AFRIQUE. Notre condition humaine et notre place dans le concert des nations

AFRIQUE. Notre condition humaine et notre place dans le concert des nations

REFLEXION. Je me pose souvent cette question dérangeante : Dieu, l’histoire ou la nature nous ont-ils placés sur cette terre pour que certains peuples construisent le monde pendant que d’autres le regardent se faire ? Quand j’observe l’écart persistant entre l’Afrique et l’Occident, je refuse d’y voir une fatalité divine ou une malédiction historique. Ce serait trop facile. Et surtout trop dangereux. Car croire que notre condition serait voulue ainsi, c’est absoudre nos renoncements, nos lâchetés et nos abandons collectifs. Si la vie a un sens, alors ce sens ne peut être la soumission permanente. Exister, ce n’est pas seulement respirer, c’est transformer. Transformer sa société, ses institutions, ses mentalités, son rapport au travail, au savoir, à la vérité et à la responsabilité. L’Occident n’a pas attendu d’être moralement parfait pour s’organiser, investir dans la science, discipliner le temps, protéger ses intérêts et imposer sa vision du monde. Pendant ce temps, trop souvent, nous avons sacralisé l’improvisation, confondu la foi avec la fatalité, la tradition avec l’immobilisme, la résistance avec le slogan. Je crois profondément que Dieu ne crée pas des peuples inutiles. Mais je crois tout autant que Dieu ne travaille pas à la place de ceux qui refusent l’effort, la rigueur et le courage du changement. La spiritualité qui n’accouche pas de justice, d’ordre et de progrès matériel devient une consolation, pas une mission. La vraie question politique est donc aussi une question spirituelle : qu’avons-nous fait de la liberté qui nous a été donnée ? Qu’avons-nous fait de nos États, de nos écoles, de nos ressources, de notre jeunesse ? Militer pour l’Afrique, ce n’est pas insulter l’Occident ni réécrire indéfiniment le passé. C’est accepter une vérité exigeante : aucune nation ne se développe sans discipline collective, sans élites responsables et sans un peuple qui exige plus de lui-même que des autres. Si notre passage sur terre a un sens, alors il est là : laisser derrière nous une Afrique plus organisée, plus juste et plus souveraine que celle que nous avons reçue. Tout le reste n’est que discours. Par Jean BoninPresident de FIER. Conseiller municipal et juriste. Membre du cabinet d’avocats Serres et associés.

OPINION. Lutte contre la colère

OPINION. Lutte contre la colère

SOCIETE/RELIGION. Il y en a qui pensent que s’énerver et se mettre en colère est le signe d’une personne forte. Ils se trompent. En réalité être énervé c’est le signe de quelqu’un de faible, incapable de se maîtriser et qui pis est, de se mettre à l’écoute des autres qui pensent différemment de lui. Jamais vous n’êtes aussi faible que lorsque vous êtes énervé car, en effet, vous n’entendez plus tout ce qui vous est dit. Le fort est celui qui reste toujours lucide parce qu’il se dit ne pas tout savoir et qu’en écoutant l’autre, il élargit sa vision et en même temps qu’il donne à l’autre le temps de s’améliorer. Ce n’est pas quand on parle qu’on est fort. Mais c’est lorsqu’on se dispose à garder la lucidité d’écouter l’autre et d’entrer dans sa peau pour comprendre ce qu’il sent et le mouvement intérieur de son âme. Ainsi donc, mes frères et sœurs bien-aimés, que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère ( Jc 1, 19). On est réellement fort quand on est capable d’écouter l’autre en profondeur, de chercher à comprendre sa préoccupation cachée quelques fois derrière une méchanceté mais l’on prend tout de même le soin de lui répondre avec sourire et douceur à toute provocation ou insulte de sa part. Voilà pourquoi les saintes Écritures nous donnent ce conseil : “Une réponse douce calme la fureur, tandis qu’une parole dure augmente la colère.”(Pr 15,1). En ce début de semaine que Dieu nous donne de vivre, apprenons chacun à rester lucide et serein face à celui qui te provoque pour te pousser à l’énervement. Dis-toi en toi-même : toi qui me pousses à la colère tu n’as pas le contrôle de ma vie. Tu n’es pas le maître de mes nerfs. Et quoi que tu dises, toi et moi sommes condamnés à rester des “frères“ et à vivre en paix. Par Germain Nzinga

Que désignent les marocains par « femme nue, que Dieu la maudisse » ?

Que désignent les marocains par « femme nue, que Dieu la maudisse » ?

TRIBUNE. J’entends souvent des propos du genre « j’ai vu une maudite femme nue, qu’elle soit maudite jusqu’à la fin des temps ». Bien évidemment, ces expressions sont dites irrespectueusement devant des femmes et même devant des enfants ! En fait, ces expressions désignent des femmes habillées normalement, comme les hommes, sauf qu’apparemment elles devraient porter des vêtements très particuliers avec des formes très précises. Comment peut-on alors comprendre ces insultes déclamées comme si la femme était une poupée, dont chaque courant idéologique tentait de lui imposer une façon de s’habiller ? Les traditions sociales « est-ce que l’homme marocain n’est pas nu aussi? » La tradition est un processus organique qui évolue avec le temps et porte des symboles historiques, culturels et tribaux. Par exemple, dans la tradition masculine ancienne, l’homme portait « razza » ou le turban, le chapeau traditionnel ou « tarbouche, taguiya », la djellaba, et il lui était impossible de sortir avec un pantalon moderne et une chemise manches courtes et sans « razza » ou « taguiya ». Il lui était même impossible de s’afficher ainsi devant ses enfants car il avait l’impression d’être « nu ». Pourquoi donc acceptons-nous l’évolution vestimentaire masculine sans la rattacher à la religion comme on le fait maintenant pour la femme ? L’intermédiaire des dirigeants de la religion entre Dieu et l’individu Chaque religion a ses préceptes au sujet du vestimentaire, tout en sachant que la religion s’adresse directement au croyant qui reste ainsi libre d’observer ou non ces lois. Mais la fatale erreur des dirigeants de la religion, ont généralisé ces lois strictement individuelles au public entier et en les imposant essentiellement à la femme. De ce fait, ces dirigeants sont devenus à tort les intermédiaires entre Dieu et le croyant. L’emprise de l’homme sur la religion en interprétant les écrits à son profit Depuis l’ancien temps, l’homme s’occupe de gérer les affaires religieuses en éliminant expressément la femme, même dans les sujets purement féminins comme son vestimentaire par exemple. Ainsi nous trouvons une multitude de sortes de tenues vestimentaires de la femme, voire même dans une même religion chaque secte ou courant, selon son idéologie, impose à la femme une façon particulière de s’habiller. Je me demande alors pourquoi toutes ces religions n’ont pas imposé aussi à l’homme de s’habiller d’une façon précise et considérer un homme « nu ou motabaréje » s’il habille différemment? Dans ce cas là, ne serait-ce pas le rôle des femmes de gérer les affaires religieuses ? L’irrespect vis-à-vis de la femme et de son Dieu Je constate également que dans toutes les religions et pour la plupart à des époques antérieures, les hommes dirigeants la religion ont abusé de la femme en la considérant comme un être imparfait, qui par conséquent ne peut être l’égale de l’homme. Elle a ainsi vu tous ses droits bafoués, avec la permission de la punir et de la châtier en guise de correction et de la répudier si besoin était. Je me demande alors si l’origine de ces lois contre la femme est véritablement religieuse ? Vous allez probablement rétorquer que je n’ai rien compris du sens de ces lois, et que la religion enseigne le respect de la femme, ce à quoi je répondrais « Soyez ce que vous dites ! » Si toutes ces religions évoquent un Dieu équitable aimant de façon égale l’homme et la femme, pourquoi entendons-nous malgré cela des insultes à l’encontre de la femme habillée normalement ? N’est-ce-pas là finalement un manque de respect envers leur Dieu ? Absence du concept de respect dans l’éducation religieuse et sociale marocaine Dans notre société, le concept de respect est totalement absent et chacun se mêle des affaires des autres. Le respect est pourtant l’essentiel des enseignements religieux, sociaux et humains. Le principal dans toute foi est que l’individu respecte l’autre sans aucun jugement ! Sans respect il est impossible de construire des relations saines dans un climat de coexistence, même dans une seule religion ! Docteur Jaouad MABROUKI Expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe.

Entretien avec le Prophète Emmanuel DADIE : « Dieu honore toujours ses serviteurs » (vidéo)

Entretien avec le Prophète Emmanuel DADIE : « Dieu honore toujours ses serviteurs » (vidéo)

RELIGION. Le prophète Emmanuel DADIE a séjourné récemment au Maroc, dans le cadre d’un culte prophétique qu’il a célébré le dimanche 24 septembre à Casablanca sur invitation de l’Eglise casablancaise « Les Semeurs de l’Evangile ». Originaire de Côte d’Ivoire, l’homme de Dieu est à la tête de l’« Eglise Vivante du Christ » qu’il dirige avec dévouement et beaucoup de passion. Le prophète Emmanuel DADIE est aussi auteur d’un album intitulé « Mon sacrifice de louange » dont le clip a été tourné au Maroc. Nous l’avons rencontré au terme de cette journée empreinte de piété et riche de bénédictions.

Religion : Les témoins de Jéhovah mettent l’accent sur la fidélité à leur Dieu

Religion : Les témoins de Jéhovah mettent l’accent sur la fidélité à leur Dieu

Les témoins de Jéhovah ont tenu, du 26 au 28 aout 2016 à Brazzaville, leur assemblée régionale annuelle dont le thème principal portait sur : « la fidélité à Jéhovah Dieu ». Ce rassemblement a été une occasion toute particulière pour les fidèles de renfoncer leur amitié avec le Créateur de l’univers et de lui être fidèle en ces temps critiques. Au cours de ce cycle d’assemblée régionale, plus de 2000 personnes ont écouté 48 discours qui mettent l‘accent sur la fidélité à Jéhovah. A travers les exemples des fidèles du passé qui se sont montré fidèles à Dieu à l’instar de Ruth, David, Houshai , Shiphra et Poua, les Témoins de Jéhovah ont vu leur foi ragaillardis et sont déterminés à rester fidèles malgré les épreuves. Ces discours accompagnés des courtes vidéos ont expliqué pourquoi jésus Christ est un exemple parfait de fidélité à Dieu. Ils ont vu comment rester fidèles malgré de grandes souffrances en tirant leçon du livre biblique de job .Un film a retracé les épreuves qui peut arriver à une famille à savoir la mort, la maladie, la perte d’un emploi. Le dimanche, un film palpitant a montré comment le roi Hizqiya est resté attaché à Jéhovah malgré la pression de ses ennemis. « Je n’oublierais jamais le film intitulé Espérons ce que nous ne voyons pas , ce film m’a rappelé tellement de chose et le fait qu’il ait montré que dans ce monde nous vivons sur un terrain beaucoup glissant dans la mesure où les choses peuvent changer du jour au lendemain. Quelques choses peut être stable aujourd’hui et peut facilement se dégringoler et finalement dans les situations où si l’on ne manifeste pas la fidélité et l’endurance à Jéhovah, nous risquerons de défaillir et finalement perdre les promesses que Jéhovah nous a promise dans l’avenir » a indiqué l’un des témoins de Jéhovah, Dave Lebrave mabika. Ce cycle d’assemblée de trois jours se poursuit cette semaine pour ceux qui n’ont pas encore assisté et se terminera le 11 septembre. Tout le monde peut assister à ces assemblées car l’entrée est gratuite, il n’y a pas de quête.

Interview. Luc Perry Wandji se propose de réhabiliter Dieu devant l’échec du christianisme

Interview. Luc Perry Wandji se propose de réhabiliter Dieu devant l’échec du christianisme

Luc Perry Wandji, journaliste, sociologue et anthropologue camerounais, envisage de faire connaître son concept qu’il dénomme «Christité» et qu’il définit comme un moment d’interrogation sur l’histoire du christianisme avec pour vocation de réhabiliter Dieu. La rédaction de Pagesafrik/Starducongo l’a rencontré le 18 octobre 2015 lors de son séjour à Brazzaville. Pagesafrik/Starducongo: Comment dénommez-vous votre concept en promotion ? Luc Perry Wandji : Je fais en ce moment la promotion d’un concept que j’ai dénommé «Christité». C’est une réponse à la crise que traverse aujourd’hui la modernité. Elle est au cœur de l’ouvrage que je viens de publier, que j’ai intitulé «Critique de la modernité pour une alternative christique à la cause de l’idéologie». Je crois avoir découvert en Christ une possibilité de construire une civilisation alternative face à la crise que traverse actuellement le monde moderne. De quelle crise s’agit-il, que vous semblez seul à voir ? L. P. W : Le monde moderne a, au commencement, un projet tout à fait louable qui consiste à rationnaliser avec l’obscurantisme de la société féodale. Il fallait ériger effectivement la raison comme régulateur de l’histoire. Tout laisse croire que je me livre dans cet ouvrage à un vrai bilan. Il sied toutefois de reconnaitre que le projet de rationalisation moderne a été un échec. Je pense que je n’exagère pas en disant les choses comme cela, mais plusieurs auteurs m’ont précédé sur ce terrain. J’ai cependant constaté à partir de l’œuvre que je viens de publier, à partir de ma sensibilité chrétienne, une double crise pour ainsi dire. C’est une crise que tous les auteurs d’accordent à reconnaître, mais pas seulement dans son développement scientifique. Il s’agit également d’une crise de l’idéologie moderne. Encore une fois, il s’agissait de rationnaliser. Il me semble que l’homme est devenu beaucoup plus déraisonnable aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été mais on peut toujours en discuter. A quel niveau se situe alors la double crise ? L. P. W : La double crise se situe dans le fait que le christianisme qui aurait dû se positionner, comme une alternative devant la crise de l’idéologie moderne, et c’est mon parti pris dans cet ouvrage, semble être lui-même en crise. Je situe donc cette crise dès ses origines. Le christianisme a lui-même tout l’air d’un paganisme gréco-romain qu’on a tout simplement recycler. On est devant une double impasse, l’impasse d’une civilisation moderne qui a tout simplement échoué dans son projet de rationalisation. L’impérialisme, le colonialisme et les crises en cours dans le monde sont là pour le prouver et le démontrer à suffisance. Il y a également la crise du messianisme qui n’a pas été capable, en ces temps modernes, de porter un projet anthropologique de civilisation, qui soit capable de remplacer la modernité qui a visiblement échoué, encore une fois, Des arguments pour appuyer vos assertions ? L. P. W : En effet, j’ai découvert devant cette double impasse qu’on devrait redécouvrir le message du Christ qui me semble ouvrir une fenêtre dans la perspective de la construction d’une nouvelle modernité ou d’une nouvelle civilisation. La Christité est avant tout un moment d’interrogation sur l’histoire du christianisme, de questionnements sur les causes de l’échec de la modernité. La Christité apporte donc une réponse, d’un point de vue épistémologique. L’erreur de la modernité a été d’éjecter Dieu du champ de la connaissance et de la science. C’est une erreur qu’elle aurait dû ne jamais commettre. La Christité a pour vocation de réhabiliter Dieu, l’idée de Dieu tout au moins dans la construction de la science, du savoir et de la détermination de l’histoire. C’est également une dynamique culturelle qui se veut critique à l’égard du christianisme. Nous estimons que le christianisme n’aurait jamais dû être une religion comme elle l’a été depuis plus de 20 siècles. En écrivant ce livre, j’affirme que le projet du Christ est un projet de civilisation, entendu que Jésus Christ est venu manifester un royaume avec un système de pensée, une façon de voir et de construire l’histoire. Ce qui est paradoxal, c’est que le christianisme a tué le scientifique. Il a tué Galilée. Il a ramé à contre-courant de la science. Je dis dans ce livre que la science a pour vocation de nous révéler la déité. Tout le sens de la science doit être de nous révéler Dieu. Il n’y a ensuite pas de spiritualité possible que celle qui pourrait évidemment se manifester par le truchement de la science. Je relève dans cet ouvrage un rapport dialectique entre connaissance et raison ; progrès et foi ; ce qui est visiblement aux antipodes de la pensée du christianisme qui jusqu’à présent, a établi une sorte de dichotomie ou d’antagonisme entre science et raison. La Christité est un vrai projet qui innove d’un point de vue de la spiritualité, nous donnons une autre définition à ce qu’elle devrait être. En fait, nous voulons construire une civilisation qui soit une réponse crédible et sérieuse à la modernité. A cela, il fallait commencer par déterminer le substrat théologique de cette nouvelle civilisation. Nous l’avons identifié en la personne de Jésus Christ. Si tel est le cas, peut-on penser que la Christité a un Dieu particulier ? L. P. W : Le Dieu de la Christité, c’est Jésus Christ parce qu’il est la seule possibilité aujourd’hui pour la condition humaine, qui soit capable de postuler à l’universalité et à l’éternité. Jésus Christ m’a semblé, dans l’histoire des grands géants qui ont traversé l’histoire, avoir le discours le plus pertinent, l’expérience de vie et l’expérience mystique la plus puissante qui soit de nature, précisément, à nous permettre d’inventer un nouveau monde théorisé en futur comme dirait Jacques Attali. N’avez-vous pas l’impression de naviguer à contre-courant de l’humanité ? L. P. W : C’est dans l’ordre du possible. Il y a en effet des gens qui pensent que je navigue à contre-courant. J’espère que les gens auront suffisamment le bon sens pour, dans un premier temps, avoir la bonne intention de questionner ce que nous voulons faire.