Congo. Sortir notre justice de l’hébétude volontaire et assumée

TRIBUNE. Depuis l’attrape-nigaud sur la rupture avec l’impunité des magistrats annoncé à coups de darboukas, les tribunaux congolais sont en hibernation, les audiences suspendues. Et pour cause, il n’y aurait pas de budget pour assurer les passations de service, mieux le service tout court.

Aujourd’hui, les promus salivent, les débarqués grognent, les éraflés demeurent la gorge sèche, multipliant les infusions digestives, la bouillotte sur le ventre, le tout devant l’incompréhension des justiciables qui multiplient les va-et-vient devant les tribunaux, cour et palais de justice.

Que dire du Parquet Général près la Cour suprême qui s’illustre par le blocage systématique des décisions de justice au lieu de les appuyer ?

Que faudrait-il pour que ceux qui se sont arrogés le monopole de la gouvernance de notre pays comprennent enfin que la Justice est un pouvoir ? Voir notre peuple qui a énormément besoin de cette justice passer ses journées à hocher la tête devant des tribunaux en berne, est tout simplement inacceptable.

Après la mise à la retraite de certains magistrats dans le cadre de la dernière opération de saupoudrage, les justiciables peuvent-ils espérer jouir enfin du bénéfice des jugements rendus par les tribunaux et arrêts de la cour d’appel ?

Malheureusement, outre la médiocrité des différents acteurs, la corruption qui gangrène le système judiciaire congolais est un problème complexe et profondément enraciné. Dans ces conditions, crédibiliser une justice corrompue aux décisions saugrenues devrait être le défi majeur de ce pouvoir qui brille par une obsession à manipuler toutes les procédures et décisions.

Néanmoins, plusieurs pistes peuvent être explorées par M. Sassou Nguesso s’il décide de rendre cette justice acceptable des congolais.

Il devrait donc :

Même si nous sommes conscients que ces suggestions ne suffisent pas pour solutionner l’ensemble des imperfections du système judiciaire congolais, nous avons tout de même la conviction que la marche en avant de notre justice nécessite une approche globale et une volonté politique forte qui permettraient de mettre en œuvre des réformes durables et efficaces.

Que Dieu délivre le Congo.

Laurent DZABA
Président du Mouvement Panafricain et Citoyen

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