3 buts à 1, la Centrafrique fait une belle entrée en éliminatoires de la CAN 2025 devant le Lesotho

Les Fauves de Bas-Oubangui ont affronté ce jeudi, les Likuena du Lesotho en match de première journée des Eliminatoires de la CAN 2025. Les Centrafricains, privés de leur public dans ce match joué à El Jadida au Maroc ont aisément développé leur jeu, dominant les Lesothans, 3 buts à 1. Doublé de Louis Mafouta, désormais surnommé « le 9 national ». Il est servi dès la première minute de jeu par Sévérin Tatolna. Passe excentrée du pied gauche, l’attaquant du SC Amiens n’a qu’à mettre sa tête pour orienter le ballon dans la cage. Louis Mafouta récidive à la 24ème minute. Servi cette fois par Karl Namnganda, il profite d’une mauvaise sortie du portier lesothan, Sekhoane Moerane, le lobe d’une frappe du pied droit à l’angle droit de la surface. Le score reste 2 – 0 jusqu’à la fin de la première partie. L’équipe du Lesotho prend deux cartons jaunes dans cette première partie et prendra un autre dans la seconde mi-temps, contre un seul carton jaune côté centrafricain (Venuste Baboula à la 59ème). Au retour des vestiaires, les Likuena mettent le pied sur le ballon et développent un jeu plus offensif, mais manquent de concrétisation durant les premières tentatives. Les Centrafricains réussissent à maîtriser le pressing, mais finissent par être surpris à la 56ème minute. Sera Motebang placé au point de penalty, frappe du pied droit et trouve la lucarne de Dominique Youfeigane. Ce but réveille les hommes de Raoul Savoy. Ils se réorganisent. On note de belles combinaisons de passes, une belle prestation de Hugo Gambor pour sa première sélection et son premier match. Latéral droit au début, redevenu axe après la sortie de Amos Youga remplacé par Michael Yangao, Hugo a fait de belles interceptions, porté de balles offensives et fait des passes précises. Grâce à cette offensive, Godwin Koyalipou inscrit son premier but en équipe nationale à la 62ème sur une passe décisive de Michael Yangao. La domination des Fauves dure jusqu’à la fin du match, en dépit de quelques erreurs techniques du portier Youfeigane qui coupent parfois le souffle des supporters. L’aventure commence bien pour les Fauves de Bas-Oubangui, jamais qualifiés jusque-là à une phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations, version séniore. En attendant l’autre match de la première journée du groupe B qui oppose vendredi le Maroc (déjà qualifié pour être l’organisateur de la CAN 2025) au Gabon, la République centrafricaine est en tête du groupe avec 3 points. Les matches de la deuxième journée sont prévus la semaine prochaine : Lesotho – Maroc le 9 septembre et Gabon – Centrafrique à Franceville le 10 septembre. Radio Ndeke Luka
Bangui : les opérations d’exhumation de corps devront se poursuivre

Lancés il y a une semaine, les travaux d’exhumation des restes des corps des victimes ou encore des personnes décédées pendant la crise militaro-politique de 2013 en République centrafricaine se poursuivent. Après le site de Boulata dans le 3e arrondissement de Bangui, ces opérations seront élargies à d’autres endroits ayant servis de cimetières lors de ces troubles. Au total 281 corps ont été extraits sur le site de l’église évangélique des frères de Boulata, au lieu de 110 prévus initialement. Selon la ministre de l’Action Humanitaire, la prochaine étape des travaux d’exhumation des corps sera sur le site de l’école Ngouciment dans le 5e arrondissement. « C’est un projet qui date depuis quelques années. Nous allons entamer celui de Ngouciment mais il nous faut tout préparer et le soumettre au conseil des ministres. Nous allons réunir les conditions nécessaires pour procéder aux exhumations des corps », a précisé la ministre. Pour l’instant, le gouvernement continue de mobiliser les ressources nécessaires afin d’étendre ces travaux à d’autres sites, où des corps ont été enterrés au temps fort des crises dans tout le pays. « Nous sommes en train de mobiliser les moyens financiers et des personnes ressources. Nous allons le faire avec toutes les précautions sanitaires comme à Boulata. Il y a une ligne financière prévue pour cela et on va tout faire pour offrir à ces compatriotes décédés des sépultures décentes », indique-t-elle. Par cette action, le gouvernement centrafricain entend par-là consolider la cohésion sociale, préserver la santé des habitants des secteurs ciblés et honorer la mémoire de ces victimes de conflit en République centrafricaine. Radio Ndeke Luka
Le gouvernement centrafricain plaide pour la levée totale de la sanction imposée sur ses diamants

Le gouvernement centrafricain a plaidé lundi pour la levée totale de la sanction imposée par le processus de Kimberley sur les diamants centrafricains. Rufin Benam Beltoungou, ministre centrafricain des Mines et de la Géologie, a fait la plaidoirie lors d’une rencontre avec les ambassadeurs accrédités auprès de la République centrafricaine (RCA). La rencontre vise à faire la plaidoirie pour la levée totale de l’embargo sur les diamants centrafricains, mais aussi à présenter aux ambassadeurs les potentialités du pays en matières minières. « La RCA a fait preuve de beaucoup de respects vis-à-vis des critères de validation des zones définies dans le cadre opérationnel. En dépit de tout cela, la sanction est toujours maintenue au mépris des textes du processus de Kimberley », a déploré M. Benam. La sanction sur les diamants centrafricains a été à nouveau reconduite en 2023 lors de la session plénière du processus de Kimberley du 6 au 11 novembre dernier au Zimbabwe. Cette sanction était en vigueur depuis 2013 à cause de la guerre civile qui avait secoué la RCA mais allégée, donnant la possibilité à l’Etat centrafricain de vendre les diamants extraits des zones sous contrôle des forces gouvernementales.
Histoire de disparition de sexes des hommes : ces rumeurs qui se répandent et paniquent Bangui

Bangui vit depuis plusieurs jours dans la tourmente. Des rumeurs de disparition de pénis créent la psychose et des troubles à l’ordre public dans plusieurs arrondissements de la capitale. Plusieurs personnes sont accusées à tort d’être responsables de ce phénomène qui continue d’alimenter les débats et la curiosité des badauds devant les commissariats à Bangui. S’agit-il d’un fait réel ou de simples rumeurs ? Radio Ndeke Luka s’est penchée sur cette affaire. D’après nos investigations, il s’agit de fausses informations, notamment d’une rumeur qui a vite gagné la capitale centrafricaine. Elle a débuté l’année dernière à Ndele dans le Bamingui-Bangoran, puis en juillet dernier à Bambari dans la Ouaka avant d’atteindre Bangui. Selon les faits rapportés, plusieurs personnes auraient perdu leur appareil génital, notamment leur pénis, après avoir salué un passant. Ces témoignages ont fait le tour de la ville et continuent de paniquer la population. Après des passages au commissariat du 8e arrondissement de Bangui, au quartier Gobongo, à Boy-rabe ou encore au quartier Foûh, partout où les gens se sont mobilisés pour cette histoire, aucune preuve de disparition de pénis n’a été présentée. Les prétendues victimes affirment à chaque fois qu’elles ont retrouvé leur pénis alors que personne n’avait pu voir la disparition avant le rétablissement. Plusieurs personnes innocentes ont été violentées et soumises à la vindicte populaire pour vol de sexe alors qu’aucune preuve des faits qu’ils leurs sont reprochés n’est établie. Radio Ndeke Luka a été chez un pasteur au quartier Boy-rabe qui aurait prié pour une dizaine de victimes. Mais la preuve que ce dernier a présentée est une image d’un homme avec un pénis de petite taille. Cette image qui circule sur les réseaux sociaux a été prise depuis plus de 4 ans. Tout cela pour dire qu’il s’agit de manipulation. Aucun centre hospitalier n’a enregistré un cas similaire De passage dans des formations sanitaires, aucune victime n’a été enregistrée dans un hôpital ou dans une structure sanitaire quelconque de la capitale. Interrogé, le professeur Richard Ngbalé, Gynécologue obstétricien à l’Hôpital communautaire de Bangui, il qualifie cela de manipulation. « C’est carrément de rumeurs. Des rumeurs parce que jusqu’au moment où je vous parle nous n’avions pas reçu qui ont perdu leur sexe. Le procureur de la République nous a fait parvenir une note pour demander notre expertise à propos de cette affaire, j’ai eu la chance de voir et poser la question à ces soit disant entre guillemets « victimes », ils n’ont pas perdu leur sexe. Mais il y a des gens qui ont de malformations au niveau de sexe et ils peuvent vivre normalement et ça n’impacte pas leur vie », répond le Médecin. A Bambari où cette rumeur a refait surface cette année pour la première fois après Ndélé l’année dernière, 4 jeunes de la localité avaient accusé un homme d’avoir fait disparaître leurs pénis. Conduits à la gendarmerie puis à l’hôpital, le médecin-chef du district sanitaire de Bambari a établi la semaine dernière un rapport médical après consultation de leurs parties génitales : « l’examen macroscopique réalisé note que toutes les 4 personnes examinées ont leurs pénis en place et aucune personne ne présente d’anomalie morphologique de pénis visible », conclut le rapport médical. Le parquet de Bangui met en garde Le gouvernement se dit préoccupé et projette de communiquer dans les heures qui suivent. Cependant les agressions contre des personnes soupçonnées se multiplient dans la ville mais sans aucune mesure de répression. Selon le parquet de Bangui, les responsables d’agressions des personnes accusées à tort sont poursuivables pour coups et blessures volontaires et risquent des peines de prison. Radio Ndeke Luka.
Centrafrique : un taux de paludisme qui inquiète à Bangui

Ces derniers temps, le paludisme fait rage à Bangui et dans ses environs. Plusieurs milliers de personnes, à en croire les responsables sanitaires, sont atteintes de cette maladie, notamment les enfants. Cette augmentation du nombre de patients est due, selon le personnel soignant, à la tombée régulière des pluies ces derniers jours. Vendredi au centre de santé de Boy-Rabe dans le 4ème arrondissement de Bangui, 6 nouveaux patients viennent simultanément se faire consulter. Selon les responsables sanitaires de ce centre, près d’une vingtaine de personnes souffrant du paludisme sont enregistrés par jour. « Aujourd’hui, j’ai au moins 18 patients souffrant de paludisme ; dont 9 adultes et 9 enfants. Lorsqu’un patient arrive et qu’il présente un cas sévère, on procède aux premiers soins pour voir si les produits administrés sont efficaces », indique Rosine Fleure Singhaya, une infirmière. La situation est encore préoccupante au centre de santé de Malimaka, dans le 5ème arrondissement de Bangui. Selon les responsables, plus de 700 cas ont été enregistrés durant ce mois d’août. « Nous enregistrons le pic des cas » « Nous sommes en pleine saison des pluies. C’est la saison au cours de laquelle nous enregistrons le pic des cas de paludisme. Notamment, entre juillet et septembre. Le mois passé, nous avons enregistré au moins 1.550 cas de paludisme, tout âge confondu. Pour ce mois d’août, nous sommes déjà à plus de 750 cas », précise Anicet Médard Gbayou, médecin-chef dudit centre. Au complexe pédiatrique, les lits sont remplis d’enfants présentant des formes graves de paludisme. Selon les responsables, une cinquantaine d’enfants sont reçus quotidiennement. D’après le personnel soignant, les eaux stagnantes et les hautes herbes sont à l’origine de la prolifération des moustiques. Face à cela, ils appellent les parents à assainir les environnements et à mettre leurs enfants sous des moustiquaires, en cette saison des pluies.
Centrafrique : clin d’œil de Faustin-Archange Touadéra à l’armée

Lors de son adresse à la Nation, le 12 août, le président de la République centrafricaine a félicité son armée tout en promettant d’augmenter ses capacités opérationnelles. Déclaration faite après la levée totale, par le Conseil de sécurité de l’Onu, de l’embargo sur les armes à destination du pays. Une sanction qui a duré plus de 11 ans. Cette sortie du président Faustin-Archange Touadéra est intervenue à l’occasion de la célébration du 64ème anniversaire de l’indépendance de la République centrafricaine, le 13 août 2024. Pour le numéro 1 centrafricain, qui se dit d’ailleurs satisfait, l’armée réunit en son sein les valeurs de l’unité nationale. « Valeurs héritées de nos ancêtres » « Aucune indépendance n’est réelle sans une armée forte et professionnelle. J’ai rappelé, en plusieurs circonstances, que l’armée concentre en elle-même les valeurs de l’unité nationale, de la discipline, du patriotisme, de la loyauté, du sacrifice et de l’engagement au service de la Nation ; valeurs héritées de nos ancêtres que nous devons pérenniser et transmettre aux générations futures », a fait savoir Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine. Dans son discours, Faustin-Archange Touadéra place le 64ème anniversaire de l’indépendance sous le signe de la montée en puissance de l’armée centrafricaine. Cette armée qui vient à peine d’être délivrée de l’embargo qui pesait sur elle pendant plus de 11 ans. La célébration du 64ème anniversaire de l’accession de la République centrafricaine à la souveraineté internationale a été marquée, notamment à Bangui, par une parade militaire au camp Kassaï. Parade qui a impliqué plusieurs unités de l’armée nationale et de la Mission des Nations Unies en RCA. C’était pour le président une occasion de venter l’effectif, le matériel et la formation offerte aux soldats centrafricains par des instructeurs centrafricains et étrangers, dans le cadre des coopérations militaires qui lient la RCA à ses partenaires. Une confiance renouvelée « Je tiens à féliciter et encourager nos officiers, sous-officiers et hommes du rang pour leur professionnalisme, leur patriotisme exemplaire et leur sens aigu de sacrifice suprême qui ont permis de restaurer l’autorité de l’Etat sur notre territoire (…). Je tiens à leur renouveler toute ma confiance, mon admiration ainsi que mon engagement à tout mettre en œuvre pour les doter de moyens nécessaires pour l’accomplissement de leurs missions régaliennes », a renchéri Faustin-Archange Touadéra. La dotation de l’armée centrafricaine en moyens militaires et logistiques reste un défi pour ce pays qui sort à peine sous l’embargo des Nations-Unies.
Centrafrique : F.A Touadéra réitère sa politique de main-tendue aux groupes armés

Le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra appelle les combattants des groupes armés « à déposer les armes et à revenir dans la République ». Appel lancé à l’occasion du déjeuner de presse, vendredi 2 août à Bangui. Dans cette interpellation, le président de la République propose à la fois la carotte et le bâton pour ceux qui ne marquent pas leur adhésion à son appel. Cet appel au désarmement intervient dans un contexte de division au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Alors que le chef militaire de ce mouvement rebelle, Ali Darassa, annonce la cessation des hostilités sur le territoire centrafricain, le coordonnateur général, l’ancien président François Bozizé, affirme que cette décision n’est pas la position de la CPC. Elle n’engage que son auteur. « Ils doivent rendre les armes » En lançant cet appel, le n° 1 centrafricain a une fois de plus réitéré son engagement dans sa politique de « main-tendue » envers les groupes armés. Selon Faustin Archange Touadera, des dispositions sont prises pour accueillir les combattants qui déposeront les armes. « Y en a qui ont constaté maintenant qu’ils ont fait fausse route et qui se sont désarmés volontairement, en rendant leurs armes. Nous avons pris des dispositions pour les accueillir. Maintenant qu’ils reviennent dans la République, nous allons les intégrer dans le programme de désarmement. Si vous voulez être des militaires, remplissez les conditions. Ceux qui veulent faire des activités économiques, et bien, on leur donne l’opportunité », a fait savoir le président de la République. Des mesures armées contre les réfractaires S’il a marqué sa bonne volonté d’accueillir les combattants des groupes armés qui ont manifesté leur désir de se faire désarmer, toutefois, Faustin-Archange Touadera prône une ligne contre ceux qui résisteraient à cet appel car, selon lui, ils feront face à l’armée. « Une fois, je leur demande de déposer les armes et de revenir dans la République. Ça ne sert à rien de continuer à faire la guerre. Je ne suis pas un va-t-en guerre, mais je dois protéger la population. Si vous restez là-bas avec des armes, je dois envoyer aussi des fils du pays pour protéger les plus faibles », a martelé Faustin Archange Touadéra. Depuis quelques mois, plusieurs combattants des groupes armés ont volontairement rendu leurs armes et ont intégré le processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Le dernier fait en date est celui de la ville de Kouango (préfecture de la Ouaka) où plus de 200 miliciens Anti-balaka ont remis leurs armes aux autorités centrafricaines pour être ainsi incorporés au sein des Forces de défense et de sécurité.
L’autonomisation des femmes : « l’éducation est la clé de tout ce que nous faisons », dixit Arlette Mvondo

Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a organisé, le mercredi 17 juillet dernier, un webinaire sur l’autonomisation des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), avec comme invitée Mme Arlette MVONDO, conseillère régionale Violences à l’égard des femmes et des filles, au Bureau régionale de l’ONU Femme pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. L’autonomisation des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre est un enjeu crucial pour le développement durable et la réduction de la pauvreté dans la région. Pour relever ce défi, l’accès à une éducation de qualité est fondamental. Cela inclut non seulement l’accès à l’école primaire et secondaire, mais aussi l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. « Si on insiste sur la question d’autonomisation des femmes, c’est parce que, de manière générale, lorsque vous regardez la population est à 52% de femmes dans le monde. Cela veut dire qu’on doit faire des investissements sur les femmes si on veut parvenir à un haut niveau de développement souhaité. D’où la prise en compte de ces questions de genre au niveau de l’élaboration des politiques de développement », a déclaré Mme Arlette Mvondo. Des avancées significatives : contexte et incidences Selon Mme Arlette Mvondo, avant de parler des incidences, il faut parler du contexte, parce que pour comprendre pourquoi on doit investir sur les questions de d’autonomisation des femmes, il faut comprendre le contexte. « Depuis la première édition de la conférence de Beijing, Il y a eu énormément d’avancées sur tous les plans. Mais je pourrais dire qu’au niveau de notre région, Afrique de l’Ouest et du Centre, la principale avancée a été l’amélioration du cadre normatif, c’est-à-dire l’adoption des conventions internationales, régionales. Et au niveau pays, des lois qui ont donné un cadrage et ont permis de promouvoir, de respecter et de protéger les droits des femmes », soutient Mme Arlette Mvondo. « Lorsque je parle des droits des femmes ici, c’est vraiment les droits fondamentaux, donc l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi décent et à une rémunération au regard de ce que nous offrons en matière de droit de travail, dans ses droits fondamentaux, sont importants et ça a permis de revoir à la hausse, par exemple, l’âge du mariage, donc, ce n’est plus forcément douze ans dans certains pays. Ça permet de revoir l’accès, par exemple, aux offres de méthodes contraceptives » ajoute-t-elle. A noter qu’en dépit d’une situation alarmante qui demeure dans notre région, il y a eu des avancées significatives sur les cas de violences faites aux femmes et aux filles au regard des défis que la région. L’on peut dire que ce cadre normatif a été très important. Au nombre des avancées figure aussi il y a des ministères qui sont dédiés spécifiquement pour travailler sur les questions d’égalité hommes-femmes et d’autonomisation des femmes. Le financement, un goulot d’étranglement Selon Arlette Mvondo, « les budgets alloués à ces différents ministères, cela ne permet pas d’avancer de manière significative tel qu’on le souhaite, mais n’oublions pas que nous travaillons sur des questions de changement social qui prennent du temps ». Elle a des problèmes structurels qui sont ancrés dans les normes sociales, dans les questions de tradition, dans les questions de culture. Mais ce n’est pas un obstacle, c’est juste pour dire que ça va prendre du temps, ça demande des investissements et ça demande une collaboration et une implication de tous. L’éducation, l’élément central « Lorsqu’on parle de questions d’incidence et d’impact véritable, j’ai envie de dire que l’éducation est la clé de tout ce que nous faisons », martèle Arlette Mvondo. Elle ajoute que « si nous avons des taux ou si nous arrivons à atteindre et surpasser même les minimums standards en matière qui sont requis en matière d’éducation, vous voyez déjà l’incidence…une forte représentation des femmes dans tous les secteurs de la vie et cela contribue immédiatement au relèvement du produit intérieur brut. Les dépenses que nous faisons sur le plan, par exemple, de la violence à l’égard des femmes sont énormes et je peux vous dire que ça représente 0,4% du PIB, dont vous voyez déjà l’impact. Donc, si on arrive à réduire les violences à l’égard des femmes qui sont faites dans notre région, on arrive à faire des gains au niveau du produit intérieur brut. Les questions de mortalité maternelle que nous avons et pour lesquelles les pays de l’Afrique Subsaharienne, notamment les pays de notre région, ont des taux également assez alarmants. Je bois ici le Nigéria et Tchad ». « Donc, si nous investissons sur les femmes en matière d’éducation, de santé, au niveau économique, nous allons pouvoir récupérer toutes ces dividendes et donc travailler main dans la main. Mais avec les autres acteurs de la société, justement pour permettre à nos pays de se développer sur le plan économique, social, culturel, politique et technologique. Qu’elles puissent terminer l’enseignement primaire, terminer l’enseignement secondaire, aller à l’université, réaliser leur rêve de devenir médecin, magistrats, femmes d’affaires, etc. Dont c’est cette capacité dont nous parlons, qui permet donc, plus tard, de pouvoir faire des choix conséquents. Et ces choix qui permettent maintenant de contribuer à la vie économique et, pourquoi pas, de relever le produit intérieur brut », a conclu Arlette Mvondo. Wilfrid Lawilla Diankabakana