Sécurité alimentaire : les États-Unis et le PAM explorent de nouvelles pistes de coopération au Congo

Sécurité alimentaire : les États-Unis et le PAM explorent de nouvelles pistes de coopération au Congo

La Chargée d’Affaires de l’Ambassade des États-Unis en République du Congo (Brazzaville), Amanda Jacobsen, a rencontré, le mardi 7 avril, le Représentant et Directeur pays du Programme alimentaire mondial (PAM), Gon Myers. Cette rencontre a permis de discuter de la collaboration en cours et des priorités communes en matière de sécurité alimentaire et d’éducation en République du Congo, indique un communiqué de l’ambassade. La discussion a mis en lumière l’importance des programmes d’alimentation scolaire pour améliorer l’accès à l’éducation, soutenir le bien-être des élèves et renforcer la résilience des communautés, souligne la même source ajoutant que les deux parties ont échangé leurs points de vue sur la pérennisation de l’impact et l’exploration de nouvelles voies de partenariat. Martin Kam

Le PAM alerte sur une baisse drastique de l’assistance alimentaire au Cameroun, faute de financement

Le PAM alerte sur une baisse drastique de l’assistance alimentaire au Cameroun, faute de financement

Un demi-million de réfugiés et de personnes vulnérables au Cameroun risquent de se retrouver sans assistance alimentaire et nutritionnelle dans les semaines à venir alors que les ressources atteignent des niveaux critiques, a averti (mardi 19, Dnr) le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM). Sans un nouveau financement urgent, le PAM sera contraint, à la fin du mois d’août, de suspendre l’aide alimentaire vitale, destinée à 240 000 personnes ayant fui les conflits au Cameroun. Par ailleurs, plus de 200 000 enfants, femmes enceintes et mères allaitantes perdront un soutien nutritionnel essentiel, alors que les repas scolaires destinés à 60 000 enfants seront suspendus, ce qui mettra en péril leur santé, leur éducation et leur avenir. « Nous avons atteint un point critique », a déclaré Gianluca Ferrera, Directeur pays du PAM au Cameroun. « Sans financement immédiat, des enfants souffriront de la faim, des familles seront touchées et des vies seront perdues. » L’assistance alimentaire apportée aux réfugiés présents sur le territoire camerounais a déjà été réduite en raison de l’épuisement des ressources. En juillet, le PAM a été contraint d’interrompre son assistance à 26 000 réfugiés nigérians du camp de Minawao, dans le nord du Cameroun. Les réfugiés centrafricains du camp de Gado, dans l’est du pays, ne reçoivent désormais que la moitié de leurs besoins alimentaires quotidiens. Les familles sont alors contraintes d’adopter des stratégies de survie négatives, comme sauter des repas ou vendre leurs maigres possessions pour pouvoir se nourrir. En 2025, le PAM a fourni une assistance alimentaire vitale à 523 000 personnes, dont des familles de déplacés internes, des réfugiés nigérians et centrafricains, ainsi que des personnes vulnérables au sein des communautés d’accueil. Près de 300 000 femmes et enfants ont également reçu un soutien nutritionnel et des repas scolaires. Ce soutien a permis de stabiliser les communautés, d’améliorer les résultats scolaires et éducatifs des enfants et d’éviter l’aggravation de la faim dans certaines des régions les plus fragiles du Cameroun. Sans financement immédiat, ces progrès seront réduits à néant.  « Ces coupes budgétaires aggraveront la sécurité alimentaire à court terme et auront également des répercussions à long terme pour le pays », a averti Ferrera. « La suppression des repas scolaires risque de réduire à néant les progrès durement acquis dans le domaine de l’éducation, notamment en matière de fréquentation et de rétention scolaires. Il s’agit d’un moment crucial pour protéger les plus vulnérables, préserver les progrès accomplis et éviter une crise plus grave. » Environ 2,6 millions de personnes devraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2025, soit une augmentation de 6 % par rapport à la même période de l’année 2024, d’après les estimations du Cadre Harmonisé d’analyse de la sécurité alimentaire réalisées en mars 2025. Les régions de l’Extrême-Nord et du Nord-Ouest représentent la plus grande partie de la population en situation d’insécurité alimentaire. Un financement supplémentaire de 65,5 millions de dollars est indispensable pour continuer à fournir une aide vitale durant les six prochains mois, soit d’août 2025 à janvier 2026. PAM

Les opérations du PAM menacées d’interruption au Tchad alors que les réfugiés fuient les tueries perpétrées au Darfour

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies alerte aujourd’hui sur un arrêt imminent de son assistance alimentaire et nutritionnelle à 1,4 million de personnes touchées par la crise au Tchad – dont les nouveaux réfugiés soudanais – en raison de contraintes financières. Cette décision intervient alors que les agences humanitaires se démènent pour répondre aux besoins d’une nouvelle vague de réfugiés fuyant une crise humanitaire inimaginable dans le Darfour voisin et dont les rapports font état de tueries, viols et destructions massives. Au cours des six derniers mois de conflit au Soudan, autant de réfugiés ont fui vers le Tchad que ceux ayant franchi la frontière au cours des 20 dernières années, depuis le début de la crise du Darfour en 2003. Ce chiffre porte le nombre total de réfugiés au Tchad à plus d’un million, faisant du pays l’hôte de l’une des populations de réfugiés les plus importantes et à la croissance la plus rapide de tout le continent africain. « Cette crise oubliée s’est aggravée alors que le monde a les yeux rivés sur d’autres situations d’urgence. Il est effrayant de constater que le nombre de Darfouriens ayant fui vers le Tchad au cours des six derniers mois a été plus élevé qu’au cours des 20 dernières années. Nous ne pouvons permettre au monde de voir s’arrêter nos opérations d’assistance vitale au Tchad », a déclaré Pierre Honnorat, directeur du PAM au Tchad. « La peur et le désespoir sont perceptibles dans les yeux de ceux qui traversent la frontière sans rien sauf avec des récits déchirants de violence. Ensemble, nous devons trouver un moyen de soutenir les femmes, enfants et hommes qui subissent de plein fouet les conséquences de cette crise. Réduire notre aide n’est tout simplement pas une option, car cela aurait des conséquences incalculables pour des millions de personnes et mettrait en péril des années d’investissement dans la lutte contre la faim et la malnutrition au Tchad », a averti M. Honnorat. La réduction des fonds et la montée en flèche des besoins humanitaires immenses obligent le PAM à prendre des décisions difficiles. En décembre, le PAM sera contraint de suspendre son assistance aux personnes déplacées et aux réfugiés du Nigeria, de la République centrafricaine et du Cameroun en raison de l’insuffisance des fonds. À partir de janvier 2024, cette suspension sera étendue à 1,4 million de personnes au Tchad, notamment les nouveaux réfugiés du Soudan qui ne recevront pas de nourriture. Des millions de personnes au Tchad sont déjà confrontées à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition – en particulier les enfants – en raison d’une confluence de calamités, notamment l’impact de la crise climatique, la situation de l’économie mondiale qui font grimper les prix des denrées alimentaires et des carburants, la baisse de la production agricole et les tensions intercommunautaires. La crise des réfugiés qui se développe accentue la pression sur les communautés en situation d’insécurité alimentaire qui ont déjà du mal à s’en sortir. En août de cette année, le PAM n’a pu fournir une aide qu’à 1 million de personnes sur les 2,3 millions qu’il avait ciblées, laissant 1,3 million de personnes sans assistance au plus fort de la période de soudure, lorsque la faim sévit le plus durement. La malnutrition est également une préoccupation majeure, avec 1,36 million d’enfants de moins de cinq ans, soit 8,6 %, souffrant de malnutrition. La situation  des réfugiés est encore plus préoccupante : 90 % des nouveaux arrivants, 77 % des réfugiés préexistants et 67 % des communautés locales font état d’une consommation alimentaire faible ou à la limite de l’acceptable, selon la dernière évaluation de la sécurité alimentaire en situation d’urgence menée dans l’Est du Tchad. « La réduction de l’aide ouvre la voie à des crises nutritionnelles, à des crises d’instabilité et à des crises de déplacement », a averti M. Honnorat. Une récente évaluation de la sécurité alimentaire réalisée par le PAM a révélé que 40 % des personnes déplacées à l’intérieur du pays ont une consommation alimentaire insuffisante, ce qui représente une baisse importante par rapport aux 14 % enregistrés en 2022. Nombre d’entre elles ont recours à des mesures désespérées pour faire face à la situation, comme la vente de leurs biens ou la mendicité. Pour assurer un soutien continu aux populations touchées par la crise au Tchad au cours des six prochains mois, le PAM a besoin d’urgence de 185 millions de dollars.

Madagascar : le PAM et le gouvernement s’associent pour transformer des communautés rurales dans le sud

Madagascar : le PAM et le gouvernement s’associent pour transformer des communautés rurales dans le sud

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et le gouvernement malgache ont lancé un projet innovant qui vise à développer des communautés rurales dans les régions d’Androy et d’Anosy, au sud de Madagascar. Dans le cadre de l’initiative de transformation rurale rapide (RRT), le PAM et ses partenaires établissent des centres alimentés à l’énergie solaire, une source d’eau durable et des technologies de l’information et de la communication dans des zones reculées permettant la fourniture de services essentiels tels que l’énergie, l’eau et les plateformes numériques aux membres de la communauté, d’une manière écologiquement responsable et durable, a précisé l’agence onusienne dans un communiqué de presse.  Le hub, qui est géré par les autorités régionales, permet à divers partenaires de mettre en place des services communautaires intégrés tels que des centres de formation pour les femmes et les jeunes sur la production alimentaire et les compétences commerciales, ainsi que des salles de classe numériques, tout en améliorant la production agricole grâce à l’irrigation goutte à goutte à énergie solaire et la culture hydroponique.  « Avec ce projet pilote, nous faciliterons la transformation rurale même dans des zones géographiquement isolées, grâce à la fourniture d’eau potable pour l’irrigation, l’exploitation d’établissements de soins de santé, l’expansion des opportunités entrepreneuriales et le développement de leurs chaînes de valeur agricoles », explique Jocelyn Raharimbola, Gouverneur de la région d’Anosy. « Après des années d’insécurité alimentaire, les données sur le terrain montrent une amélioration de la situation nutritionnelle grâce aux interventions d’urgence et à la collaboration avec des agences telles que le PAM ». Au coeur de la crise climatique  Madagascar fait partie des dix pays les plus vulnérables aux catastrophes dans le monde et est considéré comme le pays le plus exposé aux cyclones en Afrique. Les régions d’Androy et d’Anosy sont au cœur de la crise climatique et connaissent des taux élevés de malnutrition chronique chez les enfants de moins de cinq ans. Les régions sont affectées par des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les cyclones, les tempêtes et les sécheresses.  L’initiative de transformation rurale rapide combine deux stratégies d’atténuation des risques climatiques pour aider les populations : une meilleure gestion des ressources naturelles grâce à des techniques agricoles améliorées pour assurer une production alimentaire continue et la diversification de leurs moyens de subsistance pour résister aux chocs climatiques.  « L’initiative change la donne », déclare Pasqualina di Sirio, Directrice du PAM à Madagascar. « En collaboration avec le gouvernement, l’approche des services intégrés nous aide à stimuler le développement à la base, tout en répondant aux besoins les plus pressants des communautés rurales. Notre plan est d’étendre l’initiative à d’autres villages et régions ».  Environ 2,2 millions de personnes dans les régions du sud et du sud-est de Madagascar connaissent des niveaux élevés d’insécurité alimentaire pendant la période précédant la récolte jusqu’en avril 2023.  Le PAM travaille avec le gouvernement et ses partenaires pour mettre en place une réponse efficace aux crises, une protection sociale, une prévention de la malnutrition et des systèmes de subsistance résilients grâce à des actions et des approches innovantes dans le sud, où la population reste très vulnérable.

Congo/Action sociale : Une enveloppe financière en faveur des vulnérables débloquée par l’Allemagne

Congo/Action sociale : Une enveloppe financière en faveur des vulnérables débloquée par l’Allemagne

L’Allemagne a débloqué, le 25 août 2021, des fonds à hauteur de plus d’un milliard FCFA destinés aux activités d’urgence et de relèvement menées par le Programme alimentaire mondial (PAM) au Congo. La ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire a salué l’élan de solidarité affichée par l’Allemagne en faveur des vulnérables en terre congolaise. Un geste qui, selon elle, s’inscrit dans le cadre de la politique nationale d’action sociale. Cette enveloppe est ainsi destinée aux vulnérables et réfugiés dans les départements de la Lékoumou, de la Likouala, des Plateaux et du Pool. Ledocument de réception a été signé par la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Irène Mboukou-Kimbatsa, en présence du chargé d’affaires de l’ambassade de l’Allemagne au Congo, Jonas Wiesenecker et de la représentante du PAM, Anne-Claire Mouilliez. Pour la représentante du PAM, cette enveloppe permettra d’assister environ 27 000 réfugiés demandeurs d’asile, la population locale qui les accueillent, notamment les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, dans le cadre de la prévention contre la malnutrition. Cette initiative qui s’étend jusqu’en décembre 2022 concernent les communautés ciblées, dans le cadre de cette activité et bénéficieront des transferts monétaires, de la réhabilitation des périmètres maraîchers, des vivres. Prenant la parole, le chargé d’affaires de l’ambassade de l’Allemagne a fait savoir que l’aide apportée par son pays vise à remédier, entre autres, à la détérioration de la situation alimentaire provoquée par des phénomènes météorologiques.   Florent Sogni Zaou

Madagascar : le PAM distribuera plus de 800 tonnes de vivres financés par la Banque africaine de développement

La Banque africaine de développement a accordé une aide financière de 686 000 dollars américains au Programme alimentaire mondial (PAM) pour apporter une aide alimentaire à des milliers de personnes au sud de Madagascar. Ce soutien intervient à un moment critique pour cette région de Madagascar, frappée par la pire sécheresse depuis 40 ans. Plus de 1,44 million de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë et se retrouvent sans nourriture. Ce chiffre est le double de celui de l’année dernière à la même époque et la crise continue de s’aggraver. « Nous sommes reconnaissants à la Banque africaine de développement pour sa générosité. Ce soutien confirme son engagement à assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle du peuple malgache, qui est vital pour le développement du pays », a déclaré Moumini Ouédraogo, représentant du PAM à Madagascar. Depuis novembre 2020, le nombre de personnes touchées par la faim a augmenté d’environ 95 000 individus, selon des données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, une initiative multipartenaire de veille sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Cette contribution de la Banque africaine de développement permettra au PAM d’apporter à environ 72 000 personnes une assistance alimentaire vitale pendant trois mois (de mai à juillet) dans le sud de Madagascar. L’aide comprend notamment 510 tonnes de riz, 195 tonnes de légumineuses, 78 tonnes d’huile végétale, 34 tonnes de supercéréales et 14,24 tonnes de suppléments nutritionnels. L’appui de la Banque africaine de développement s’ajoute à ceux d’autres partenaires. Le PAM a commencé à fournir une assistance intégrée en octobre 2020, combinant la distribution générale de nourriture avec la prévention et le traitement de la malnutrition modérée à aiguë dans les neuf districts les plus touchés par la sécheresse dans le sud de Madagascar.

RD Congo/Italie : Funérailles grandioses de Luca Attanasio et de son garde du corps

RD Congo/Italie : Funérailles grandioses de Luca Attanasio et de son garde du corps

Le peuple italien a pleuré ce jeudi 25 février ses deux fils ayant péri tout récemment dans l’attaque du convoi de PAM à quelques kilomètres de Goma. Des cérémonies grande nature conjuguées à la procession solennelle du cortège funèbre dans des lieux symboliques de la république italienne constituent un signal clair que le gouvernement italien a voulu faire passer le message selon lequel ce double meurtre a touché au cœur de l’état italien. C’est le premier message que j’ai pu percevoir entre les lignes. Et que sera la suite post funérailles? C’est le Ministre italien des Affaires étrangères qui nous en donne le ton, via sa communication devant les parlementaires italiens dont voici les points saillants : – « La mission de l’ambassadeur italien à l’Est du Congo s’est déroulée à l’invitation des Nations Unies. Donc le parcours en voiture s’est également déroulé dans le cadre de l’organisation prévue par le PAM ». -Nous avons formellement demandé au PAM et à l’ONU l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur ce qui s’est passé, les raisons justifiant le dispositif de sécurité mis en place et à qui incombe la responsabilité de ces décisions ». – « Nous avons aussi expliqué que nous attendions, le plus rapidement possible, des réponses claires et exhaustives », a-t-il ajouté. – Il a souligné que le parquet de Rome a ouvert une enquête et dépêché sur place à Goma une équipe d’enquêteurs appartenant à un corps spécial des carabiniers, le ROS. -Nous attendons de l’agence un rapport approfondi sur tout élément utile au programme de la visite et aux mesures de sécurité adoptées pour protéger la délégation », a insisté M. Di Maio devant les députés. Par Germain Nzinga (chercheur indépendant)

RD Congo. Accuser les FDLR pour masquer le visage et les mobiles du tueur…

RD Congo. Accuser les FDLR pour masquer le visage et les mobiles du tueur…

OPINION. Deux jours après l’assassinat de l’ambassadeur italien dans l’Est du Congo, le voile devient encore plus épais et les questions plus nombreuses que les réponses au regard des communications discordantes des uns et des autres. « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pas pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière d’un convoi ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays », c’est en ces termes que s’exprime le gouvernement congolais via le communiqué de son Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Si j’ai bien compris le contenu du communiqué, les officiels congolais affirment donc ignorer la présence de PAM et de ses accompagnateurs dont l’ambassadeur assassiné dans la juridiction sous leur pouvoir. Ils ne reconnaissent pas être au courant de ce voyage qui s’est soldé par l’assassinat de trois personnes. Ce que nie catégoriquement la direction de PAM qui a fait savoir dans un communiqué que l’attaque s’est produite sur une route sur laquelle le convoi a été autorisé officiellement à circuler SANS ESCORTE. Sur base des vidéos-amateurs réalisées par les témoins de l’événement d’hier à quinze kilomètres de Goma, beaucoup de points d’interrogation surgissent. – Le convoi de PAM était composé de deux véhicules, pourquoi les assaillants se sont-ils seulement acharnés sur la jeep qui transportait l’ambassadeur ? -De quelle autorité de l’Etat congolais émanait l’autorisation de faire circuler le convoi de PAM sans aucune escorte militaire dans une zone à haut risque comme celle-là? – Selon les témoignages des villageois qui ont assisté à la scène du meurtre, les assaillants ayant chargé le véhicule étaient à quasi 50 mètres de la route et juste à côté du marché public. « La population voit les kidnappers habillés un en rouge, l’autre en blanc et qui ont enlevé leurs habits puis mettre les tenues des policiers. Njoo bale! » criaient les villageois sur le lieu du crime pour vouloir dire « Bango wana”, “les voilà “. Une indication claire démontrant que les tueurs sont bien identifiés par des villageois lorsqu’ils les ont vus changer, à peine à quelques mètres du lieu du crime, leurs vêtements en tenue de la police congolaise. Cette scène a été filmée. Cette stratégie consistant à se cacher sous l’identité des forces armées congolaises est décrite abondamment par des spécialistes de la guerre de l’Est dont Boniface Musavuli comme le mode opératoire des soldats rwandais à Beni, Rutsuru et autres zones chaudes de conflit à l’Es du Congo. – Ceci dit, sur base de quelles preuves, les officiels congolais attribuent-ils ce forfait à des forces terroristes dont les FDLR bien avant même qu’une quelconque enquête sérieuse n’ait été faite sur ce sujet très sensible? Et pourtant le communiqué des FDLR daté d’hier lundi 22 février 2021 a mis les point sur les i. Il nie fermement l’implication des FDLR dans l’attaque qui a résulté en la mort de l’ambassadeur italien. Il fournit en même temps des détails très révélateurs : « Des sources concordantes, le convoi de l’ambassadeur a été attaqué dans une zone dite des « trois antennes » près de Goma sur la frontière avec le RWANDA non loin d’une position des FARDC et des militaires rwandais des Forces des Défenses rwandaises. Les responsabilités de cet ignoble assassinat sont à chercher dans les rangs de ces deux armées et leurs sponsors qui ont noué une alliance contre-nature pour pérenniser le pillage de l’Est de la RDC ». De l’avis des spécialistes de la sécurité du Nord-Kivu, c’est depuis très longtemps que les FDLR avaient quitté cette zone du parc de Virunga mise sous contrôle des groupes armés notamment Nyatura et des membres de l’Ex-M23 d’obédience pro-rwandaise. Il ne faut pas rester naif suite à la communication actuelle des ennemis du Congo qui veulent créer la diversion pour masquer leur plan secret. Dans les jours à venir, les enquêteurs auront beaucoup gagné à focaliser leur attention sur la vitesse avec laquelle on a voulu établir trop tôt la responsabilité des FDLR dans le crime crapuleux d’hier lundi. C’est là où se trouve le noeud de l’intrigue et la clef de l’énigme de l’assassinat de l’ambassadeur italien. Les stratèges ont visé ce « gros poisson » pour marquer les esprits de l’opinion internationale, pour ainsi remettre au devant de la scène internationale la présumée dangerosité des FDLR et l’urgence pour l’armée rwandaise de venir neutraliser les forces négatives agissant juste à la porte de leur maison. Contrairement à toutes les hypothèses avancées sur la guerre des “clans” dans l’exploitation de minerais au parc de Virunga, je crois comprendre que cet assassinat a pour objectif principal de servir d’argument solide pour créer une fausse crise en vue de légitimer l’entrée de Forces de Défenses Rwandaises sur le territoire congolais au motfi de venir chasser les FDLR menaçant de nouveau la securité intérieure du Rwanda. Entrée, ai-je dit ? Mais non! Puisqu’elles y sont déjà depuis des lustres avec la bénédiction des autorités de Kinshasa et considèrent cette partie du territoire congolais comme déjà une partie intégrante du Rwanda. Il faudra juste donner une certaine légitimité à cette vieille présence. Et cet assassinat suscitant les réactions internationales en constitue bien une grande aubaine. Accuser les FDLR sert juste de faux-fuyant pour masquer le visage du veritable tueur, de son commanditaire et de ce à quoi aura à servir ce meurtre. Les mobiles du crime, voilà qui doit préoccuper l’opinion congolaise. Car, dans les jours qui viennent, l’assassinat de l’ambassadeur italien pourra se révéler comme un arbre qui cache la forêt. Il pourra juste servir de détonateur à un autre vaste plan en voie d’exécution, capable d’entraîner cette fois-ci plusieurs milliers des morts et une nouvelle configuration politique. Restons vigilants! Par Germain Nzinga