par rapport aux ressources disponibles, le Fonds de lutte contre les pandémies a engagé en juillet 2024 une campagne de mobilisation de ressources ayant pour objectif de collecter à court terme 2 milliards de dollars supplémentaires. Aujourd’hui, cinq mois après le lancement de cette initiative, le Fonds est parvenu à plus de la moitié de son objectif, avec 1 milliard de dollars de nouvelles promesses de contribution de la part des gouvernements, tout en obtenant des engagements de soutien auprès de nouvelles organisations philanthropiques et du secteur privé. Cette campagne de levée de fonds se poursuivra jusqu’au printemps 2025. BM
Lutte contre les décès maternels et périnatals au Niger : Plus d’un milliard de francs CFA collecté à la date du 27 décembre

Depuis le lancement du Téléthon National le 14 décembre dernier dans le cadre de la lutte contre les décès maternels et périnatals par l’Ambassadrice de cette lutte, Mme Brah Réki Djermakoye, les Nigériens ne cessent d’apporter leurs contributions. Ainsi à la date du 27 décembre 2024, ce sont quelque 1.089.311.774 FCFA qui ont été collectés en nature et en espèce. Notons ainsi que le montant en nature s’élève à 283.900.000f, soit 25,9% du montant global. C’est alors pour informer le public de la situation de ces contributions que le Vice Président du FSSP, M. Brah Amadou et le Coordonnateur du Comité d’’Organisation, M. Adamou Imrane Maiga ont coprésidé en début d’après-midi de ce vendredi 27 décembre 2024 un point de presse. Pour rappel, au sortir de la soirée du lancement du téléthon le 14 décembre dernier, les nigériens ont bien compris l’appel lancé et ont répondu de manière spontanée. Ainsi, ce sont quelques 902.900.000 FCFA qui ont été mobilisés sur place. Lors de ce point de presse, les différents canaux de contribution ont été rappelés notamment : le 227 pour contribuer à hauteur de 50f à travers un message écrit ‘’Stop’’, un compte intitulé Stop décès maternels et périnatals créé dans toutes les banques, le dépôt par Mynita au numéro 201111, la mise en place d’une plate forme digitale avec deux objectifs notamment s’informer et contribuer. Il existe plusieurs autres canaux de contribution dont : Moov Flooz, Zamani Money, Airtel money, MasterCard ou Carte visa. « Ainsi nous attendons de chacune des femmes une contribution d’au moins 100f dans cette action », a déclaré M. Imrane Maiga. Ils ont tenu a remercié les contributeurs avant d’appeler les autres nigériens à leurs emboîter le pas. Notons enfin que ce téléthon continue jusqu’au 14 janvier 2025. ANP
Le Rwanda déclare la fin de l’épidémie de maladie à virus Marburg

Le Rwanda a annoncé vendredi la fin de l’épidémie de maladie à virus Marburg, initialement déclarée le 27 septembre. Cette annonce faite par le ministre de la Santé, Sabin Nsanzimana, lors d’une conférence de presse dans la capitale, Kigali, survient après 42 jours consécutifs sans nouveau cas après la sortie du dernier patient confirmé, ce qui est conforme aux directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le Rwanda a enregistré son dernier cas confirmé le 30 octobre et son dernier décès lié à la maladie à virus Marburg le 14 octobre. M. Nsanzimana s’est dit « encouragé » par les progrès réalisés et a notamment salué le « dévouement » des professionnels de la santé. Alors que l’origine zoonotique du virus a été identifiée, le ministère a précisé dans un communiqué que l’épidémie avait entraîné 66 cas confirmés, dont 15 décès et 51 guérisons. Le ministre a souligné que, bien que cette épidémie soit terminée, les mesures préventives resteront en place. Le pays prévoit d’utiliser la technologie GPS pour suivre les chauves-souris, principaux vecteurs du virus, afin de surveiller leurs déplacements et leurs habitats. « Ce n’est pas la fin, le combat continue », a abondé Brian Chirombo, représentant local de l’OMS. Dès le début de l’épidémie, le Rwanda a rapidement mis en place une réponse à la pandémie, s’est félicité le ministère. Un poste de commandement fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 a été mis en place pour superviser tous les aspects de l’endiguement, notamment la surveillance, les tests, la gestion des cas, la vaccination, la communication sur les risques et l’engagement des communautés. Le virus de Marburg, un agent pathogène hautement infectieux dont le taux de mortalité peut atteindre 88%, provoque une fièvre hémorragique. Les symptômes, notamment une forte fièvre et de violents maux de tête, apparaissent généralement dans la semaine qui suit l’exposition au virus. Il appartient à la même famille de virus que le virus Ebola, selon l’OMS. Xinhua
Selon l’OMS, plus d’un adulte sur cinq dans le monde souffre d’un herpès génital

Selon de nouvelles estimations (publiées le 11 décemble, Dnr) environ 846 millions de personnes âgées de 15 à 49 ans, soit plus d’une sur cinq appartenant à cette tranche d’âge dans le monde, sont atteintes d’un herpès génital. Au moins une personne par seconde, soit 42 millions de personnes par an, contracte un herpès génital. La plupart du temps, ces infections sont peu symptomatiques, voire asymptomatiques. Cependant, chez certaines personnes, elles entraînent des lésions douloureuses et des cloques dans la sphère génitale qui peuvent récidiver tout au long de la vie, causant un inconfort important et nécessitant souvent plusieurs consultations pour des soins. Selon les estimations, plus de 200 millions de personnes âgées de 15 à 49 ans ont eu au moins un épisode symptomatique d’herpès génital en 2020. Les auteurs et autrices de l’étude, publiée dans la revue Sexually Transmitted Infections, affirment que de nouveaux traitements et vaccins sont nécessaires pour atténuer les effets néfastes du virus de l’herpès sur la santé et maîtriser sa propagation. « Alors que, dans la plupart des cas, l’herpès génital entraîne peu de symptômes, il reste douloureux et gênant pour des millions de personnes dans le monde et met à rude épreuve les systèmes de santé déjà surchargés, car les infections sont très nombreuses », a déclaré la Dre Meg Doherty, Directrice du Département Programmes mondiaux de lutte contre le VIH, l’hépatite et les infections sexuellement transmissibles de l’OMS. « Il est urgent de disposer de meilleurs outils de prévention et de traitement, non seulement pour réduire la transmission du virus de l’herpès, mais aussi pour contribuer à réduire la transmission du VIH », a-t-elle ajouté. Il n’existe actuellement aucun remède contre l’herpès, bien que les traitements permettent de soulager les symptômes. Outre des lésions, l’herpès génital peut aussi entraîner occasionnellement de graves complications, notamment l’herpès néonatal – une maladie rare plus susceptible de survenir lorsque la mère contracte l’infection pour la première fois en fin de grossesse et transmet le virus au nouveau-né pendant l’accouchement. Deux types de virus herpès simplex (HSV-1 et HSV-2) peuvent provoquer un herpès génital. Selon les estimations, en 2020, 520 millions de personnes avaient contracté un herpès génital dû au HSV-2, qui se transmet lors de rapports sexuels. Du point de vue de la santé publique, le HSV-2 génital a de plus graves conséquences puisqu’il est beaucoup plus susceptible de provoquer des épidémies récurrentes, qu’il est responsable d’environ 90 % des épisodes symptomatiques et qu’il est lié à un risque trois fois plus élevé de contracter le VIH. Contrairement au HSV-2, le HSV-1 se propage principalement pendant l’enfance par la salive ou le contact peau à peau autour de la bouche et provoque un herpès buccal, dont les symptômes les plus courants sont les boutons de fièvre ou les ulcères buccaux. Cependant, les personnes qui n’ont jamais été infectées par le HSV-1 peuvent le contracter par contact sexuel et présenter alors une infection génitale à l’adolescence ou à l’âge adulte. On estime que 376 millions de personnes ont eu des infections génitales à HSV-1 en 2020, dont 50 millions ont également eu une infection à HSV-2, car il est possible de contracter les deux sérotypes du virus en même temps. Bien que les estimations de 2020 ne montrent pratiquement aucune évolution de la prévalence des infections génitales à HSV-2 par rapport à 2016, le nombre d’infections génitales à HSV-1 est lui plus élevé. Au cours des dernières années, plusieurs pays ont observé que les modes de transmission du HSV-1 ont changé, les infections génitales chez l’adulte augmentant à mesure que les infections buccales chez l’enfant diminuent. Le recul de la propagation orale pendant l’enfance peut être lié à des facteurs tels qu’un moindre surpeuplement et une meilleure hygiène, ce qui augmente ensuite la sensibilité au virus à l’âge adulte. Les auteurs et autrices notent que cette augmentation peut aussi être due en partie à des modifications des méthodes et à l’existence de sources de données supplémentaires. « Bien qu’il touche des millions de personnes dans le monde, l’herpès génital est trop peu étudié en raison de la stigmatisation qui l’entoure. On n’a pas fait assez pour lutter contre cette infection courante », a déclaré le Dr Sami Gottlieb, auteur du rapport et médecin au sein du Département Santé sexuelle et reproductive, et recherche, de l’OMS, dont fait partie le Programme spécial PNUD/FNUAP/UNICEF/OMS/Banque mondiale de recherche, de développement et de formation à la recherche en reproduction humaine (HRP). « L’élargissement des travaux de recherche et des investissements pour la mise au point de nouveaux vaccins et traitements contre l’herpès, ainsi que pour leur utilisation équitable, pourrait jouer un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité de vie des populations du monde entier », a-t-il ajouté. Bien qu’ils ne permettent pas totalement d’enrayer la propagation du virus, les préservatifs, utilisés correctement et régulièrement, réduisent les risques de transmission de l’herpès. Les personnes atteintes d’herpès génital symptomatique doivent éviter tout contact sexuel, car l’herpès est particulièrement contagieux en présence de lésions. L’OMS recommande de proposer aux personnes présentant des symptômes d’herpès génital un dépistage du VIH et, si nécessaire, une prophylaxie préexposition pour prévenir l’infection à VIH. Conformément à ses Stratégies mondiales du secteur de la santé contre, respectivement, le VIH, l’hépatite virale et les infections sexuellement transmissibles pour la période 2022-2030, l’OMS s’efforce de mieux faire connaître l’herpès génital et les symptômes qui y sont associés, d’améliorer l’accès aux médicaments antiviraux et de promouvoir les efforts de prévention de l’infection à VIH. Elle s’efforce également de faire progresser la recherche-développement de nouveaux outils de prévention et de lutte contre l’herpès, tels que des vaccins, des traitements et des microbicides topiques. Cette année, une nouvelle étude a montré que l’herpès génital a non seulement des conséquences importantes sur la santé, mais aussi des coûts économiques non négligeables – qui s’élèvent à environ 35 milliards de dollars des États-Unis (USD) par an dans le monde – en raison des dépenses de santé et de la perte de productivité. OMS
Santé/VFFF : les journalistes renforcent leurs capacités pour mieux lutter contre cette pratique

La ville de Dakar, capitale du Sénégal abrite depuis le 4 décembre dernier, le forum des médias sur le thème « l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles en Afrique : Respect des droits et autonomisation de la femme ». Plus de 60 journalistes venus de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et Madagascar prennent part à ce Forum organisé par le Réseau des médias africain pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), avec l’appui technique et financier de l’ONU-Femmes et du Fonds français Muskoka. Cette rencontre des acteurs des médias permet échanger sur l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles, en mettant en avant le respect des droits humains et l’autonomisation des femmes. Selon le président du REMAPSEN, Bamba Youssouf, les médias peuvent éduquer, sensibiliser, influer sur le comportement et mobiliser l’opinion et les décideurs, orienter les débats politiques et inciter à des actions concrètes en faveur de la femme. « Ce forum constitue pour nous le point de départ d’un engagement collectif des médias en Afrique, avec un plan de fonds et un renforcement des productions médiatiques de sensibilisation et de plaidoyer en vue de toucher toutes les cibles, notamment les plus reculées, pour un monde sans violence envers les femmes », a-t-il fait savoir. La Représentante résidente d’ONU Femmes au Sénégal, Mme Arlette Mvondo, a mentionné que ce forum s’inscrit dans le cadre des 16 jours d’activités, du 25 au 10 décembre, de la campagne internationale annuelle qui expose l’urgence d’éradiquer la violence exercée à l’égard des femmes. Notons que les violences basées sur le genre, qu’elles soient physiques, psychologiques ou économiques, représentent une violation grave des droits humains. A en croire le premier Conseiller technique du ministère de la Famille et des Solidarités, M. Oumar Samb, Représentant Mme la ministre, ces vilonces affectent la dignité, la santé et le bien-être des femmes et des filles. « Bien qu’il existe des politiques et des programmes visant à renforcer les cadres législatifs, à soutenir les victimes et à promouvoir des environnements sûrs pour toutes et tous, il est tout aussi important de combattre les stéréotypes sexistes qui limitent les aspirations des filles et des femmes ». Wilfrid Lawilla D.