Congo : Kakamoeka, le rituel salvateur d’Anatole Collinet Makosso pour survivre au pouvoir ? ( Lecture en 4 minutes )

PARLONS-EN. Le deuxième Conclave des filles et fils du Kouilou s’est tenu le 31 janvier 2026 à KAKAMOЕКА sous le « haut patronage » du Premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM). Loin d’un simple rassemblement culturel, cet événement à Kakamoeka – nom signifiant « notre grand ancêtre » en vili – apparaît comme une manœuvre stratégique pour ancrer sa survie politique dans les forces spirituelles du terroir vili, au cœur d’une région marquée par la pauvreté et l’histoire kongo-vili. Il s’agit d’une centralisation masquée en rassemblement ethnique. ACM n’était pas un simple invité : il présidait le conclave, son comité préparatoire et d’organisation. Cette concentration de pouvoirs traduit une recentralisation symbolique, où l’État s’approprie les périphéries culturelles. Objectif affiché ? Court-circuiter les institutions républicaines pour soutenir ou viser une succession à M. Sassou, via un rituel initiatique réservé aux initiés. Alliance inédite entre État et traditions Le conclave a réuni trois légitimités : républicaine (préfets, parlementaires), territoriale (conseils départementaux, maires) et traditionnelle (Roi de Loango Moe Mpaka Siindji N’tukuni, dignitaires buali, sages yombé, kugni, vili et lumbu). Pas de folklore : ces actes – oracles royaux, invocation du « Grand Ancêtre », installation de gouverneurs traditionnels – hybrident pouvoir étatique et anthropologie.Lorsque le Professeur Placide Moudoudou plaidait en 2015 pour un serment présidentiel via le « Nzobi », il a été raillé alors qu’il exprimait une réalité congolaise. Vous conviendrez que, la présence centrale du putatif « Roi de Loango », les actes évoqués plus haut et le rituel d’invocation du « Grand Ancêtre » constituent des taches occultes. ACM les intègre dans le protocole officiel quoiqu’il ait été un des farouche opposant au Pr Moudoudou qui n’a pas reconnu son doctorat en droit réalisé à partir du diplôme de l’ENAM qui est une école professionnelle inhabilitée à délivrer des M2 Recherche/DEA/Doctorats. Ce choix révèle une posture stratégique sélective et perfide, clairement adossée à une volonté manifeste de transformer la tradition en ressource de gouvernement à son seul profit. Le rituel devenant non pas un contre-pouvoir, mais un auxiliaire de légitimation de l’ordre étatique en devenir pour la prochaine présidentielle. Quelles sont donc les fins non avouées in fine ? Celles de soutenir M. Sassou comme proclamé urbi et orbi ou plutôt les siennes propres secretum en opérant la substitution ésotérique parfaite ? Pour plus d’une personne, ACM instrumentalise ces rites pour sa légitimation, transformant la tradition en levier électoral. Tradition dépossédée, ambitions ésotériques La démarche engagée par ACM est donc pleine d’ambiguïtés. En présidant un conclave qui mobilise l’ensemble des forces vives locales, il se place au cœur d’un dispositif de médiation politique qui veut court-circuiter les institutions représentatives classiques. Ce conclave devient alors un espace para-institutionnel de production de consensus, où la parole coutumière et l’autorité morale peuvent peser sur les orientations publiques tenues par le droit positif, sans passer par les mécanismes délibératifs reconnus. Elle devient un cénacle d’élévation ésotérique (caché) situé à Kakamoeka (i-e Nkaka li muek = notre grand ancêtre) lieu éponyme de résidence de la sirène-mère Mwé Kikambissi, déesse tutélaire des lieux. Si avant l’appel des forces se faisait depuis Diosso, la translation opérée par ACM relève de mélanges des pratiques Yombé et Vodu issus des pêcheurs Popo (Béninois) installés à Madingou-Kayes depuis la construction du chemin de fer et dont les « métissages » ont abouti au Premier Ministre. On note donc non seulement une volonté de dépossession des Ba-Vili de leurs propres outils de gouvernance ( Vincent Gomez dépositaire du Nkobi à Diosso ostracisé ; Les Bouiti-Viaudo marginalisés alors qu’ils sont les enfants du Bi-witi ; les Goma-Sylvain et Dello Thomas banalisés alors qu’ils sont les uniques gardiens du dernier Tchibila des mânes ; les Portella-Yoyo-Gomez effacés alors qu’ils sont les Mfumu Ntoto de Mpita ; etc.). Promouvoir la fille de Mounthault dans ce contexte paraît comme une duplicité de l’arbre sensé cacher la forêt puisqu’au final, elle risque de servir comme agneau sacrificiel prisé par le rite opéré. Un duel invisible vers la prochaine présidentielle Le travail para-institutionnel engagé depuis la consécration de l’église nouvelle Saint Christophe ayant permis l’accès aux reliques de Mgr Godefroid Poity (c.f notre publication du 5 août 2025) se prolonge à Kakamoueka dans un geste ritualisé envers la Génie à la confluence de trois lacs sur la » Cité des grands lacs » qui servirait d’autel d’appel depuis 2024 date de la dernière vo. Ledit travail produit un consensus ésotérique, contournant les délibérations classiques. Soutien à M. Sassou qui a prévu annoncer sa candidature le 7 janvier ou substitution secrète ? Le chemin de l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions. Les combats à venir, traduisant ces forces invisibles, s’annoncent âpres. Certes, il est difficile de savoir si ACM et Cie, ivrent du pouvoir abandonneront le syncrétisme et les appétits démesurés, mais ceux qui défendent justice, vérité et liberté, l’heure est venue. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Tchad. Mahamat KaKa face au poids du sang et de l’histoire

HAUT-ET-FORT. En cherchant à marcher sur les traces de son père, Mahamat Idriss Déby alias Kaka, a lui-même passé la corde autour de son cou, une corde aujourd’hui difficile à détacher. À l’ère des réseaux sociaux, les crimes politiques ne se dissimulent plus aussi facilement. En voulant s’éterniser au pouvoir, Mahamat KaKa porte une lourde responsabilité politique et morale dans l’assassinat de Yaya Dillo, opposant courageux, constant et engagé dans la lutte contre l’injustice. À cela s’ajoutent la mort de plusieurs militants du parti Les Transformateurs, ainsi que l’arrestation arbitraire de son président, Dr Succès Masra pour des motifs clairement politiques. Mahamat Kaka a cru qu’en utilisant l’argent du trésor public, il pourrait acheter le silence et solder le prix du sang de Yaya Dillo. Mais il s’est trompé. Yaya Dillo a bâti une valeur : celle de la justice. Une valeur désormais profondément ancrée dans la conscience du peuple tchadien. L’affolement du régime, notamment après le départ d’Ousman Dillo vers le Soudan, révèle les failles d’un système sécuritaire de la DGRI met de l’ANS plus occupé à surveiller les ragots que les véritables menaces. Face à un renseignement régional plus structuré et plus efficace, le pouvoir tchadien apparaît vulnérable. Comme en 2019, Mahamat Kaka a senti le danger lorsque les Tchadiens ont compris les manœuvres de manipulation. C’est dans cette peur qu’il est allé chercher une protection extérieure, s’agrippant au soutien de la France, craignant que l’orage ne vienne du côté soudanais. Le sang de Yaya Dillo continuera de hanter ce pouvoir. Car l’injustice finit toujours par se payer. Dieu n’aime pas l’injustice, et aucun régime bâti sur le sang ne dure éternellement. Par Makaila N’guebla Journaliste- défenseur des droits humains et militant altermondialiste
Congo. Concertation politique à Djambala : une énième mise en scène ?

TRIBUNE. Le 29 janvier 2026 à Djambala, en marge de la conférence des préfets, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, a annoncé la tenue d’une nouvelle concertation politique en amont de l’élection présidentielle de mars 2026. Selon le Gouvernement, il s’agirait de réunir les partis politiques afin de s’accorder sur les conditions d’organisation et de préparation du scrutin. Mais à quoi servent réellement ces concertations préélectorales devenues rituelles dans notre pays ? À chaque veille d’élection présidentielle, le même scénario se répète : des concertations sans lendemain, assimilables à des messes de requiem démocratiques, voire à des messes noires destinées à endormir le peuple congolais. Un jeu politique cynique où les dés sont jetés bien avant que le peuple ne vote. Pour améliorer durablement la gouvernance électorale, les Congolais n’ont nullement besoin de concertations improvisées à la dernière minute. Gouverner, c’est prévoir et anticiper. Or, cette fuite en avant révèle un pouvoir aux abois, incapable d’instaurer un cadre électoral crédible et stable. Dès lors, une question fondamentale s’impose : à quoi sert réellement la Commission Nationale Électorale Indépendante (CNEI) si les règles du jeu doivent être renégociées avant chaque scrutin ? Pire encore, ces concertations politiques de circonstance se transforment en un véritable business politique. Elles profitent au ministre de l’Intérieur et à certains acteurs de l’opposition plus préoccupés par les per diem que par l’intérêt général et la vérité des urnes. Les concertations initiées par le ministre Mboulou sont en totale contradiction avec l’esprit et la lettre de la Constitution. L’article 228 est pourtant clair : « Le Conseil National du Dialogue est un organe de concertation, d’apaisement et de recherche du consensus entre les forces vives de la Nation, sur les grands problèmes politiques d’intérêt national. » Or, les concertations préélectorales actuelles ne recherchent ni consensus durable, ni apaisement réel. Elles relèvent davantage de la mascarade politique que d’un véritable dialogue national. Elles ne règlent aucun problème de fond et entretiennent la défiance populaire. Les Congolais ne sont plus dupes. Comme le rappelait Jean Rostand : « Pour qu’il n’y ait pas de mensonge d’État, il faut qu’il n’y ait pas de vérité d’État. » Fait à Chambéry, le 1er février 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
La CNC demande la libération de tous les acteurs politiques et d’opinion et préconise une justice équitable

La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) exige un audit neutre du Projet de développement de 145 territoires en République Démocratique du Congo pour éclairer son scandaleux échec Le Projet de développement de 145 territoires en République Démocratique du Congo était un projet phare du premier quinquennat du pouvoir de l’UDPS et de l’Union sacrée souillée, à côté de la pacification du pays à l’Est. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) constate avec une grande amertume que ce projet a échoué. Quand un projet phare échoue, le pouvoir a le devoir de rendre des comptes au Peuple Congolais. C’est ainsi que la CNC exige un audit neutre pour faire toute la lumière sur cet échec et notamment sur la répartition et l’utilisation des fonds qui étaient alloués à ces 145 territoires. Sur la base de cet audit neutre, l’Assemblée Nationale a le devoir d’interpeller toutes les autorités impliquées dans la gestion de ce projet au niveau de la Présidence et du Gouvernement, notamment l’ancienne Ministre du Plan, Madame Judith SUMINWA TULUKA, pour des besoins d’informations. Quels sont les territoires qui ont été touchés et dans quels domaines ? Le développement ne s’effectue pas avec des slogans, la corruption, l’insécurité et le vol des ressources de l’Etat. Le développement est un processus bien planifié tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Le flou règne totalement sur les territoires qui ont été soutenus de manière efficace et visible. Ce qui donne l’impression d’un nouveau feuilleton des vols scandaleux de l’argent de l’Etat et des partenaires alloué au développement de ces 145 territoires. La CNC constate, par exemple, que la Province de Maï Ndombe a été oubliée, car il n’y a pas eu des projets concrets. Est-ce une volonté de livrer cette province aux Mobondos ? Quel est le taux d’exécution de ce projet dans d’autres territoires par rapport à ceux du Grand Kasaï ? Il est scandaleux de constater que pendant l’exécution de ce projet, nous avons assisté aux déplacements des populations du Kasaï déterminées d’aller vivre dans le Grand Katanga, en abandonnant tristement leurs terres. Que les autorités qui ont géré ce projet de développement de 145 territoires nous disent quel est le taux d’exécution de ce projet dans d’autres territoires par rapport à ceux du Grand Kasaï ? La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) met en garde Mr Jules ALINGETE et l’Inspection Générale des Finances (IGF) par rapport au détournement des fonds liés à ce projet La CNC voudrait savoir l’évaluation sans complaisance ni clientélisme faite par l’IGF par rapport aux détournements prévisibles des fonds loués à ce projet. Son silence risque d’être taxé de complicité, car qui ne dit mot consent. Il devrait éviter d’être considéré comme complice à poursuivre demain. La Coalition pour un Nouveau Congo ‘CNC) va intensifier son combat contre la corruption, le pillage et le vol des ressources de l’Etat en République Démocratique du Congo. Ainsi fait à Kinshasa, le 14 janvier 2025 Pour la Coalition pour un Nouveau Congo Isidore EKOFO LOKENYO Porte-parole
Congo/UPADS : une opposition de façade au service du pouvoir

LIBRES PROPOS. L’annonce par l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS) de sa non-participation à l’élection présidentielle de mars 2026 ne constitue en rien une surprise pour les observateurs avertis de la scène politique congolaise. Depuis le scrutin présidentiel de 2021, le positionnement réel de ce parti est devenu de plus en plus lisible. Après avoir longtemps entretenu une ambiguïté politique savamment calculée, l’UPADS, héritière politique de l’ancien président Pascal Lissouba, apparaît aujourd’hui comme un acteur officieux de la majorité présidentielle. Cette posture équivoque, oscillant entre opposition déclarée et soutien tacite au pouvoir en place, est illustrée de manière éloquente par la participation d’un membre de son bureau politique au sein d’un gouvernement dirigé par le Parti Congolais du Travail (PCT). Dans les faits, l’UPADS s’apparente désormais à un PCT bis, contribuant ainsi à une configuration politique où le pouvoir contrôle simultanément la majorité présidentielle et une opposition dite « républicaine », largement inféodée et dépourvue de véritable autonomie politique. Le président de l’UPADS, Pascal Tsaty Mabiala, vient d’acter cette réalité en reconnaissant publiquement l’incapacité de son parti à présenter un candidat, invoquant l’absence de moyens financiers nécessaires, estimés à 25 millions de francs CFA (environ 38 481 euros). Il a par ailleurs annoncé qu’en temps opportun, des consignes de vote seraient données à ses militants. Dès lors, il ne fait guère de doute que l’UPADS appellera à la réélection du président sortant Denis Sassou Nguesso, confirmant ainsi son alignement stratégique avec le pouvoir en place, d’autant plus qu’elle participe déjà à l’action gouvernementale. Or, dans une démocratie véritable, une telle situation ne saurait être acceptable qu’à travers un cadre clairement défini : coalition politique assumée, gouvernement d’union nationale ou exécutif de salut public, fondé sur une feuille de route consensuelle et transparente. Tel n’est manifestement pas le cas aujourd’hui. Les citoyens congolais ne sont plus dupes. Cette collusion entre pouvoir et opposition factice, incarnée par le tandem PCT–UPADS, participe à l’affaiblissement de la démocratie et conduit inévitablement à une impasse politique préjudiciable à la nation. « Le menteur à qui l’on retire son masque ressent la même indignation que si on le défigurait. » Jean Rostand « Quoi qu’on en dise, c’est au visage qu’il faut regarder les hommes, mais il ne faut pas prendre leur masque pour leur visage. » Joseph Joubert Fait à Nantes, le 27 janvier 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Mali: Conseil des Ministres du mercredi 28 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 28 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre des Mines, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret autorisant le transfert à la Société MINES DE KOBADA-S.A. du permis d’exploitation de grande mine d’or attribué à la Société African Gold Group Mali-SARL à Kobada, Cercle de Kangaba, Région de Koulikoro. Le permis de recherche de Kobada, attribué à la Société Compagnie Minière d’Or en 2001, a été cédé, après 2 renouvellements, à la Société African Gold Group Mali-SARL en 2006. Les travaux de recherche menés sur le périmètre de Kobada par ladite société ont permis de découvrir des réserves estimées à 36 millions de tonnes de minerai à une teneur de 1,05 grammes par tonne, soit une quantité d’or métal de 37,631 tonnes. Sur la base de ces résultats, un permis d’exploitation de grande mine a été attribué à la Société African Gold Group Mali-SARL en 2015 en vue de l’exploitation du gisement découvert. Après l’obtention de ce permis, la société a été confrontée à des difficultés qui ont entravé le démarrage de ses activités. A la faveur de l’adoption de la Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier en République du Mali, la Société African Gold Group Mali-SARL a effectué une nouvelle étude de faisabilité qui a estimé les réserves de minerai à 53,8 millions de tonnes à 0,90 grammes par tonne pour 1,56 millions d’onces d’or contenu, soit 48,52 tonnes d’or métal. En application des dispositions du Code minier, la Société African Gold Group Mali-SARL, qui a changé de dénomination, le 25 janvier 2023, pour devenir Toubani Resources-SARL, a créé une filiale malienne dénommée Toubani Resources Mali-SARL et une Société d’exploitation de droitmalien dénommée MINES DE KOBADA-S.A. Le projet de décret, adopté, autorise le transfert au profit de la Société MINES DE KOBADA-S.A. du permis d’exploitation de grande mine d’or attribué à la Société African Gold Group Mali-SARL. 2. Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret autorisant la cession à titre gratuit, à la République de Guinée, de la parcelle de terrain, objet du Titre foncier n°399 du Cercle de Kangaba, sise à Tomodo-Koumacra, Commune rurale de Benkadi. Le Mali et la Guinée ont signé un accord de coopération en matière de transport et de transit maritimes et un accord de coopération en matière de transit routier qui consacrent au Mali le droit d’usage du port de Conakry, l’octroi d’espaces portuaires et des facilités de traitement des marchandises en provenance ou à destination du Mali. Dans le cadre de la mise en œuvre desdits accords, la République de Guinée a mis à la disposition de la République du Mali un terrain d’une superficie de 20 hectares au profit des Entrepôts maliens en Guinée dans la ville de Kankan. Aussi, les Autorités maliennes ont décidé, compte tenu des bonnes relations de coopération entre nos deux Etats, de céder à la République de Guinée, un terrain de 10 hectares à proximité de la route Kouremalé-Bamako pour l’aménagement d’un espace d’entreposage des marchandises et la construction d’infrastructures logistiques et de transport. Le projet de décret, adopté, autorise la cession à titre gratuit, à la République de Guinée, de la parcelle de terrain d’une superficie de 10 hectares 00 are 00 centiare, sise à Tomodo-Koumacra, Commune rurale de Benkadi. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a informé le Conseil des Ministres du bilan des activités d’assistance et de protection du Gouvernement en faveur des Maliens établis à l’extérieur durant l’année 2025. Dans le cadre de sa mission de protection et d’accompagnement des Maliens en situation de détresse ou de vulnérabilité à l’extérieur, le Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a conduit, en 2025, d’importantes opérations d’assistance humanitaire et de rapatriement volontaire, soutenues par des actions de financements de projets portés par des migrants maliens de retour. Dans le but d’associer les Maliens établis à l’extérieur à l’élaboration des politiques migratoires et de mieux répondre à leurs préoccupations ainsi que pour assurer une prise en charge coordonnée, durable et efficace des migrants de retour, plusieurs cadres de dialogue ont été créés, notamment la plateforme « Tounkan Blon », le « Cadre de Concertation avec les Maliens de l’Extérieur » et le « Cadre national pour la Réintégration des Migrants ». Dans son élan de reconnaissance et de soutien à la Diaspora, le Gouvernement a renforcé la valorisation du rôle économique et social de la Diaspora à travers la promotion de l’investissement productif, le transfert de compétences et l’organisation du Forum International de la Diaspora. Le Ministère en charge des Maliens établis à l’extérieur a consolidé en 2025 le dispositif national de gestion des retours et des crises migratoires, renforcé la coordination consulaire, mobilisé les partenaires techniques et financiers et intensifié le dialogue diplomatique avec les pays concernés, en vue de garantir une meilleure protection des Maliens établis à l’extérieur. 2. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de la situation épidémiologique du pays marquée, notamment par une diminution du nombre de cas confirmés de dengue comparé à celui de la semaine écoulée. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre les maladies. Bamako, le 28 janvier 2026 Le Secrétaire Général du Gouvernement, Birama COULIBALY Chevalier de l’Ordre national
Burkina Faso: Conseil des ministres du jeudi 29 janvier 2026

Dissolution des partis et formations politiques et adoption d’un nouveau référentiel national de développement dénommé « Plan RELANCE » Le Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a présidé, jeudi 29, l’hebdomadaire Conseil des ministres. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, M. Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, le Conseil a adopté plusieurs rapports et pris d’importantes décisions pour la bonne marche de la Nation et l’amélioration des conditions de vie du Peuple burkinabè, conformément à la Révolution Progressiste Populaire (RPP). Au titre du Ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, le Conseil a adopté un décret portant dissolution des partis et formations politiques au Burkina Faso ainsi qu’un projet de loi portant abrogation des lois encadrant leur fonctionnement, leur financement et le statut du Chef de file de l’opposition. Selon le Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile ZERBO, « cette grande et importante décision s’inscrit dans le cadre de la refondation de l’État et fait suite à un diagnostic profond du système partisan qui a relevé de nombreuses dérives dans l’application du régime juridique des partis et formations politiques de notre pays ». Le Gouvernement estime que la multiplication des partis politiques a entraîné des dérives, favorisant la division des citoyens et fragilisant le tissu social. Cette mesure vise donc à préserver l’unité nationale, renforcer la cohérence de l’action gouvernementale, ouvrir la voie à une réforme du mode de gouvernance politique. Le décret adopté précise que le patrimoine des partis dissous soit dévolu à l’État. « Les projets de lois seront transmis à l’Assemblée législative de transition dans les meilleurs délais », a indiqué le Ministre d’État, Émile ZERBO. Le Plan RELANCE, une feuille de route pour le développement au Burkina Faso Pour le compte du Ministère de l’Économie et des Finances, le Conseil a adopté plusieurs décrets dont celui portant adoption du « Plan RELANCE ». C’est le nouveau référentiel national de développement pour la période 2026-2030. Le « Plan RELANCE » est évalué à 36 000 milliards FCFA, a indiqué le Ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar NACANABO, qui souligne que près de deux tiers de ce volume financier doivent provenir des ressources souveraines. Selon le Ministre NACANABO, ce Plan RELANCE repose essentiellement sur quatre piliers que sont : – la consolidation de la sécurité, la cohésion sociale et la paix ; – la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance ; – le développement du capital humain ; – le développement des infrastructures et la transformation structurante de l’économie. Avec la mise en œuvre de ce nouveau référentiel de développement, le Gouvernement vise des objectifs majeurs, entre autres, la reconquête totale du territoire, la réduction du taux de pauvreté de 42% à 35%, l’amélioration de l’espérance de vie de 61 à 68 ans et le triplement de la capacité énergétique (de 685 MW à plus de 2 500 MW). « Ce plan doit être considéré comme le plan de tous les Burkinabè. Sa réussite dépendra de la mobilisation communautaire et des évaluations annuelles », insiste le Ministre de l’Économie et des Finances.
RDC/Page d’histoire. Il était une fois Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kabila

(Ou l’histoire de la longue lutte entre les deux Désiré !) Il y a exactement 28 ans (mai 1997-mai 2025), Laurent-Désiré Kabila mettait un terme au règne du Maréchal Mobutu. Mais beaucoup de congolais n’ont retenu que la rencontre sur le navire de guerre sud-africain « Outeniqua », oubliant que les deux Désiré se livraient déjà à une confrontation à distance dès l’indépendance. Voici un condensé de leurs parcours croisés, jalonnés d’affrontements constants. Et un survol rapide de notre histoire contemporaine. Deux prénoms composés Le premier Désiré, Joseph-Désiré Mobutu, est né le 14 octobre 1930 à Lisala dans l’actuelle province de la Mongala. Il est le fils d’Albéric Gbemani et de Madeleine Yemo. Les deux parents sont de la tribu ngbandi. Le second Désiré, Laurent-Désiré Kabila, est, quant à lui, né le 27 novembre 1941 à Likasi, dans la province du Haut-Katanga. Fils de Désiré Taratibu Kabila (mais l’histoire a retenu juste le nom de Désiré Taratibu), un luba du Katanga et de Jeanine Mafik, fille d’un grand notable lunda, membre de la cour de l’empereur Mwant Yav. Deux jeunes nationalistes-lumumbistes Le 30 juin 1960, le jour de la proclamation de l’indépendance du Congo, les deux Désiré sont membres du courant nationaliste-lumumbiste. En effet, Joseph-Désiré Mobutu est membre du parti politique MNC-L (Mouvement National Congolais) présidé par Patrice Emery Lumumba. C’est sur le quota politique du MNC-L que Joseph-Désiré Mobutu est nommé vice-ministre à la Primature. A l’époque, on disait secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil. Laurent-Désiré Kabila, qui a 19 ans, est, de son côté, président de la Jeunesse Balubakat (Jeukat). La Balubakat (Baluba du Katanga) est le parti politique présidé par Jason Sendwe. C’est un parti nationaliste allié au MNC-L et membre du gouvernement Lumumba. Moïse Tshombe fait sa sécession Le 11 juillet 1960, le gouverneur du Katanga, Moïse Tshombe, président du parti politique Conakat, avec le soutien de l’armée belge déployée à Lubumbashi et qui a désarmé les militaires congolais de l’ANC, proclame l’indépendance de sa province. C’est la sécession de l’Etat Indépendant du Katanga. Le gouvernement Lumumba condamne l’action de Moïse Tshombe et l’ingérence de la Belgique. La Balubakat de Sendwe condamne aussi cette sécession katangaise et décide de la combattre militairement. La Jeukat de Laurent-Désiré Kabila devient une milice armée. Le combat pour l’unité du Congo Le premier ministre Lumumba a réintégré Joseph-Désiré Mobutu dans l’armée en lui donnant le grade de Lieutenant-Colonel et la fonction de Chef d’état-major de l’ANC (Armée Nationale Congolaise). Et l’ANC va se mettre à envoyer des armes et des munitions à la milice Jeukat de Laurent-Désiré Kabila pour combattre la sécession katangaise. Pour Moïse Tshombe, Laurent-Désiré Kabila et les autres membres de la Balubakat deviennent des rebelles. Le conflit Kasa-Vubu et Lumumba Le 5 septembre 1960, un conflit éclate au sommet de l’Etat. Le président Joseph Kasa-Vubu révoque le premier ministre Patrice Lumumba et ce dernier démet le président Kasa-Vubu. C’est la confusion. Le Parlement annule les deux décisions et met en place une commission compromissoire pour réconcilier les deux leaders. L’ambassadeur américain menace le président Kasa-Vubu de lui couper l’aide s’il se réconcilie avec Lumumba. Le Parlement finira par accorder les pleins pouvoirs au premier ministre Lumumba. En réaction, le président Kasa-Vubu suspend le Parlement. Dans ce conflit, le colonel Joseph-Désiré Mobutu, le numéro un de l’armée, choisit le camp du président Kasa-vubu. Pour Laurent-Désiré Kabila, Mobutu a trahi la cause nationaliste en lâchant Lumumba. L’assassinat de Patrice Lumumba Le 2 décembre 1960, Patrice Lumumba, qui s’est échappé de sa résidence surveillée, est arrêté à Lodi par les militaires que Joseph-Désiré Mobutu avait lancés à ses trousses. Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba et ses deux compagnons, Maurice Mpolo et Joseph Okito, sont transférés au Katanga où ils sont assassinés sans jugement. Laurent-Désiré Kabila est très affecté par cet assassinat de son leader nationaliste. Plus tard, dans un moment d’émotion, il dira à sa mère qu’il sera un autre Lumumba et que Mobutu, tôt ou tard, payera pour sa trahison. Laurent-Désiré Kabila et Soumialot lance la rébellion à l’Est. Au mois d’avril 1964, Laurent-Désiré Kabila et Gaston Sumaili dit Soumialot lancent la rébellion-révolution des Simba (Lions) contre le régime du président Kasa-vubu et l’armée du général Joseph-Désiré Mobutu. En quelques mois seulement, les Simba, que la population a surnommés » les Mayi-mayi « , prennent le contrôle d’une grande partie du territoire national se trouvant à l’Est. Après la prise de Kisangani, Christophe Gbenye, le chef du mouvement politico-militaire CNL (Conseil National de Libération) se proclame président de la République Populaire du Congo. Laurent-Désiré Kabila est membre de son gouvernement. La révolution échoue mais Kabila continue la lutte Le 24 novembre 1964, Moïse Tshombe, qui est devenu Premier ministre à Kinshasa, le général Joseph-Désiré Mobutu et son armée (ANC), leurs alliés (l’armée belge, la CIA américaine. . .) et leurs mercenaires (Bob Denard, jean Schramme. . . ) chassent Laurent-Désiré Kabila et ses camarades révolutionnaires (Christophe Gbenye, Gaston Soumialot, général Nicolas Olenga. . . ) de Kisangani et libèrent les territoires de l’Est. Tous les leaders révolutionnaires partent en exil à l’étranger. Laurent-Désiré Kabila décide, lui, de rester au pays et de poursuivre la lutte armée contre l’impérialisme et le néo-colonialisme. Il crée un maquis à Hewa-Bora dans le Sud-Kivu. Mobutu fait son coup d’Etat Le 24 novembre 1965, sous prétexte de commémoration du 1er anniversaire de la libération de Kisangani (24 novembre 1964-24 novembre 1965), le général Joseph-Désiré Mobutu convoque à Kinshasa les commandants des grandes unités de l’ANC. C’est ce jour-là que le général Mobutu démet le président Kasa-Vubu et se proclame nouveau chef de l’Etat. Laurent-Désiré Kabila apprend la nouvelle dans son maquis et décide de poursuivre la lutte contre le nouveau régime de Joseph-Désiré Mobutu. Laurent-Désiré Kabila abandonne le maquis Le 20 mai 1967, Joseph-Désiré Mobutu crée son parti politique le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Le 24 décembre 1967, Laurent-Désiré Kabila crée le Parti de la Révolution du Peuple (PRP). Vers la fin des années 1970, harcelé par les militaires de