ISCAE: le Pr. Tarik EL MALKI confirmé au poste de directeur général du groupe

ISCAE: le Pr. Tarik EL MALKI confirmé au poste de directeur général du groupe

Lors de sa réunion en date du 21 décembre 2023, le Conseil du Gouvernement a entériné la nomination du Professeur Tarik EL MALKI en tant que Directeur Général du Groupe Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises (Groupe ISCAE). Titulaire d’un doctorat en Sciences Économiques de l’Université de la Méditerranée Aix-Marseille II, Pr. Tarik El MALKI a intégré le Groupe ISCAE en 2011 en tant qu’enseignant-chercheur avant d’occuper des fonctions de direction.  Avec une solide expérience dans l’enseignement supérieur et la gestion au sein de l’administration publique, le Professeur Tarik EL MALKI a assuré la fonction de Directeur Général par Intérim du Groupe ISCAE depuis juillet 2023. Auparavant, il a pris en charge la Direction du Développement, des Relations Internationales et de la Communication entre 2016 et 2019.  Ensuite, il a occupé le poste de Directeur de l’ISCAE-Rabat entre 2019 et 2023. Son parcours académique dénote d’un engagement constant envers l’excellence pédagogique et professionnelle, témoignant ainsi de sa détermination à réaliser des objectifs ambitieux pour le développement du Groupe ISCAE. Le Professeur Tarik EL MALKI a joué un rôle important dans le succès de plusieurs organisations de premier plan et a occupé de multiples responsabilités dans divers domaines d’activités. En qualité de Président de l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises au Maroc (ORSEM), il a contribué à faire de cet observatoire une structure qui s’impose progressivement dans le milieu scientifique. Le Pr. EL MALKI a publié de nombreux articles et ouvrages sur des thématiques liées à l’économie nationale, la RSE, le développement durable et l’entrepreneuriat. Ainsi, il a publié plusieurs ouvrages dont : « La Responsabilité sociale des Entreprises : le cas du Maroc » (éditions Afrique-Orient, 2014) ; « Au-delà de tout clivage : regards croisés sur le Maroc de demain » (coécrit avec Nabil ADEL ; éditions Afrique- Orient, 2017) ; « Le Maroc : quelles voies d’émergence ? » ; éditions Afrique-Orient, 2020. Il intervient régulièrement dans les médias dans le cadre des débats nationaux à caractère économique et social. La nomination du Professeur Tarik EL MALKI en tant que Directeur Général du Groupe ISCAE ouvre un nouveau chapitre dans la vie de cette institution de renommée. Etudiantafricain.com

Maroc. ISCAE: Tarik EL Malki nommé Directeur Général par Intérim du Groupe

Maroc. ISCAE: Tarik EL Malki nommé Directeur Général par Intérim du Groupe

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR. Le Groupe ISCAE (Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises) annonce la nomination de Professeur Tarik El Malki au poste de Directeur général par intérim. Cette nomination a pris effet jeudi 20 juillet 2023. Le Professeur Tarik El Malki, également Directeur de l’ISCAE-Rabat depuis 2019, apporte avec lui une vaste expérience dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la gestion au sein de l’administration publique. Titulaire d’un doctorat en Sciences Economiques à l’Université de la Méditerranée Aix-Marseille II, il a occupé le poste d’enseignant-chercheur au sein du Groupe ISCAE depuis 2011.  En 2016, il est nommé Directeur de Développement, des Relations internationales et de la communication du Groupe avant d’être nommé Directeur de l’ISCAE-Rabat, poste qu’il occupe depuis janvier 2019. M. EL MALKI a joué un rôle clé dans le succès de plusieurs organisations de premier plan. Son parcours riche et diversifié témoigne de son dévouement pour l’atteinte d’objectifs ambitieux et de son engagement envers l’excellence pédagogique et professionnelle. Président de l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises au Maroc (ORSEM), Premier observatoire sur la RSE au Maroc, il a été également Chargé de Développement et de Communication du Centre marocain de conjoncture (CMC). Sa nomination en tant que Directeur Général par intérim coïncide avec une période passionnante pour le Groupe ISCAE marquée par le Développement de l’offre académique et le renforcement de sa position de leader dans l’enseignement supérieur au Maroc. Enfin, Pr EL MALKI a également publié de nombreux articles et ouvrages sur des thématiques liées à l’économie nationale, la RSE, le développement durable et l’entrepreneuriat. Ainsi, il a publié plusieurs ouvrages dont : « La Responsabilité sociale des Entreprises : le cas du Maroc » (éditions Afrique-Orient, 2014), « Au-delà de tout clivage : regards croisés sur le Maroc de demain » (coécrit avec Nabil ADEL; éditions Afrique-Orient, 2017) et « Le Maroc : quelles voies d’émergence ? » (éditions Afrique-Orient, 2020). Il intervient régulièrement dans les médias dans le cadre des débats nationaux à caractère économique et social. A PROPOS DE L’ISCAE: Créé en 1971, le Groupe ISCAE est un établissement d’enseignement supérieur disposant de deux centres de formation (Casablanca et Rabat) et exerçant ses missions dans le cadre de la politique nationale de l’enseignement supérieur énoncée par les articles 25 et 26 de la loi n° 01-00 portant organisation de l’enseignement supérieur.

Le Groupe ISCAE et ESLSCA Rabat signent un accord-cadre de partenariat

Madame Nada BIAZ, Directrice générale du Groupe ISCAE et Monsieur Jalil Achour, Directeur général PLANETA FORMATION ET UNIVERSITÉS MAROC, Groupe propriétaire de l’ESLSCA Business School, Rabat ont signé un accord-cadre s’inscrivant dans une stratégie de développement des ressources d’enseignements et de recherche dans les domaines de leurs compétences. Le Groupe ISCAE, première Business School au Maroc et référence dans l’enseignement supérieur national et régional et l’ESLSCA Business School Paris-Campus Rabat connue pour être à l’écoute du monde économique et de ses évolutions, s’associent à l’ISCAE-Rabat afin d’encourager et d’améliorer la formation des hauts cadres à l’échelle transrégionale et continentale. Ce partenariat Public-Privé s’inscrit dans le cadre d’un choix stratégique qui vise à créer des synergies d’expertise entre les deux établissements. Il s’agit également d’accompagner des établissements d’enseignement supérieur et de leurs activités dans le domaine de l’enseignement supérieur au Maroc. Cela permettrait notamment d’offrir des programmes avec une architecture pédagogique innovante et adaptée au contexte local et continental. Par ailleurs, ce partenariat conforte la volonté stratégique du Maroc visant à renforcer les échanges entre les acteurs africains. En effet, cette collaboration pourrait aboutir, entre autres, à la création en partenariat avec l’ISCAE-Rabat, du premier programme de formation exécutive PANAFRICAIN en « Gouvernance et Management Stratégique des Organisations » . Ce programme s’articulerait autour d’une vision économique, sociale, politique et culturelle de développement de l’Afrique. Il permettrait aux lauréats d’être en phase et en adéquation avec les spécificités managériales et culturelles des organisations africaines et internationales opérant en Afrique. Il serait ainsi destiné à tout manager ayant un projet ou un investissement en Afrique (cadres subsahariens, expatriés en Afrique, investisseurs, …). Jalil ACHOUR, Directeur Général de PLANETA FORMATION ET UNIVERSITÉS Maroc explique : « Cette coopération avec le premier établissement public d’enseignement supérieur en Management au Maroc vient renforcer la position de l’ESLSCA Rabat comme étant une Business School de référence au Maroc. Tous nos projets communs bénéficieront à nos étudiants et lauréats respectifs, mais aussi à toute la communauté. » Tarik EL MALKI , Directeur ISCAE-Rabat : « Ce partenariat que nous scellons avec un acteur privé international de l’enseignement supérieur (ESLSCA Business School- Campus de Rabat) aspire à créer un Mastère spécialisé PANAFRICAIN en Gouvernance et Stratégie des organisations. Ce Mastère, en double diplomation, vise à former aux meilleures pratiques managériales du moment avec une contextualisation de l’environnement africain, les cadres marocains et étrangers désirant s’implanter en Afrique, ainsi que des cadres africains. Vu le raffermissement des liens entre le Maroc et l’Afrique, nous sommes certains que ce nouveau programme trouvera un écho favorable. »

Symposium international à Rabat: L’administration publique entre maux et progrès

Symposium international à Rabat: L’administration publique entre maux et progrès

MAROC. Plus d’une centaine d’experts et chercheurs de différents horizons ont pris part à la 11ème édition du Symposium international «Regards croisés sur les transformations de la gestion et des organisations publiques» qui s’est tenu du 3 au 4 juin à Rabat. Placé sous le thème «Un demi-siècle de réformes administratives : Quels effets sur la gouvernance des organisations de l’Etat?», cet important rendez-vous – initialement prévu pour avril 2020 et reporté d’une année en raison de la situation sanitaire qui prévaut dans le monde depuis le début de l’année 2020,  a été organisé par l’Institut supérieur du commerce et d’administration des entreprises (ISCAE-Rabat) en partenariat avec le Policy Center for the New South. Animée par plus d’une soixantaine de panélistes, la nouvelle édition du Symposium a coïncidé cette année avec le cinquantenaire du groupe ISCAE, premier établissement d’enseignement supérieur public en management. Autre coïncidence et non des moindres : l’édition se tenait quelques jours seulement après la présentation par la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) à S.M. le Roi Mohammed VI du rapport sur le nouveau modèle de développement (NMD) dont la mise en œuvre doit s’appuyer sur un certain nombre de leviers tels que la réforme de l’administration publique et de l’Etat en général. « Ce 11ème Symposium sur le management public intervient dans un cadre assez particulier. Tout d’abord, il porte sur les 50 ans de réformes de l’administration publique au Maroc et dans d’autres pays et sur leur impact  sur la gouvernance des organisations de l’Etat. Ensuite, c’est une organisation inédite dans la mesure où elle l’est en mode hybride (distanciel ou présentiel) compte tenu du contexte sanitaire », a indiqué Tarik El Malki, président de l’édition 2020-21 dudit Symposium et, par ailleurs, directeur de l’ISCAE-Rabat. «Cette nouvelle édition s’inscrit modestement dans la réflexion autour de la manière dont l’administration publique doit accompagner le processus de développement de notre pays parce que c’est un outil extrêmement important pour atteindre les objectifs fixés par le nouveau modèle de développent», a-t-il souligné. Secrétaire général du Département de la réforme de l’administration au ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Ahmed Laâmoumri a, pour sa part, ajouté que « l’objectif de ce symposium est d’avoir des regards croisés entre les pays et les experts en matière de réforme de l’administration. En 50 ans, quelles réformes ont été faites, que faut-il garder, revoir, réinventer ou développer davantage en matière de capital humain, de système de digitalisation, etc.  », s’est-il interrogé. Au cœur des travaux de ce 11ème Symposium international, l’administration publique « a joué un rôle déterminant dans le progrès socioéconomique du Maroc, à travers notamment l’impulsion qu’elle a su donner à l’extension des services publics, au montage des projets d’infrastructures routières, ferroviaires, maritimes, au développement de programmes sociaux, etc. », a déclaré Tarik El Malki. Il a, en outre, rappelé qu’un grand nombre de réformes ont été adoptées depuis le lancement du nouveau concept d’autorité, notamment ces 20 dernières années, pour rendre opérationnel le cadre constitutionnel  de 2011 qui impulse une nouvelle vision du rapport entre l’administration et le citoyen. Il est important de préciser que « la Constitution a défini un rôle pour l’administration mais aussi des obligations ; lesquelles appellent à assumer les responsabilités des décisions publiques notamment en termes d’opérationnalisation des politiques publiques sur le territoire », comme l’a relevé Tarik El Malki dans son mot d’ouverture. Au cours de son intervention, le directeur de l’ISCAE-Rabat a également fait remarquer que la Charte nationale des services publics adoptée en 2019 « définit les règles de la bonne gouvernance dans la gestion des administrations publiques, dans les régions, les collectivités territoriales et les organismes publics ». Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Moncef Ziani a abondé dans le même sens, estimant que le rôle de l’administration marocaine a été essentiel dans les progrès socioéconomiques du Maroc. Et ce, « à travers l’impulsion qu’elle a su donner à l’extension des services publics, au montage des projets d’infrastructures (routières, ferroviaires, maritimes), au développement des programmes sociaux ainsi qu’à l’installation des grands projets d’investissement ». Selon lui, depuis le lancement du nouveau concept d’autorité, un grand nombre de réformes ont été adoptées, que ce soit au niveau de l’administration centrale, des administrations territoriales, des instances de contrôle et de gouvernance, notamment lors des deux dernières législatures pour opérationnaliser le cadre constitutionnel de 2011 qui a instauré une nouvelle vision du rapport entre l’administration et les usagers. Sur le vaste chantier de réformes de l’administration publique ayant vu le jour, Moncef Ziani, par ailleurs, représentant de la catégorie des organisations et associations professionnelles au sein du Bureau du CESE, a relevé cinq éléments. Sur le plan stratégique, il a noté que le Maroc a mis en place un plan national de réforme de l’administration qui se base sur quatre vecteurs de transformation : organisationnelle, managériale, éthique et numérique. Sur le plan législatif, il a rappelé que le Royaume a adopté la loi n° 31-13 relative au droit d’accès à l’information. Soulignons à ce propos que « c’est un aspect fondamental pour, d’une part, inciter l’administration publique à procéder à une large diffusion des informations présentant un intérêt public et d’autre part pour rendre opérationnelle la participation du citoyen à la gestion de la chose publique », selon l’interlocuteur qui estime que les dispositions de cette loi méritent toutefois d’être révisées en y introduisant des dispositions qui consacrent davantage le plein exercice de ce droit et en abrogeant certaines dispositions limitant sa portée. Sur le plan institutionnel et réglementaire, Moncef Ziani a attiré l’attention des participants sur  le processus en cours de simplification des procédures et formalités administratives et l’amélioration de la transparence. En matière de promotion de la bonne gouvernance, il a rappelé que « des instances indépendantes ont été mises en place, réactivées ou renforcées comme le Conseil de la concurrence, l’Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption et l’Autorité marocaine des marchés des capitaux ». Enfin, s’agissant du système fiscal du Maroc, force est de constater que « les mesures de facilitation et de dématérialisation

Quelles voies d’émergence pour le Maroc ?

Quelles voies d’émergence pour le Maroc ?

Le Salon international de l’édition et du livre (SIEL) a fermé ses portes dimanche 16 février. L’événement, qui a drainé près d’un demi-million de visiteurs, en l’espace de 10 jours, a connu l’exposition de plus de 120.000 titres parmi lesquels se trouvait « Le Maroc : quelles voies d’émergence ? » de Tarik El Malki. Cet ouvrage est le troisième du genre de l’auteur paru aux éditions Afrique- Orient, après «La Responsabilité sociale des entreprises : le cas du Maroc» (2014) et «Au-delà de tout clivage : regards croisés sur le Maroc de demain» (2017) qu’il a coécrit avec Nabil Adel. Comme en 2017, Tarik El Malki était présent cette année à cet évènement exceptionnel de rencontres entre petits et grands lecteurs, auteurs et éditeurs qu’est le SIEL, pour une séance de signature de son ouvrage. Préfacé par Mohamed Berrada, ex-ministre des Finances, le livre « Le Maroc : quelles voies d’émergence ? » s’inscrit, en quelque sorte, dans la continuité de l’ouvrage « Au-delà de tout clivage : regards croisés sur le Maroc de demain » (2017) », dans lequel chacun des deux auteurs avait livré sa perception du Maroc qu’il souhaite voir émerger dans les 20 et 30 prochaines années, à travers un certain nombre de sujets notamment politiques et institutionnels. L’idée de cet ouvrage, qui s’intéressait également aux volets éducation, culture, sociétal et jeunesse, était de partager « notre vision des choses par rapport à un projet de société que modestement nous proposions », a rappelé Tarik El Malki. Dans le présent ouvrage (« Le Maroc : quelles voies d’émergence ? »), l’économiste et professeur universitaire a choisi d’aborder la dimension économique en braquant les projecteurs sur le modèle de croissance que le Maroc a mis en place depuis l’indépendance. Dans sa réflexion, Tarik El Malki fait un constat : s’il a permis au Maroc de réaliser de réelles avancées en termes d’industrialisation; de mettre à niveau des infrastructures; d’accélérer, pendant la décennie 2000, le rythme de croissance du Maroc à 5% en moyenne ; de doubler, en l’espace de 10 ans, son PIB et le revenu par habitant, « nous constatons que ce modèle principalement bâti sur la demande intérieure (consommation des ménages, investissements publics, etc.) a atteint ses limites », a-t-il fait savoir. L’auteur ne se prive également pas de rappeler que la compétition industrielle du Maroc ne s’est pas beaucoup améliorée et de relever une certaine désindustrialisation et une faible productivité des facteurs. En outre, fait-il remarquer, « le rythme de croissance a dégringolé de 5 à 3,2% sur la décennie 2010. La croissance a été de faible qualité dans la mesure où elle n’a pas créé suffisamment d’emplois (à peu près 30.000 emplois/an uniquement) et n’a donc pas permis l’inclusion sociale et territoriale, tandis que le coefficient de Gini a stagné au cours des dernières années ». Poussant plus loin son analyse, il note que le rôle de l’Etat est également à mettre en question, la persistance de l’économie de la rente, en plus du secteur privé qui « n’assume également pas en totalité ses responsabilités à cause de ce schéma de la rente, alors que la compétitivité à l’export du Maroc est mise à mal au regard de certains indicateurs liés au déficit de la balance commerciale ». Partant de ce tableau peu reluisant, Tarik El Malki, par ailleurs analyste au Centre marocain de conjoncture (CMC) et directeur de l’ISCAE Rabat, a estimé que tous ces indicateurs appellent à mettre en place un nouveau modèle de croissance qui soit orienté vers l’export. Il persiste à croire que « l’industrie, particulièrement l’industrie exportatrice, à travers le renforcement et le développement de nouveaux secteurs d’activité, va permettre au Maroc d’accéder au seuil de l’émergence tant attendue ». C’est ainsi qu’il préconise dans son dernier ouvrage quelques pistes de réflexion articulées autour de quatre grands axes. Dans le premier axe, qui porte sur les politiques économiques, « j’appelle principalement à un choc fiscal à même de permettre véritablement de faire de la fiscalité un instrument de justice sociale dans la mesure où nous constatons qu’elle est source d’iniquité et d’inégalité ». Selon lui, cette réforme fiscale doit aller dans le sens de la lutte contre les inégalités et doit permettre à l’Etat de générer suffisamment de recettes qui seront orientées vers l’investissement public, notamment dans les secteurs sociaux et dans les secteurs d’avenir tels que l’économie numérique.Ladite réforme doit également avoir comme corollaire l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, des classes moyennes, « qui sont fortement sollicitées et le soutien de la compétitivité de nos entreprises », a-t-il expliqué. Dans sa réflexion, l’auteur de «Climat de l’investissement et performance des entreprises marocaines » (2014) en appelle ainsi à l’introduction d’une vraie progressivité au niveau de l’impôt sur le revenu surtout les hauts revenus qui sont, à l’entendre, « très peu taxés et à la mise en place véritable d’un impôt sur le patrimoine et sur l’héritage ». En marge de cela, « il faut revoir l’impôt sur les sociétés et les revenus et réformer la TVA de telle manière que l’impôt soit un facteur de cohésion et de stabilité sociale et pas un instrument punitif », a-t-il préconisé ajoutant que la politique budgétaire doit également s’inscrire dans cette réforme fiscale. Abordant le deuxième axe, celui des politiques sectorielles, Tarik El Malki a relevé un problème de coordination. Lui, qui a signé en 2006 « Risque-pays et stratégies d’internationalisation des firmes multinationales implantées au Maroc », a préconisé la mise en place d’une agence publique de planification et de coordination des politiques sectorielles à l’instar de ce qui se fait dans plusieurs pays asiatiques. Et de souligner que le rôle de l’Etat doit dans ce cas être redéfini, précisant qu’« il doit s’orienter vers des dimensions de développeur, de stratège et de régulateur ». Si des secteurs tels que l’automobile et l’aéronautique marchent bien, il est tout de même important d’«améliorer l’intégration des PME marocaines aux chaînes de valeurs mondiales et de développer de nouveaux

Perspectives prometteuses pour l’économie nationale en 2020 (Maroc)

Perspectives prometteuses pour l’économie nationale en 2020 (Maroc)

Le Centre marocain de conjoncture (CMC) a rendu publiques, jeudi dernier, ses principales conclusions sur la dynamique conjoncturelle en cours, à trois mois de la fin de l’exercice 2019, et ses perspectives de croissance pour l’année 2020. Sur la foi des différents indicateurs et des indices précurseurs avancés, il ressort que « les performances de l’économie nationale s’annoncent prometteuses pour l’année 2020», a-t-il été souligné lors d’un point de presse tenu à Casablanca, relevant que la performance de l’exercice prochain devrait remettre le curseur au bon endroit et permettre ainsi une relance vigoureuse de l’économie au cours de cette troisième décennie du millénaire. En effet, malgré les hypothèses moyennement bonnes retenues aussi bien pour l’environnement international que pour les principaux déterminants de l’économie nationale, «nous projetons un taux de croissance de 4,6% au titre de l’exercice 2020 contre 2,6% pour l’exercice en cours», a indiqué le directeur général du CMC, Ahmed Laaboudi. « Les signes précurseurs observés laissent présager un certain relâchement des tensions économiques et financières favorables à cette orientation soutenue », ont tour à tour soutenu Ahmed Laaboudi et M’Hammed Tahraoui (membre du CMC), à l’occasion de la présentation du rapport annuel dudit Centre (« Maroc Perspectives »), intitulé « 2020, année de rattrapage? ». Après une année 2019 relativement sèche où le secteur agricole a été affecté à travers la céréaliculture, le CMC a estimé que l’économie nationale devrait, avec toutes les précautions d’usage, enregistrer un bond notable l’année prochaine. Et le CMC de préciser que son scénario exploratoire se base sur une donne d’hypothèses moyennes, un relèvement de la production agricole et sur un prolongement suffisamment dynamique des tendances des autres secteurs. Quoi qu’il en soit, la croissance de 2020 dépendrait pour beaucoup de la campagne agricole prochaine dont les résultats seraient, selon toute probabilité, bien meilleure que ceux de la campagne qui vient de s’écouler, a affirmé le Centre, ajoutant que la campagne céréalière 2020 /2021 serait moyenne et déboucherait sur une évolution en volume de 10% de la valeur ajoutée agricole en 2020. Concernant les activités du secteur manufacturier, il ressort des premières projections du CMC qu’elles poursuivraient une trajectoire ascendante pour 2020. En effet, la valeur ajoutée en volume des industries manufacturières afficherait une progression de 3,4%; l’industrie extractive consoliderait les acquis réalisés durant les trois dernières années avec un taux de croissance de 5,5% ; le secteur du BTP trouverait le sentier de la croissance, sa valeur ajoutée évoluerait de 3%, a souligné M’Hammed Tahraoui. Pour leur part, les ventes de ciment et les crédits à l’immobilier attesteraient cette bonne orientation et le secteur tertiaire devrait enregistrer un taux de croissance global de 3,9%, a-t-il poursuivi relevant que le secteur tertiaire devrait enregistrer un taux de croissance global de 3%. Après avoir subi une érosion au cours de 2019, « la consommation des ménages devrait connaître un nivellement substantiel pour compenser la perte de pouvoir d’achat essuyée cette année », a-t-il estimé. Au chapitre emploi, le CMC parle d’une détente relative du marché du travail consécutive au relèvement attendu de la production agricole et à la reprise que connaîtrait le secteur du BTP. Ainsi, et à la faveur des recrutements que le secteur public pourrait effectuer, le taux de chômage devrait fléchir de 0,3 point par rapport à celui de l’exercice en cours ». A propos des prévisions de croissance pour l’année 2019, Tarik El Malki, membre du comité scientifique du CMC, a estimé qu’«elles sont modestes pour ne pas dire faibles. On prévoit 2,6% de croissance pour cette année. Ce qui nous interpelle, dans la mesure où pour véritablement pérenniser son développement économique le Maroc a besoin d’arriver à des taux de croissance de 6% à 7%. La mauvaise année agricole a donc engendré un taux de croissance assez modeste ». S’agissant du scénario de rattrape fixant le taux de croissance pour l’année 2020 à 4,6%, il a estimé que « ce n’est pas un exploit en soi dans la mesure où ce taux intervient après un 2,6%. Ce qui pose un certain nombre de questions de fond, notamment concernant le niveau de l’investissement par rapport au PIB, qui se situe autour de 30%, mais n’impacte pas réellement la croissance sur le plan quantitatif ou quantitatif», a-t-il commenté, notant que le chômage reste même alarmant, malgré les indicateurs donnés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Soulignons que l’objectif de cette rencontre était de présenter le bulletin spécial publié à l’instar de chaque année par le CMC qui consiste à exposer les prévisions de croissance pour l’année en cours et le cadrage pour l’année suivante. Ainsi que l’a fait remarquer Tarik El Malki, « pour cette année, cet exercice intervient dans un contexte particulier marqué par la réflexion nationale autour du nouveau modèle de développement dans ses multiples dimensions institutionnelle, économique et politique, financière, sociale et culturelle », notant que S.M le Roi a appelé dernièrement de ses vœux à la refonte du modèle qui a prévalu ces trente dernières années. A ce propos, a-t-il rappelé, le Centre a déjà élaboré un certain nombre de scénarii, à l’issue d’un bulletin spécial publié il y a une année où on proposait des voies d’émergence sur la base d’un certain nombre de scénarii de croissance. « L’hypothèse de base était que le modèle économique orienté vers la demande intérieure était arrivé à saturation et la meilleure preuve, c’est que le taux de croissance moyen de ces dix dernières années n’a pas dépassé les 3,5% de croissance par an », a-t-il rappelé. A noter que sur le plan international, le CMC est persuadé que les réunions et les négociations qui se sont succédé ces derniers temps augurent d’un armistice partiel de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et qu’elles «dégagent aussi des soupçons d’un dénouement favorable au problème du Brexit ». Il prévient toutefois que « des zones d’ombre persistent (encore) et pourraient parasiter la trajectoire des performances prévues voire inverser la vapeur de cette heureuse tendance ». Allusion aux situations assez chaudes

Tarik El Malki: La RSE est un levier de compétitivité important pour l’entreprise

Tarik El Malki: La RSE est un levier de compétitivité important pour l’entreprise

Directeur du développement, des relations internationales, communication et recherche à l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE), Tarik El Malki nous éclaire sur les enjeux, l’évolution et la perception de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au Maroc. Pagesafrik.info: Il est beaucoup question de RSA ces derniers temps. Qu’est-ce qui justifie pareil intérêt pour ce concept ? Tarik El Malki : La RSE est une manière pour les entreprises d’intégrer et de répondre aux attentes de leurs parties prenantes internes et externes que sont les salariés, les consommateurs, les clients, l’Etat et les collectivités locales. Elle devient un instrument de conduite stratégique de régulation du comportement des entreprises par excellence et ne peut pas être dissociée des stratégies internes de celles-ci, quels que soient leur taille, origine géographique et secteur d’activité, puisqu’aujourd’hui, c’est le marché qui impose ses règles. Par ailleurs, la RSE est aussi un levier de compétitivité important. Et pour nos entreprises qui veulent vraiment pénétrer les marchés étrangers, elles doivent se mettre à niveau à travers la qualité, les bonnes pratiques environnementales et sociales. Le concept de la RSE ne date pas d’aujourd’hui. Pour quelles raisons paraît-il nouveau au Maroc ? D’abord la pression du contexte. Le Maroc, à l’instar d’un certain nombre de pays émergents, vit depuis 2011 des mutations extrêmement profondes avec une société qui n’a cessé de montrer son dynamisme. Ensuite, les parties prenantes des entreprises deviennent de plus en plus exigeantes du fait qu’elles leur rappellent qu’elles ont des droits mais aussi des responsabilités vis-à-vis d’elles. En réalité, ce concept ne date pas d’aujourd’hui. En revanche, le point d’orgue actuellement, c’est la campagne de boycott qui a été menée par une partie de l’opinion publique à travers les réseaux sociaux et qui a ciblé trois entreprises emblématiques fortement soupçonnées d’abus de position dominante. Les entreprises marocaines adoptent-elles la RSE par nécessité ou par effet de mode ? Il y en a qui sont engagées sincèrement. Leurs dirigeants ont compris qu’en réalité la RSE, c’est la gestion responsable : c’est mettre en place des dispositifs contribuant à améliorer la satisfaction des salariés ; des programmes de protection de l’environnement à travers des initiatives liées à l’efficacité énergétique et à la gestion durable des matières premières; des programmes de qualité pour améliorer la satisfaction des clients-consommateurs ainsi que des instruments de bonne gouvernance axés sur la transparence, la reddition des comptes… Il faut donc démystifier la RSE qui est un formidable outil de gestion du risque réputationnel et la considérer comme une norme. On ne dit pas qu’il faille tout faire du jour au lendemain, mais c’est une direction, un projet. Il faudrait encore que le dirigeant soit lui-même véritablement sensibilisé à ces questions-là. S’il y en a qui le font par effet de mode, j’ai tendance à croire que c’est de moins en moins le cas. Bon nombre de PME sont encore réticentes à l’égard de la RSE. Quelles en sont les raisons, selon vous ? Parce qu’elles ne prennent pas la pleine mesure de son importance alors qu’elles sont confrontées à des problèmes organisationnels et de gouvernance. C’est pour cette raison qu’il faut que le secteur privé, les fédérations et l’Etat puissent les accompagner vers ces pratiques à travers des actions de formation, de sensibilisation, des incitatifs fiscaux, monétaires ou autres. L’Etat doit s’impliquer. A ce propos, le Conseil économique, social et environnemental a publié, il y a un an, un rapport très intéressant qui fournit des recommandations tout aussi intéressantes. Et l’idée d’une charte nationale de la RSE sur la base de partenariat tripartite entre l’Etat, le secteur privé et le tissu associatif, à travers un certain nombre d’engagements me paraît excellente pour améliorer la RSE. Elle pourrait même être portée demain par la création d’un ministère ou d’un secrétariat ad hoc, comme dans tous les pays européens, en Angleterre et en Europe du Nord, où vous avez des ministères chargés du Développement durable et de la Responsabilité sociétale des entreprises. Mais il faut encore une prise de conscience sur le plan politique au plus haut niveau de l’Etat. Certes, le secteur privé doit jouer son rôle, il n’empêche que les pouvoirs publics à travers la personne du chef du gouvernent doivent prendre leur responsabilité. La RSE est en constante évolution. Où en est-on aujourd’hui au Maroc ? Parvient-elle à suivre le rythme ? Des initiatives intéressantes ont été mises en place telle que la charte RSE de la CGEM. Mais force est de constater qu’il y a beaucoup à faire surtout au niveau des PME et cette campagne de boycott a montré que les entreprises n’ont pas de codes ou de référentiels pour apporter des réponses. En règle générale, les multinationales l’insèrent dans leur code de bonne conduite et leur Conseil d’administration les oblige à appliquer les mêmes pratiques dans les filiales et pays où elles sont implantées. Surtout quand elles sont engagées dans les dispositifs de labellisation internationaux. Mais en l’absence d’un pouvoir de contrôle, et sachant que plus le pays est pauvre ou faible avec un Etat plus ou moins défaillant, plus malheureusement ces entreprises se prêtent à des activités qu’elles ne pourraient pas se permettre de faire dans leur pays d’origine. Le Maroc a-t-il suffisamment avancé sur ce concept? Il a encore beaucoup de choses à faire. L’Etat doit créer le cadre en s’inspirant de ce qui a été fait au niveau de l’environnement et de l’éducation. Il pourrait, par exemple, convoquer des Assises de la RSE et faire asseoir autour d’une même table toutes les parties concernées qui fixeront un certain nombre d’engagements avec des objectifs précis et un échéancier à court, moyen et long termes. Et après, c’est au secteur privé de continuer sur cette lancée en accélérant la cadence. La RSE est-elle ancrée dans la culture du citoyen marocain ? Pour ceux qui en doutaient encore, les Marocains ont montré de manière extrêmement claire leur degré de maturité et de conscience. A travers notamment le boycott qui s’inscrit pleinement dans la protection

Tarik El Malki : Le secteur privé doit cesser de tout attendre de l’Etat

Tarik El Malki : Le secteur privé doit cesser de tout attendre de l’Etat

Directeur du développement, des relations internationales et de la recherche à l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE), Tarik El Malki a longtemps travaillé sur le modèle économique marocain. Dans cet entretien, il revient sur l’expérience chinoise dont le représentant diplomatique, Li LI, a exposé le mois dernier le modèle aux étudiants de ce prestigieux Institut académique public, et livre ses impressions sur celui du Maroc. Les progrès que connaît la Chine sont le fruit d’un profond travail ponctué de réformes et marqué par la transformation de son système économique. Que vous inspire son modèle économique? Tarik El Malki : Le modèle chinois est basé sur la persévérance, la conscience, l’endurance et la volonté. C’est un pays qui nous donne une formidable leçon de mutation et de transition économique depuis 40 ans. On est passé, comme l’a souligné l’ambassadeur Li Li, d’un système régi par le socialisme planificateur à un nouveau système basé sur ce qu’ils appellent là-bas l’«économie de marché socialiste ». Je trouve ce concept très intéressant dans la mesure où les Chinois sont parvenus à créer leur propre modèle. Un modèle hybride qui est basé sur un Etat planificateur et centralisateur régi par ses propres règles, tout en étant en phase avec les mutations mondiales caractérisées par la mondialisation. L’Etat chinois a muté en passant à un Etat stratège qui pratique ce que j’appellerais un interventionnisme intelligent qui établit des règles, lutte contre la corruption et promeut un certain nombre de secteurs d’activité nouveaux. Les Chinois sont pragmatiques. Ils ont compris avant tout le monde qu’il fallait s’adapter à un nouvel ordre mondial. Ce nouveau modèle de développement, qui est initié par le président Xi Jinping, est basé sur un certains nombre d’éléments ; l’économie a bénéficié des transferts technologiques de par l’attractivité qu’exerce la Chine en matière d’investissement direct étranger (IDE) et ce pays a réussi à élever son taux d’intégration dans les chaînes de valeur mondiale. Aujourd’hui, la Chine est leader dans les technologies d’information et, comme l’a rappelé l’ambassadeur, l’un des premiers au monde dans les infrastructures routières, autoroutières, les chantiers navals et les barrages hydroélectriques, etc. C’est assez impressionnant le bond en avant qu’a fait la Chine dans ces secteurs-là. Le plus important pour nous, et ce dont le Maroc doit véritablement s’inspirer, c’est le rôle du capital immatériel à travers l’investissement dans l’innovation et l’éducation. Vous avez longtemps travaillé sur le modèle économique marocain. Notre pays doit-il, selon vous, s’inspirer du modèle chinois ? On ne peut pas développer une économie sans politique d’innovations volontariste et efficace, sans un système d’éducation très performant. La Chine est l’un des premiers au monde en matière d’enseignement supérieur, que ce soit en termes de quantité ou de qualité. Les business schools chinoises sont dans leur grande majorité conformes aux standings internationaux. Et donc, ce qu’on essaie de faire modestement au niveau de l’ISCAE, c’est de développer des partenariats, des échanges culturels avec un certain nombre de business schools chinoises pour justement accompagner ce modèle de développement. L’ISCAE s’engage aussi dans ce processus d’accréditation internationale qui lui permettra demain d’être conforme aux meilleurs standards. Donc, le Maroc doit s’inspirer de cette nouvelle politique et continuer ce qu’il fait aujourd’hui au niveau de sa politique industrielle et de ses partenariats avec la Chine et l’Afrique. Il doit également promouvoir l’éducation nationale, l’innovation et la lutte contre la pauvreté et les disparités territoriales. Ces actions constituent un véritable levier de développement de la Chine, comme l’a rappelé l’ambassadeur en affirmant: « L’objectif est d’éradiquer la pauvreté totalement d’ici 2020 ». Donc, c’est une belle leçon pour le Maroc. Cela dit, il n’est pas question de calquer ce modèle à l’identique, mais de s’inspirer de ses meilleures pratiques et de les adapter à notre contexte et à notre temps. La Chine a consacré les quatre dernières décennies à d’importantes réformes avant de voir son économie se hisser au niveau mondial. En la matière, diriez-vous que le Maroc a perdu du temps ? Le Maroc a effectivement perdu du temps. Il faut être conscient, honnête et dire, bien évidemment, que nous avons perdu trop de temps. Le capitalisme marocain a longtemps été bâti sur l’économie de rente et le clientélisme. Le secteur privé marocain est biberonné par l’Etat à travers des subventions et des incitations. Il est extrêmement peu offensif et prend très peu de risques. Donc, il faut opérer un changement des mentalités. J’insiste là-dessus, le secteur privé marocain doit changer de manière radicale et cesser de tout attendre de l’Etat. Il doit assumer ses responsabilités. Au lieu d’être en permanence en train d’attendre des subsides de l’Etat qui ne peuvent plus venir, qu’il prenne son destin en main et s’insère de manière beaucoup plus mature dans le processus de mondialisation. Pour cela, il est impératif qu’il fasse sa propre mue et prenne ses responsabilités et des risques. Je pense que le secteur privé marocain doit jouer son rôle de manière mature et responsable. Il est temps donc qu’il sorte de la tutelle de l’Etat. Propos recueillis par Alain Bouithy