Maroc. La croissance économique attendue à 4,2% au premier trimestre 2026

Maroc. La croissance économique attendue à 4,2% au premier trimestre 2026

Après une progression modérée au trimestre précédent Après 4% au quatrième trimestre 2025, la croissance économique nationale devrait enregistrer une légère accélération au début de 2026. Elle devrait s’établir à 4,2% au premier trimestre en  rythme annuel, selon les prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP). Cette progression serait, essentiellement, portée par les activités agricoles et tertiaires dont la contribution à la croissance économique globale devrait s’élever à +2,9 points,  a fait savoir l’institution publique dans une synthèse du point de conjoncture du troisième trimestre 2025 et perspectives pour le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026. Le secteur de la construction poursuivrait son évolution au rythme de 3,4%, après la décélération observée à fin 2025, imputable aux interruptions ponctuelles liées aux intempéries de décembre. Plus exposée aux fluctuations de la demande extérieure, l’industrie manufacturière afficherait, à l’inverse, une croissance modérée (+3,1%), reflétant la persistance des pressions sur les marchés d’exportation, souligne le document rendu public récemment. La même source précise que « le scénario de croissance au début de 2026 repose sur un équilibre entre des risques externes plus accentués et des leviers internes de résilience ». D’après l’institution, le ralentissement industriel et le durcissement des contraintes réglementaires européennes pourraient peser plus lourdement sur les exportations et renforcer le déficit commercial, entraînant une croissance moins soutenue que prévu. En contrepartie, le Haut-commissariat soutient que «des facteurs conjoncturels favorables liés à la poursuite d’un régime climatique humide en hiver et le maintien de l’investissement en infrastructures apporteraient des gains plus importants sur la demande intérieure et sur la croissance. S’agissant toujours des perspectives de croissance de ce début d’année, l’organisme s’attend à ce que l’économie nationale évolue dans un environnement marqué par une combinaison de chocs externes et structurels. De l’avis des experts de l’institution, la modération persistante de la demande européenne, accentuée par l’augmentation des droits tarifaires américains et l’intensification de la concurrence chinoise, continuerait de peser sur les exportations nationales. Par ailleurs, « les entreprises exportatrices devraient faire face à un double choc réglementaire sur le marché européen, résultant de la transition vers le régime d’ajustement carbone aux frontières européennes et la mise en œuvre d’une nouvelle législation française limitant le recours à l’offshoring dans les activités de consommation et de prospection », selon le HCP. L’institution s’attend également à la poursuite du ralentissement de la demande extérieure, amorcé au troisième trimestre 2025 et accentué en fin d’année. Ce qui, explique-t-elle, ramènerait l’accroissement du volume des exportations nationales de biens et services à +3,9%, en variation annuelle, au lieu d’une croissance moyenne de +10,4% par trimestre au cours du dernier quinquennat. Enfin, face à ces contraintes, le scénario le plus plausible est celui d’une résilience de la croissance économique nationale reposant, principalement, sur les facteurs internes, « avec une demande intérieure en progression continue, grâce au regain des activités agricoles et à la poursuite des faibles tensions sur les prix ». Alain Bouithy

Maroc: les tensions inflationnistes resteraient contenues au début de 2025, selon le HCP

Maroc: les tensions inflationnistes resteraient contenues au début de 2025, selon le HCP

Les tensions inflationnistes resteraient contenues au Maroc, avec une augmentation des prix à la consommation de 0,7% au quatrième trimestre 2024, après +1,3% au trimestre précédent, a indiqué le Haut-commissariat au plan (HCP) dans son dernier point de conjoncture. Selon les explications de l’institution publique, « cette évolution, attribuable, en partie, à un effet de base élevée, aurait résulté d’une hausse de 0,7% au lieu de +1,4% des prix des produits non-alimentaires et de 0,7% au lieu de +1% des prix des produits alimentaires. » D’après les données recueillies, les prix des produits frais auraient poursuivi leur décrue entamée au début de l’année passée (-0,7 en point de contribution à l’augmentation des prix au quatrième trimestre), sous l’effet de la baisse des prix des légumes frais, après les fortes hausses enregistrées au cours de la même période de 2023. Le HCP note que la diminution des cours internationaux des matières premières énergétiques aurait, pour sa part, induit une contribution négative de la composante énergétique à l’inflation globale (-0,1 point, contre +0,3 point au troisième trimestre). A l’inverse, poursuit l’institution, l’inflation sous-jacente aurait évolué à un rythme légèrement supérieur à celui réalisé un trimestre auparavant, soit +2,5% au lieu de +2,3%, se situant pour le quatrième trimestre consécutif au-dessus de l’inflation globale. Cette évolution s’explique par « la hausse des prix des produits alimentaires non frais, mais également à l’augmentation de 1,4% et 0,6% de ceux des services et des produits manufacturés », a conclu le Haut-commissariat. Martin Kam

Maroc. L’inflation alimentaire joue les prolongations

Maroc. L’inflation alimentaire joue les prolongations

Rien n’est encore gagné. Malgré la dynamique désinflationniste ininterrompue depuis trois trimestres (et) qui s’est poursuivie au cours du quatrième trimestre 2023, l’inflation reste au centre des préoccupations. En effet, d’après le Haut-commissariat au plan (HCP), «les prix seraient restés toujours supérieurs à ceux qui prévalaient avant la guerre en Ukraine, en dépit de l’atténuation des tensions sur les prix des matières premières». Au grand désespoir de nombreuses familles qui devront encore prendre leur mal en patience. C’est notamment le cas des produits alimentaires dont les prix auraient continué à évoluer à des niveaux encore élevés, a indiqué l’organisme public chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Les prix des produits alimentaires auraient continué à évoluer à des niveaux encore élevés HCP Ce constat est particulièrement vrai pour les prix des produits frais qui auraient affiché l’augmentation la plus élevée au quatrième trimestre (+17,3% sur un an), a fait remarquer le Haut-commissariat dans son point de conjoncture du quatrième trimestre 2023 et des perspectives pour le premier trimestre 2024. L’une des explications de cette persistance est que « le déficit pluviométrique chronique depuis plus de deux années et les chaleurs exceptionnelles auraient eu un impact négatif sur les rendements des cultures, induisant un resserrement de l’offre de produits agricoles sur le marché local et des pressions sur la formation de leurs prix». Il est important de noter que les données recueillies montrent que la progression annuelle de l’indice des prix à la consommation (IPC) aurait ralenti à +3,9% au dernier trimestre de l’année, après +4,9% au troisième trimestre et +6,8% au deuxième, a fait remarquer l’institution. Ce recul limité s’explique par la « progression moins soutenue des prix des produits alimentaires, s’établissant à +8,1% sur un an, après avoir atteint +10,7% au troisième trimestre et une évolution des prix des produits non-alimentaires au même rythme que lors du trimestre précédent, soit +1%, en glissement annuel », a-t-elle relevé dans son point de conjoncture. La bonne nouvelle, c’est l’apaisement de la hausse des prix qui aurait concerné toutes les composantes, à l’exception de l’énergie qui aurait affiché une baisse moins marquée que le trimestre précédent (-1,5%, après -5,1%). Toujours selon le HCP, «l’effet de base baissier, lié aux prix très élevés des produits pétroliers à la même période en 2022, aurait été, en partie, compensé par le renchérissement des prix des carburants au mois d’octobre». A souligner que l’inflation sous-jacente aurait poursuivi sa descente, passant de +5% au troisième trimestre à +3,6% au quatrième, profitant «de l’allègement des pressions inflationnistes sur les produits alimentaires, les produits manufacturés et les services, en lien avec le recul des prix de certaines matières premières importées ». Il est à rappeler que cette tendance à la baisse est également observée au niveau mondial. En effet, d’après le Haut-commissariat, les tensions inflationnistes se seraient relativement apaisées dans la plupart des économies avancées au quatrième trimestre de l’année écoulée. «Les taux d’inflation se seraient établis à 3,1% et 2,6% respectivement aux Etats-Unis et en zone Euro, au lieu de +3,5% et +5% au trimestre précédent», a-t-il rapporté dans sa note. Ainsi que le relève le HCP, en dépit du resserrement de l’offre mondiale pétrolière, suite à la décision de l’OPEP+ de prolonger les réductions de quotas de production jusqu’à la fin de l’année et à la guerre au Moyen-Orient, « le cours du pétrole brut aurait atteint 84 dollars le baril, en moyenne, au quatrième trimestre 2023, au lieu de 86,8 dollars un trimestre plus tôt». La note poursuit en ajoutant : «Hors énergie, les cours des produits agricoles auraient connu des évolutions contrastées. Ceux du blé et de l’huile de tournesol se seraient repliés de 30% et 29% respectivement, alors que ceux du sucre et du riz auraient augmenté de 33,7% et 36,9%, en variations annuelles». Soulignons enfin que sur l’ensemble de l’année 2023, l’inflation aurait atteint +6,1%, après +6,6% en 2022. Pour le Haut-commissariat, cela traduit «principalement le reflux des pressions inflationnistes importées et le maintien des tensions sur les prix des produits alimentaires locaux (produits frais, viandes, huile d’olive, etc.), sur fond du renchérissement des coûts de production (irrigation, engrais, aliments de bétail, etc)». En lien avec la progression plus soutenue des prix des services, l’inflation sous-jacente serait quant à elle passée de +5,8% en 2022 à +5,9% en 2023. Alain Bouithy

Maroc. La croissance de l’économie nationale se modérerait en ce début d’année

Maroc. La croissance de l’économie nationale se modérerait en ce début d’année

L’année 2024 s’ouvre sur des perspectives peu réjouissantes pour l’économie nationale, les dernières statistiques du Haut-Commissariat au plan (HCP) laissant entrevoir un ralentissement du rythme de la croissance au cours du premier trimestre. En effet, « la croissance économique nationale se modérerait au premier trimestre 2024 », a annoncé l’organisme public dans son point de conjoncture du quatrième trimestre 2023. Elle devrait s’établir à +2,4% au premier trimestre 2024, en rythme annuel, au lieu de +3,5% au cours de la même période de l’année antérieure, a-t-il indiqué expliquant que la reprise amorcée en fin 2023 se serait heurtée au retour de la sécheresse automnale. D’après le document, qui fait état de la situation des principaux indicateurs économiques observés pour le troisième trimestre et estimés pour le quatrième trimestre 2023, « le démarrage de la campagne agricole 2023/24 avait été caractérisé par un retard sensible de l’installation des cultures précoces ». En outre, en comparaison avec la même période d’une saison agricole normale, le Haut-Commissariat estime que le déficit pluviométrique des quatre premiers mois de la campagne aurait atteint 53%. L’institution estime toutefois que « la valeur ajoutée agricole pourrait enregistrer une amélioration de 0,5%, en variation annuelle, si les conditions pluviométriques se réajustent au régime d’une saison normale, notamment au cours du premier trimestre 2024 ». Selon les prévisions du HCP, hors agriculture, la croissance se maintiendrait au rythme de 2,9%, portée par la progression continue des activités des secteurs secondaires, notamment les industries chimiques, la fabrication de matériel de transport et l’industrie automobile. De son côté, « la valeur ajoutée des industries extractives poursuivrait son redressement, affichant une augmentation de 9,4% en variation annuelle, au lieu de -11,8% un an auparavant », a poursuivi l’institution notant que l’évolution des services serait plus modérée, tout en conservant une contribution significative à la croissance économique, soit 1,6 point, comparativement à 0,5 point pour le secteur secondaire. La demande intérieure demeurerait le principal moteur de la croissance Fortement ressentie dans les régions rurales en raison de conditions climatiques défavorables, la décélération des revenus impacterait les dépenses des ménages.Le Haut-Commissariat prévoit néanmoins qu’elle serait quelque peu atténuée par l’accroissement des transferts publics, notant qu’en variation annuelle, la consommation des ménages devrait enregistrer une hausse de 1,2% au premier trimestre 2024. Toujours selon les prévisions de l’organisme, « la demande intérieure serait, également, tirée par l’amélioration des dépenses de consommation des administrations publiques, qui devraient, en outre, renforcer leurs investissements durant cette période ». En revanche, dans un contexte de maintien de la hausse des coûts de financement bancaire, les investissements des entreprises non financières ralentiraient au cours de cette même période, ressort-il de son point de conjoncture. S’agissant des échanges extérieurs à l’activité économique, leur contribution demeurerait négative pour le troisième trimestre consécutif, amputant ainsi la croissance économique globale de 1,8 point. La croissance du volume des exportations de biens et services ralentirait à 11,4% au premier trimestre 2024, contre 15,5% au trimestre précédent, en raison du ralentissement des services. Et ce, malgré la solidité de la demande étrangère pour les produits automobiles et la progression continue des exportations de dérivés du phosphate. Quant à celle des importations, elle « resterait soutenue, stimulée par l’amélioration de la demande intérieure et la relance des achats en demi-produits ». L’inflation poursuit son processus de décélération mais peine à retrouver son niveau d’avant 2022  Bine qu’elle se replie, l’inflation globale peine à retrouver son niveau d’avant-2022, a constaté le Haut-Commissariat estimant qu’elle aurait de nouveau diminué, au quatrième trimestre 2023. Sur l’ensemble de l’année 2023, l’inflation aurait atteint +6,1%, après +6,6% en 2022, traduisant principalement le reflux des pressions inflationnistes importées et le maintien des tensions sur les prix des produits alimentaires locaux, sur fond du renchérissement des coûts de production, d’après le HCP. Quant à l’inflation sous-jacente, elle serait passée de +5,8% en 2022 à +5,9% en 2023, en lien avec la progression plus soutenue des prix des services. Alain Bouithy

Maroc: Reprise du commerce extérieur au deuxième trimestre

Maroc: Reprise du commerce extérieur au deuxième trimestre

ECONOMIE. Les exportations des biens et services, en volume, se seraient redressées de 31% en variation annuelle, au deuxième trimestre 2021, après la chute de 32,3% enregistrée au même trimestre un an auparavant, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Profitant de la reprise de la demande extérieure et d’un effet-prix à l’export haussier, les exportations des biens auraient été portées par l’amélioration des ventes extérieures de l’automobile dans ses segments construction et câblage (voitures de tourisme), de celles des industries électriques et électroniques, de l’agriculture, l’agro-alimentaire et de la pêche (crustacés et poissons frais, fruits frais, conserves de légumes), souligne l’institution publique dans son point de conjoncture du deuxième trimestre 2021. Les exportations de l’aéronautique auraient, pour leur part, montré quelques signaux de reprise, après quatre trimestres de baisses successives. L’accroissement des ventes extérieures en valeur de l’industrie chimique aurait, pour sa part, résulté de l’augmentation des prix à l’export des dérivés du phosphate, en ligne avec le renchérissement des cours mondiaux des engrais. Les importations de biens et services, en volume, se seraient, pour leur part, redressées de 26% au deuxième trimestre 2021, après cinq trimestres successifs de baisse, sans toutefois atteindre le niveau d’avant pandémie. Ce regain de dynamisme incombe à la reprise de la demande intérieure combinée à un effet de rattrapage, après la baisse de 25,7% enregistrée au même trimestre de 2020. En valeur, les importations de biens auraient, en plus, subi un renchérissement des prix à l’import, en particulier ceux des matières premières. La facture énergétique aurait plus que doublé, alimentée par la hausse des importations des gasoils et fuels, du gaz de pétrole et autres hydrocarbures dont les prix moyens à l’import auraient augmenté de plus de 65%. En revanche, celle des produits alimentaires se serait allégée, sous-tendue par le recul des achats de blé, des tourteaux et du sucre. Hors énergie et alimentation, la hausse des importations de biens aurait été attribuable à la reprise des achats des biens de consommation (voitures de tourisme et leurs pièces détachées, tissus et fils de coton, étoffes de bonneterie, vêtements confectionnés), des demi-produits (matières plastiques, produits chimiques, demi-produits en fer ou en acier), des biens d’équipement industriel (voitures utilitaires, appareils pour la coupure ou la connexion des circuits électriques et résistances, appareils électriques pour la téléphonie, moteurs à pistons et autres moteurs, fils et câbles électriques) et des produits bruts (ferraille, cuivre, fonte, fer, acier et autres minerais).