CONGO/TRIBUNE: Refuser la résignation face au simulacre électoral

Par Congo de Demain Peuple congolais, à l’approche de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, le pays se dirige une fois encore vers un scrutin dont l’issue paraît largement prévisible avant même l’ouverture des urnes. Ce qui devrait être un moment majeur de souveraineté populaire se réduit à une formalité politique. Une élection démocratique exige des institutions crédibles, une commission électorale indépendante, un accès équitable aux médias, un fichier électoral transparent et un climat politique exempt de pressions. Lorsque ces garanties font défaut, la compétition cesse d’être loyale et devient une mise en scène. Depuis le coup d’État du 5 juin 1997, le système politique congolais s’est complètement refermé : les contre-pouvoirs se sont affaiblis, l’espace d’expression s’est réduit et la confiance entre citoyens et institutions s’est érodée. La longévité du président Denis Sassou Nguesso interroge la vitalité du pluralisme et la possibilité d’une alternance réelle. La stabilité ne peut justifier indéfiniment l’absence de renouvellement démocratique. C’est pourquoi, participer à l’élection organisée dans ces conditions reviendrait à légitimer un processus contesté. Cette position rappelle que la participation citoyenne n’a de sens que lorsque les règles fondamentales du jeu démocratique sont respectées. La défense des principes démocratiques est une responsabilité collective: citoyens, société civile, intellectuels, forces politiques et sociales doivent faire entendre l’exigence d’un véritable processus démocratique. Notre position est claire : nous ne soutenons aucun candidat et refusons les simulacres électoraux des12 et 15 mars 2026. « Lorsque les élections ne sont pas démocratiques, l’abstention devient pour le citoyen un acte de contestation et de résistance politique. » Cette affirmation résume notre choix: il ne s’agit ni de désengagement civique, ni d’indifférence à l’avenir du pays, mais d’un acte de fidélité aux principes démocratiques. Refuser la résignation n’est pas rompre avec la démocratie, mais y rester fidèle, car, la démocratie repose sur la confiance, l’équité et la possibilité réelle pour les citoyens de choisir librement leurs dirigeants. Fait à Paris, le 08 mars 2026,Les signataires,Les signataires, Congo de Demain
Congo : lutte clanique de succession, guerre de tranchées, imbroglio électoral sur fond de mécontentements et de remous sociaux (lecture en 4 minutes)

PARLONS-EN. La République du Congo est secouée par des rivalités internes féroces au sein du pouvoir, alors que la course à la succession de Denis Sassou Nguesso s’intensifie à la veille de la présidentielle 2026. Plusieurs « axes » s’affrontent, affaiblis par des purges et des scandales, dans un climat de tension palpable où les populations paient le plus lourd tribut. L’éclatement des axes de pouvoir n’est plus à cacher. L’axe Ondébé-Obouya, piloté par Jean-Dominique Okemba et Ndenguet, s’effrite sous les coups de boutoir du président lui-même, qui semble promouvoir l’ascension de Denis Christel Sassou Nguesso. A l’opposé, l’axe Ollombo-Gamboma porté par Oba Pierre, Bruno Jean Richard Itoua (BJRI), Pierre Ngolo, Oba Apounou et Hugues Ngouélondélé houspillé publiquement par Auguste Iloki mais il domine actuellement les Mayolas et Cie (affaiblis par des affaires de détournements de fonds qui les ont conduit à la Cour criminelle avec risque d’emprisonnement). Hugues tente de prendre de l’étoffe. Son clan s’affirme avec un récent rassemblement des natifs de Gamboma le 25 février, boosté par la visibilité d’un récent colloque international sur Mgr Benoît Gassongo, organisé pour propulser subtilement le candidat Sassou. Ces luttes claniques déstabilisent l’appareil économique pillé dès 2016 par des figures comme Jean Jacques Bouya (JJB), BJRI, Gilbert Ondongo et Firmin Ayessa, alors directeur de cabinet de M. Sassou. Les entreprises d’État – SNE (devenue E2C), SNDE (LCDE) et CFCO – ont été démantelées sans audit exhaustif, en dépit des recommandations du FMI et de la Banque mondiale consignées dans leur rapport de mai 2018 sur la gouvernance des entreprises publiques. Seule Congo-Télécom a été audité et épargné au sort, pour l’instant. Isolement de Sassouet guerre de tranchées Le tarissement des leaders alternatifs dans le sud et l’émiettement des forces dans le nord isolent M. Sassou plus que jamais, rappelant les crises de 1977 (mort de Marien Ngouabi) ou 1997 (guerre civile). L’abstention massive guette les urnes, malgré les mobilisations d’Elvis Digne Okombi Tsalissan pour rassurer les Occidentaux de la popularité de M. Sassou. A cela s’ajoutent des frustrations et des divisions entre responsables de campagne et parlementaires sur les fonds qui leurs sont alloués : « certains sont bien servis par Joujou Sassou, d’autres n’ont que des miettes ». En même temps, le PCT et les partisans d’Elvis Okombi Tsalissan se livrent une véritable guerre de tranchées dans les coulisses de la campagne présidentielle, avec des accusations mutuelles de sabotage et de manipulation. Cette escalade interne menace de fracturer l’ensemble de la coalition, tandis que les militants sur le terrain peinent à maintenir le cap. Parallèlement, les réseaux sociaux s’emparent de l’affaire, amplifiant les tensions et exposant au grand jour les dysfonctionnements au sein de la majorité au pouvoir. La réorganisation du secteur pétrole et gaz par BJRI et JJB, dont la gestion in extremis confiée à Raoul Ominga qui montre des failles mais soutenu par Françoise Joly, resserre l’étau sur Sassou et son fils perçu comme fragile et mal entouré. Le puzzle d’un drame shakespearien est en place : chacun choisit son camp, gérant les apparences d’un pouvoir dont la réalité explosive échappe à tout contrôle. Au gouvernement, Christian Yoka stagne : les figures comme Ludovic Ngatsé, Eboucka Babackas, Nyck Fylla, Alphonse N’Silou, Pierre Mabiala, Rigobert Maboundou, etc., perdent en popularité face à un exécutif jugé incompétent par la population qui réclame le changement radical de ce gouvernement. Mais il est à craindre que l’accord du pouvoir initié par N’Silou ( peur de quitter le gouvernement après 23 ans) entre partis de la majorité risque de figer le statu quo, contraignant M. Sassou à maintenir son gouvernement actuel. L’administration et les autres secteurs de la vie sociale ne sont pas en marge des remous. 23 magistrats de la Cour des Comptes et de discipline budgétaire ont refusé de percevoir leurs indemnités sous prétexte que le budget de la CCDB a été vu à la hausse. Ils exigent auprès de la gestionnaire une augmentation de leurs indemnités de trois cents mille à un million de fcfa en dehors de leurs salaires, tandis que les enseignants communautaires, les personnels des hôpitaux, les retraités avec 50 mois d’arriérés, les agents des mairies, continuent de broyer du noir. Quelle responsabilité! Il est certain qu’avec les exigences de ces magistrats, les recrues de la nouvelle formule code 104 d’Aimé Bininga qui sont en route, donneront du fil à retordre à son successeur d’Aimé Bininga pour le paiement de leurs émoluments. Lesdits magistrats qui ignorent les textes, seraient poussé par la chancellerie et Cie pour créer le désordre à 48h00 des élections. Appel aux hommes de foi : sortez de la passivité Face à ce drame Shakespearien, un appel aux leaders religieux : sortez de votre passivité pour proposer une alternative et un renouveau politique lucide plutôt que de se figer dans une posture de spectateurs et regarder le pays se déliter, ils devraient forger une stratégie autonome et promouvoir les leurs pour apporter un nouvel éclairage qui pourrait permettre de sauver le Congo. Dans tous les cas, un aggiornamento politique lucide s’impose pour sortir de l’impasse. Ghys Fortune BEMBA DOMBE
121 ans du Rotary international : Une épopée humanitaire célébrée, à Brazzaville, sous le signe de la paix

En ce mois de février 2026, les Rotary clubs de Brazzaville membres du Rotary International se sont réunis, au Kimpeski hôtel, pour célébrer les 121 ans de la création de leur organisation, sous le thème « la jeunesse au service de la paix ». Le rendez-vous a donné lieu à un récit sur l’épopée humanitaire née d’une vision simple qui est devenue une force diplomatique mondiale. Entre bilan humanitaire, renforcement des liens de camaraderie et engagement renouvelé pour la paix, la soirée de gala a constitué un moment pour la famille rotarienne en République du Congo de renouveler leur engagement en faveur de leur mouvement. Agir pour la paix et la santé Le mois de février dédié à la prévention des conflits, rappelle que le service est un levier de stabilité. À travers sa Fondation, le Rotary finance sept centres de formation pour la paix, dont le premier centre africain à l’université de Makerere, en Ouganda. Ces boursiers deviennent des médiateurs essentiels dans les zones de tension, selon le l’ancien gouverneur du district 9150 du Rotary international, Hervé Ilocky.Parallèlement à la promotion de la paix, le combat contre la poliomyélite reste une priorité absolue pour le Rotary international. En partenariat avec l’OMS, l’UNICEF et la Fondation Bill et Melinda Gates, le Rotary a déjà mobilisé plus de 700 millions de dollars pour cette cause dans la période 2022-2026, avec pour objectif : éradiquer définitivement cette maladie invalidante. Qu’il s’agisse d’accès à l’eau, d’éducation ou de protection de l’environnement, les Rotariens restent fidèles à leur devise : « Servir d’abord », a martelé monsieur Hervé Iloky citant Paul Harris : « le Rotary sera toujours connu par ses résultats ». Une influence diplomatique historique Dans son discours évocateur du Rotary international, le PDG (Past District Gouvenement), Hervé Iloky a affirmé que tout a commencé, le 23 février 1905 à Chicago quand Paul Percy Harris, avocat, s’entourant de trois compagnons — un ingénieur, un négociant et un tailleur — a fondé le premier club-service au monde. Leur ambition a été de retrouver l’esprit de convivialité et d’altruisme des petites villes de leur jeunesse. Le nom « Rotary » fut alors choisi pour illustrer la rotation des réunions entre les bureaux des quatre membres. Selon le PDG Hervé Iloky, « aujourd’hui, l’organisation a largement dépassé le cadre des réunions amicales. Forte de son 1,4 million de membres répartis dans plus de 46 000 clubs, elle jouit d’une légitimité internationale unique », a poursuivi l’orateur qui, s’appuyant sur les faits a ajouté que « le Rotary n’a jamais été un simple spectateur de l’histoire ». a titre d’exemple, l’organisation « a participé à la rédaction de la Charte des Nations Unies en 1945 et a inspiré la création de l’UNESCO ». Dans son intervention, la Représentante de l’UNICEF a souligné la convergence parfaite entre les missions des deux organisations. Saluant l’engagement de la communauté sénégalaise et des Rotariens, elle a rappelé que leurs priorités communes : santé, éducation et éradication de la polio, sont vitales pour la jeunesse congolaise. « Partenaire historique du système des Nations-Unies, le Rotary est qualifié d’allié incontournable pour le plaidoyer et la mobilisation. Ce discours célèbre une vision humanitaire partagée, ancrée dans l’histoire, pour relever les défis de demain », a-t-elle conclu. Cette cérémonie respectant les traditions séculaires du mouvement, symbolise, non seulement la vitalité des Clubs Rotary de Brazzaville, mais aussi le renouvellement des forces, prêtes à s’investir dans les sept axes stratégiques de l’organisation. Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA
De Gaulle et Sassou Nguesso : la longévité du pouvoir face au jugement de l’Histoire

Si le général Charles de Gaulle n’avait pas démissionné, les Français lui auraient demandé de rester longtemps. (Denis Sassou Nguesso) PAGE D’HISTOIRE. Dans une interview accordée à un média français, le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, répondant à une question sur la longévité de son pouvoir, déclara que si le général Charles de Gaulle n’avait pas démissionné, les Français lui auraient demandé de rester longtemps. À cette affirmation peut être associée une réflexion plus universelle : « À l’épreuve de l’éternité, seule demeure la qualité du service rendu. ». Ces deux phrases, mises en parallèle, permettent d’ouvrir une analyse comparative approfondie sur la nature du pouvoir, sa durée, sa légitimité et la manière dont l’Histoire juge les dirigeants. La longévité : symbole de stabilité ou signe d’enracinement ? La longévité au pouvoir fascine. Elle peut apparaître comme un gage de stabilité, d’expérience et de continuité. Mais elle peut aussi susciter des interrogations sur le renouvellement démocratique et la vitalité institutionnelle. Charles de Gaulle est une figure fondatrice de la France moderne. Chef de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, artisan de la souveraineté nationale restaurée, il revient au pouvoir en 1958 dans un contexte de crise profonde liée à la guerre d’Algérie et à l’instabilité gouvernementale de la IVe République. Il fonde la Ve République, dotée d’institutions solides et d’un exécutif fort. Son autorité repose sur une légitimité historique et populaire. Pourtant, en 1969, après l’échec d’un référendum portant sur la réforme du Sénat et la régionalisation, il démissionne immédiatement. Il avait annoncé que le rejet de sa réforme entraînerait son départ. Fidèle à sa parole, il quitte le pouvoir. À l’inverse, Denis Sassou Nguesso incarne une continuité politique exceptionnelle en Afrique centrale. Son parcours est marqué par plusieurs décennies d’exercice du pouvoir, avec une interruption dans les années 1990 suivie d’un retour à la tête de l’État. Son maintien s’inscrit dans un contexte institutionnel où les révisions constitutionnelles ont permis l’extension ou le renouvellement des mandats. La comparaison révèle ainsi deux logiques distinctes : Une longévité volontairement interrompue au nom du principe démocratique (De Gaulle); Une longévité consolidée par l’adaptation des règles constitutionnelles (Sassou Nguesso). Le rapport personnel au pouvoir Au-delà des institutions, la question centrale est celle du rapport intime du dirigeant au pouvoir. Pour De Gaulle, le pouvoir était une mission historique. Il se percevait comme l’incarnation d’un destin national à un moment critique. Une fois la mission accomplie — stabilisation des institutions, indépendance de l’Algérie, redéfinition du rôle international de la France — son maintien dépendait explicitement de la confiance populaire. Son départ en 1969 constitue un acte politique fort : il accepte le verdict du suffrage universel. Cette décision contribue paradoxalement à renforcer sa stature historique. Il ne s’accroche pas ; il s’efface. Dans le cas de Denis Sassou Nguesso, le pouvoir apparaît davantage comme un instrument de continuité étatique. Dans un pays ayant connu des tensions politiques et des conflits, la stabilité peut être présentée comme un argument central de légitimation. Le maintien au sommet de l’État peut alors être perçu comme une garantie de cohésion nationale. Cependant, cette continuité soulève inévitablement la question du pluralisme politique et de l’alternance. Là où De Gaulle a fait du référendum un mécanisme de validation ou de révocation personnelle, le système congolais a évolué par des ajustements constitutionnels permettant la reconduction du président en exercice. La différence tient donc moins à la durée brute qu’à la philosophie du pouvoir. Institutions, référendums et culture politique Les deux trajectoires s’inscrivent dans des contextes historiques et culturels profondément différents. En France, la tradition républicaine, malgré ses crises, s’est consolidée autour d’un principe d’alternance et de limitation implicite du pouvoir personnel. La démission de De Gaulle s’inscrit dans cette culture politique où la responsabilité devant le peuple est primordiale. En République du Congo, l’histoire politique post-indépendance est marquée par des périodes de parti unique, de transitions conflictuelles et de recompositions institutionnelles. La consolidation de l’État a souvent été priorisée face aux défis sécuritaires et économiques. Comparer les deux dirigeants nécessite donc de prendre en compte ces contextes distincts. Il ne s’agit pas de transposer mécaniquement un modèle sur l’autre, mais d’observer comment chacun a exercé son autorité dans son environnement spécifique. Le développement et le « service rendu » La seconde phrase — « À l’épreuve de l’éternité, seule demeure la qualité du service rendu » — introduit la dimension la plus décisive : celle des résultats. De Gaulle laisse derrière lui des institutions toujours en vigueur, une diplomatie indépendante, une vision stratégique de la souveraineté nationale. Son héritage est institutionnel, symbolique et géopolitique. Pour Denis Sassou Nguesso, l’évaluation historique portera principalement sur : Le développement économique du Congo, La gestion des ressources naturelles, L’amélioration des infrastructures, La stabilité politique, Le bien-être des populations. L’Histoire est exigeante. Elle dépasse les justifications immédiates. Elle juge sur la durée et sur l’impact concret. Un dirigeant peut gouverner longtemps sans laisser d’empreinte profonde. À l’inverse, un dirigeant peut gouverner moins longtemps et transformer durablement son pays. La longévité face à l’éternité La déclaration de Denis Sassou Nguesso suggère que De Gaulle aurait pu rester au pouvoir si le peuple l’avait souhaité. Cette hypothèse est plausible. Mais le fait historique demeure : De Gaulle a choisi de partir lorsque le peuple a exprimé son refus. Ce geste constitue peut-être la clé de son héritage. Il illustre une conception du pouvoir où la légitimité n’est jamais acquise définitivement. À l’épreuve de l’éternité, la mémoire collective retient moins la durée que la portée des actes. Elle retient la capacité à construire, à réformer, à unir — mais aussi la capacité à respecter les règles du jeu démocratique. Conclusion : l’Histoire comme arbitre suprême Comparer Charles de Gaulle et Denis Sassou Nguesso à travers ces deux phrases, c’est interroger la nature du leadership politique. Est-ce la durée qui consacre un dirigeant ? Ou est-ce la trace laissée dans les institutions, l’économie et la conscience nationale ? La longévité peut être un
Les pays du bassin du Congo tracent une voie stratégique vers les marchés carbone grâce à des feuilles de route pour monétiser la richesse forestière

Six pays du bassin du Congo — Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gabon et République du Congo — travaillent à prendre des mesures audacieuses pour débloquer des paiements fondés sur les résultats et le financement climatique. Les feuilles de route stratégiques pour le marché du carbone et le financement climatique dans le secteur forestier des pays du bassin du Congo,nouvellement lancées et développées avec le soutien de la Banque mondiale, servent de plans pour transformer la vaste richesse forestière de la région en un moteur puissant de croissance résiliente au climat, de développement durable et d’emplois verts. Ces feuilles de route fournissent des plans spécifiques à chaque pays, pour aider les pays du bassin du Congo à haute forêt et faible déforestation (HFLD) à s’engager de manière crédible et efficace sur les marchés mondiaux du carbone, à mobiliser un financement basé sur les résultats et à transformer leurs actifs forestiers en moteurs de croissance résiliente face au climat. Adaptées à la préparation et au paysage institutionnel de chaque pays, les feuilles de route s’appuient sur les données fondamentales des Comptes écosystémiques forestiers et recommandations politiquespour le bassin du Congo pour créer un cadre complet alignant les objectifs nature et climatique avec les priorités nationales de développement. Dans le cadre des services analytiques et consultatifs (ASA) plus larges de la Banquemondiale pour le bassin du Congo, ces feuilles de route visent à transformer le récit du développement régional — passant d’une perte ou dégradation forestière à une croissance axée sur les forêts. « Les forêts du bassin du Congo offrent plus que la simple régulation climatique mondiale — elles représentent des actifs financiers essentiels et une opportunité de développement », a déclaré Chakib Jenane, directeur régional de la pratique de la Banque mondiale pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre. « Ces feuilles de route constituent le lien crucial et montrent comment les pays peuvent convertir le capital naturel en investissements tangibles générant des revenus, des emplois et de la résilience pour les communautés locales. » Les feuilles de route appellent à une coordination institutionnelle renforcée, des mécanismes équitables de partage des bénéfices, ainsi qu’à des systèmes numériques robustes de Surveillance, Reporting et Vérification (MRV) alignés sur l’article 6 de l’Accord de Paris. Alors que des pays comme le Gabon, la République du Congo progressent avec des accords pilotes basés sur les résultats et des progrès REDD+, d’autres comme la Guinée équatoriale et la République centrafricaine en sont aux premiers stades de leur développement. Les opportunités abondent également en République démocratique du Congo et au Cameroun. Les feuilles de route mettent en lumière les lacunes et priorisent les actions clés qui permettront aux pays de tirer parti du potentiel des marchés du carbone et du financement climatique. « Les marchés du carbone peuvent changer la donne pour les pays du bassin du Congo — mais seulement si les conditions favorables sont en place », a déclaré Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo. « Ces feuilles de route stratégiques offrent un guide pratique de bout en bout pour que les gouvernements mettent en œuvre le financement carbone, en mettant l’accent sur la bonne gouvernance, l’engagement du secteur privé et les bénéfices pour les communautés locales. » Élaborées à travers de larges consultations des parties prenantes et ancrées dans des priorités nationales, ces feuilles de route aident les pays à : Ces feuilles de route climatiques pour les marchés du carbone représentent une convergence d’emplois, d’environnements et d’agendas économiques. BM
THÉÂTRE. L’ailleurs-Monde express de Maxime N.Débéka, une fantasmagorie sur scène

Du théâtre traditionnel avec des célèbres monuments tels Molière, Racine et Corneille à l’anti-théâtre dont la figure notoire est Ionesco avec En attendant Godot, pour ne parler que de la littérature française, s’est créée une grande métamorphose dans la présentation scénique. Habitués aux spectacles moralisants et comiques du théâtre traditionnel, moult amateurs de la scène ont été frustrés par L’ailleurs-Monde expressde Maxime N’Débéka. Ce dernier est sorti de la norme scénique incarnée par ses compatriotes tels Guy Menga, Antoine Letembet Ambily, Sylvain Bemba et bien d’autres auteurs que nous révèle l’auteur dans sa longue dédicace à ses collègues artistes. Avec L’ailleurs-Monde express, Maxime N.Débéka sort des sentiers battus du théâtre congolais. On voit comment dans cette pièce l’auteur va à l’encontre des principes élémentaires que lui a enseigné le théâtre traditionnel. Et, dans la présentation, n’apparait pas en filigrane la règle des trois unités (unité de temps, de lieu et d’action) héritées du théâtre traditionnel français qui assure la vraisemblance et l’intensité dramatique. Avec L’ailleurs-Monde express, les dialogues que nous renvoient les personnages vont en l’encontre de la règle des trois unités, le temps de l’action des personnages qui se passe sur un lieu déterminé. Du nouveau dans le théâtre où l’espace et le temps libèrent agréablement l’action des acteurs dans le rôle des personnages que l’auteur nomme par Ganach, Yézadie, Zourbi, Sylphéa, Loufding, La Voix, élément de personnage irréel. Dans le théâtre traditionnel, c’est la journée qui définit l’action. Déjà dans cette station de GARE DE PARTOUT que nous présente la scène, on voit le personnage de Ganach qui se confronte à la notion du temps : « A 12 heures précises, on se serre vite fait les louches (…) Ton ticket de train est dans l’enveloppe » 13 heures déjà » (p.15). Et avec ce personnage à la forme imprécise qu’est La Voix qui interpelle Ganach, le début de la pièce incite le spectateur à accepter l’univers fantastique et féérique dans lequel vont se mouvoir tous les personnages. Dans cette espace de GARE DE PARTOUT, apparait un autre personnage, Yezadie, jeune femme qui s’apprête à rencontrer son fiancé qui l’attend à la gare d’En Bout de Nulle part depuis des années comme elle le fait savoir : « En Boutde Nulle Part. Monhomme m’a fixé rendez-vous là-bas avant de me quitter. (…) pour pas que j’oublie, Y m’a écrit ça (…) « La veille du nouveau millénaire, rejoins-moi sans faute à la gare d’En Bout de Nulle Part. N’oublie surtout pas… » Y a bien écrit ces mots, n’est-ce pas ? J’attends ce jour depuis 20 ans » (p. 20). Et les heures de départ des trains que Ganach et Yezadie comptent prendre pour leur voyage sont aléatoires : celui de Ganachqui est prévu pour 12 heures n’est pas toujours en gare avec trois heures de retard. La notion du temps est aussi mise en relief par la jeune Yezadie qui attend le jour du rendez-vous avec son amoureux depuis 20 ans, le temps qu’il faudra à ce dernier pour préparer leur avenir. Devant l’étonnement deZourbi qu’elle vient de rencontrer en gare, Yezadie confirme ce temps d’attente : « Ben oui ? 20 ans qu’Y est parti pour préparer le terrain de notre bonheur » (p.26). Cette pièce de théâtre met en cause l’unité de temps par les entrées et sorties des personnages dans les espaces de GARDE DE PARTOUT et de la gare d’EN BOUT de NULLE PART. Elle se caractérise par une scène unique qui se dilue dans un acte unique ; ainsi les gares, l’intérieur des trains deviennent des lieux mythique et fantastique comme le rappelle le dramaturge (l’auteur) dans ses interventions : « Bourrasque violente. Cris puissants d’oies (ou canards) sauvages, l’alarme du train se déclenche suivie de sifflements stridents de freins. Bruits de ferraille. Noir total sur le plateau. Puis un temps, éclairage très doux du plateau. On voit les voyageurs étendusça et là » (p.53). On voit aussi l’imaginaire du concepteur de cette pièce de théâtre qui fait entrer le spectateur dans le monde du bestiaire avec la présence des oies ou canards sauvages dans le déroulement du spectacle. Et c’est dans ce monde merveilleux où évoluent les personnages de cette fantasmagorie théâtrale. L’action de cette pièce se focalise sur le thème du voyage dont les points cardinaux sont les gares de GARE DE PARTOUT et d’EN BOUT DE NULLE PART. S’y manifeste aussi le thème de l’amour qui nous rappelle En attendant Godot : un personnage nous rappelle Yezadie attendue à EN BOUT DE NULLE PART par son amour Clisthidepuis 20 ans. Des acteurs sur scène, le spectateur découvre pour la première fois le personnage atypique de Loufding. Comme on peutleremarquer,c’est un personnage imaginaire et mythique car, à sa voix s’ajoutent deux autres : celle du robot et celle de la marionnette quand il s’adresse à Yezadie: « Ah, non, ! Suis pas jaloux de Phéa… Enfin. Peut-être. Mais juste un chouïa. Je l’avoue. Bien que j’sois mal fichu, j’en ai pas moins de sentiments. Comme tout le monde… Etc’est pas toujours facile ma vie entre vous deux. Phéa et toi, ouais… Mais la vérité de ma mère, t’en veux pas. (Voixde Loufding). T’as pas de maman. Tu le sais. (Voix du robot ou de la marionnette). Eh !Bien, je jure quad même. (Puis s’adressant à Sylphéa). Hé ! Phéa. Dirait-on pas que la grande madame-là tape la flambe sous ton nez ? » (pp.43-44). Habitué dans la monotonie théâtrale sur fond de la morale et du comique, le spectateur se retrouve devant une fantasmagorie qui luidémontre que l’art évolue dans l’espace et dans le temps. Et l’auteur de L’ailleurs-Monde express pourrait être classéparmi les premiers rénovateurs de l’écriture théâtrale congolaise. Avec le théâtre de Maxime N’Débéka, l’intérêt de l’art semble prendre agréablement le dessus sur l’intérêt de la pédagogie moralisante du public du théâtre traditionnel fondé sur la règle des trois unités (temps, lieu, action) que nous avons évoquée antérieurement. En conclusion, on peut affirmer sans ambages, qu’avec L’ailleurs-Monde express, s’est ouvert un nouveau palier du théâtre congolais. En réalisant cette fantasmagorie scénique, Maxime N’Débéka, dont le nom figure déjà sur le palmarès des poètes
EXPOSITION « LIFELINES » : La Congolaise Rhode Bath Makoumbou parmi douze artistes africaines réunies à Stockholm

L’artiste peintre Rhode Bath Makoumbou (République du Congo / Belgique) participe à l’exposition collective « Lifelines » (Lignes de vie), présentée à l’Espace d’art Eva Livijn, à Stockholm (Suède), du 27 février au 5 avril 2026. Conçue par UlrikaFlink et réalisée en collaboration avec le Réseau des ambassadrices des femmes africaines dans les pays nordiques, l’exposition « Lifelines » réunit douze artistes femmes africaines et issues de la diaspora africaine. L’événement explore les notions de connexion, de mémoire et d’expérience vécue comme autant de moyens de façonner les mondes sociaux. Il met en dialogue des pratiques artistiques ancrées dans l’expérience vécue comme force créatrice. « Explorant la peinture, la performance, la photographie, le dessin, le textile, le film et la vidéo, les artistes abordent l’expérience vécue non comme un simple décor, mais comme une méthode. La mémoire prend forme, le langage façonne la perception et les gestes, intimes et collectifs, génèrent du sens », souligne-t-on dans un communiqué. « Lifelines » , qui s’appuie sur l’œuvre d’Oyeronke Oyewumi, notamment sa critique du genre comme principe organisateur universel de la vie sociale, appréhende le quotidien des femmes non comme des anecdotes personnelles, mais comme des espaces où se construisent et se négocient les relations sociales. Directrice artistique de Konstfrämjandet Stockholm et commissaire de la Triennale de Bruges 2027, UlrikaFlink a été commissaire du Pavillon suédois à la 15e Biennale de Gwangju en Corée du Sud et co-commissaire de la Biennale de Çanakkale en Turquie. Sa pratique curatoriale s’intéresse aux interactions entre l’art et les infrastructures sociales, la mémoire collective et la vie civique. Forte de plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de l’art contemporain, Eva Livijn est de son côté galeriste, conseillère artistique et collectionneuse. Après avoir longtemps dirigé une galerie avec son défunt mari, elle poursuit depuis 2013 cette activité depuis son domicile à Stockholm, présentant des expositions soigneusement conçues et devenues des références incontournables du calendrier artistique suédois. Martin Kam LES AUTRES ARTISTES PARTICIPANTES : Phoebe Boswell (Kenya / Royaume-Uni), Dina Danish (Égypte / Pays-Bas), Kakizi Jemima (Rwanda), Priscilla Kennedy (Ghana), Charlene Komuntale (Ouganda), Mónica de Miranda (Angola / Portugal), Kresiah Mukwazhi (Zimbabwe / Allemagne), Asemahle Ntlonti (Afrique du Sud), Pamela Phatsimo Sunstrum (Botswana / Pays-Bas), Hannah Uzor (Zambie / Royaume-Uni), Olga Yaméogo (Burkina Faso / France).
Congo. Non à la révision opportuniste de la Constitution – oui à la stabilité, et à la responsabilité républicaine

TRIBUNE. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, certains cercles agitent l’idée d’une révision de la Constitution du 25 octobre 2015, invoquant les prétendus dysfonctionnements du quinquennat. Cette manœuvre, présentée comme un ajustement institutionnel, ressemble en réalité à un calcul politique. Depuis la sortie médiatique de Denis Christel Sassou Nguesso, ministre de la Coopération internationale et de la Promotion du Partenariat Public-Privé, des voix issues de certaines officines plaident pour la création d’un poste de vice-président, à l’image du modèle sud-africain. Mais peut-on comparer mécaniquement nos réalités politiques à celles de Afrique du Sud sans tenir compte de notre propre trajectoire institutionnelle ? Ne nous y trompons pas : derrière l’argument institutionnel se joue une guerre d’influence. La bataille des clans est ouverte. Chacun aiguise ses stratégies, non pour renforcer la République, mais pour consolider ses positions en vue des échéances à venir. La présidentielle de 2026 et les législatives de 2027 se préparent dès aujourd’hui dans les états-majors politiques, où l’enjeu réel est la recomposition du pouvoir. Le mandat 2026-2031 s’annonce comme un tournant historique. Selon la Constitution en vigueur, il serait le dernier du Président Denis Sassou Nguesso. La question de la succession devient donc centrale. Dans un contexte de rivalités exacerbées, imposer un dauphin relèverait de l’équilibrisme politique. Chaque clan aspire à l’après-Sassou, et la tension pourrait s’intensifier à mesure que l’échéance approche. Dans ces conditions, ouvrir le chantier d’une révision constitutionnelle pour créer un poste de vice-président serait perçu par beaucoup comme une manœuvre de repositionnement stratégique plutôt qu’une réforme d’intérêt national. Le peuple congolais, éprouvé par un mandat 2021-2026 jugé difficile, attend des réponses concrètes à ses préoccupations sociales, économiques et institutionnelles — non une reconfiguration opportuniste du sommet de l’État. Si changement il doit y avoir, qu’il soit profond, structurant et consensuel. Qu’il ouvre la voie à une République renouvelée, portée par de nouvelles énergies, une gouvernance apaisée et une vision claire pour l’avenir du Congo. La stabilité institutionnelle ne peut être sacrifiée sur l’autel des ambitions personnelles. L’histoire nous enseigne que l’évolution est nécessaire, mais qu’elle doit servir l’intérêt général, non les stratégies de clans. L’heure est à la responsabilité, à la lucidité et au courage politique. Qui vivra verra. Fait à Orléans, le 24 février 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé