
OPINION. Comme je l’ai souligné dans mon précédent post, l’on ne peut comprendre la stratégie militaire de la Russie en Ukraine qu’en examinant les objectifs politiques poursuivis par Moscou dans ce pays. Et ces objectifs sont liés aux exigences posées par la Russie en décembre dernier dans un document soumis aux États-Unis. Une analyse que confirme aujourd’hui le général français, Henri Pinard-Legry. Le reste, je l’ai dit et le redis, relève du verbiage et de la propagande.
Tenez. Aujourd’hui le président Volodimir Zelensky, qui accuse l’Occident de « lâcheté » face à la Russie, a laissé entendre qu’il était disposé à un compromis sur la « neutralité » de l’Ukraine, une des clauses exigées par Moscou pour garantir sa sécurité. Certains médias occidentaux parlent même de « grand pas de Kiev vers Moscou ».
Un pas dans la bonne direction, certes, mais qui interroge tout de même : fallait-il que les Russes montrent les dents pour que la partie ukrainienne revienne à la raison ? À quoi a servi tout ce cirque qui amusait des Occidentaux pour qui l’Ukraine n’est rien de moins qu’un terrain de jeu géopolitique entre grandes puissances ?
Instrumentalisé par les Américains et leurs auxiliaires européens, Zelensky porte une lourde responsabilité dans la guerre qui est imposée à son pays. Ce qui arrive à l’Ukraine est vraiment dramatique. Et on ne le dira jamais assez : en politique comme en géopolitique, il arrive parfois que certains acteurs ne comprennent pas nécessairement le sens de leur rôle dans le scénario du film dans lequel ils jouent. Volodimir Zelensky en est la parfaite illustration. Comique dans l’âme, il a fini par prendre au sérieux le rôle que l’Occident, via ses politiques, ses médias et leurs « experts maison », lui faisait jouer, exposant ainsi son pays à la colère d’une Russie prête à tout pour préserver sa sécurité face à une OTAN (en fait une Amérique) toujours aussi expansionniste.
En outre, la Fédération de Russie va vraisemblablement obtenir par les armes ce qui aurait pu être négocié sans les armes. Vraiment affligeant tout ceci !
Par Patrick Mbeko