La recomposition des chaînes de valeur mondiales, un atout à saisir pour le Maroc

La recomposition des chaînes de valeur mondiales, un atout à saisir pour le Maroc

Les rivalités sino-américaines offrent de nouvelles perspectives à l’économie nationale ECONOMIE. « Les tensions sino-américaines ont profondément modifié la structure du commerce mondial », accentuant la fragmentation des flux, la reconfiguration des chaînes de valeur et les incertitudes géo-économiques, souligne le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa récente publication, « Maroc Conjoncture » du mois de janvier 2025 (N°386). Mais loin d’être uniquement une source de perturbations, elles « ouvrent une fenêtre d’opportunité pour le Maroc », affirme l’Observatoire privé précisant que celle-ci ne se concrétisera qu’à condition de renforcer la capacité d’attraction du pays et sa résilience industrielle. La fragmentation accélérée du commerce mondial a profondément redessiné les chaînes de valeur internationales. La multiplication des mesures restrictives a perturbé les réseaux de production dominés par la Chine, pilier de la mondialisation industrielle. Les multinationales évoluent désormais dans un environnement plus instable, « marqué par la hausse des coûts logistiques, la diversification des fournisseurs et la nécessité de réduire la dépendance excessive envers un seul pays ou un seul pôle industriel », fait remarquer le CMC. Pour le CMC, la fenêtre d’opportunité ne pourra être pleinement exploitée qu’en consolidant l’attractivité du Royaume et sa résilience industrielle Ce contexte a favorisé l’émergence de nouvelles stratégies. Le nearshoring et le friend-shoring encouragent la relocalisation vers des régions politiquement ou économiquement fiables. De plus en plus adopté par les multinationales asiatiques, le modèle «China+1» consiste à maintenir une présence en Chine tout en développant des capacités industrielles dans d’autres pays jugés sûrs. Et si l’Asie du Sud-Est en bénéficie largement, la Méditerranée, l’Europe de l’Est et l’Afrique du Nord gagnent également en attractivité. Un atout comparatif majeur pour le Maroc Notons, par ailleurs, que l’émergence des politiques industrielles américaines et européennes, axées sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement critiques, redéfinit les priorités d’investissement et crée de nouvelles opportunités pour des pays stables dotés d’un environnement logistique performant et proche des marchés européens. «Ce qui constitue un avantage comparatif majeur pour le Maroc », estime le CMC. Dans ce contexte, le Maroc se trouve à un carrefour stratégique. Grâce à sa stabilité politique, à ses accords de libre-échange étendus, à la performance de ses infrastructures logistiques, notamment le hub de Tanger Med, à sa proximité immédiate avec l’Europe ainsi qu’à la montée en compétence de ses ressources humaines et à l’essor des écosystèmes industriels structurés, le Maroc dispose d’atouts solides « pour capter les délocalisations liées à la reconfiguration mondiale », souligne le Centre, convaincu que cette nouvelle donne mondiale pourrait ainsi constituer une véritable opportunité d’accélération industrielle et de montée en gamme pour l’économie marocaine. Concrètement, le Royaume peut bénéficier du mouvement de relocalisation partielle des chaînes de valeur, notamment dans l’automobile, le textile, l’électronique et les industries électriques, estime le CMC expliquant que la stratégie « China+1 » des multinationales asiatiques, tout comme les politiques européennes de réduction des dépendances stratégiques, renforcent l’attractivité du pays comme plateforme de production et de transformation. L’Observatoire prévient cependant que ces opportunités s’accompagnent de risques importants. Explication : « La dépendance persistante aux intrants asiatiques expose l’industrie marocaine aux fluctuations des prix mondiaux, aux ruptures logistiques et aux tensions géopolitiques », indique-t-il dans sa publication. Le Centre craint, par ailleurs que « l’intensification de la concurrence entre pays émergents (notamment en Afrique et en Méditerranée) complique la capacité du Maroc à se distinguer, d’autant que les exigences technologiques et environnementales s’intensifient ». Ce n’est pas tout, la montée des politiques industrielles protectionnistes en Europe et aux Etats-Unis impose une adaptation constante aux nouvelles normes, incitations et restrictions. Quoi qu’il en soit, « le Maroc se retrouve à un moment charnière où la fragmentation de l’économie mondiale peut constituer un puissant moteur d’intégration productive », ajoute le Centre. Mais pour cela, il doit consolider ses chaînes de valeur locales, accélérer la montée en gamme technologique et approfondir ses politiques publiques « visant à renforcer la souveraineté industrielle, tout en diversifiant les partenaires économiques ». Cette dynamique, si elle est bien anticipée, pourrait permettre au Maroc de transformer un choc géo-économique global en levier de compétitivité, conclut l’Observatoire. Alain Bouithy

Naples : Les nouvelles perspectives excitantes pour Osimhen, révélées par la presse nigériane

Naples : Les nouvelles perspectives excitantes pour Osimhen, révélées par la presse nigériane

FOOTBALL. Victor Osimhen, dont la saison 2022-2023 a été tout simplement exceptionnelle, était sur le point de prolonger son séjour à Naples. Cependant, le jeune attaquant talentueux (24 ans) pourrait peut-être également prendre la direction de l’Arabie saoudite… C’est du moins ce que suggère Soccernet.ng ce lundi, un site d’informations nigérian étroitement lié au cercle d’Osimhen. Selon cette source, il semblerait qu’un accord ait déjà été conclu entre le numéro 9 de Naples et le club saoudien d’Al-Hilal, avec un salaire attrayant de 40 millions d’euros nets par saison. De plus, le quotidien italien La Repubblica rapporte que l’équipe saoudienne serait prête à présenter une offre de 140 millions au Napoli afin d’acquérir le talentueux international nigérian (24 sélections, 15 buts). Si Osimhen rejoint cette formation de la Saudi Pro League, il partagera le terrain avec des coéquipiers aussi prestigieux que Kalidou Koulibaly (ancien de Chelsea) du Sénégal, Moussa Marega (ancien de Porto) du Mali, Malcom (ancien du Barça) du Brésil, et même Sergej Milinković-Savić (ancien de la Lazio) de Serbie, qui a lui aussi rejoint cet été le club saoudien en provenance de la Serie A. Et tout cela à seulement 24 ans… Victor Osimhen a brillé de mille feux la saison dernière, jouant un rôle crucial dans la conquête du premier Scudetto de Naples en 33 ans. Son incroyable talent de buteur (26 réalisations en Serie A) et son potentiel indiscutable font de lui l’une des étoiles montantes parmi les attaquants de sa génération. Avec sa vitesse éblouissante et sa finition redoutable, Osimhen est destiné à décrocher de nombreux trophées de prestige. Son avenir s’annonce radieux et prometteur, ce qui rendrait d’autant plus regrettable son départ pour le Golfe, d’autant plus qu’il a d’abord eu des difficultés à s’imposer en Europe. Néanmoins, la décision lui appartient en définitive, et bien qu’il soit lié contractuellement à Naples jusqu’en 2025, son départ semble de plus en plus plausible et imminent. Ya Willy.

Nouvelles perspectives sur l’économie marocaine pour libérer le potentiel de croissance

Nouvelles perspectives sur l’économie marocaine pour libérer le potentiel de croissance

Les cinq plus grandes économies de l’Afrique – l’Algérie, l’Égypte et le Maroc, figures de proue de l’Afrique du Nord, ainsi que le Nigeria et l’Afrique du Sud en Afrique subsaharienne, ont enregistré une croissance consolidée plus lente que le reste du continent, rendant ainsi plus difficile l’amélioration des conditions de vie pour 400 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté en Afrique. Cette étude approfondie de McKinsey, intitulée « Réimaginer la croissance économique en Afrique : transformer la diversité en opportunités », examine minutieusement la performance économique de chaque pays africain ainsi que celle les secteurs économiques clés. Elle met en évidence les succès enregistrés par certains pays du continent tout en identifiant les nombreux obstacles à la croissance et en proposant diverses solutions capables de permettre à l’Afrique d’exploiter pleinement sa grande diversité et de relancer sa croissance, et ce après une décennie entière de ralentissement. L’étude révèle que ces cinq principales économies africaines ont engendré à elles seules près des trois quarts du PIB de l’Afrique en 2019. Malgré un début de décennie marqué par une hausse significative des investissements et des exportations, leur croissance ultérieure a rapidement été freinée par de nombreux facteurs. A titre d’exemple, le Maroc figure parmi les 13 pays africains que l’étude regroupe sous l’appellation « ralentissements récents », à savoir, ces économies qui constituent plus de la moitié des exportations de matières premières du continent, et qui ont affiché une croissance économique supérieure à la moyenne continentale durant la première décennie du nouveau millénaire, mais dont la croissance s’est essoufflée entre 2010 et 2019. L’Algérie, quant à elle, est considérée par l’étude comme étant un pays à « croissance lente », avec une économie qui croit faiblement depuis 2000. Toutefois, cette tendance au ralentissement n’est pas représentative de l’ensemble du continent. En effet, l’étude réalisée par McKinsey insiste sur la pluralité africaine et met en lumière que près de la moitié de la population du continent réside dans des pays ayant connu une croissance économique soutenue ces vingt dernières décennies. Ces économies, en majorité de taille moyenne et situées en Afrique de l’Est et de l’Ouest, ont enregistré en moyenne une croissance annuelle du PIB de plus de 4 %. Selon Mehdi Lahrichi, directeur associé du bureau de McKinsey à Casablanca : « il n’y a pas « une seule Afrique« , car les niveaux de progrès économique, de croissance démographique, de taux d’urbanisation et de productivité diffèrent considérablement à travers le continent. Ainsi, alors que des pays comme le Maroc, l’Égypte et la Tunisie ont atteint une électrification urbaine quasi-totale, une centaine de millions de citadins africains restent privés d’électricité ». Tirer pleinement parti du potentiel d’augmentation de la productivité Avec un rythme d’urbanisation parmi les plus rapides de la planète et une population active et consommatrice en plein essor, l’Afrique, malgré une performance décevante au cours de la dernière décennie, est désignée par le rapport comme un marché émergent prometteur, appelé à prospérer de manière exponentielle dans les années à venir. La transformation structurelle vers les services qu’a connue l’économie africaine ces deux dernières décennies, avec des travailleurs qui délaissent les champs pour se tourner vers le commerce et d’autres services urbains, est l’une des grandes tendances qui suscitent cet optimisme. L’emploi dans le secteur des services a grimpé de 30 à 39 % durant cette période et on s’attend à ce que le secteur accueille presque la moitié des nouveaux venus sur le marché du travail d’ici 2030. Cependant, bien que les services présentent d’immenses opportunités pour stimuler la production économique et la création d’emplois en Afrique, cela ne sera réalisable que si la productivité du secteur s’accroît. En 2019, la productivité des services en Afrique était la plus basse de toutes les régions du monde, et le secteur a connu une baisse de productivité de 0,1 % durant la décennie 2010-2019. Cette situation est en partie due à un déplacement disproportionné vers certains sous-secteurs, comme le commerce, dont la productivité est freinée par un niveau élevé d’informalité et de fragmentation. À l’inverse, les secteurs à forte productivité, comme les services financiers et les services aux entreprises, ne représentent aujourd’hui que moins d’un cinquième de la valeur ajoutée brute de l’Afrique. Des mesures ciblées visant à améliorer la productivité dans les services incluent l’augmentation de la numérisation et le développement des compétences. L’étude a révélé qu’en atteignant le même taux de croissance de la productivité que les principaux centres de services en Asie, l’Afrique pourrait ajouter 1 400 milliards de dollars à l’économie du continent d’ici 2030, permettant ainsi de créer 225 millions d’emplois, un enjeu crucial au vu de la croissance rapide de la population active africaine. D’autres possibilités pour une croissance basée sur la productivité résident dans l’augmentation de la production domestique et des exportations pour satisfaire une demande locale en forte croissance, le renforcement des liens régionaux, des investissements visant à améliorer la productivité des ressources pour soutenir la transition énergétique mondiale et l’amélioration de la productivité de l’agriculture. L’agriculture, qui assure près de la moitié des emplois en Afrique et est vitale pour la sécurité alimentaire du continent, doit donc augmenter sa productivité, particulièrement face aux défis croissants du changement climatique et de l’urbanisation rapide. « Alors que des pays comme le Maroc, l’Éthiopie et le Rwanda ont réussi à stimuler rapidement leur production agricole, d’autres nations africaines demeurent à la traîne en termes de productivité. Nos analyses indiquent que si les pays africains parvenaient à égaler la croissance de la productivité de l’agriculture indienne entre 1980 et 1990, ils pourraient collectivement ajouter 200 milliards de dollars à leurs économies d’ici 2030, soit 40 milliards de dollars de plus que ce qui est prévu aux niveaux de productivité actuels. Les retombées sur la production et la sécurité alimentaires pourraient être significatives », souligne Mehdi Lahrichi, directeur associé du bureau McKinsey à Casablanca et directeur associé de McKinsey au Maroc. Des réussites majeures Les nations africaines pourraient miser sur l’amélioration des infrastructures urbaines pour booster la productivité des individus et des entreprises,