Espagne/Maroc. Les meilleurs films d’Afrique et de ses diasporas arrivent à la 19ème édition du Festival de Cinéma Africain de Tarifa

CINEMA. Le Festival de Cinéma Africain de Tarifa fête sa 19ème édition avec une sélection officielle composée de films venant de Tunisie, de Sao Tomé-et-Principe, d’Éthiopie, d’Égypte, d’Haïti, de La Réunion, du Rwanda, de la République Centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, de la Guyane Française, du Nigéria, de la Guinée Bissau, de Madagascar et d’Angola, ainsi que des rétrospectives, dont une grande consacrée aux liens entre le cinéma et la littérature et un hommage à la cinéaste égyptienne Atteyat al-Abnoudy. Les deux rétrospectives du Festival de Cinéma Africain de Tarifa Parmi les moments attendus de cette édition, citons Entre l’encre et l’écran, une rétrospective qui se penche sur la relation entre la littérature et le cinéma regroupant seize films produits entre les années 60 et aujourd’hui, et tournés dans des pays comme le Sénégal, le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Mauritanie, le Burkina Faso, l’Algérie, l’Angola, le Maroc et Cuba. Parmi les cinéastes des films sélectionnés, citons quelques figures historiques comme Ousmane Sembène (Sénégal), Med Hondo (Mauritanie) ou Djibril Diop Mambéty (Sénégal) ; et d’autres plus contemporaines, comme Dani Kouyaté (Burkina Faso) ou Mariano Bartolomeu (Angola), entre autres. Parmi les auteurs des œuvres littéraires adaptées se trouvent Naguib Mahfuz (Égypte), figure emblématique du nouveau roman arabe, Abdoulaye Mamani (Nigéria), Moussa Diagana (Mauritanie), Assia Djebar (Algérie, pseudonyme littéraire de Fatema Zohra Imalayen), Malek Alloula (Algérie) ou Mia Couto (Mozambique), l’un des auteurs les plus marquants de notre époque. Le FCAT consacre aussi un focus à la cinéaste égyptienne Atteyat al-Abnoudy (1939-2018) considérée comme la « mère du documentaire égyptien » et l’une des réalisatrices pionnières du monde arabe. Surnommée la « cinéaste des pauvres », sa décision de filmer les gens dans leur vie quotidienne de dur labeur et de précarité fit un scandale à une époque où le cinéma était perçu par les autorités comme une arme de propagande. Sections officielles du FCAT : 20 titres de 18 pays africains La présence africaine dans les grands festivals internationaux a permis une belle récolte de films du continent. La sélection officielle de longs-métrages du FCAT, Hypermétropie, propose des films du Rwanda, de Tunisie, d’Égypte, d’Haïti, du Mali, de la Réunion, d’Éthiopie, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo et, pour la première fois, un film de Sao Tomé-et-Principe. Les dix titres qui composent Hypermétropie sont parmi les plus audacieux sur le plan formel et imprégnés d’une grande poésie visuelle. La plupart sont des œuvres de jeunes réalisateurs, des films qui dialoguent entre eux sur les questions de l’exil, du rêve d’un lieu idéalisé (Faya Dayi, de Jessica Beshir, Éthiopie) au déracinement et à la violence du pays d’accueil (Lèv la tèt dann fenwar, d’Érika Étangsalé, La Réunion) et à la lutte des immigrés pour leur dignité et leurs droits (Xaraasi Xanne, de los malienses Bouba Touré et Raphaël Grisey). Des films qui proposent une représentation des femmes éloignées des clichés (Black Medusa, d’Ismaël et Youssouf Chebbi, Tunisie), de leur émancipation (Feathers, d’Omar El Zohairy, Égypte) et (Freda, de Gessica Géneus, film d’Haïti), mais qui rappellent aussi la nécessaire libération des hommes de leurs propres carcans mentaux (Une histoire d’amour et désir, de la tunecina Leyla Bouzid). Des films qui reviennent sur les traumas et les épisodes oubliés de l’Histoire (le documentaire Constelaçoes do Equador, de Silas Tiny, premier film de Sao Tomé-et-Principe sélectionné au FCAT); un portrait des inquiétudes et des aspirations de la jeunesse (Nous, étudiants!, de Rafiki Fariala, de la République Centrafricaine); ou la projection d’une vision afro-futuriste, anticolonialiste, anticapitaliste et queer du continent (Neptune Frost, de la Rwandaise Anisia Uzeyman et de l’Afro-américain Saul Williams). En bref, la sélection officielle consacrée au court-métrage, demeure un incubateur de talents venus du continent africain, avec des titres qui traitent de la violence coloniale (Écoutez le battement de nos images, de Audrey & Maxime Jean-Baptiste, Guyane Française), de la violence de la représentation coloniale (Kapita, de Petna Ndaliko, République Démocratique du Congo) et de la résistance à la domination coloniale (Mangrove School, de Filipa César & Sónia Vaz Borges, Guinée Bissau, Portugal). Ils parlent aussi d’autres violences, celle de la guerre (Vou Mudar a Cozinha, d’Ondjaki, Angola) et celle faite aux femmes (Imuhira, de Myriam Uwiragiye, Rwanda) et (Microbus, de Maggie Kamal, Égypte); la violence émotionnelle de quitter l’enfance (Astel, de Ramata-Toulaye, Sénégal) ; la violence de l’exil et du déracinement (Egúngún, d’Olive Nwosu, Nigéria). L’humour n’est pas non plus absent de cette sélection, que ce soit à travers le méta-ciné (The Unusual Kinky Quaint Peculiar Weird Strange Rum Queer Odd and Bizarre Day of a Shadow Man, d’Hary Joel, Madagascar) ou le réalisme magique (Precious Hair & Beauty, de John Ogunmuyiwa). En outre, mentionnons aussi La Troisième Racine, une section parallèle consacrée aux diasporas africaines en Amérique Latine. La 19ème édition du festival sera marquée par la présence dans cette section de films de la République Dominicaine, où l’héritage culturel de l’Afrique imprègne tous les aspects de la vie de ce peuple. Le film d’ouverture et le film de clôture de la 19ème édition Le film d’ouverture de cette édition du festival, le documentaire Marcher sur l’eau (Aïssa Maïga, 2021), une coproduction entre le Niger et la France dont le récit se passe dans le village de Tatiste, au Niger, où Houlaye, une adolescente de 14 ans, et d’autres enfants, parcourent des kilomètres pour aller chercher l’eau dont le village a besoin pour survivre. Le vendredi 3 juin, après la cérémonie de remise des prix de la 19ème édition du FCAT, sera projeté le film de clôture, La Femme du fossoyeur (Khadar Ayderus Ahmed, 2021), un film somalien présenté à la Semaine de la Critique de Cannes l’année passée. Un portrait tendre sur un couple de Djibouti confronté à un grave problème de santé. L’affiche du festival, une œuvre de l’artiste italo-sénégalaise Maïmouna Guerresi L’affiche de cette édition a été réalisée par Maïmouna Guerresi, une artiste multimédia italo-sénégalaise et autrice d’une œuvre imprégnée de spiritualité soufie. L’œuvre, qui appartient à la série Aïsha au pays des merveilles, apporte une énergie féminine très présente dans cette puissante image qui évoque « le métissage culturel et spirituel ». Industrie et formation au FCAT Cette édition accueillera
« Residue », de Merawi Gerima, gagne le prix du Meilleur Long-métrage de Fiction du 18ème Festival de Cinéma Africain de Tarifa

Le Festival de Cinéma Africain de Tarifa-Tanger a annoncé le palmarès de sa 18ème édition. Le jury international, formé par Ilias El Faris, Aldemar Matías et Paula Palacios, a décidé d’octroyer le Prix du Meilleur Long-métrage de Fiction de la section compétitive Hypermétropie à Residue, réalisé par Merawi Gerima, cinéaste américain d’origine éthiopienne. « Parfois, on dirait un rêve, parfois un coup de poing. Ce film nous a transportés à travers tant d’émotions, d’une manière très authentique. Il a aussi le pouvoir de traduire le sentiment d’appartenir et d’être à la fois en dehors de votre propre quartier, l’expérience de la gentrification, la violence et le racisme au sein de votre communauté ». De plus, le jury veut attribuer une Mention spéciale de Long-métrage de Fiction à Zaho Zay de Maeva Ranaïvojaona et Georg Miller, pour être « un film singulier qui nous a unanimement impressionné. Troublant les codes du documentaire dans un geste hybride, à la fois fictif et absolument intime. Un film conté par un souffle poétique, une voix off tantôt tendre, tantôt cruelle, donnant corps au cri sourd de Madagascar à travers la langue de Raharimanana. Des images peuplées de blessures et de secrets qui continuent de nous hanter, comme un songe. Un film rare et audacieux» Le Prix Casa África de Cinéma au Meilleur Long-métrage Documentaire est attribué à Les prières de Delphine, de Rosine Mbakam. « pour le courage de la réalisatrice à déléguer le poids du récit à Delphine et à son histoire, avec un traitement simple et risqué, et pour faire en sorte que son regard nous fasse aller bien au-delà, comme il dit dans le film, de « deux femmes noires et africaines». De plus, le jury international veut donner une Mention spéciale au documentaire Le dernier refuge «pour nous rapprocher d’un thème comme la migration africaine vers l’Europe avec un accès différent, pour nous montrer certains dessous des routes migratoires à l’intérieur de l’Afrique d’une manière intime et honnête et en nous invitant à réfléchir sur les chemins qui mènent nulle part». Le Prix du Meilleur Acteur ex aequo est décerné à Samir Guesmi et Abdel Bendaher, acteurs principaux d’Ibrahim, production française de Samir Guesmi: «Pour leur émouvante collaboration dans le long-métrage Ibrahim. Une relation père-fils chargée de honte sociale, incarnée subtilement dans un amour difficile et indicible. Où les silences et les impulsions violentes disent toute la souffrance, le trop plein d’amour. Une délicate et bouleversante déflagration d’humanité». Le Prix de Meilleure Actrice, financé par TV5 Monde +, revient à Delphine, actrice principale de Les Prières de Delphine, de la réalisatrice camerounaise Rosine Mbakam. « Elle n’est pas actrice. Il n’y a pas de fiction dans ses paroles. Son interprétation nous présente vraiment une histoire dans laquelle il n’y a que la réalité, dans son état le plus pur. Pour son habileté narrative, pour la passion, la générosité, et la transparence dont il fait preuve tout en nous partageant sa vérité ». Le Prix du Public est pour Leur Algérie, de Lina Soualem et le Prix Acerca de la Cooperación Española est attribué à Makongo, de Elvis Sabin Ngaïbino « pour dénoncer les conditions de misère de la population pygmée et pour souligner l’importance d’une éducation de qualité pour tous. Le film primé contribue ainsi à la diffusion des 17 objectifs de l’Agenda 2030, parmi lesquels l’éradication de la pauvreté et la garantie d’une éducation de qualité et inclusive. Le Jury andalou, formé par Kenia Mestre, Alejandro Salgado et Alejandro Ávila, a attribué le Prix du Meilleur Court-métrage de la sélection l’Afrique En Bref à Nha Mila, pour être «un film honnête où cohabitent un portrait humain proche et cru avec un cinéma audacieux et sans préjugés pour réfléchir sur l’héritage colonialiste du Portugal. Nous aimerions souligner le profil de la protagoniste qui conduit avec une belle fragilité contenue dans le film, ainsi que le pari d’un discours cinématographique qui évolue à travers différents états d’interprétation et de présentation cinématographique tout au long du récit, de la sobriété à la rêverie». Le Prix RTVA est pour le court-métrage Henet Ward, du réalisateur égyptien Morad Mostafa, pour être « un film inquiétant qui se déplace entre la fiction et le documentaire et qui dépeint les conflits et les tensions -familiales, machistes, racistes- qui se produisent dans l’intimité d’une célébration. Un pari narratif et visuel direct, percutant, absorbant, capable de tenir le spectateur en haleine du premier cadre jusqu’à l’image finale drastique. Il suit une ligne de films rafraîchissante en provenance d’Afrique du Nord, réalisée par de jeunes réalisatrices et réalisatrices nord-africaines. Un regard frais, dépourvu d’humour à l’intimité des femmes arabes». Zaho Zay, de Maéva Ranaïvojaona et Georg Tiller, remporte la Mention spéciale de Long-métrage de Fiction Le Prix du Public est pour Leur Algérie, de Lina Soualem Le Prix Casa África de Cinéma au Meilleur Long-métrage Documentaire est attribué à Les prières de Delphine, de Rosine Mbakam; Le Dernier Refugee, de Ousmane Samassekou, reçoit la Mention Spéciale dans la même catégorie Samir Guesmi et Abdel Bendaher gagnent le Prix de Meilleur Acteur pour leur participation dans Ibrahim ; Delphine reçoit le Prix de Meilleure Actrice pour Les prières de Delphine
Le documentaire África mía (mon Afrique) considéré comme le «Buena Vista Social Club» malien, ouvrira la 18ème édition du Festival de Cinéma Africain de Tarifa

La ville de Tarifa accueille la 18ème édition du Festival de Cinéma Africain de Tarifa-Tanger FCAT entre le 28 mai et le 6 juin 2021, festival transfrontalier du sud de l’Europe sur les cinémas d’Afrique et ses diasporas. Cette rencontre culturelle et cinématographique s’organise annuellement entre deux continents, l’Europe et l’Afrique, deux pays, l’Espagne et le Maroc et deux villes, Tarifa et Tanger. Las Maravillas de Mali fut le premier orchestre afro-cubain du continent américain. Ché Guevara lui-même fut leur interprète lorsqu’ils connurent à Fidel et la chanson Rendez-vous chez Fatimata devint un classique qui émut toute l’Afrique dans la période d’enthousiasme postcolonial. À la chaleur du documentaire Africa Mia, la fabulosa historia de Las Maravillas de Mali (la fabuleuse histoire des Merveilles du Mali), de Richard Minier et Édouard Salier, le FCAT a décidé d’inaugurer, lors de l’édition qui atteint sa majorité en âge, la musique exquise et les aventures de cet orchestre. Ce documentaire raconte une épopée culturelle et humaine qui revoit la fabuleuse histoire de ce groupe malien et qui sort en Espagne, sur l’écran du festival de Tarifa, le vendredi 28 mai. Face au cinéma plus engagé avec la réalité sociale, dont s’occupera largement cette édition du festival dans plusieurs de ses sections, émerge l’explosion musicale du film français, sur un groupe de musiciens maliens envoyés à Cuba après l’indépendance pour apprendre la musique. Et il y a une musique merveilleuse, des musiciens remarquables, la nostalgie d’une musique qui a fait danser des générations et un fond de géopolitique. Ce sont les ingrédients de ce documentaire qui ouvre le FCAT. Cette histoire commença en pleine Guerre Froide, en 1964, lorsque dix musiciens du Mali arrivèrent à Cuba pour étudier la musique et tisser des liens culturels entre les deux régimes socialistes. Pendant sept ans, ils fusionnèrent des sons et devinrent le premier groupe afro-cubain de l’histoire, Las Maravillas de Mali, un hommage au groupe cubain Las Maravillas de Florida. Cinquante ans plus tard, le producteur musical français Richard Minier, un des réalisateurs de ce documentaire, reconnut un des musiciens à Bamako et décida de réunir le groupe légendaire. Pour cette édition si spéciale, dans laquelle le festival atteint sa majorité en âge, une photographie de l’artiste sénégalais Omar Victor Diop, référence internationale de son pays par sa manière decapturer la diversité des sociétés et styles de vie africains modernes, est le héros de l’affiche, qui annonce le plus grand rendez-vous transfrontalier de cinéma africain dans le monde hispanophone. Le FCAT compte à son tour sur le plus grand fond cinématographique sous-titré espagnol spécialisé dans les cinémas d’Afrique. Les sections qui composent le FCAT sont: ‘Hipermetropía’ (Hypermétropie), section compétitive de long-métrages avec films de fiction et de non-fiction; ‘África en breve’ (Afrique sous peu), section compétitive de court-métrages; ‘Afroscope‘, sélection panoramique de films africains et internationaux à propos des réalités africaines contemporaines; ‘La tercera raíz’ (la troisième racine), cinéma latino-américain qui influence la diaspora africaine et ‘Miradas españolas’ (regards espagnols), avec des films de réalisateurs espagnols qui mettent l’accent sur l’Afrique. En 2021, le Soudan sera le pays invité de la 18ème édition du Festival de Cinéma Africain avec la première rétrospective consacrée en Espagne à sa cinématographie. De plus, nous conterons une nouvelle année sur ‘El Árbol de las palabras’ (l’arbre des mots), le forum de l’industrie et de la formation du FCAT, un espace de connaissances spécialisées des cinémas africains et de leurs industries qui a pour objectif la création de synergies professionnelles favorisant la production et le positionnement commercial des nouveaux contenus cinématographiques provenant d’Afrique et de ses diasporas. Le FCAT développera également une nouvelle année ‘Espacio Escuela’ (espace école), la rame pédagogique du festival, un espace de rencontres et de sensibilisation pour le public scolaire au travers de projections de titres cinématographiques et sessions didactiques centrées sur les valeurs de diversité culturelle, coopération et solidarité. En 2021, les centres culturels espagnols de différentes villes du Maroc feront également partie de ‘Espacio Escuela’. Le pays magrébin et la communauté autonome andalouse sont des régions ayant une histoire commune, avec de profonds liens historiques et culturels que ce festival relie à nouveau en étendant un pont de cinéma et de culture dans le détroit de Gibraltar.
Poisonous Roses de l’égyptien Ahmed Fawzi Saleh, meilleur long-métrage au FCAT 2018

Le grand vainqueur de la 15ème édition du Festival de cinéma africain de Tarifa et Tanger (FCAT 2018) est le réalisateur égyptien Ahmed Fawzi Saleh avec Poisonous Roses (Ward Masmoum), qui a remporté le prix du meilleur long-métrage de fiction. Ce film raconte l´histoire d’un jeune qui veut fuir le quartier des tanneurs égyptiens où il vit et travaille. Sa sœur Taheya essaie de l’en empêcher à tout prix. Saleh, dans le message qu’il a transmis au public lors de la cérémonie de clôture, depuis Le Caire, « je remercie le jury, la ville de Tarifa et les beaux jours passés en Espagne ». Ce film a été présenté en première au FCAT, Espagne. Le jury officiel du festival, composé par la cinéaste sénégalaise Angèle Diabang, le critique et programmateur espagnol Luis E. Parés, le burkinabais Alex Moussa, la réalisatrice marocaine Tala Hadid et la programmatrice de la Berlinale et cinéaste Dorothee Wenner, a décidé de décerner ce prix « pour son innovation et originalité, pour son regard presque documentaire qui cherche la fidélité à la réalité. Pour l’extraordinaire portrait d’une femme opprimée dans un milieu hostile ». Prix du meilleur documentaire de la sélection officielle « Hypermétropie » Ce prix a été décerné à Boxing Libreville (Gabon, 2018), d’Amédée Pacôme Nkoulou. Le jeune réalisateur gabonais s’est déplacé à Tarifa et à Tanger pour présenter son film au festival et dialoguer avec le public et les journalistes nationaux et internationaux. Boxing Libreville raconte en 54 minutes l’histoire de Christ, un jeune boxeur qui s’entraîne sans relâche le jour. La nuit il veille les portes des discothèques pour survivre. En même temps, un autre combat se joue, celui des élections présidentielles. À travers ce documentaire, le jeune réalisateur se demande s’il y a de l’espoir pour une transition démocratique dans son pays. Ce film a été projeté pour la première fois en Espagne et au Maroc pendant le FCAT. Le jury a choisi ce film « pour la proximité de son personnage et la manière dont le réalisateur le suit dans son microcosme quotidien ». Le documentaire burundais Lendemains incertains du cinéaste Eddy Munyanezaa reçu une mention spécial du jury « pour la force, le courage et l’engagement de son réalisateur ». Prix de la meilleure actrice Récompensé aux Prix de Cinéma de l’Académie Britannique (BAFTA) en 2018, I Am Not a Witch continue de récolter des prix au niveau international. Cette fois-ci la jeune actrice Maggie Mulubwa, âgée de 9 ans, a gagné le Prix de la meilleure actrice dans la 15ème édition du Festival de cinéma africain de Tarifa et Tanger (FCAT 2018). C’est la première fois que le jury du FCAT décerne cette récompense à une mineure « pour l’interprétation lumineuse, la naturalité et l’éventail de nuances qu’elle déploie, passant de la magie à la poésie ». Ce prix est financé par la Fondation Mujeres por África. Prix du public Le film La Belle et la meute de la tunisienne Kaouther Ben Hania a gagné le Prix du public, voté par les spectateurs du festival à la sortie des projections de la sélection en compétition « Hypermétropie ». La participation au festival de Mariem Ferjani, l’actrice principale, a attiré l’attention des média espagnols à cause des ressemblances entre le cas de viol collectif en Tunisie dénoncé par le film et celui de la Manada en Espagne. Ferjani a déclaré au FCAT que « le simple fait qu’il y ait une couverture médiatique de ce cas veut dire qu’on prend conscience de la gravité du problème, qu’il faut en parler ». Jury CineCádiz : Prix du meilleur court-métrage dans la section « En Bref » Les six membres de l’association CineCádiz, a remis le Prix du meilleur court-métrage à Tikitak-A-Soulima du réalisateur marocain Ayoub Layoussifi « pour nous transmettre 28 minutes de notre enfance à travers les yeux du protagoniste, pour savoir montrer avec doigté et une grande technique la naturalité des personnages et leur contexte ». Ce jury a donné également une mention spéciale à I Am Sheriff du réalisateur sud-africain Teboho Edkins. Le prix est financé par l’hôtel The Riad de Tarifa. Prix CinePalium (Italie) au meilleur long-métrage de fiction Le Festival CinePalium de Palo del Colle, Italie, a octroyé un prix honorifique au long-métrage I Am Not A Witch de Rungano Nyoni (Zambie) « pour la capacité de raconter, à travers la satire et pour son inspiration d’une histoire vraie, l’identité et la vérité cachées avec une vision indépendante et une grande force narrative ». Cette année, le FCAT et CinePalium ont signé un accord de jumelage et échange entre les deux festivals. Un festival de cinéma transfrontalier La programmation de la quinzième édition du FCAT a proposé 80 films dont 36 premières en Espagne, 30 films en compétition, 6 prix et plus d’une trentaine de pays représentés. Le festival le plus important consacré au cinéma africain du monde hispanophone s’est tenu du 27 avril au 5 mai 2018 à Tarifa, en Espagne. Pour la troisième année consécutive, le festival a eu lieu à la Cinémathèque de Tanger, la ville qui fait face à Tarifa, de l’autre côté du Détroit de Gibraltar, au Maroc, du 26 avril au 3 mai. AVEC FCAT