Cameroun / FECAFOOT : Vers une prolongation du bras de fer ?

Le football camerounais est actuellement en proie à une nouvelle crise, marquée par un bras de fer entre l’État et la Fécafoot. Cette dernière persiste à ne pas reconnaître la nomination de Marc Brys, préférant choisir son propre sélectionneur. Selon le dernier communiqué de la Fécafoot datant du samedi 6 avril, Samuel Eto’o, son président, aurait dû annoncer la nomination d’un sélectionneur dans les soixante-douze heures suivantes, conformément à la décision non reconnue de Marc Brys, validée par le président Paul Biya. Cependant, le délai imparti à Samuel Eto’o par le Comité d’urgence de la Fécafoot est désormais écoulé, sans qu’aucun nom n’ait été divulgué. Les dernières informations laissent entendre qu’une réunion pourrait avoir lieu entre le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, et Samuel Eto’o le jeudi 11 avril, mais des sources proches du ministère indiquent qu’aucun rendez-vous avec le président de la Fécafoot n’est prévu à l’agenda de Narcisse Mouelle Kombi pour ce jour-là. En effet, Samuel Eto’o doit se rendre aux obsèques de son père David, décédé le 17 avril 2023, à Ngambé, à partir du jeudi et jusqu’au samedi 13 avril. Occupé par les préparatifs de la cérémonie, il avait d’ailleurs invoqué cet engagement pour expliquer son absence lors de la signature du contrat de Marc Brys, une absence qui n’est pas passée inaperçue. La ferme position de Samuel Eto’o, qui a confronté ouvertement le président Paul Biya, suscite l’étonnement de certains de ses compatriotes. Joseph-Antoine Bell, ancien gardien de but des Lions Indomptables, exprime le désir que la Fécafoot passe à autre chose pour permettre à Marc Brys de débuter son travail en vue des prochains matchs de qualification pour la Coupe du Monde 2026 contre le Cap-Vert et l’Angola. Un autre ancien international, souhaitant garder l’anonymat, s’interroge sur la stratégie de Samuel Eto’o. Il remet en question le motif avancé par ce dernier pour justifier son opposition à la nomination de Marc Brys, soulignant que la Fécafoot n’a pas été impliquée dans le processus de recrutement, contrairement à ce qui a été affirmé par le ministre des Sports. Il rappelle également que par le passé, c’est le président Paul Biya qui a tranché dans des situations similaires, sans que cela ne dérange Samuel Eto’o. À ce jour, aucun sélectionneur, qu’il soit camerounais ou étranger, n’a été nommé par Samuel Eto’o. Bien que le délai fixé par la Fécafoot ait été dépassé et qu’aucun nom n’ait été annoncé, il est possible que le président continue de travailler sur le dossier. Il reste également envisageable qu’il décide finalement de se conformer à la décision de l’État et de reconnaître la nomination de Marc Brys. Ya Willy.
Tribunal du Sport : Nouvelle Confrontation avec Samuel Eto’o en Suisse

En attendant les résultats de l’enquête menée à son encontre par la Confédération Africaine de Football (CAF) concernant des allégations de trucage de matchs du championnat du Cameroun, le président de la Fécafoot se retrouve une fois de plus au cœur des débats devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne. Au Cameroun, le football et les tribunaux semblent aller de pair. Avec le temps, Samuel Eto’o a appris à composer avec cette réalité. Porteur de l’ambition de « restaurer la grandeur du football camerounais » en replaçant le sportif au centre de toutes les préoccupations, la route pour atteindre cet objectif semble de plus en plus semée d’embûches pour le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot). Si les controverses et les scandales, qu’ils le concernent directement ou non, sont désormais monnaie courante, la menace pesant sur son mandat demeure tout aussi tangible et régulière. En effet, les jours (voire les semaines) à venir s’annoncent cruciaux pour le quadruple Ballon d’Or africain. « Déni de Justice » Des sources non officielles indiquent que la Confédération Africaine de Football (CAF) serait sur le point de rendre les conclusions de son enquête concernant l’ancien joueur du FC Barcelone, soupçonné d’avoir manipulé des matchs du championnat national. Alors qu’un vent de panique souffle au sein de la Fécafoot, les détracteurs de Samuel Eto’o ont saisi à nouveau le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) en invoquant « un déni de justice », selon les termes de Delphine Deschenaux-Rochat, conseillère auprès de l’instance basée à Lausanne, dans un courrier adressé à la Fécafoot le 20 mars dernier. Vers une Suspension d’Eto’o ? Une cinquantaine de plaignants, comprenant des clubs, des dirigeants, la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), ainsi que le journaliste Guibaï Gatama, un membre du Comité exécutif de la Fécafoot actuellement sous le coup d’une suspension, envisagent de demander la suspension de Samuel Eto’o de ses fonctions et de toutes activités liées au football. Treize membres du Comité exécutif de la Fécafoot sont également concernés par la déclaration d’appel déposée auprès du TAS le 15 mars. « Les plaignants reprochent à Samuel Eto’o d’avoir non seulement violé plusieurs articles du Code éthique de la Fécafoot relatifs à l’intégrité et à l’abus de fonction à des fins privées ou pour en tirer un avantage pécuniaire, mais aussi des dispositions du Code éthique de la FIFA relatives aux activités de paris sportifs et de jeux d’argent », affirme une source bien informée sur le dossier. Par ailleurs, il est également mentionné que ses adversaires entendent demander au TAS de « condamner Eto’o à rembourser à la Fécafoot, sur ses fonds personnels, l’intégralité des dépenses occasionnées par les ruptures abusives des contrats liant la Fécafoot à Antonio Conceiçao d’une part, et la Fécafoot au Coq Sportif d’autre part ». Dans le premier cas, la Fécafoot a été condamnée à payer une amende de 1,6 million d’euros (soit plus d’1 milliard de FCFA) à l’entraîneur portugais, tandis que le montant pourrait être encore plus élevé dans le second cas. Ya Willy.
Burkina Faso/Promotion du football : le Chef de l’Etat échange avec le président de la Fecafoot

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a accordé ce lundi matin une audience au président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o. Présent à Ouagadougou dans le cadre de la finale de la coupe du Faso, Samuel Eto’o a échangé avec le Chef de l’Etat autour de la promotion du football. « J’ai été agréablement surpris de voir que son excellence le Président de la Transition suit le football de près, d’autant plus qu’il a un agenda très serré. Je voudrais lui dire merci pour tous les efforts fournis pour que le football burkinabè soit à la place qu’il mérite », a déclaré le président de la Fecafoot à l’issue de l’audience. Samuel Eto’o a félicité le Burkina Faso pour sa qualification à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), Côte d’Ivoire 2023. Pour lui, le Burkina Faso a une très belle équipe, et ce depuis la dernière CAN au Cameroun. « Le Burkina Faso jouera pratiquement à la maison et il y aura beaucoup de pression, vu qu’ils auront des stades certainement pleins et acquis. Il faudra faire attention à cette équipe burkinabè parce que c’est déjà une belle équipe », a-t-il expliqué. Le président de la Fédération camerounaise de football a précisé que son pays est à une victoire de la qualification et il reste confiant. Il espère que le Burkina Faso et le Cameroun ne seront pas dans la même poule parce que « ce sont deux pays frères et je souhaite qu’ils se rencontrent le plus tard possible dans cette compétition », a conclu Samuel Eto’o.