Congo : la mort de Firmin Ayessa révèle la persistance des rites Andzimba au cœur du pouvoir ( lecture en 3 minutes )

PARLONS-EN. La mort de Firmin Ayessa, cadre historique du régime et figure des Andzimba, déclenche un deuil national boudé par beaucoup pour son caractère sélectif. Loin d’une simple nécrologie, cet événement expose les tensions entre l’État moderne et les rites ancestraux qui régissent encore la disparition des puissants. « Ave Caesar Sassou, morituri te salutant », pourrait-on dire : le défunt salue le pouvoir en emportant plusieurs secrets rituels bien qu’il ait pû initier de nombreux jeunes. Journaliste chevronné, ministre d’État à la Fonction publique et député du Parti congolais du Travail (PCT), Ayessa (75 ans) incarnait l’homme-pont postcolonial : formé à la communication et à l’administration occidentale, mais ancré dans les cosmogonies locales des Andzimba, société initiatique dont il était Mwéné (chef rituel). Le décret 2026-86 du 21 février impose drapeaux en berne et deuil national. Mais un autre récit surgit : exposition du corps aux quatre vents, dessiccation lente des tissus, refus de l’embaumement chimique. Ces pratiques, confirmées par des rumeurs persistantes, transforment la mort en processus rituel étiré, vecteur de continuité ontologique pour le pouvoir. La mort d’Ayessa à quelques jours de la présidentielle, comme celle de Guy Brice Parfait kolelas, soulève des interrogations. Cependant, il faut reconnaître qu’au nom de la paix et pour que soient autorisés les obsèques à Makoua, M. Sassou a dû intervenir en envoyant Gilbert Ondongo supplier les sages de la localité, » d’ouvrir la terre » qui était » fermée » depuis la disparition du fils de maman Angèle parti chercher du gravier et autres collées sur des Andzimbas dirigés par le de cujus.Il est vrai, les sacrifices de sang existent partout, mais dire que M. Sassou en a besoin pour gagner sa présidentielle, cela ne tient pas la route devant ses faire valoir de candidats. Choc des temporalités : État républicain contre cosmogonie Andzimba L’État exige rapidité, hygiène et clôture symbolique. Les Andzimba imposent lenteur et redistribution des forces vitales au plus fort – un rituel de stabilisation métaphysique. Ayessa, qui avait rompu tôt avec la franc-maçonnerie au profit des rites endogènes, illustre cette ambivalence. « Ces sociétés ont leurs propres technologies du sacré », glissent des témoignages. Son corps, rapatrié de nuit par des « agents funéraires » municipaux (soupçonnés Andzimba), devient un enjeu de souveraineté : mise à l’écart d’acteurs incompatibles, débat sur les objets rituels. Qui gouverne la mort des gouvernants ? L’État, la famille ou les initiés ? Un miroir des rivalités élitaires congolaises Cette friction traverse les élites depuis l’indépendance. Saturnin Okabé, Akwa comme Ayessa, fut inhumé dans l’indifférence ; Ayessa, lui, primait l’Andzimba sur les imports européens. À l’approche des échéances politiques sous Denis Sassou Nguesso, sa disparition rappelle les failles et soupçons : d’empoisonnement d’Adouki Lambert, mort d’Auxence Ickonga (1989), d’Alphonse Foungui (2004), du Général Emmanuel Avoukou (2013), de Charles Emile Apesse (2025). Rivalités Oyo-Makoua, éviction d’Athanase Ngassaki pour Jean Baptiste Ondaye (2022), emprisonnement de Jean-Marie Michel Mokoko depuis 2016… Obtenir la caution Andzimba, arrachée par Ayessa contre vents et marées, exige désormais un aggiornamento des axes Bokouélé-Tchikapika. Le Congo de 2026 n’est pas seulement fait de lois et de budgets : il repose sur rites et mémoires profonds. La fin de l’histoire à la Fukuyama ? Pas ici.(À suivre) Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
Burkina Faso: Conseil des Ministres du jeudi 19 février 2026

Baisse historique des cas et décès liés au paludisme en 2025 Le Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a présidé, ce jeudi, l’hebdomadaire Conseil des Ministres. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement M. Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, le Conseil a examiné et adopté plusieurs dossiers et a pris d’importantes décisions pour l’amélioration des conditions de vie du Peuple burkinabè conformément à la Révolution Progressiste Populaire. Le Ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU a fait une communication orale sur une baisse historique des cas et décès liés au paludisme en 2025. Il en ressort que le nombre de cas de paludisme est passé de 10 805 000 de cas en 2024 à 7 329 000 cas en 2025 soit une baisse de 32%. Chez les enfants de moins de 5 ans la réduction s’établit à plus de 1 900 000 cas, soit environ 38%. Le nombre de décès liés au paludisme est passé de 3 523 cas en 2024 à 1 900 cas en 2025 soit une baisse de 48%. Chez les enfants de moins de 5 ans, le Ministre KARGOUGOU souligne une réduction de 893 décès enregistrés en 2025. Pour le Ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU ces résultats sans précédent traduisent l’impact du leadership national des plus hautes autorités, le renforcement de la gouvernance dans le cadre de la lutte contre le paludisme. Il y a également les efforts dans l’assainissement du cadre de vie, surtout l’appel Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ à assainir le cadre de vie. A cela s’ajoute la distribution de 15 millions de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA). Prise en compte de la RPP dans la Charte de la Transition Au titre du Ministère de la Justice, le Conseil a adopté un projet de loi portant modification de la Charte de la Transition du 14 octobre 2022 ainsi que son modificatif du 25 mai 2024. Selon le Ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue BAYALA, cette modification découle de l’adoption de la loi du 9 février 2026 qui a abrogé les lois portant statut des partis et formation politiques, leur financement ainsi que l’abrogation de la loi portant statut du chef de file de l’opposition politique. Cette modification de la Charte prend en compte les idéaux de la Révolution Progressiste Populaire, proclamée le 1er avril 2025 par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ. « Il y a l’entrée dans le préambule de la Charte, du respect et de la valorisation de nos valeurs socioculturelles, du respect des engagements juridiques internationaux compatibles avec nos valeurs socioculturelles » a précisé le Ministre Edasso Rodrigue BAYALA. Nouvelles compositions et modalités d’installation des délégations spéciales Pour le compte du Ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, le Conseil a adopté un décret portant composition et modalités d’installation des délégations spéciales. Pour le Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, M. Émile ZERBO, ce décret est consécutif à l’adoption du nouveau code général des collectivités territoriales, le 30 décembre 2025 par les députés. Les innovations majeures de ce décret sont entre autres : – la définition de la délégation spéciale comme une assemblée locale en lieu et place de commission administrative ; – le retrait des chefs de circonscriptions administratives des délégations spéciales ; – le retrait des représentants des services techniques déconcentrés, des autorités coutumières et religieuses ; – la prise en compte des personnes en situation de handicap, des agriculteurs, des éleveurs, des conseils d’école, des commerçants, des acteurs de la transformation agrosylvopastorale, des artisans, des usagers de l’eau et des comités de gestion des structures sanitaires.
Sénégal. Quand Macky Sall rêve de l’ONU

LIBRES PROPOS. Il veut conquérir le monde pendant que son pays a enterré ses enfants. Macky Sall vise désormais le trône suprême de la diplomatie mondiale le Secrétariat général de l’Organisation des Nations unies. Rien que ça. Après avoir régné sans partage sur Dakar, le voilà qui se prend pour le messie planétaire, le gourou de la paix universelle, le pape autoproclamé des droits humains. Depuis des mois, l’ancien président parade dans les capitales comme un démarcheur de conscience mondiale. Il distribue des poignées de main comme des prospectus, aligne les sourires, collectionne les selfies diplomatiques. Le costume est impeccable, la cravate bien serrée, le storytelling bien huilé. Macky Sall vend de la stabilité en kit pendant que le Sénégal a compté ses morts. Car pendant que monsieur fait le beau dans les salons climatisés, la réalité, elle, pue le sang et la poudre au Sénégal. Plus de quatre-vingts morts. Des jeunes abattus. Des amputés. Des familles broyées. Une génération traumatisée entre 2021 et 2024. On peut repeindre son image en bleu ONU, mais on ne lave pas le sang avec de la diplomatie . Et pourtant, au Sénégal, c’est la foire au fantasme. Médias excités, chroniqueurs en transe, réseaux sociaux en délire. On parle d’une candidature “adoubée” par l’Union africaine. Pure hallucination collective. Delirium tremens politique. Dans les agendas officiels africains ? Zéro Macky. Nada. Pendant que certains dissertaient sur le sexe des anges, le pays sombrait dans l’homosexualité l’obsession de l’argent facile, l’insalubrité chronique et la foi transformée en gadget politique. Avant de rêver à New York, il faudrait déjà balayer devant nos portes. Soyons cash sans soutien officiel de l’État sénégalais, cette candidature est un ballon d’air chaud. Une ambition suspendue dans le vide. Mais même avec une signature, reste la question qui tue la morale. Comment devenir champion des droits humains avec un passif de cimetières politiques ? Comment prétendre arbitrer les guerres du monde quand on a laissé sa jeunesse se faire massacrer ? La crédibilité internationale ne s’achète pas à coups de voyages diplomatiques. Elle se gagne. Elle se paie. Pendant que Dakar fabrique des mirages, la vraie course avance ailleurs. Les profils sérieux sont déjà dans la place Rafael Mariano Grossi (Argentine) Michelle Bachelet (Chili), Rebeca Grynspan (Costa Rica), sans oublier Amina Mohammed, Jacinda Ardern, María Fernanda Espinosa, Kristalina Georgieva ou David Choquehuanca. Et cerise sur le cercueil politique une pression énorme pousse pour que la prochaine Secrétaire générale soit une femme. Pendant ce temps, Macky Sall joue à cache cache avec la réalité. Le processus est béton dialogues publics, votes secrets au Conseil de sécurité, validation finale à l’Assemblée générale. Pas de raccourci. Pas de piston africain. Pas de folklore made in Dakar. Comme si le feuilleton n’était pas assez grotesque, voilà Madiambal Diagne qui rajoute sa couche sur X, annonçant que la candidature coince, que Ousmane Sonko n’aurait reçu aucune instruction à l’UA pendant que Bassirou Diomaye Faye aurait savamment organisé son injoignabilité. Et le pompon Macky Sall aurait conditionné sa candidature au soutien officiel du Sénégal. Traduction il rêve d’ONU, mais attend encore le tampon de Dakar. Voilà où on en est. Un ancien président qui veut parler au monde pendant que son peuple hurle. Qui cherche la bénédiction des chancelleries pendant que les mères sénégalaises cherchent justice. Son projet onusien ressemble moins à une vocation qu’à une tentative de lessivage politique en eaux internationales. Comme si l’ONU était devenue un pressing pour bilans sanglants. On ne devient pas gardien de la paix mondiale quand on laisse derrière soi des tombes anonymes. On ne s’autoproclame pas conscience universelle quand sa propre jeunesse porte encore les cicatrices du plomb. Pour l’instant, Macky à l’ONU, ce n’est pas demain la veille. C’est surtout un sommet du déni. Et pendant qu’il court après les couloirs feutrés du monde, le Sénégal, lui, attend toujours vérité, dignité… et réparation. Par Malick BA Journaliste
Congo. Anatole Limbongo Ngoka : entre renoncement de sa candidature, indépendance et leçons politiques

Vous avez dit qu’il était accompagnateur de Sassou Nguesso… TRIBUNE. L’annonce du renoncement de la candidature d’Anatole Limbongo Ngoka a surpris, attristé, parfois désorienté. Anatole Limbongo Ngoka, candidat déclaré à l’élection présidentielle de mars prochain en République du Congo, a officiellement renoncé à sa candidature. La raison est aussi simple que lourde de signification : l’impossibilité de réunir la caution de participation fixée à 25 millions de francs CFA. Au-delà de l’émotion suscitée chez ceux qui croyaient en sa personnalité et en sa vision politique inspiree de la doctrine sociale de l’eglise, cette décision ouvre un débat de fond sur la démocratie, l’indépendance politique et les mécanismes d’exclusion indirecte dans les processus électoraux. Une caution électorale : droit ou barrière ? La première leçon est d’ordre institutionnel et démocratique. La participation à une élection présidentielle relève, en principe, de l’exercice d’un droit politique fondamental. Pourtant, l’exigence d’une caution de 25 millions de francs CFA pose une question centrale : à quel moment une mesure administrative devient-elle un obstacle social et politique ? Dans un contexte où les ressources financières sont inégalement réparties, un tel montant peut fonctionner comme un filtre économique. Il ne sélectionne pas seulement des projets politiques ; il sélectionne des capacités financières. Le fait qu’Anatole Limbongo Ngoka n’ait pas pu réunir cette somme révèle, paradoxalement, un élément essentiel : il ne bénéficiait ni d’un puissant réseau de sponsors, ni d’un soutien financier structuré, contrairement à ce que certaines langues fourchues et malveillantes ont propagé sur les réseaux sociaux. Cette incapacité objective vient contredire les accusations selon lesquelles il aurait été un pion ou un accompagnateur de Denis Sassou Nguesso ou du Parti Congolais du Travail (PCT). Si tel avait été le cas, la caution aurait été, sans difficulté, mobilisée. Son retrait, loin de confirmer une quelconque connivence, met plutôt en lumière une indépendance réelle — peut-être trop réelle dans un système où la politique reste fortement adossée aux moyens financiers. La parabole de l’ivraie : une lecture symbolique La situation rappelle une dimension biblique riche d’enseignement : la parabole de l’ivraie et du bon grain (Matthieu 13, 24-30). Dans cette parabole, un homme sème du bon grain, mais un ennemi vient semer de l’ivraie au milieu du champ. Les serviteurs proposent d’arracher l’ivraie immédiatement, mais le maître refuse, de peur d’arracher aussi le bon grain. Il décide d’attendre la moisson pour séparer les deux. Transposée au champ politique, cette parabole illustre la coexistence du vrai et du faux, de l’authentique et du soupçon, de la sincérité et de la manipulation. Le temps finit toujours par révéler les réalités. Dans le cas d’Anatole Limbongo Ngoka, les accusations le présentant comme un simple accompagnateur du pouvoir s’effritent d’elles-mêmes face à l’épreuve des faits. La « moisson » politique, ici, a révélé une vérité inattendue. Le dénigrement systématique des partisans de la participation électorale Au-delà du cas particulier d’Anatole Limbongo Ngoka, un phénomène plus large mérite d’être analysé : le dénigrement systématique de tous ceux qui appellent à la participation aux élections. Dans le débat politique congolais, une équation simpliste semble s’imposer : participer aux élections équivaudrait à cautionner le système en place. Ainsi, toute personnalité politique qui choisit la voie électorale est immédiatement soupçonnée d’être un « accompagnateur » de Denis Sassou Nguesso, voire un allié tacite du Parti Congolais du Travail. Or, ces accusations sont souvent formulées sans preuves tangibles. Elles reposent davantage sur des présomptions idéologiques que sur des faits établis. Cette logique enferme le débat public dans une opposition binaire : boycotter ou trahir. Une telle posture pose problème pour la vitalité démocratique. Dans toute démocratie, la participation électorale est un droit et un choix stratégique. Certains optent pour la confrontation institutionnelle par les urnes ; d’autres choisissent la contestation ou le boycott. Ces deux options relèvent de stratégies politiques différentes, mais aucune ne devrait être disqualifiée moralement par principe. Qualifier sans preuve tous les candidats ou sympathisants de la participation d’« accompagnateurs » revient à nier leur autonomie politique et à confisquer le pluralisme des stratégies. Le défi du lobbying et la question des preuves Un autre élément vient complexifier davantage le débat : l’initiative de lobbying que souhaite organiser Maître Brice Nzamba afin de dénoncer d’éventuelles fraudes et irrégularités électorales. L’intention peut apparaître légitime dans un contexte où la transparence électorale est régulièrement questionnée. Cependant, la principale difficulté résidera dans l’adhésion des candidats confirmés à cette dynamique. Sans leur participation active, sans leur engagement formel et sans la mise à disposition d’éléments concrets, l’action de lobbying risque de manquer de force et de crédibilité. Car pour bien mener sa mission, il ne suffira pas d’exprimer des soupçons ou des ressentis. Il faudra produire des preuves tangibles de fraude et d’irrégularités : procès-verbaux, témoignages vérifiés, incohérences documentées, écarts statistiques démontrables. En matière électorale, l’argumentation morale ne remplace pas l’argumentation factuelle. Si les candidats engagés dans la compétition ne participent pas à la collecte et à la consolidation de ces preuves, l’initiative pourrait se heurter à une limite structurelle : l’impossibilité de transformer une conviction politique en dossier juridiquement et diplomatiquement défendable. Les fausses accusations : le poison du débat public La vie politique congolaise — comme beaucoup d’autres — est marquée par une culture du soupçon. Des personnalités parfois peu connues sont rapidement cataloguées, assimilées, disqualifiées, souvent sans preuve. L’objectif est clair : décourager, semer le doute, fragiliser. Cette attitude rappelle l’épisode des disciples d’Emmaüs (Luc 24, 18-35). Après la résurrection, deux disciples marchent avec Jésus sans le reconnaître. Leur regard est obscurci par leurs attentes, leurs déceptions et leurs préjugés. De la même manière, en politique, le regard peut être biaisé par l’appartenance départementale, l’origine ethnique, l’affiliation partisane ou une divergence idéologique. On juge avant de comprendre. On condamne avant de connaître. Or, cette logique du dénigrement permanent appauvrit le débat démocratique. Elle transforme l’espace politique en terrain d’antipathie plutôt qu’en lieu de confrontation d’idées. Une démocratie à interroger L’affaire soulève donc plusieurs interrogations majeures : La question de l’accessibilité financière des candidatures
Mali : Conseil des Ministres du vendredi 13 février 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 13 février 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté : a. des projets de texte relatifs à la ratification du Protocole additionnel au Traité portant création de la Confédération des Etats du Sahel, relatif à la Coordination des Actions de Développement, adopté à Bamako, le 23 décembre 2025, lors de la 2ème Session ordinaire du Collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel ; b. des projets de texte relatifs à la ratification du Protocole additionnel au Traité portant création de la Confédération des Etats du Sahel, relatif à la Coordination de l’Action diplomatique, adopté à Bamako, le 23 décembre 2025, lors de la 2ème Session ordinaire du Collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel ; c. des projets de texte relatifs à la ratification du Protocole additionnel au Traité portant création de la Confédération des Etats du Sahel, relatif à la Défense et à la Sécurité, adopté à Bamako, le 23 décembre 2025, lors de la 2ème Session ordinaire du Collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel ; d. des projets de texte relatifs à la ratification du Protocole additionnel au Traité portant création de la Confédération des Etats du Sahel, relatif aux Sessions confédérales des Parlements, adopté à Bamako, le 23 décembre 2025, lors de la 2ème Session ordinaire du Collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel. Dans le cadre de l’opérationnalisation de la Confédération AES, le Traité fondateur, adopté le 6 juillet 2024 à Niamey, a prévu des Protocoles additionnels relatifs aux Piliers Développement, Défense et Sécurité, Diplomatie ainsi qu’aux Sessions confédérales des Parlements. Ainsi, lors de sa 2ème Session, tenue à Bamako le 23 décembre 2025, le Collège des Chefs d’Etat a adopté : – le Protocole additionnel relatif à la Coordination des actions de Développement qui vise, entre autres, à harmoniser les politiques nationales de développement des Etats confédérés ; – le Protocole additionnel relatif à la Coordination de l’Action diplomatique qui permet aux Etats confédérés de se concerter sur toute question internationale présentant un intérêt commun, en vue de définir une approche commune ; – le Protocole additionnel relatif à la Défense et à la Sécurité qui permet, notamment de mettre en œuvre l’Architecture de Défense collective et d’assistance mutuelle ; – le Protocole additionnel relatif aux Sessions confédérales des Parlements qui définit les modalités de désignation des représentants des Parlements, leurs attributions, la durée de leur mandat, le nombre et la durée des Sessions confédérales des Parlements. Les projets de texte, adoptés, permettent l’entrée en vigueur desdits protocoles en vue de l’atteinte des objectifs de la Confédération des Etats du Sahel. 2. Sur le rapport du ministre des Mines, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant renouvellement du permis d’exploitation d’or transféré à la Société des Mines de Loulo « SOMILO S.A. ». Le Gouvernement de la République du Mali et la Société des Mines de Loulo ont signé, le 2 avril 1993, une Convention d’établissement relative à l’exploitation de la Mine d’or de Loulo, située dans le Cercle de Kéniéba. Cette Convention a donné lieu à l’octroi d’un permis d’exploitation par le Décret n°96-048/PM-RM du 14 février 1996, pour une durée de 30 ans. Le périmètre du permis, initialement fixé à 48 km2, a fait l’objet de 3 modifications qui ont porté la superficie à 261,225 km2 Dans le cadre du processus de renouvellement du permis d’exploitation de Loulo, la Société BARRICK Mining Corporation a réalisé une nouvelle étude de faisabilité qui a mis en évidence des réserves économiquement exploitables sur 6 ans pour les mines à ciel ouvert et 16 ans pour les mines souterraines avec une production annuelle brute de 420,92 kilo-onces. Conformément aux dispositions du Code minier, la Société des Mines de Loulo a sollicité le renouvellement de son permis d’exploitation. Le projet de décret, adopté, renouvelle ledit permis pour une période de 10 ans. 3. Sur le rapport du ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, le Conseil des Ministres a adopté un projet d’ordonnance portant Statut général des Fonctionnaires. La Loi n°02-053 du 16 décembre 2002, modifiée, portant Statut général des Fonctionnaires a été adoptée en vue de doter notre pays d’un meilleur instrument de gestion des Fonctionnaires de l’Etat, d’adapter les règles de la gestion de la Fonction publique aux mutations qu’elle a subies et de promouvoir le développement de la carrière du Fonctionnaire. L’application de cette loi a révélé des insuffisances qu’il convient de corriger. Le projet d’ordonnance, adopté, corrige ces insuffisances en apportant, entre autres, les innovations ci-après : – la définition du champ d’application du Statut général conformément à la Constitution ; – la prise en compte du Service national des Jeunes dans le stage probatoire ; – la garantie de l’équité en matière d’avancement de catégorie par voie de formation ; – la rationalisation de la formation continue des Fonctionnaires ; – l’institution d’un système d’évaluation du personnel en remplacement de la notation ; – la précision de la position du Fonctionnaire appelé à servir au sein d’une Autorité Administrative Indépendante ; – l’institution de l’indemnité de départ à la retraite pour les Fonctionnaires ; – l’élaboration d’une nouvelle grille avec une diminution du nombre d’échelon. Son adoption participe de la mise en œuvre des recommandations du Dialogue inter-Maliens et de la Conférence sociale dans le domaine du Travail. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations
Congo. Non à une élection présidentielle verrouillée à l’avance et à un simulacre de dialogue politique à Djambala

POLITIQUE. Le Congo-Brazzaville traverse aujourd’hui la crise politique, économique, financière, sociale, démocratique, morale, sécuritaire et électorale la plus grave de son histoire récente. Le pays est actuellement socialement fragmenté, économiquement en récession, financièrement ruiné et en cessation des paiements courants. Sur le plan politique il plie sous un terrorisme d’Etat sans précédent. Il est confronté à de multiples et grands défis, dont notamment : – L’effondrement économique et financier ; – la cessation des paiements courants ; – les pénuries chroniques de réserves internationales de change ; – une dette publique insoutenable de 8 mille milliards 500 millions de francs CFA (99% du BIP) ; – L’absence d’une vision nationale ; – l’explosion des replis identitaires sectaires et le délitement de l’unité et de la concorde nationales ; – l’intrusion intempestive de la force publique dans le champ politique et son instrumentalisation à des fins politiques artisanes ; – les guerres fratricides à répétions dans le département du Pool ; – la dérive autoritaire du pouvoir ; – l’insécurité chronique ; – l’explosion des violences politiques et des violences criminelles ; – les violations quotidiennes des droits humains, de la Constitution, des lois et des règlements de la République ; – la mal-gouvernance chronique des affaires publiques ; – le chômage endémique en général, le chômage des jeunes en particulier ; – les pénuries chroniques d’eau potable, d’électricité et de carburant ; – la faillite du système national de santé ; – l’effondrement du système national d’éducation et de formation professionnelle ; – le manque de logements sociaux décents ; – la galère extrême des populations et les tensions sociales récurrentes ; – le développement anarchique des villes transformées en poubelles à ciel ouvert et leur insalubrité toxique ; – la crise de la conscience congolaise ; – la perte des repères moraux ; – le relâchement de la discipline comportementale ; – l’addiction à l’argent facile ; – le goût immodéré du lucre et des jouissances mondaines ; – l’explosion de la délinquance sous toutes ses formes ; – le laisser-aller, le laisser-faire ; – la corruption ; – la criminalité économique ; – l’enrichissement illicite des décideurs et des gestionnaires ; – le détournements des deniers publics ; – l’appropriation personnelle des biens de l’Etat ; – le noyautage clanique des postes à responsabilité au sommet de l’Etat ; – la cooptation complaisante de la médiocrité aux postes de direction ; – le favoritisme ; – le clientélisme ; – l’impunité des délinquants en col blanc ; – l’insensibilité à l’humain ; – l’indifférence hautaine face aux souffrances atroces des populations, la création des conditions permissives d’élections nationales libres, transparentes, honnêtes et crédibles, etc. Face à ces grands problèmes qui plombent le Congo, l’Etat/PCT propose deux fausses solutions : 1- L’organisation de façon unilatérale par l’Etat/PCT, son administration partisane et ses alliés, complices et obligés, d’une parodie d’élection présidentielle, le 15 mars 2026 ; 2- La tenue d’un simulacre de dialogue politique à Djambala sur « la consolidation de la démocratie et la réaffirmation de la culture de paix par l’élite politique congolaise, à l’orée de l’élection présidentielle de mars 2026 ». Nous l’avons dit mille et une fois : à des vrais problèmes il ne faut jamais apporter de fausses solutions, car, pour guérir un mal, il faut d’abord bien le diagnostiquer et ensuite, s’attaquer à ses causes. La réponse appropriée à la crise multidimensionnelle gravissime qui mine le Congo n’est pas et ne peut pas être l’organisation unilatérale d’une élection présidentielle truquée dont les résultats sont connus d’avance et qui entraîneront inéluctablement des tensions inutiles dans le pays et de nouvelles épreuves pour le peuple congolais. Dans un contexte politique marqué par la dérive autoritaire du pouvoir, l’explosion exponentielle de l’insécurité, des violences politiques et des violences criminelles, la cessation des paiements courants et la galère extrême des populations, est-il raisonnable et humain pour un Etat, d’envisager d’organiser de façon unilatérale, avec ses propres partisans déjà déployés sur le terrain et battant illégalement campagne, une élection présidentielle en mars 2026 ? Pour l’UPRN, les conditions d’organisation d’une élection présidentielle consensuelle et apaisée en mars 2026 ne sont pas réunies. En matière électorale, le défi majeur du moment est la refondation préalable du système électoral frauduleux à l’œuvre depuis 2002. C’est là un impératif catégorique, c’est-à-dire, un passage obligé. Pour rappel, l’expérience historique de la pratique électorale en Afrique au sud du Sahara, a montré que des élections mal organisées et truquées par plusieurs pays africains, ont donné lieu à des guerres civiles meurtrières comme en témoignent les exemples tragiques du Congo-Brazzaville (1997 et 2016), du Kenya (2007), du Zimbabwe (2008) , du Niger (2009), de la Côte d’Ivoire (2010), de la Guinée Conakry (2011 et 2020), de la RDC (2011 et 2019), du Burundi (2013), du Gabon (2016), du Cameroun (2019). Quant au vrai-faux dialogue de Djambala, il n’est rien d’autre qu’une opération de diversion, une ruse politique du pouvoir, pour faire avaliser par la classe politique congolaise, le nouveau coup d’Etat électoral qu’il est en train de perpétrer avec le soutien actif de la DGSP qui menace d’exterminer sans état d’âme, quiconque oserait entraver la marche du président Denis SSSSOU NGUESSO vers une victoire éclatante en mars 2026, ceci, après plus de 42 ans à la tête de l’Etat, soit plus de 8 mandats de 5 ans. Dans un passé récent, notre pays a organisé plusieurs concertations politiques à l’orée d’élections nationales : Brazzaville (2009) ; – Ewo (2011) ; Dolisie ((2013) ; -Sibiti (2015) ; – Madingou (2019) ; – Owando (2021). Les mêmes causes ont produit les mêmes effets. Parce que ces différentes concertations n’ont pas apporté de véritables solutions aux vrais problèmes posés par l’organisation d’élections truquées et injustes par le pouvoir, la classe politique congolaise continue de patauger dans la politique de l’autruche. Ayons le courage politique de regarder la vérité en face. La classe politique congolaise n’a plus le droit de reproduire les fautes politiques du passé. L’UPRN refuse
Le business lucratif des opposants à l’élection présidentielle au Congo Brazzaville

LIBRE EXPRESSION. À l’approche de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, une interrogation fondamentale traverse la conscience collective congolaise : quelle trajectoire emprunte réellement notre nation ? Cette question traduit une inquiétude profonde face à une mutation progressive du champ politique, devenu non plus un espace de service public et de confrontation d’idées, mais un instrument privilégié d’ascension sociale et d’enrichissement individuel. Dans un contexte où les mécanismes classiques de mobilité sociale sont fragilisés, la politique apparaît désormais comme l’un des rares canaux d’accès à la reconnaissance, au pouvoir et aux ressources économiques. Elle tend ainsi à se transformer en un véritable « eldorado » pour des acteurs opportunistes en quête de visibilité et de rente symbolique ou matérielle. À la veille de l’échéance présidentielle, la multiplication des déclarations de candidatures, y compris au sein de la diaspora, semble moins relever d’un engagement programmatique structuré que d’une stratégie de positionnement. Certaines de ces candidatures donnent l’impression de constituer des signaux adressés au pouvoir en place, dans la perspective d’occuper un rôle de figurant au sein d’un processus électoral dont l’issue serait déjà anticipée. Cette dynamique soulève une question essentielle : celle des capacités réelles – financières, organisationnelles et politiques – des prétendants déclarés. Le dépôt de candidature, fixé à 25 millions de francs CFA (environ 38 000 euros), constitue un filtre économique significatif, non remboursable, à verser à la Direction des Affaires Électorales (DAE). Or, dans un pays où des catégories socioprofessionnelles telles que les professeurs de l’université Marien Ngouabi, connaissent des retards et arriérés de salaires, et où nombre d’opérateurs économiques évoluent dans un environnement économique fragile, il est légitime de s’interroger sur l’origine et la transparence des fonds mobilisés. La pratique croissante des appels aux dons, sans publication systématique des contributeurs ni mécanismes clairs de reddition de comptes, accentue ce déficit de transparence. Dans une démocratie mature, le financement de la vie politique constitue un enjeu central d’éthique publique. L’opacité financière fragilise la crédibilité des candidatures et nourrit le soupçon d’arrangements informels ou de dépendances inavouées. Au-delà du coût initial de la candidature, l’organisation d’une campagne présidentielle exige des ressources considérables : logistique, communication, déplacements, mobilisation de militants et d’observateurs. L’élection présidentielle, par sa nature même, demeure un exercice onéreux où l’argent constitue, de fait, un levier stratégique déterminant. Dès lors, l’absence d’assise électorale solide, de base militante structurée et de financement transparent rend difficilement crédible la prétention à incarner une alternative politique sérieuse. Le retrait ou l’affaiblissement de formations historiquement établies, telles que l’UPADS, qui a pourtant exercé le pouvoir par le passé, accentue ce contraste. Si des partis disposant d’une expérience gouvernementale peinent à s’inscrire durablement dans la compétition, comment des individus peu connus du corps électoral, sans implantation territoriale ni ressources identifiables, pourraient-ils prétendre incarner une alternative viable ? De manière plus structurelle, se dessine l’hypothèse d’une instrumentalisation de certaines figures se revendiquant de l’opposition. L’élection présidentielle risquerait alors de se réduire à une mise en scène pluraliste, où la présence de candidatures multiples servirait à conférer une légitimité formelle au scrutin, sans pour autant traduire une véritable compétition démocratique. Dans ce schéma, la participation à l’élection pourrait devenir, pour certains acteurs, une opportunité d’accès à des avantages financiers ou à des arrangements tacites, nourris par la rente pétrolière. Cette situation révèle une crise morale et institutionnelle plus profonde. Lorsque la réussite sociale semble réservée à la sphère politico-administrative, et que l’économie productive peine à offrir des perspectives, la politique devient un espace de ruée vers la rente plutôt qu’un lieu de construction collective. À chaque échéance présidentielle, le risque est alors de voir se répéter une forme de « loterie politique », où la compétition électorale se transforme en opportunité transactionnelle plutôt qu’en débat programmatique. Le défi posé au Congo-Brazzaville n’est donc pas seulement électoral ; il est éthique et structurel. Il appelle à une clarification des règles de financement, à une exigence accrue de transparence et à une réhabilitation de la politique comme engagement au service du bien commun. Sans cette refondation morale et institutionnelle, la défiance citoyenne continuera de s’accroître, et la démocratie demeurera fragile. Comme l’écrivait Jules Renard : « Quelque intégrité que nous ayons, on peut toujours nous classer dans une catégorie de voleurs. » Cette formule rappelle combien la suspicion prospère là où la transparence fait défaut. Restaurer la confiance suppose donc d’ériger l’intégrité et la responsabilité en principes non négociables de la vie publique. Fait à Paris, le 11 février 2026. Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
SENEGAL. Pastef contre Pastef : quand la révolution se saborde à coups de selfies

TRIBUNE. C’est une scène grotesque. Une farce nationale. Un carnaval politique. Les mêmes militants qui hier criaient « Sonko ou la mort » sont aujourd’hui devenus experts en autopsie gouvernementale sur les réseaux sociaux. Les mêmes responsables qui parlaient de projet de rupture jouent maintenant aux pleureuses professionnelles, micro ouvert, larmes filtrées, indignation sponsorisée. À croire que Pastef est devenu un cabaret où chacun vient exhiber sa vertu comme on montre son caleçon s… Oui, il y a eu un décès. Oui, c’est grave. Oui, c’est condamnable. Mais depuis quand chaque drame doit-il servir de prétexte à une orgie d’attaques contre son propre gouvernement ? Vous cherchez quoi exactement ? Votre certificat de pureté révolutionnaire ? Votre badge de martyr numérique ?. Votre quota de likes , lives ? Pendant que vous transformez la douleur nationale en spectacle TikTok, facebook,le vieux système, lui, débouche le champagne. Les reliques du régime précédent regardent vos sorties hystériques avec un sourire lubrifié. Car vous faites mieux qu’eux : vous flinguez Sonko et son gouvernement gratuitement. Vous fragilisez un pouvoir déjà encerclé. Vous offrez la corde à ceux qui rêvent encore de pendre le projet. Soyons crus : ce gouvernement est né dans la sueur, le sang et la prison. Il avance avec une justice minée, une administration infestée, des médias hostiles et une opposition revancharde. Et vous, au lieu de servir de bouclier politique, vous devenez des missiles artisanaux. Vous appelez ça conscience. Moi j’appelle ça masturbation morale collective. Le peuple n’a pas affronté les balles pour voir ses propres militants se transformer en hyènes. Il n’a pas vidé ses poches pour financer une révolution afin que ses responsables jouent aux vierges effarouchées devant caméra. Il n’a pas voté Pastef pour que Pastef s’auto-dévore comme un serpent sous ecstasy. À ce stade, ce n’est plus de la critique. C’est de la cannibalisation politique. On peut réclamer justice sans jeter Sonko et son gouvernement en pâture. On peut exiger la vérité sans organiser un gangbang médiatique contre son propre camp. On peut pleurer un mort sans sodomiser un projet national. Mais non. Certains préfèrent le buzz à la stratégie. Le micro à la discipline. La posture à la responsabilité. Pour vous dire qu’une une révolution transformée en télé-réalité, avec militants-stars, indignés professionnels et procureurs de salon. Si Pastef tombe demain, ce ne sera pas uniquement à cause du système. Ce sera aussi parce que ses propres enfants auront pissé dans le moteur pendant que la voiture roulait. Et ça, ce sera la plus obscène des défaites. Par Malick BA Journaliste