Santé : Réaffirmons ensemble notre engagement à combler le déficit de sages-femmes, dixit Dr. Sennen Hounton

A l’occasion de la Journée internationale de la Sage-femme 2025, le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et d’Environnement (REMAPSEN) du partenariat avec l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a organisé le 5 mai 2025, sous le thème « Les sages-femmes : indispensables en toutes circonstances », Dans son speech, le Dr. Sennen Hounton, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO) a lancé un appel vibrant : « … nous devons aller au-delà du dialogue. Réaffirmons ensemble notre engagement à : – combler le déficit de sages-femmes ; – prioriser leur déploiement dans les zones les plus vulnérables ; – protéger les sages-femmes en contexte de crise et garantir un financement adéquat et pérenne ». Pour le Dr. Sennen Hounton, le thème de cette année, « Les sages-femmes : indispensables en toutes circonstances », résonne particulièrement en Afrique de l’Ouest et du Centre, où les urgences humanitaires, les conflits, les déplacements liés au climat et la faiblesse chronique des systèmes de santé affectent gravement les femmes et les filles. Ces crises touchent de manière disproportionnée les femmes enceintes, mettant en évidence le rôle essentiel des sages-femmes en première ligne. Les chiffres sont alarmants A en croire le Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCARO), « plus de 500 femmes meurent chaque jour dans des contextes fragiles à cause de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Dans notre région, une femme meurt toutes les quatre minutes ». Il a ajouté qu’« Un nouveau-né décède toutes les 17 secondes. Une fille sur trois devient mère alors qu’elle est encore une enfant. Et pourtant, un investissement accru dans les sages-femmes permettrait d’éviter près des deux tiers de ces décès. Car les sages-femmes ne se contentent pas de mettre des enfants au monde ; elles sauvent des vies, dans des conditions souvent extrêmement difficiles ». Le Dr. Sennen Hounton déplore le manque des ressources humaines dans la région d’Afrique de l’Ouest et du Centre d’après le dernier rapport sur L’État de la pratique de sage-femme ; « Malgré cela, notre région souffre d’un déficit criant en ressources humaines. Le dernier rapport sur L’État de la pratique de sage-femme estime à 100 000 le nombre de sages-femmes supplémentaires nécessaires d’ici fin 2025, ne serait-ce que pour répondre à 90 % des besoins de santé essentiels. Avec moins de 10 sages-femmes pour 10 000 habitants – bien en deçà des 44,5 recommandés par l’OMS – des pays comme le Tchad et le Niger, où la mortalité maternelle dépasse encore les 800 décès pour 100 000 naissances vivantes, connaissent des pénuries particulièrement critiques. Et ce sont les communautés rurales, pourtant les plus vulnérables, qui sont les moins bien desservies ». La sage-femme, une priorité stratégique pour l’UNFPA Pour valoriser ce métier très important, le Dr. Sennen Hounton confirme que l’agence du système des Nations-Unies, l’UNFPA a fait de la profession de sage-femme une priorité stratégique dans sa Feuille de route régionale 2025–2029 pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle. Nous appuyons les gouvernements dans le renforcement de la formation, des cadres réglementaires et des modèles de soins dirigés par des sages-femmes. Des dispositifs d’urgence ont été activés dans 13 pays pour permettre une réponse rapide en situation de crise. « Les femmes ne meurent pas de maladies que nous ne savons pas traiter. Elles meurent parce que nos sociétés n’ont pas encore pris la décision que leur vie mérite d’être sauvée. », paroles du Professeur Mahmoud Fathalla, figure de proue de la santé maternelle mondiale, que le Directeur régional a bien voulu rendre hommage. Enfin, le Dr. Sennen Hounton lance un vibrant appel, en cette Journée internationale de la sage-femme, « soyons la génération qui prend et honore cette décision fondamentale : celle de sauver la vie des femmes ». Wilfrid Lawilla D.
Journée internationale des sages-femmes: le Burkina Faso alloue environ 12 % du budget de l’État pour réduire la mortalité maternelle

En marge de la célébration de la Journée internationale des sages-femmes, un webinaire a été organisé le 5 mai 2025, par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) sous le thème « Les sages-femmes : essentielles en toute crise ». Parmi les intervenants figurait le ministre de la Santé du Burkina Faso, Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, a rendu hommage à toutes les sages-femmes du monde entier pour leur engagement inébranlable à sauver des vies, à garantir la santé et le bien-être des femmes et des nouveau-nés. Selon Dr Kargougou, le Burkina Faso, à l’instar de plusieurs pays de la sous-région, est confronté à une crise humanitaire, mettant ainsi en lumière l’importance cruciale des sages-femmes dans ces contextes. Il a souligné que leur déploiement constitue l’un des moyens les plus efficaces de prévenir les décès maternels et néonatals, de garantir l’accès à la santé sexuelle et génésique y compris la planification familiale et de répondre aux violences sexuelles et sexistes, qui s’intensifient en période de crise. Dans ce contexte, Dr Kargougou a souligné que les sages-femmes ont un rôle crucial en soutenant les femmes tout au long de leur grossesse, durant l’accouchement et pendant la période postnatale. Il est important de noter que près de trois femmes sur quatre suivies pendant leur grossesse le sont par une sage-femme ou un maïeuticien. Elles sont souvent les premières et parfois les seules à prodiguer des soins vitaux aux femmes et aux nouveau-nés en cas de crise, qu’elle soit due à une catastrophe naturelle ou à des actes de terrorisme. Elles parviennent à atteindre les femmes enceintes même dans les zones les plus reculées ou les plus dangereuses. Le ministre burkinabé de la Santé a, par ailleurs, mis en avant plusieurs initiatives visant à réduire la mortalité maternelle dans son pays, notamment : Une volonté politique affirmée, avec environ 12 % du budget de l’État alloué au ministère de la Santé depuis au moins 10 ans, malgré un contexte sécuritaire et humanitaire difficile ; le renforcement du recrutement des sages-femmes et des maïeuticiens, assurant leur déploiement sur l’ensemble du territoire. A en croire le ministre de la santé burkinabé, Dr Kargougou, il y a 20 ans, lorsqu’il était médecin-chef de district, un seul maïeuticien était disponible pour 150 000 habitants. Aujourd’hui, on trouve au moins une sage-femme ou un maïeuticien dans chacun des trente Centres de santé de premier échelon du district, et l’hôpital de district compte plus d’une dizaine de ces professionnels ; l’amélioration des capacités des écoles de formation ; la mise en place du réseau SONU, incluant la formation des médecins généralistes à la chirurgie essentielle, permettant ainsi aux femmes de bénéficier de césariennes même dans les régions les plus reculées ; la gratuité des soins maternels et néonatals; notamment la prise en charge de la fistule et des soins aux mères et aux nouveau-nés ; la mise en place d’une surveillance hebdomadaire des décès maternels grâce au dispositif de surveillance des maladies ; l’activation du CORUS sur les décès maternels, avec la nomination d’un incident manager. Il sied de noter que grâce à ces stratégies, la santé maternelle et infantile s’est améliorée au Burkina Faso. La prévalence contraceptive est passée de 22,5 % en 2015 à 31,5 % en 2021, tandis que le ratio de mortalité maternelle a chuté de 787 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2021, a renchéri le Dr Kargougou, ministre de la santé du burkinabé Wilfrid Lawilla D.
Maroc: Partenariat entre Axis Coach et la Clinique multidisciplinaire Al Madina

Le Cabinet de conseil AXIS COACH et la Clinique Multidisciplinaire AL MADINA annoncent la signature d’une convention de partenariat officialisée lors d’une cérémonie tenue le 26 mars 2025. L’objectif de ce partenariat, paraphé par M. EBEHA BEYETH Gueck et M. Mohammed ABOUAMRANE, respectivement directeur manager d’AXIS COACH et directeur général adjoint d’AL MADINA, « est de faciliter l’évacuation sanitaire des patients, leur admission et leur prise en charge au sein de la clinique », ont indiqué les deux parties dans un communiqué. Selon les termes de l’accord, « les deux parties ont convenu de joindre leurs expertises pour construire une synergie capable de répondre efficacement aux demandes et aux exigences des patients, précise la même source. Entre autres avantages du partenariat: faciliter l’accompagnement et le rapprochement des patients pour obtenir des moyens importants pour bénéficier de structures sanitaires adéquates et viables; mettre à disposition des patients l’expertise médicale de la Clinique AL MADINA pour des opérations complexes nécessitant une évacuation sanitaire ainsi qu’améliorer la gestion de la demande pressante des patients et évaluer les ressources nécessaires avant toute admission à l’hospitalisation. Patricia Engali
Une femme meurt toutes les deux minutes en donnant la vie

Les progrès réalisés depuis le début du siècle en matière de baisse de la mortalité maternelle sont en perte de vitesse, selon une nouvelle étude, qui estime à plus d’un quart de million le nombre de décès annuels liés à des grossesses et accouchements – des morts pour l’essentiel évitables. Le nouveau millénaire avait pourtant bien commencé pour les femmes enceintes. Depuis 2000, le monde a en effet connu une forte réduction de 40 % de la mortalité maternelle. Pour la première fois dans l’histoire récente, aucun pays ne présente des taux de mortalité maternelle extrêmement élevés, soit plus de 1.000 décès pour 100.000 naissances. À l’inverse, plus d’un tiers des pays dans le monde affichent un taux de mortalité maternelle très faible. « De réels progrès ont été réalisés, y compris dans certains des pays les plus pauvres du monde », se félicite le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans l’avant-propos d’une étude de l’ONU, publiée lundi à l’occasion de la Journée mondiale de la santé. Ce nouveau rapport, basé sur des données fournies par diverses agences onusiennes, dont l’OMS, ainsi que par le Groupe de la Banque mondiale, montre comment certains pays comme le Rwanda et le Sri Lanka ont considérablement réduit la mortalité maternelle, notamment en développant l’accès au sages-femmes et aux soins de santé en milieu rural. Des stratégies susceptibles, selon le Dr Tedros, d’être partagées et adaptées à bien d’autres contextes. Progrès de la recherche et l’accès aux soins Les progrès enregistrés sont également le fruit des avancées en matière de recherche et de prestation de services. Le chef de l’OMS mentionne notamment l’utilisation d’un dispositif simple et peu coûteux, dit du « drap », qui permet de réduire de 60 % les saignements graves dus aux hémorragies post-partum et de sauver ainsi de nombreuses vies humaines. L’apport de soins maternels lors d’urgences humanitaires par le biais de cliniques mobiles et de postes de santé sauve également des millions de femmes et de bébés qui, autrement, ne bénéficieraient pas de dépistages médicaux, de vaccinations et de traitements vitaux. Un ralentissement depuis 2016 Toutefois, le rapport indique que les progrès réalisés ont ralenti depuis 2016, au point que la baisse de la mortalité maternelle est désormais bien trop lente pour atteindre les cibles des Objectifs de développement durable. « Aujourd’hui encore, quelque part dans le monde, une femme meurt toutes les deux minutes de complications liées à la grossesse et à l’accouchement », déplore le Dr Tedros, sur la base d’une estimation de 260.000 décès de femmes liées à de telles complications en 2023, l’année la plus récente pour laquelle le rapport de l’ONU fournit des donnés chiffrées. Selon le chef de l’OMS, la quasi-totalité de ces femmes auraient pu survivre si elles avaient bénéficié d’un accès suffisant à des soins vitaux avant, pendant et après l’accouchement. Des inégalités régionales Une femme en Afrique subsaharienne a 400 fois plus de risques de mourir en couches qu’une femme en Australie et en Nouvelle-Zélande. Cette région représente en effet environ 70 % de la mortalité maternelle dans le monde, notamment en raison de taux de pauvreté élevés et des multiples conflits dont elle est le cadre. Par ailleurs, de nombreuses régions ont vu leurs progrès stagner après 2015, y compris l’Afrique du Nord, l’Asie occidentale, l’Asie de l’Est et du Sud-Est, l’Océanie (à l’exception de l’Australie et la Nouvelle-Zélande), l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et les Caraïbes. Des décès évitables Malheureusement, de nombreuses femmes n’ont pas accès à des modes de contraception moderne, à un contrôle de leur grossesse ou à un suivi prénatal essentiel. D’autres ne peuvent se rendre que tardivement dans des établissements de santé souvent mal équipés et dépourvus des médicaments ou capacités nécessaires pour prévenir, détecter et traiter leurs complications, telles que les hémorragies et les infections. « Les décès évitables dus à la mortalité maternelle sont profondément ancrés dans la pauvreté et les inégalités », affirme le Dr Tedros. En effet, la quasi-totalité de ces décès ont lieu dans des pays et des communautés à revenu faible ou intermédiaire, ces mêmes pays et communautés qui seront les plus durement touchés par les coupes actuelles dans le financement de la santé mondiale. Appels à élargir l’accès aux soins maternels À l’occasion de la publication du rapport, le chef de l’OMS appelle ainsi à élargir l’accès aux services de soins maternels et à accorder une attention particulière à la qualité de ces services et aux compétences des professionnels de santé qui les dispensent. Selon lui, lorsque les droits des filles et des femmes sont protégés et qu’elles ont accès aux services et informations dont elles ont besoin pour contrôler leur vie et leur corps, les grossesses non désirées, les avortements à risque et les décès maternels diminuent. Parallèlement, les possibilités de scolarisation et d’accès au marché du travail augmentent. « La mortalité maternelle n’est pas un mystère », affirme le Dr Tedros. « Nous en connaissons les causes et nous disposons des outils pour la prévenir. La question n’est donc pas de savoir si nous pouvons mettre fin aux décès maternels évitables, mais si nous y parviendrons ». Onu
Un rapport collaboratif inédit révèle le rôle transformateur de l’intelligence artificielle et de la science des données dans l’amélioration de la santé mondiale en Afrique

L’Afrique est à l’avant-garde d’une révolution en matière de santé mondiale, portée par l’intelligence artificielle (IA) et la science des données, selon un rapport publié aujourd’hui par la Science for Africa Foundation (SFA Foundation), des institutions et des conseils de recherche africains. Ce rapport est le premier du genre à examiner de manière exhaustive les perspectives nationales africaines sur l’IA et la science des données pour la santé mondiale. Ce panorama offre un aperçu inédit du potentiel d’amélioration de la gouvernance de l’IA en Afrique afin de réduire les risques et de mettre fin à la perpétuation des inégalités. Intitulé« Gouvernance de l’intelligence artificielle pour la santé mondiale en Afrique », ce rapport est produit dans le cadre du programme Science Policy Engagement with Africa’s Research (SPEAR)de la Fondation SFA. Il est l’aboutissement d’un effort d’un an, impliquant des rencontres dans les cinq régions d’Afrique, des analyses politiques et des enquêtes approfondies pour identifier les lacunes et les opportunités politiques en matière d’IA et de science des données pour la santé mondiale. S’appuyant sur des consultations menées dans 43 pays africains, le rapport intègre les points de vue de plus de 300 parties, garantissant une approche globale et inclusive de ses conclusions. Selon le professeurTom Kariuki, Directeur général de la Fondation SFA« Le cadre mondial de gouvernance de l’IA reste inadapté aux besoins et priorités spécifiques de l’Afrique. Notre rapport sur l’IA dans la santé mondiale et les sciences des données prône une évolution vers des cadres reflétant le contexte africain, garantissant des applications éthiques, équitables et efficaces de l’IA, non seulement pour relever les défis sanitaires de notre continent, mais aussi pour faire progresser la santé mondiale. » Principales conclusions et opportunités Le rapport identifie les principales tendances, lacunes et opportunités en matière d’IA et de science des données pour la santé en Afrique : Augmentation des investissements nationaux :Des pays comme l’Île Maurice, le Nigéria, le Malawi, l’Éthiopie, le Ghana, le Rwanda, le Sénégal et la Tunisie ont lancé des programmes nationaux d’IA, tandis qu’au moins 39 pays africains continueront activement la R&D en IA. Des initiatives telles que le Fonds d’investissement d’amorçage du Rwanda et le Centre national d’IA et de robotique du Nigéria illustrent les investissements prometteurs dans les startups spécialisées dans l’IA. Nécessité d’une gouvernance de l’IA spécifique à la santé :Malgré un intérêt croissant, il existe un déficit critique dans les cadres de gouvernance adaptés à l’IA en santé en Afrique. Si la santé est une priorité dans les discussions sur l’IA, les cadres spécifiques pour un déploiement responsable dans le secteur de la santé sont encore peu développés. Élaboration de politiques inclusives en matière d’IA :De nombreuses politiques existantes en matière d’IA ne prennent pas en compte les questions de genre et d’équité. Il est essentiel de combler ces lacunes pour prévenir les inégalités d’accès aux avancées de l’IA et aux résultats en matière de santé. « L’intégration de l’IA dans les soins de santé ne se limite pas à la technologie : il s’agit d’améliorer nos cadres politiques afin de garantir que ces avancées conduisent à de meilleurs résultats de santé pour tous les Africains » , a ajouté le Dr Uzma Alam, responsable du programme SPEAR (Engagement de la politique scientifique dans la recherche en Afrique) . Il existe des cadres politiques sur lesquels s’appuient pour développer et/ou consolider une gouvernance responsable de l’IA et de la science des données :Au moins 35 pays africains disposent de cadres politiques nationaux en matière de STI et de TIC, ainsi que de politiques de recherche et d’innovation en santé, qui contiennent des politiques applicables au développement et au déploiement de l’IA et de la science des données. On assiste à un essor de la recherche africaine sur l’IA en santé et la science des données (big data) :ce qui soulève la nécessité de partenariats de R&D Nord-Sud équitables. Recommandations et perspectives Le rapport devrait servir de catalyseur pour l’intégration de l’IA dans les stratégies de santé sur tout le continent, marquant une avancée significative dans la trajectoire de l’Afrique vers un leadership en matière d’innovation en santé mondiale, en s’appuyant sur les éléments suivants : La gouvernance adaptative et inclusive de l’IA :Le rapport appelle à l’intégration de perspectives diverses – incluant le genre, les dynamiques urbaines-rurales et les savoirs autochtones – dans les cadres de gouvernance de l’IA en santé. Il souligne la nécessité de politiques adaptatives qui équilibrent l’innovation et l’accès équitable, tout en exploitant la collaboration régionale et en soutenant le secteur informel. Le financement innovant et la représentation africaine :Reconnaissant le potentiel des savoirs et pratiques locales, le rapport préconise des modèles de financement créatifs pour soutenir la recherche et le développement en IA. Il met l’accent sur la connexion du secteur informel aux marchés et aux infrastructures afin d’encourager l’innovation locale. Renforcer la diplomatie scientifique :Pour positionner l’Afrique comme un acteur clé de la gouvernance mondiale de l’IA, le rapport recommande d’investir dans des programmes qui alignent les technologies de l’IA sur les priorités sanitaires africaines. Il souligne également l’importance de renforcer la voix de l’Afrique dans l’élaboration des normes et accords internationaux grâce à une collaboration solide entre science et politique. Combler la fracture numérique entre les sexes :Pour combler la fracture numérique entre les sexes en Afrique, des initiatives ciblées sont nécessaires pour remédier aux disparités régionales et garantir l’inclusion des femmes dans l’écosystème de l’IA. Il est essentiel de privilégier les programmes qui renforcent les capacités et améliorent l’accès aux ressources. « Le rapport décrit clairement les pistes permettant de tirer parti de l’IA pour combler les lacunes et surmonter les contraintes actuelles en matière de capacités, tout en consolidant le rôle de l’Afrique en tant que leader dans l’élaboration des politiques de santé mondiale », a déclaré leDr Evelyn Gitau, directrice scientifique de la Fondation SFA.« Cette initiative a mis en évidence le potentiel de l’Afrique à diriger, innover et influencer l’écosystème de la santé mondiale grâce à l’IA. » « Nous envisageons
Congo-Santé : la situation médicale et sanitaire entre dans le coma de stade 2 ( lecture en 7 minutes)

PARLONS-EN. Plusieurs figures emblématiques congolaises meurent à l’étranger. Le dernier en date est le Dr Lounana Kouta qui s’en est allé malgré son évacuation sanitaire. C’est la preuve de la dégradation de l’ensemble des structures administratives, économiques, sanitaires et sécuritaires qui entrent dans le coma dépassé. Les décès des hautes personnalités congolaises se succèdent à l’étranger, redoutant sans nul doute des structures délabrées mais aussi de croiser des pseudos médecins qu’ils ont fabriqués eux-mêmes dans une sélection ethno-tribale depuis la « victoire de 1997 » et dont tous paient le prix fort aujourd’hui. Mais qu’importe le flacon, seule compte l’ivresse, n’est-ce pas ? C’est cette ivresse qui culmine actuellement à une perversion narcissique, enfonçant le pays dans le neuvième enfer que Dante décrit dans son ouvrage « La Divine comédie ». Des investissements aux nominations sans impacts En 2013, le ministre délégué général des Grands Travaux, Jean-Jacques Bouya (JJB), avait sélectionné le cabinet ENIA Architectes pour la réforme-restructuration du Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville (CHUB) devenu inadapté et vétuste depuis plus de vingt ans. Le programme architectural fixe à 54 M€ HT (35,42 milliards de FCFA) la réhabilitation et l’extension du centre hospitalier universitaire (pour 550 lits supplémentaires) : pôle femme-mère-enfant (pôle ambulatoire + hospitalisation, 150 lits) ; pôle neurologie tête-cou (pôle ambulatoire + hospitalisation, 100 lits) ; pôle chirurgie générale et locomoteur (pôle ambulatoire + hospitalisation, 208 lits) ; pôle médecine générale (pôle ambulatoire + hospitalisation, 96 lits) ; plateau médico-technique ; pôles logistique médicale (pharmacie, laboratoire et stérilisation) ; Pôle Énergie et Logistique (Cuisine, Lingerie, Maintenance/Exploitation) et Pôle administratif. Le consensus laissé par les rares sommités reconnues internationalement de la médecine congolaise, telles que les professeurs Assori Itoua Ngamporo, Christophe Mbouramoué ou Armand Moyikoua avait déjà alerté il y a plus de 20 ans que les évacuations sanitaires étaient une grosse illusion. En cas de réelle urgence médicale, aucun avion ne pourrait sauver personne. Il était donc impérieux de disposer en local du matériel et des compétences susceptibles de concourir aux premiers soins d’urgence et de stabilisation, avant d’envisager une évacuation sanitaire, uniquement pour les pathologies extrêmes. Le Pr Georges Moyen, alors ministre de la Santé en 2013, pédiatre formé à Dakar (Sénégal), abondait dans le même sens, mais c’était sans compter les sicaires du Congo tapis dans l’ombre médicale. Leur premier dessein après l’éviction de Georges Moyen a été de le remplacer par François Ibovi qui n’avait pas les cartes en mains. Celui-ci, quoique dépassé par la tâche, aura malgré tout refusé de suivre les errements du duo infernal JJB – Gilbert Ondongo (GO) qui voyaient dans cette restauration du CHUB une énième terre promise financière et politique via Jacqueline Lydia Mikolo-Kinzonzi qu’ils vont propulser ministre de la Santé. Le seul mérite de cette dernière, c’est d’être prêtresse dans la loge, coordonnatrice des marchés publics et de la réglementation au ministère des Grands travaux qui sera cité plus tard dans plusieurs scandales et détournements. D’emblée, elle dissout la Congolaise des médicaments essentiels et génériques (COMEG), dont les dysfonctionnements auraient causé des ruptures dans l’approvisionnement des antirétroviraux selon elle. Cela est d’autant plus faux qu’elle enterrera en réalité le scandale de l’achat de vrai-faux ARV que la CID connaît bien (9000 morts dans la file active de traitement du VIH/SIDA en 2015), réalisé par Ange Aimé Wilfrid Bininga, Directeur des affaires financières du Ministère de la Santé, depuis la CENAMES en 2009. Le remplacement de la COMEG en juin 2017 par la Centrale d’achat des médicaments essentiels et des produits de santé (CAMEPS), dont le PCA choisi est le Pr Antoine Abena, réel sicaire de la fonction pseudo biochimique de la médecine, a aggravé la situation et tente de dissimuler les réels protagonistes de ces affaires. La refonte du CHUB initiée sous ses auspices tombait à pic pour Mikolo qui, successivement, s’était défaite de Gisèle Marie Gabrielle Ambiéro Allianzi, de Sylvain Villiard et enfin de Denis Bernard Raiche qui ont pourtant essayé de démanteler les filières mafieuses qui gangrènent le CHUB. Leurs prédécesseurs, le Colonel Ignace Ngakala et Bernard Ovoulaka, premiers DG contributeurs à la malversation financière et à la corruption, ont, en l’absence de toute poursuite judiciaire, tranquillement versé dans le détournement des fonds alloués au CHUB et se la coulent douce. Mikolo a poursuivi son pillage par les détournements des budgets COVID de la Banque mondiale, et sans coup férir, en décembre 2016, (tout en dénonçant des « circuits mafieux ! ») jusqu’à être cité dans les affaires du FIGA. Des évacuations sanitaires budgétivores appauvrissantes Pourtant portés au pinacle par Lydia Mikolo et le Pr Richard Bileckot, inspecteur général de la santé, l’équipe canadienne a jeté l’éponge en 2021, plongeant M. Sassou et le gouvernement Makosso I dans un embarras sans précédent. L’Évolution des dépenses courantes de santé (2018-2024) du secteur de la santé a connu une augmentation notable. En 2018 (144 milliards) ; 2019 (192,3 milliards) ; 2020 (229,9 milliards) ; 2022 (168 milliards) ; 2023 (201 milliards) ; 2024 (206 milliards) ; 2025 (212 milliards). Malgré cette augmentation en valeur absolue, la proportion du budget national allouée à la santé est restée inférieure aux 15 % recommandés par la Déclaration d’Abuja : 2018 (11 %) ; 2019 (8 %) ; 2020 (9 %). Pire, le taux d’exécution des budgets alloués à la santé a varié au cours des années précédentes : 2018 (43 %) ; 2019 (54 %) ; 2020 (82 %) ; 2021 (124 %). Ces variations suggèrent des défis majeurs et des améliorations nécessaires dans la capacité à utiliser efficacement les fonds alloués au secteur de la santé. L’audit des années 2013, 2014 et 2015 du CHU réalisé par le cabinet CACOGES de l’expert-comptable Brice Voltaire Etou, très proche de M. Sassou, révélait que seulement 7 % des 1,5 milliard de FCFA représentant la subvention d’équilibre accordée trimestriellement par l’État étaient utilisés pour l’achat des médicaments, des réactifs, des consommables ou encore dans la radiologie et l’entretien de l’équipement. Le reste partait dans des dépenses « contre-productives ». Ledit rapport soulignait la gestion
Journée internationale de la femme : le leadership féminin restait essentiel à l’amélioration de l’accès universel à la santé en Afrique

En marge de la Journée internationale des droits des femmes, Galien Africa a organisé, le 11 mars dernier, un webinaire sous le thème : « Quel leadership féminin pour le droit, l’égalité et l’autonomisation des femmes et des filles afin d’améliorer l’accès universel à la santé en Afrique ? ». La tribune a réuni des experts de renom issus de divers horizons, qui ont partagé des expériences inspirantes et proposé des solutions concrètes pour renforcer le leadership féminin dans le secteur de la santé. Au cours des échanges, modérés par le Dr. Raymonde Goudou Coffie, Ministre Gouverneure du District autonome des Lacs en Côte d’Ivoire, il a notamment été souligné d’une seule voix par l’ensemble des intervenants que le leadership féminin restait essentiel à l’amélioration de l’accès universel à la santé en Afrique. De manière unanime, il s’est agi de porter la cause du leadership féminin dans le domaine de la santé toujours plus haut sur l’ensemble du continent tout comme au sein des grandes instances internationales, comme l’a rappelé le Dr. Corinne Karima, Ancienne Directrice du programme national de lutte contre le Paludisme et les Maladies Tropicales Négligées du Rwanda. Dans la même lancée, sur recommandation du Dr. Fatoumata Adelle Diallo (artiste, écrivaine et scientifique, médecin spécialisée en systèmes et politiques de santé), un accent particulier a été porté sur le besoin d’un mentorat structuré à tous les niveaux du secteur de la santé, un investissement renforcé des femmes dans le plaidoyer et les réseaux influents. De même, selon le Pr. Ibrahima Seck – Directeur de l’Institut de Santé et Développement du Sénégal, la situation du moment nécessite un effort concerté de tous en vue de briser le plafond de verre persistant. Pour cela, il a aussi été recommandé par le Dr. Malebona Previous Matsoso, ancienne Directrice Générale de la Santé en Afrique du Sud, la mise en place de lois proactives favorisant l’accès des femmes aux postes de responsabilité et adoption de stratégies plus efficaces pour lutter contre les inégalités. A noter que ce webinaire s’inscrivait dans une logique d’inclusion de la part de Galien Africa dans son effort de promotion de l’innovation, de l’excellence et de la recherche dans la santé en Afrique. Rappelons que Galien Africa est l’organisatrice du Forum et du Prix Galien Afrique. C’est une organisation dédiée à la promotion de l’innovation, de l’excellence et de la recherche dans les domaines de la santé publique, des sciences biomédicales et pharmaceutiques et de la tradithérapie en Afrique. À travers des initiatives d’envergure comme le Forum Galien Afrique et le Prix Galien Afrique, Galien Africa œuvre pour un système de santé plus performant, inclusif et durable sur le continent. CW
Journée mondiale de la femme : l’urgence d’agir pour les femmes et les filles face au VIH/SIDA en AOC

Le 8 mars est une journée de célébration, mais aussi de mobilisation. Cette année, elle est célébrée sous le thème « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ». Pendant que nous rendons hommage aux contributions des femmes à nos sociétés, nous devons impérativement rappeler une réalité alarmante : en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), le VIH/SIDA continue de toucher de manière disproportionnée les femmes et les filles. Les chiffres sont préoccupants. Dans cette région AOC), les jeunes femmes et les adolescentes représentent près de 60 % des nouvelles infections au VIH. Les inégalités de genre, la pauvreté, la violence basée sur le genre (accentué par les conflits dans notre région et les changement climatiques) et l’accès limité aux services de santé accentuent leur vulnérabilité. Trop souvent, elles n’ont pas le pouvoir de négocier des relations sexuelles sécurisées, d’accéder aux services de prévention ou de poursuivre un traitement sans crainte de stigmatisation et de discrimination. La Journée internationale des droits des femmes est une occasion de revendiquer des actions concrètes adaptées aux réalités de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : – Accélérer l’accès à la prévention et aux soins : Les moyens outils de prévention comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP) doivent être accessibles à toutes les femmes et les filles qui en ont besoin. L’intégration du dépistage et du traitement du VIH dans les services de santé sexuelle et reproductive est essentielle pour renforcer la riposte. – Lutter contre les violences faites aux femmes : La violence basée sur le genre, y compris les mariages précoces et forcés, est une des causes majeures de l’exposition des jeunes filles au VIH. Il est urgent de renforcer les lois et les mécanismes de protection pour garantir la sécurité et les droits des femmes et des filles. – Investir dans l’éducation et l’autonomisation : En Afrique de l’Ouest et du Centre, des millions de filles sont déscolarisées, limitant ainsi leurs opportunités d’autonomie et augmentant leur vulnérabilité face au VIH. Un accès équitable à une éducation complète sur la sexualité et les droits des femmes est essentiel pour leur permettre de prendre en main leur santé et leur avenir. – Soutenir le leadership féminin : Les femmes vivant avec le VIH doivent être au centre des décisions qui les concernent. Leur voix, leur expérience et leur résilience sont indispensables pour une réponse efficace et inclusive. – Mobilisation de ressources dans le but de maintenir les acquis en matière de prévention et de traitement du VIH : la situation actuelle du financement de la santé appelle à plus de progrès dans le financement domestique pour la lutte contre le VHI en général et la féminisation du VIH en particulier. Notons que ce 8 mars, engageons-nous à renforcer la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre. Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation. L’égalité ne sera réelle que lorsque la santé et les droits de toutes seront une priorité absolue. La rédaction/ONUSIDA et ONUFEMMES