RDC. Jean-Marie RUNIGA : le retour surprise au M23 et la réconciliation avec MAKENGA?

RDC. Jean-Marie RUNIGA : le retour surprise au M23 et la réconciliation avec MAKENGA?

INDISCRETION. C’est une photo qui a été visiblement prise récemment à Goma. On y voit le Pasteur Jean-Marie Runiga posant aux côtés de Sultani Makenga, Bertrand Bisimwa, Willy Manzi et Corneille Nangaa. Une image presque impensable, tant cela faisait une dizaine d’années que le pasteur avait disparu des radars. Le voilà de retour, aux côtés de ceux qu’il avait autrefois combattus, dans ce qui semble être une réconciliation inattendue au sommet du M23. Remontons à mai 2012 pour comprendre l’histoire tourmentée du M23. À l’époque, d’anciens éléments du CNDP, intégrés dans les rangs des FARDC depuis mars/avril 2009, se retranchent à Rutshuru et annoncent la naissance d’un nouveau mouvement armé : le M23. À leur tête, ils désignent un homme en apparence pacifique, un religieux : le pasteur Jean-Marie Runiga Lugerero. Pendant plusieurs mois, c’est Runiga qui donne le ton, enchaînant les déclarations officielles du mouvement, alors que les rebelles du M23 s’emparent rapidement de nombreuses localités du Rutshuru et, en novembre 2012, de la ville stratégique de Goma. Mais 10 mois à peine après la création du M23, des tensions internes éclatent au grand jour. Deux camps s’affrontent : d’un côté, les fidèles du Général Sultani Makenga, qui installe Bertrand Bisimwa à la tête de la branche politique; de l4autre, les partisans du Général Baudouin Ngaruye, resté proche de Bosco Ntaganda, qui maintient Jean-Marie Runiga à la présidence du mouvement. Une fracture profonde, alimentée par des rivalités anciennes. Certains y voient le prolongement de la trahison que Makenga n’a jamais pardonnée à Ntaganda, accusé d’avoir livré Laurent Nkunda en janvier 2009. D’autres y lisent une opposition ethnique larvée entre les Tutsis de Masisi (les « Abagogwe »), et ceux de Rutshuru (les « Abanyejomba »). Finalement, c’est le camp de Makenga qui prend le dessus. En mars 2013, le Pasteur Jean-Marie Runiga, mis en déroute avec ses soutiens (dont le Général Baudouin Ngaruye), fuit vers le Rwanda avec plusieurs centaines de combattants. Ce sera une dizaine d’année de refuge. Aujourd’hui, c’est son retour dans ce qui semble être la nouvelle configuration du M23, aux côtés de ses anciens rivaux. Les fractures ont sûrement été surmontées, et la hache de guerre a été enterrée. La présence de Runiga sur cette photo, avec Makenga et Bisimwa, semble sceller une réconciliation que beaucoup pensaient impossible. Par Benjamin Babunga Watuna Penseur libre.

Diplomatie et réconciliation : le Président de la Transition accorde une audience à une délégation ministérielle de l’AES

Diplomatie et réconciliation : le Président de la Transition accorde une audience à une délégation ministérielle de l’AES

Le Président de la Transition, Son Excellence le Colonel Assimi GOÏTA, Chef de l’État, a reçu en audience, ce mardi 17 septembre 2024, une délégation ministérielle de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette délégation était conduite par le Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Son Excellence Abdoulaye DIOP, et le Ministre de la Réconciliation nationale, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Colonel Ismaël WAGUÉ. A leur sortie d’audience, des précisions ont été données sur l’objectif de cette visite au Président de la Transition. Selon Mohamed TOUMBA, Ministre nigérien de l’Intérieur et de la Décentralisation, a exprimé toute sa satisfaction d’être conjointement reçu par le Président de la Transition en marge de leurs activités à Bamako. Cette audience visait à rendre compte de ces rencontres qui se sont déroulées au cours de la semaine dans la capitale malienne. Le Général de Brigade nigérien a rappelé que les ministres de la Réconciliation des pays de l’AES ont effectué, le week-end dernier, un déplacement à Gao en vue de prendre part au lancement de la 3ème édition de la semaine nationale de la réconciliation, dont le thème portait sur la solidarité nationale à l’endroit des victimes des inondations. Un phénomène naturel qui touche tous les pays de la Confédération, cette année, en raison de l’abondance de la pluviométrie. Le lancement de cette édition de la Semaine nationale de la réconciliation a coïncidé avec la réunion des diplomates des pays de la Confédération des États du sahel, qui s’est tenue le 16 septembre à Bamako, date anniversaire de la signature de la Charte du Liptako-Gourma instituant l’Alliance des États du Sahel, devenue, le 6 juillet 2024, la Confédération des États du sahel. Aux dires de Bakary Yaou SANGARÉ, Ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens de l’extérieur, ils ont fait exprès de faire coïncider cette réunion avec ce premier anniversaire. L’objectif de cette rencontre des Ministres des Affaires étrangères était de faire le point des réalisations. Son Excellence SANGARÉ a rappelé les trois piliers sur lesquels est bâtie la Confédération des États du Sahel, à savoir : la Défense, la Diplomatie et le Développement. Dans le cadre de sa présidence, le Mali a soumis une feuille de route, validée par les autres pays membres. Il s’agissait donc de passer en revue cette feuille de route dans ses différentes articulations. Un total de 21 activités, dont 13 relevant spécifiquement de la diplomatie, ont été passées au peigne fin, a-t-il expliqué dans une interview accordée à la presse. Les ministres des Affaires étrangères travaillent à la coordination de la diplomatie dans l’espace AES. L’objectif est de parvenir à la mise en place d’une diplomatie unique où l’on puisse raccorder le violon et parler d’une seule voix. Selon Karamoko Jean-Marie TRAORÉ, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, cette grande rencontre des Ministres des Affaires étrangères intervient également à la veille de l’Assemblée Générale des Nations Unies. La coïncidence de ces deux rencontres majeures à Bamako : diplomatie et réconciliation, vise à montrer la place prépondérante que joue le dialogue dans le règlement des problèmes dont souffre le sahel. « Nous partons très satisfaits des échanges que nous avons eus ici à Bamako », s’est réjouie la délégation tout en rendant un hommage mérité aux Forces armées de Défense et de Sécurité des pays de la Confédération mais aussi aux populations de l’AES. Le Président de la Transition, Son Excellence le Colonel Assimi GOÏTA, a donné des orientations à ses visiteurs du jour pour la pleine réussite de leurs missions au service de la Confédération des États du Sahel.

La France et la Centrafrique pavent la voie de la réconciliation

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra était reçu ce mercredi 17 avril à l’Élysée par son homologue Emmanuel Macron. Cet entretien – le deuxième en moins de six mois – vise à apaiser la brouille entre les deux pays, dont les relations se sont fortement dégradées après le rapprochement entre Bangui et la Russie. La rencontre entre Faustin-Archange Touadéra et Emmanuel Macron a permis de passer en revue « les différents aspects de la relation bilatérale ainsi que la situation régionale », indique le communiqué publié par l’Élysée. Dans « la continuité de leur dernière rencontre », le 13 septembre, la France et la République centrafricaine ont adopté « une feuille de route » en vue de mettre en place « un partenariat constructif » entre les deux pays. L’objectif affiché par l’Élysée est de « contribuer à la stabilité, de renforcer une cohésion nationale aussi large que possible et d’accompagner le développement économique et social de la Centrafrique ». « Un mécanisme conjoint de suivi de ces engagements a également été adopté par les deux dirigeants », a-t-il été précisé à l’issue de ce déjeuner de travail.  Cela pourrait constituer un pas de plus en vue de normaliser les relations entre les deux pays – alors que la France a dénoncé ces dernières années l’emprise croissante du groupe Wagner en République centrafricaine. Paris a aussi déploré par le passé des campagnes de désinformation qui nourrissent le sentiment antifrançais en Centrafrique.  Retrouvez cet article sur RFI

La CEDEAO exhorte le Burkina, le Mali et le Niger à privilégier le dialogue et la réconciliation, face aux incertitudes liées à leur retrait de la communauté

La CEDEAO exhorte le Burkina, le Mali et le Niger à privilégier le dialogue et la réconciliation, face aux incertitudes liées à leur retrait de la communauté

L’organe régional a adopté cette position à l’issue d’une session extraordinaire de son Conseil de Médiation et de Sécurité (CMS) qui s’est tenue le 8 février 2024 à Abuja, au Nigeria, tout en soulignant l’impérieuse nécessité de mettre l’accent sur la diplomatie et l’esprit d’unité, face aux défis qui se posent à l’échelle régionale. A l’issue des travaux, le Ministre des Affaires étrangères du Nigeria et Président en exercice du Comité de médiation et de sécurité, l’Ambassadeur Yusuf Tuggar, a déclaré que la décision prise par le Burkina, le Niger et le Mali de se retirer de l’organisation constitue un défi supplémentaire,  mais que les autres membres, animés par l’esprit de coopération,  sont déterminés à relever ce défi, en défendant les valeurs de la Communauté. Il a poursuivi en ces termes “Nous devons mettre à profit la dynamique créée au cours de la présente session et poursuivre nos efforts en vue d’encourager les pays membres concernés à accepter le dialogue, dans un esprit de compréhension et de réconciliation”. L’Ambassadeur Tuggar a souligné l’impact préjudiciable que ce retrait du Burkina, du Mali et du Niger pourrait avoir pour leur citoyens. Il a déclaré dans ce cadre que « Le choix fait ces trois pays de sortir de la CEDEAO aura pour effet non seulement de créer de grandes difficultés pour leurs populations, mais également de saper les efforts d’intégration régionale. ». Il a également réaffirmé l’engagement de la CEDEAO à promouvoir le dialogue, la diplomatie et la réconciliation, qui constituent les fondements de son approche en matière de résolution des conflits au sein de la communauté. En ce qui concerne les implications de ces décisions sur le processus d’intégration plus large, l’Ambassadeur Tuggar a estimé qu’il s’agit d’un léger recul, plutôt que d’une perturbation complète de l’intégration africaine. Il a évoqué les déplacements importants des populations au sein de la région et les liens qui les unissent, soulignant le niveau élevé des réalisations accomplies, en dépit des difficultés actuelles. Outre les questions relatives à l’intégration régionale et la diplomatie, le Conseil s’est également penché sur le problème urgent du terrorisme. Une décision importante prise à cet égard est celle concernant l’appel à l’activation de la Force en attente de la CEDEAO, pour lutter contre la menace existentielle du terrorisme qui plane sur la communauté, y compris sur le Burkina, le Mali et le Niger. En dépit des sanctions imposées à leur encontre, la CEDEAO a continué de soutenir ces pays dans leurs efforts de lutte contre le terrorisme. Pour sa part, le Président de la Commission, S.E. Dr Omar Alieu Touray,  a affirmé que la CEDEAO demeure déterminée à œuvrer en faveur de la réalisation des aspirations de ses citoyens relatives à une gouvernance responsable et démocratique. « Nous sommes passés d’une CEDEAO des Etats à une CEDEAO des Peuples, où les exigences de gouvernance démocratique et de transparence ont une importance primordiale, » a-t-il déclaré, avant de souligner que l’organisation entend tout mettre en œuvre en vue de promouvoir ces idéaux dans chacun de ses pays membres. Avant la clôture de la session, la CEDEAO a réitéré son engagement en faveur de la bonne gouvernance, du renforcement des institutions, ainsi que du bien-être de ses citoyens. La Communauté est unie dans ses efforts pour le dialogue, la réconciliation et la lutte contre le terrorisme – toutes choses qui incarnent l’esprit de coopération et d’unité définissant la CEDEAO. CP

RDC : Préalables pour que la réconciliation soit effective…

RDC : Préalables pour que la réconciliation soit effective…

TRIBUNE. Le thème des béatitudes de ce 4e dimanche met en exergue entre autres, la place des artisans de la paix. “ Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu “(Mt 5, 9). Ceux qui dédient leur vie à construire la paix en eux-mêmes et autour d’eux atteignent le pic du bonheur, se hissent au sommet de la perfection chrétienne jusqu’au point d’acquérir dignement le statut d’enfants de Dieu. Pour revenir sur l’histoire récente de la République Démocratique du Congo, cette paix et réconciliation ne peuvent être opérationnelles qu’à certaines conditions préalables. Toute réconciliation prônée en RDC ne peut être authentique que si elle est prise à sa juste mesure, notamment comme l’ultime étape après le strict respect de quatre prérequis : 1. Le Courage de “Fouiner” dans le Passé de crimes commis au Congo. Le courage de fouiner dans le passé des nombreux crimes politiques et économiques qui ont endeuillé leur peuple et d’identifier les responsables internes et extérieurs. Le peuple a le droit de connaître la vérité sur le passé, sans compromis. Ce droit ne doit faire l’objet d’aucune transaction ni d’aucun marchandage. Cette démarche aide les populations à identifier les causes profondes du conflit en vue de s’approprier leur histoire collective et de prévenir de nouvelles sources de crise. 2. La Poursuite et la Répression Pénale des Auteurs de ces Crimes. Les enquêtes menées pour identifier les auteurs des crimes doivent en fin de compte poursuivre et punir les personnes responsables de ces violations. Laisser impunis les auteurs des crimes est une menace directe et réelle à la paix et à la stabilité d’un pays. 3. Les Mécanismes de Réparation ou les Droits de victimes à la réparation. L’Etat a l’obligation de faire réparer les torts causés aux victimes. Ce pilier englobe l’ensemble de mesures de réparation et d’indemnisation des victimes qui doivent en être les principaux bénéficiaires 4. Réforme des institutions pour éviter de nouvelles crises et/ou Droit des victimes aux Garanties de non Répétition. L’Etat doit revoir le fonctionnement de ses propres institutions en vue d’éviter une nouvelle crise. Ce volet permet de rétablir la confiance de la population dans les institutions publiques. Il vise aussi à créer toute une culture de respect des droits de l’homme. Ici l’Etat peut modifier des lois ou des organes étatiques qui ont facilité la commission de violations de droits de l’homme. Il peut également mettre en place des systèmes de contrôle et de vérification pour certains postes au sein de la fonction publique pour empêcher la récidive. Le coupole Vérité et Réconciliation, pour se rendre possible, doit commencer par établir les faits sur les circonstances de crimes commis, identifier les responsabilités individuelles et institutionnelles, exiger le processus pénal sur les violations de droits de l’homme et la réparation de elles-ci au grand bénéfice des victimes. Il n’existe guère d’autres voies chrétiennes et citoyennes pour y arriver. Par Germain Nzinga

Mali/Sport pour la paix : Le football unit les jeunes d’Aguelhok et de Tessaalit

Mali/Sport pour la paix : Le football unit les jeunes d’Aguelhok et de Tessaalit

Les jeunes d’Aguelhok et de Tessalit ont organisé, le 6 août 2022, un match de football amical dans la ville d’Aguelhok pour davantage promouvoir le dialogue, la réconciliation et les échanges de longue date entre les communautés des deux localités. Le match entre les équipes de Tessalit et d’Aguelhok s’est soldé par une victoire de 1-0 pour Tessalit. Pour les joueurs des deux équipes, le match a aidé les jeunes à engager le dialogue sur leurs préoccupations actuelles comme l’emploi et la sécurité. Devant le succès remporté par cette première rencontre sportive, un tournoi de football est prévu en septembre 2022. Les équipes de Kidal et de Ménaka y participeront aussi aux cotés de celles d’Aguelhok et de Tessalit. Preuve de leur engagement, afin d’organiser cette rencontre sportive, les jeunes des villages de Tessalit et d’Aguelhok ont levé des fonds grâce à une campagne au niveau communautaire. Forts de ce premier pactole, ils ont aussi obtenu le soutien financier de la MINUSMA par l’intermédiaire des éléments du contingent du Tchad basés à Aguelhok. Pour l’équipe de Tessalit, « l’organisation de ce match prouve que les efforts de la jeunesse ont leur importance pour promouvoir la paix et renforcer la cohésion sociale. Les rencontres sportives et culturelles sont de meilleurs canaux de rapprochement des communautés, surtout pour nous les jeunes ». Un membre de la société civile d’Aguelhok se réjouit également de cette réunion des cœurs grâce au football. « Cet évènement est une lueur d’espoir. 30 jeunes de Tessalit ont fait plus de 90 km pour rencontrer leurs frères d’Aguelhok dans un match, devenu l’occasion pour toute la population meurtrie par les conflits, de supporter les retrouvailles de leurs enfants avec leurs frères. Cela confirme que l’espoir n’a pas besoin de grands moyens pour illuminer les cœurs, » a-t-il indiqué avec satisfaction. Même satisfecit chez un autre jeune d’Aguelhok qui estime que « cette activité apporte une plus-value aux efforts de paix, de cohésion sociale et de vivre ensemble dans la commune d’Aguelhok et dans le cercle de Tessalit en général ». La tenue de ce match à Aguelhok a été rendue possible grâce à l’amélioration sensible de la situation sécuritaire, à travers des patrouilles quotidiennes, l’installation de postes de sécurité avancés et des opérations de fouille et bouclage afin de prévenir l’entrée d’armes prohibées dans la ville. Elle reflète aussi l’aboutissement des efforts de rapprochement et de renforcement de la confiance entre la MINUSMA et les communautés. « C’était important pour nous de soutenir cette initiative. Nous avons tout mis en œuvre pour garantir la sécurité de tous, en conformité avec le mandat qui est le nôtre au quotidien, en ce qui concerne la protection des civils, » a déclaré le chef du détachement tchadien à Aguelhok, le Commandant Yacoub Hadre Djougounda. « Aujourd’hui, la sérénité est visible à Aguelhok, la population est revenue en ville et la cohabitation entre les Casques bleus et les communautés est effective. Notre appui à la population vient donc du fond du cœur, » a-t-il renchérit. Cette initiative rejoint les objectifs de la résolution 2250 qui place la jeunesse au centre des processus et des politiques de développement durable, de paix et de sécurité. En effet, grâce aux sports, à l’art, le plaidoyer, le dialogue et l’autonomisation, cette résolution historique incite les jeunes à mobiliser leurs pairs et d’autres membres de la communauté pour trouver des moyens pacifiques de résolution des conflits locaux. Minusma

En Côte d’Ivoire, les fausses promesses de réconciliation

En Côte d’Ivoire, les fausses promesses de réconciliation

Réconciliation, le mot est aujourd’hui sur les lèvres de tous les responsables politiques ivoiriens, dirigeants comme opposants. Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, qui depuis près de trente ans recuisent inlassablement leur haine pour le plus grand malheur de leur pays, en ont partagé la promesse, mais avec quelle sincérité, quelles intentions profondes ? Le président Ouattara dit avoir accepté en son nom le retour en Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo, devenu effectif le 17 juin. Mais après que la Cour pénale internationale (CPI) a acquitté son prédécesseur des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, le 31 mars, le chef de l’Etat n’avait d’autre choix que de consentir à ce rapatriement qu’il espérait ne jamais voir se réaliser. A défaut de pouvoir empêcher Laurent Gbagbo, prêt à braver les menaces d’arrestation à son arrivée, de revenir sur sa terre natale, Alassane Ouattara s’est donc résolu à encadrer au maximum son retour et à faire en sorte qu’il se déroule selon son calendrier. De la délivrance des passeports de l’ancien chef d’Etat à son accueil à Abidjan où la foule de ses partisans a été consciencieusement empêchée de venir saluer son champion, le pouvoir a démontré qu’il ne ferait aucun cadeau au plus mobilisateur de ses adversaires… Lire la suite sur Le Monde Afrique

RDC : le Conseil de sécurité se félicite des efforts du Président Tshisekedi en vue de la réconciliation, de la paix et de la stabilité

RDC : le Conseil de sécurité se félicite des efforts du Président Tshisekedi en vue de la réconciliation, de la paix et de la stabilité

Dans une déclaration faite à la presse, par sa Présidente, Linda Thomas-Greenfield, le Conseil de sécurité s’est félicité, mercredi, des efforts déployés par le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, en vue de la réconciliation, de la paix et de la stabilité dans le pays. « Les membres du Conseil se sont félicités des efforts faits par le Président Tshisekedi en vue de la réconciliation, de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo », a déclaré dans la soirée, devant les journalistes la Représentante permanente des États-Unis, Linda Thomas-Greenfield. « Les membres du Conseil ont noté que la stabilité politique et la sécurité ainsi que la présence renforcée de l’État dans les zones de conflit sont essentielles à la consolidation d’une paix durable en République démocratique du Congo », a-t-elle ajouté. Dans cette déclaration qui fait suite à la réunion du 30 mars sur la situation en RDC et sur les activités de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), les Quinze, après avoir entendu un exposé de la nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général, Bintou Keita, ont pris note de l’action menée en vue de la formation d’un Gouvernement qui mettra en œuvre les engagements pris par le Président Tshisekedi de réaliser l’unité nationale, de renforcer l’état de droit et de favoriser l’inclusion politique et la consolidation de la paix. Ils ont également pris note de son intention d’avoir un Gouvernement composé de 30 % de femmes. Par ailleurs, le Conseil a salué les mesures prise par le chef de l’État congolais pour lutter contre la corruption et l’impunité et l’ont engagé à continuer d’agir, pour veiller à ce que le Gouvernement de la République démocratique du Congo respecte les droits humains et les libertés fondamentales. Ses membres ont engagé le Gouvernement à poursuivre son action à cet égard, notamment par l’élaboration et l’application d’un cadre national de désarmement, de démobilisation et de réintégration, d’un plan de réforme du secteur de la sécurité et d’une stratégie globale de stabilisation et de prévention des conflits. En outre, le Conseil s’est dit inquiet de la situation humanitaire en cours, au vu de l’augmentation considérable du nombre de personnes qui ont besoin de protection et d’une aide humanitaire. Recrudescence des violences à l’est du pays Dans la même déclaration lue par l’Ambassadrice américaine qui présidait le Conseil de sécurité au mois de mars, les Quinze « se sont déclarés préoccupés par la poursuite des violences intercommunautaires et la recrudescence de l’activité des groupes armés dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo, notamment des Forces démocratiques alliées, au Nord-Kivu et en Ituri, et des nombreux groupes armés locaux au Sud-Kivu ». Ils ont réaffirmé leur condamnation de tous les groupes armés qui sont actifs dans le pays et demandé à tous les acteurs de mettre un terme à la violence ainsi qu’aux violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire et aux atteintes à ces droits. Les Quinze ont rappelé qu’il importait que la République démocratique du Congo et ses voisins collaborent pour mettre fin à l’insécurité dans la partie orientale de la République démocratique du Congo en mobilisant une plus grande volonté politique et en adoptant des démarches plus intégrées, telles que la coopération et l’intégration économiques Ils ont encouragé la poursuite des efforts visant à favoriser un développement économique durable, comme moteur d’une paix régionale, et à remédier aux causes profondes des conflits, notamment l’exploitation et le trafic illicites des ressources naturelles, et à réduire la pauvreté. Ils ont salué les mesures prises par la République démocratique du Congo et la région à cet égard. Ils se sont félicités de la stratégie régionale des Nations Unies pour la consolidation de la paix et la prévention et le règlement des conflits dans la région des Grands Lacs et se sont réjouis de l’élaboration inclusive d’un plan d’action pour sa mise en œuvre. « Les membres du Conseil ont réaffirmé leur soutien et leur attachement, en collaboration avec les acteurs régionaux et les partenaires internationaux, à la consolidation de la paix, à la stabilité et au développement en République démocratique du Congo », a fait valoir la Présidente. « Ils ont également réaffirmé leur plein appui à la MONUSCO et à la nouvelle Représentante spéciale, Bintou Keita, et engagé le Gouvernement de la République démocratique du Congo à participer à l’élaboration d’un plan de transition détaillé en vue d’un retrait progressif et échelonné de la Mission, a-t-elle conclu.