Le FIDA investit 77,7 millions d’EUR au Niger pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la résilience face aux changements climatiques

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a annoncé lundi 6 juillet le lancement d’un nouveau projet qui permettra d’accroître le soutien apporté à quelque 210 000 ménages ruraux pauvres au Niger qui sont vulnérables aux chocs climatiques et à l’insécurité alimentaire. La population nigérienne, essentiellement rurale, vit du petit élevage et de l’agriculture familiale. Ce type d’agriculture emploie 85% de la population active et représente 43,4% du produit intérieur brut. Il est essentiel d’améliorer la production agricole à petite échelle et d’accroître la productivité pour passer d’une agriculture de subsistance à une production commerciale, si l’on veut réduire la pauvreté et renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les zones rurales. En raison de la pandémie de COVID-19 et des mesures prises pour y faire face, la situation a pris une nouvelle dimension. Le pays présentant déjà des vulnérabilités, la crise fait peser une véritable menace sur les moyens d’existence, en particulier des petits exploitants agricoles, et ses conséquences néfastes risquent de se prolonger si on n’investit pas concrètement dans le secteur agricole. « Le projet PRECIS arrive à point nommé », a déclaré le directeur de pays pour le Niger, Jakob Tuborgh. « La COVID-19 menace les objectifs ambitieux fixés par le Gouvernement en matière de réduction de la pauvreté. Ce nouveau projet permettra de traiter la grande question de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Niger et de créer des emplois pour les jeunes ruraux, tout en contribuant à la réalisation de plusieurs objectifs de développement durable ». Le Président du FIDA, Gilbert F. Houngbo, la Ministre nigérienne du plan, Aïchatou Boulama Kané, et le Ministre nigérien des finances, Mamadou Diop, ont signé par correspondance l’accord de financement concernant le Projet de renforcement de la résilience des communautés rurales face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Niger (PRECIS). D’un montant de 172,1 millions d’EUR, ce projet s’adressera en priorité aux jeunes et aux femmes, qui sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques et à d’autres chocs. L’objectif du projet est de les aider à accéder à des emplois ruraux prometteurs, à augmenter leurs revenus et à renforcer leur résilience. L’action menée dans le cadre du projet se répercutera sur l’ensemble des objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 1 (pas de pauvreté) et l’ODD 2 (faim zéro), mais aussi l’ODD 5 (égalité des sexes et autonomisation des femmes) et l’ODD 6 (eau propre et assainissement). Le projet PRECIS visera à promouvoir la culture du maïs, du millet, du riz et du sorgho, et à développer le maraîchage, l’aviculture et le petit élevage. Afin d’atténuer les effets de la désertification et des changements climatiques, le projet mettra aussi l’accent sur l’utilisation de solutions techniques au service d’une gestion durable de l’eau et des ressources foncières. Il permettra de remettre en état et de construire des infrastructures destinées à faciliter l’accès aux marchés, afin que les agriculteurs puissent vendre leurs produits. Le FIDA participera au financement du projet par un prêt de 56,7 millions d’EUR et un don de 21 millions d’EUR. La contribution du Gouvernement nigérien s’élève à 26,3 millions d’EUR, auxquels s’ajoutent 4,9 millions d’EUR apportés par les bénéficiaires. Des accords pour l’octroi d’un cofinancement additionnel d’environ 63 millions d’EUR sont en cours d’élaboration avec d’autres partenaires de développement. Le projet sera mis en œuvre dans les régions de Dosso, Maradi, Tahoua et Zinder et couvrira 186 municipalités. Le PRECIS permettra de renforcer les capacités des petits agriculteurs et de leurs organisations dans les domaines suivants: production, stockage et transformation de produits périssables; pratiques en matière d’alimentation, de bonne nutrition et d’hygiène. On espère que ces mesures permettront d’assurer la disponibilité des denrées alimentaires pendant la « saison de la faim ». Le projet visera à promouvoir la formation professionnelle et l’entrepreneuriat rural pour les jeunes, ainsi que la création d’emplois dans le secteur agropastoral. Les activités menées cibleront les éleveurs transhumants (Touaregs nomades) et les personnes handicapées. Un accent particulier sera mis sur les activités d’alphabétisation et des formations interactives seront organisées sur les questions du genre et la promotion des femmes à des postes de direction. Le projet incitera également les institutions financières rurales à créer des produits répondant aux besoins des petits exploitants agricoles. Depuis 1980, le FIDA a investi 350,7 millions d’USD dans 14 projets et programmes de développement rural menés au Niger, d’une valeur totale de près de 746,1 millions d’USD. Ces programmes ont bénéficié directement à 1 252 922 ménages ruraux.
Des fonds suédois pour aider les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a annoncé mardi 7 dernier que le Gouvernement suédois apportait une contribution de 100 millions de SEK (approximativement 12 millions d’USD) pour aider les agriculteurs des zones rurales à s’adapter aux changements climatiques et pour contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement. Cette contribution de la Suède appuie l’engagement pris par le FIDA d’investir, d’ici à 2021, au moins 890 millions d’USD dans des interventions axées sur le climat. Il s’agit notamment d’accroître la résilience de 24 millions de personnes face aux chocs climatiques, et également d’aider les pays clients à mettre en œuvre les contributions déterminées au niveau national au titre de l’Accord de Paris. « Ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qui sont le plus durement touchés par les effets des changements climatiques. Nous devons atténuer cet impact et faire en sorte que ceux qui dépendent de la petite agriculture soient plus résilients, afin de garantir leurs moyens d’existence. Le FIDA occupe une position incomparable pour atteindre ces femmes et ces hommes pauvres et vulnérables », a déclaré Peter Eriksson, Ministre suédois de la coopération internationale pour le développement. « Les changements climatiques ne constituent pas seulement un problème pour l’avenir. Ils se produisent déjà aujourd’hui, et ils affectent la sécurité alimentaire et les revenus des petits agriculteurs », a déclaré Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA. « Je voudrais remercier la Suède pour cette contribution additionnelle, qui démontre qu’elle reconnaît que les changements climatiques figurent bien parmi les causes de la pauvreté et de la faim. Ce financement contribue à faire en sorte que les agriculteurs puissent s’adapter et devenir plus résilients face aux chocs climatiques, ce qui leur permettra de continuer à produire des aliments et à soutenir leur famille », a-t-il ajouté. Cette contribution intervient à un moment où l’Afrique australe connaît sa pire sécheresse depuis 35 ans, et où plus de 11 millions de personnes, dans neuf pays, sont confrontées à des situations d’urgence sur le plan de l’insécurité alimentaire. Des événements météorologiques extrêmes, comme les sécheresses et les inondations, exercent une pression sur les écosystèmes dont dépendent les petits agriculteurs, les rendant particulièrement vulnérables à l’aggravation de la faim et de la pauvreté, et les contraignant souvent à quitter leurs villages. Selon les estimations, chaque degré supplémentaire dans la température moyenne de la planète aurait pour effet, en moyenne, de réduire les rendements mondiaux de 6% pour ce qui concerne le blé, de 3,2% pour le riz, de 7,4% pour le maïs et de 3,1% pour le soja. « Il est maintenant nécessaire d’investir davantage pour permettre aux populations rurales de prendre des mesures d’adaptation et également pour concrétiser leur contribution potentielle à l’atténuation des effets des changements climatiques », a déclaré M. Houngbo. « Nous devons veiller à ce que les agriculteurs puissent continuer à travailler sur leurs terres pour garantir, à l’échelle mondiale, la sécurité alimentaire, la paix et la stabilité. » Avec CM BON A SAVOIR: La Suède est l’un des pays fondateurs du FIDA, et partage sa vision d’un monde libéré de la pauvreté et de la faim. Depuis 1977, elle a apporté au Fonds près de 440 millions d’USD au titre des contributions de base. Elle a, en outre, apporté une contribution de près de 10 millions d’USD au Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne (ASAP), le plus vaste programme mondial d’adaptation aux changements climatiques destiné aux petits agriculteurs et leur offrant un accès à l’information, aux outils et aux technologies dont ils ont besoin pour renforcer leur résilience face aux changements climatiques.
Cuisiner contre les changements climatiques

Lors d’un événement coparrainé par le FIDA à la COP25 à Madrid, des experts et des chefs cuisiniers célèbres ont examiné comment les changements climatiques affectent les systèmes alimentaires. Organisé par Kitchen Connection, partenaire du FIDA, l’événement mettait en vedette Jorge Brazalez, vainqueur de l’édition espagnole de MasterChef et ancien footballeur du Real Madrid, et Pepa Muñoz, une cheffe espagnole et présentatrice à la télévision espagnole de premier plan. Les chefs Jorge et Pepa, qui militent aussi en faveur du climat, ont souligné l’impact des changements climatiques sur la sécurité alimentaire. Dans le sillage de la série du FIDA Les Recettes du changement, l’événement entendait montrer les effets qu’ont les changements climatiques en période de conflit ou de ralentissement économique et en particulier sur la filière alimentaire agricole. Pepa Muñoz est bien connue en Espagne pour sa cuisine respectueuse de l’environnement et inspirée de recettes traditionnelles espagnoles, notamment d’Andalousie dont elle est originaire. Elle dirige également sa propre petite exploitation, aux abords de Madrid, où elle pratique l’agriculture biologique. Elle avait un message à l’intention des délégués à la COP25 de la CCNUCC. « Continuez à vous battre! La terre sait tout », a déclaré Pepa Muñoz. « La terre parle. La terre me parle. Je prends une poignée de terre et je sais si elle est humide ou sèche, si elle est pierreuse, si elle contient des minéraux, si elle sent ou non. La terre est notre plus grande valeur. » Earlene Cruz, fondatrice de Kitchen Connection, a expliqué pourquoi il était si important pour elle d’organiser cet événement avec le FIDA et d’autres à la COP25 à Madrid. « Nous savons que le système alimentaire contribue fortement aux émissions mondiales et que les changements climatiques ont un impact sans précédent sur les systèmes alimentaires », a déclaré Earlene Cruz. « Les changements climatiques et la nourriture entretiennent donc mutuellement d’étroites relations et il est important que nous en discutions. » « Parfois, cela est éclipsé par les émissions d’autres secteurs d’activité, il est donc important d’en parler d’une manière à la fois amusante, intéressante et sérieuse. » Pour ce faire, ils ont présenté trois recettes, du Tchad, du Guatemala et du Sri Lanka. Des représentants du FIDA, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial ont également exposé des solutions que les citoyens, les pouvoirs publics et les organisations à but non lucratif peuvent utiliser pour combattre les effets des changements climatiques. Au Tchad, le FIDA aide les populations des zones rurales touchées par des sécheresses récurrentes et qui ne pratiquent pas l’irrigation. Le FIDA encourage l’utilisation de semences améliorées pour le sorgho, l’arachide et le sésame. Le FIDA travaille également avec les communautés locales pour améliorer la gestion et le captage de l’eau destinée aux cultures pluviales, ainsi que pour soutenir les activités génératrices de revenus permettant aux femmes de diversifier leurs moyens de subsistance. (La vidéo du FIDA des Recettes du changement au Tchad) Kitchen Connection permet aux cuisiniers amateurs et professionnels d’organiser ou de participer à des cours de cuisine en ligne et interactifs qui sont au service du deuxième objectif de développement durable des Nations Unies: Faim zéro. Kitchen Connection traite des questions liées aux inégalités et à l’insécurité alimentaires à travers ces événements en ligne et hors ligne, en permettant aux gens non seulement de proposer des recettes, mais aussi, à travers elles, une partie d’eux-mêmes et de leur culture, en intégrant des témoignages et des informations sur certaines menaces d’ordre agricole qui pèsent sur leur alimentation, liées aux conflits ou aux changements climatiques. « Au-delà d’une concertation constante sur le sujet, nous travaillons sur cette question avec le FIDA depuis plusieurs années maintenant », a déclaré Earlene. « Nous voulons que les gens comprennent qu’il faut intégrer différents types d’actions si l’on veut atténuer les impacts des changements climatiques sur les systèmes alimentaires. » « Cela doit venir des consommateurs, des producteurs, des particuliers, des États, des organisations internationales et des ONG. Nous espérons mettre en évidence, à travers notre événement ici à la COP25, la contribution qu’y apportent les différents acteurs. L’idée étant d’encourager chacun à agir de à son échelle, aussi bien individuellement que professionnellement, et de voir, à travers le monde, ce que les gens font pour y parvenir. » Avec CM
Agriculture africaine: création de la Fondation Initiative AAA

L’initiative pour l’adaptation de l’agriculture Africaine (Initiative AAA) a pour ambition de réduire la vulnérabilité de l’agriculture africaine face aux changements climatiques. Elle se distingue par une démarche pragmatique orientée vers la promotion de projets à fort potentiel au bénéfice des peuples africains et le financement de projets prioritaires de nature à lutter contre les impacts des changements climatiques sur l’agriculture en Afrique tout en assurant la sécurité alimentaire de tous les africains. Lancée et portée par le Maroc durant la COP22 qui s’est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016, l’Initiative AAA a été saluée par le Sommet Africain de l’Action qui s’est tenu le 16 novembre 2016, en marge de la COP 22 sous la présidence de Sa Majesté le Roi du Maroc Mohammed VI, qui promeut une initiative africaine, et qui a rappelé à cette occasion que : « Sensible à la vulnérabilité du secteur agricole, et conscient de son importance vitale, le Maroc se mobilise pour la réalisation de l’initiative « Adaptation de l’Agriculture Africaine » ou « Triple A ». Ce dispositif innovant favorise l’adoption et le financement de solutions, destinées à la productivité et à la sécurité alimentaire ». Sa Majesté le Roi Mohammed VI a également affirmé devant le 28ème Sommet de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba (Ethiopie) le 31 janvier 2017, ce qui suit : « Nous le savons : ce ne sont ni le gaz, ni le pétrole qui satisferont les besoins alimentaires de base ! Or, le grand défi de l’Afrique n’est-il pas sa sécurité alimentaire ? C’est le sens de l’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine au changement climatique, dite “Initiative Triple A”, que nous avons promue lors de la COP22. Elle constitue une réponse innovante et extrêmement concrète aux défis communs posés par les changements climatiques. Dès son lancement, elle a d’ailleurs aussitôt été adoubée par une trentaine de pays. “L’Initiative Triple A”, vise à lever un financement plus important au profit de l’Adaptation de la petite Agriculture Africaine; elle accompagnera également la structuration et l’accélération de projets agricoles, en s’appuyant sur quatre programmes: la gestion rationalisée des sols ; la maîtrise durable de l’eau agricole ; la gestion des risques climatiques ; et le financement solidaire des petits porteurs de projets. Cette initiative a d’ailleurs été l’un des axes forts du Sommet Africain de l’Action, que j’ai eu le privilège de présider à Marrakech, en novembre dernier ». La Fondation AAA a pour but d’œuvrer en vue de réduire la vulnérabilité de l’agriculture africaine face aux changements climatiques. Dans ce cadre, elle aura pour mission de : – Défendre la cause de l’agriculture africaine et, particulièrement, celle de l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques ; constituer une force de proposition auprès des pouvoirs publics africains en vue d’inscrire, de manière prioritaire, des projets relatifs à l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques, dans leurs politiques publiques ; promouvoir le débat et l’échange d’idées concernant la question de l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques, fournir des services d’assistance, de conseil, d’expertise, d’évaluation, d’audit et d’inspection en rapport avec l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques et toutes les questions stratégiques qui y sont liées ; contribuer, dans le cadre de l’assistance technique, au partage de bonnes pratiques et au transfert de technologie, de compétences et de savoirs dans le domaine de l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques ; faciliter l’accès des porteurs de projets d’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques aux investisseurs, partenaires au développement, donateurs ou bailleurs de fonds ; accompagner les porteurs de projets dans le cadre du montage et de la soumission de leurs projets aux investisseurs et bailleurs de fonds ; favoriser la coopération bilatérale, régionale et internationale entre les instances africaines; favoriser l’émergence de coalitions et de partenariats stratégiques (avec les Etats, organisations non-gouvernementales, acteurs privés, fonds, etc.) LES MEMBRES DE LA FONDATION AAA : · Monsieur Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts du Royaume du Maroc (ès qualités) ; · Monsieur Mohcine Jazouli, Ministre Délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale – chargé de la Coopération Africaine – du Royaume du Maroc (ès qualités) ; · Monsieur Mamadou Sangafowa Coulibaly (intuitu personæ), Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural de la République de Côte d’Ivoire et ex Président de la Conférence Régionale des Ministres de l’Agriculture de la FAO ; · Monsieur Audu Ogbeh, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural de la République du Nigéria (ès qualités) ; · Monsieur Ahmed Réda Chami, Président du Conseil Économique Social et Environnemental du Royaume du Maroc (ès qualités) ; · Monsieur Akinwumi Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement (ès qualités) ; · Madame Agnes Kalibata, Présidente de Alliance for Green Revolution in Africa (ès qualités) ; · La Banque Mondiale représentée par Monsieur Juergen Voegele, Senior Director du secteur agricole à la Banque Mondiale ; · la Banque Africaine de Développement représentée par Madame Leila Farah Mokaddem, Représentante Résidente du Bureau National de la Banque Africaine de Développement au Royaume du Maroc (ès qualités) ; · Monsieur Hussein Alfa Nafo (intuitu personæ), Ambassadeur, Conseiller Spécial du Président de la République du Mali, Porte-Parole du Groupe des Négociateurs Africains sur le Climat ; · Monsieur Tariq Sijilmassi, Président du Directoire du Groupe Crédit Agricole du Maroc (ès qualités). · Monsieur Hicham Belmrah, Président du Directoire de la Mutuelle Agricole Marocaine d’Assurances (ès qualités) ; · Le Professeur Shenggen Fan, Directeur Général de l’International Food Policy Research Institute, Washington DC.Le Professeur Rattan Lal, éminent professeur à Ohio State University et Prix Nobel des Sols
Changements climatiques: Soutien du FIDA au Sénégal en vue de promouvoir une agriculture et un entrepreneuriat rural résilients

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) annonce que plus de 43 700 ménages ruraux vulnérables du Sénégal bénéficieront d’un programme de 72,4 millions d’USD destiné à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que les revenus des petits exploitants agricoles et éleveurs dans quatre régions du Sénégal. Selon l’institution spécialisée du système des Nations unies, l’accord de financement du Programme de développement agricole et d’entrepreneuriat rural – Phase II (PADAER-II) a été signé par correspondance par Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA, et Amadou Ba, Ministre des finances de la République du Sénégal. Dans un communiqué, la FIDA explique qu’ »il participera au financement du programme par un prêt de 46,3 millions d’USD et un don de 500 000 USD et que « le programme sera cofinancé par le Fonds de l’OPEP pour le développement international (un don de 10 millions d’USD), le Gouvernement sénégalais (9,5 millions d’USD), les communautés locales et les bénéficiaires (6,1 millions d’USD) ». La même source rappelle que le secteur agricole du Sénégal est extrêmement exposé aux changements climatiques, ce qui accroît la vulnérabilité des populations rurales pauvres qui tirent de la petite agriculture leur nourriture et leurs moyens d’existence. Ainsi, « PADAER-II contribuera à réduire la pauvreté des ménages des régions de Kédougou, Kolda, Matam et Tambacounda en les intégrant dans des chaînes de valeur rentables et diversifiées », assure-t-il. Concrètement, le programme développera la production et la commercialisation du riz, du maïs, du fonio et des petits ruminants, et contribuera à améliorer l’élevage de volailles. Outre ces filières agricoles principales, il soutiendra des produits complémentaires tels que le mil, le sorgho et la banane. En outre, il « améliorera les systèmes hydroagricoles, les infrastructures pastorales et les marchés. Il offrira aussi une formation aux organisations de producteurs pour leur permettre d’offrir des services durables à leurs membres », ajoute le FIDA soulignant que PADAER-II aidera les producteurs à accéder au crédit et à améliorer leurs connaissances des services financiers, ainsi qu’à renforcer le programme d’assurance indexé sur les conditions météorologiques mis au point pendant le PADAER-I. Dans son communiqué, le Fonds rappelle que PADAER-II vise à créer des emplois permanents et bien rémunérés pour les populations rurales vivant dans la zone du programme et à faire en sorte qu’au moins 50% des participants au programme soient des femmes et 50%, des jeunes. Pour rappe, depuis près de quatre décennies, le FIDA a participé au financement de 17 programmes et projets de développement rural au Sénégal, en investissant 269,1 millions d’USD sur un coût total de 514,2 millions d’USD. « Ces projets et programmes ont bénéficié directement à près de 500 000 ménages ruraux », assure le fonds. Martin Kam
Commission Climat et du Fonds Bleu du Bassin du Congo à Brazzaville : Le Roi Mohammed VI, modèle d’engagement en faveur de la lutte contre les changements climatiques

Le Roi du Maroc a prononcé, le 29 avril 2018, un discours lors du 1er Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission Climat et du Fonds Bleu du Bassin du Congo, qui s’est ouvert dans la capitale congolaise Brazzaville. D’entrée, le Roi Mohammed VI a indiqué que le Maroc s’est toujours mobilisé et a déployé l’expertise acquise en matière de lutte contre les changements climatiques pour assurer la réussite du projet ambitieux de transformer en opportunités les défis climatiques. C’est pourquoi, le Souverain marocain a choisi de soutenir ce programme, car il est fondé sur un nouveau paradigme qui répond aux besoins présents et futurs. Il s’appuie, en effet, sur des programmes intégrés, inclusifs et solidaires de la nouvelle économie bleue et verte. Le Roi du Maroc a fortement signalé que « la dimension humaine devrait être placée au coeur de ce projet » ; le but étant de créer « une dynamique vertueuse », indiquant que « le véritable enjeu est la sauvegarde et la valorisation d’un patrimoine africain précieux : le Fleuve Congo », un devoir envers les 200 millions d’Africaines et Africains qui vivent dans le Bassin du Congo. Ainsi, pour le Souverain marocain, la mise en place de ce Fonds bleu doit s’accompagner de la mobilisation de tous les acteurs économiques et de la société civile, pour que s’engagent des actions concrètes d’atténuation et d’adaptation, et que soit garantie l’émergence d’un mode résilient de développement. « Nous sommes résolus à mettre en œuvre des initiatives concrètes, susceptibles de préserver les droits des générations à venir », a dit le Souverain marocain, ajoutant que le Maroc œuvrera, sans relâche et avec détermination, pour la concrétisation des grands projets structurants du continent africain. C’est pourquoi, « le défi écologique ne doit plus être perçu comme une menace, mais comme une priorité. C’est le sens de notre engagement commun aujourd’hui, un engagement placé sous les principes de la responsabilité partagée et de la solidarité panafricaine », a conclu le Roi Mohammed VI. A noter qu’ont participé à ce premier Sommet du Fond bleu, outre le Roi du Maroc et le Président congolais, Paul Kagame (Rwanda et Président de l’Union africaine), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale), Macky Sall (Sénégal), Joao Lourenço (Angola), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Faustin Archange Touadera (Centrafrique), Mahamadou Issoufou (Niger), Alpha Condé (Guinée) et Evaristo Carvalho (Sao Tomé et Principe). En revanche, la République Démocratique du Congo, le plus grand pays de la région et le seul que traverse tout le fleuve Congo, n’était représenté qu’au niveau ministériel. Farid Mnebhi.
Le Bassin du Congo, une solution incontournable à la lutte contre les changements climatiques

TRIBUNE. Le Bassin du Congo constitue la deuxième réserve de forêts denses et humides du monde. Il abrite notamment des tourbières, réserves naturelles contenant des quantités très importantes de carbone. Libérées par des activités anthropiques, ces quantités de carbone, en se mélangeant avec l’oxygène de l’air, produisent du CO2, gaz à effet de serre, responsable du réchauffement de la planète. D’où l’intérêt pour la communauté internationale d’investir massivement dans la protection et la gestion durable de ces tourbières conformément aux dispositions de l’Accord de Paris. Celles-ci exigent que tout soit fait pour que la température de la planète ne dépasse pas 2°C. Ces tourbières tropicales, les plus importantes au monde d’une superficie de 145.500 km2 avec 30 milliards de tonnes de carbone contenu dans son sous-sol, fait que le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde et abritant le premier réseau hydrographique en Afrique, se présente plus que jamais comme une solution incontournable à la lutte contre les changements climatiques. Ce territoire qui, contenant en outre 10% de la biodiversité mondiale, verra se développer un nouveau modèle développement visant à concilier lutte contre les changements climatiques et développement économique, conformément à l’engagement pris par les chefs d’Etat à travers la Déclaration de Marrakech. Cette vision de l’éco-économie ou économie verte a été rappelée et réaffirmée par la Déclaration de Brazzaville, adoptée par les ministres présents lors de la troisième réunion de l’initiative mondiale sur les tourbières, que la République du Congo a eu l’honneur d’abriter les 21, 22 et 23 mars derniers. Pour développer cette nouvelle économie, intégrant l’économie bleue, nous avons besoin de financements adéquats qui prennent en compte la dimension de la lutte contre la pauvreté en faveur des populations riveraines des forêts, des étendues d’eau et des rivages, qu’il s’agisse des océans et des mers, des côtes, des lacs, des cours d’eau et des nappes souterraines. C’est la vocation du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo. Cet outil financier, il faut le rappeler, a pour objectifs de mobiliser les ressources nécessaires auprès des contributeurs et investisseurs, en vue du financement de la mise en œuvre des programmes et projets concourant au développement durable et à la promotion de l’économie bleue dans son champ d’intervention. Après la COP 23 à Bonn en Allemagne, le One Planet Summit à Paris et le Sommet de l’Alliance Solaire Internationale à New Dehli, le Sommet de Brazzaville contribue à la promotion de la finance climatique, de l’économie verte et de la diplomatie environnementale non seulement dans le Bassin du Congo, mais également dans le monde. Par Arlette Soudan Nonault, Ministre du Tourisme et de l’Environnement du Congo Coordinatrice de la CCBC et F2BC Arlette
Un aréopage d’experts internationaux échange sur les statistiques environnementales

Statistiques, environnement et changements climatiques étaient au centre d’un atelier organisé durant la matinée de dimanche dernier par le Haut-commissaire au plan (HCP) à Marrakech, à l’occasion du 61ème Congrès mondial de statistiques qui réunit du 16 au 21 juillet quelque 2000 participants représentant plus d’une centaine de pays. « Quelles approches statistiques pour la mesure de l’environnement et des effets des changements climatiques ? » C’est à cette question que devaient répondre les experts en statistique, les scientifiques ainsi que les représentants des institutions jouant un rôle fondamental dans les questions environnementales et les changements climatiques invités à ce grand rendez-vous mondial. Le Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami, qui a insisté lors de la séance d’ouverture du congrès sur l’urgence d’un développement rapide de la statistique environnementale, a d’entrée de jeu assuré que le Maroc est un pays dont le leadership national est très engagé en faveur des questions liées à l’environnement. Il a toutefois relevé que le problème des émissions de gaz à effet de serre demeurait assez abstrait pour le Marocain, expliquant que ce que la population voit dans l’environnement, c’est d’abord les services de base tels que l’eau et l’électricité. « Les études du HCP ont montré que les Marocains sont sensibles à la qualité de l’eau, à l’assainissement et à la disponibilité de l’électricité à des coûts abordables », a-t-il souligné. Abordant les grands problèmes auquel sont confrontés les organismes en charge de la statistique à travers le monde, il a relevé que ceux-ci ne peuvent connaître toutes les questions traitées que s’ils disposent de données qu’ils ne produisent pas. « Toutes ces données viennent d’autres administrations, d’autres intervenants publics et privés et il faut qu’ils en disposent sous une forme qui puisse être exploitée statistiquement et sur le plan de la comptabilité », a-t-il relevé. Pour sa part, le président de la COP22, Salaheddine Mezouar, a noté que « la statistique n’est pas uniquement de la technique, elle aide naturellement à l’observation, à la mesure mais essentiellement à la décision ». L’ancien ministre des Affaires étrangères a estimé qu’on ne peut s’engager dans un projet d’envergure sans avoir de la visibilité, des outils d’analyse, et d’observation mais aussi de correction. Les politiques publiques engagent des moyens et des ressources qui doivent avoir un impact sur l’humain, a-t-il estimé. Dans ce sens, «il est fondamental qu’on comprenne qu’au-delà de la technique et de la statistique, il y a une finalité qui est le citoyen, l’organisation de la cité, l’organisation du comportement humain, la formation et l’éducation pour un nouveau monde », a soutenu Salaheddine Mezouar, soulignant que la marche vers ce nouveau monde est en train de devenir une réalité. « La mutation technologique est une réalité, le problème aujourd’hui qui reste c’est la capacité d’adaptation des décideurs publics et politiques, des acteurs, du mode d’organisation de la vie à ces évolutions et à ces technologies », a-t-il fait remarquer. S’exprimant sur l’Afrique, le responsable de la COP22 a indiqué que « notre continent a des défis, mais il a également une chance absolument extraordinaire. Ce continent est en train de se faire, de se construire avec des défis majeurs qui touchent des populations, mais également des effets de réchauffement climatique qui sont absolument catastrophiques pour beaucoup d’entre elles ». Il a également rappelé que 60 millions de personnes vont se déplacer parce les conditions de vie deviennent insupportables et qu’en l’espace de 30 ans, Marrakech a perdu 30% de ses réserves en eau. Il a ainsi estimé que la chance de l’Afrique, c’est de construire son nouveau modèle de développement en tirant bénéfice de ces mutations. « Elle ne doit pas commettre l’erreur de rester dans les modèles et les choix du passé, il faut s’inscrire dans l’avenir », a-t-il lancé. Modérateur du panel, Abdelouahed Fikrat, secrétaire général de la présidence du gouvernement, a pour sa part rappelé que le changement climatique est en grande partie dû au comportement humain, que les territoires, populations et catégories sociales, bien qu’ils n’aient pas été les plus responsables de la pollution terrestre sont, paradoxalement, ceux qui en paient le plus lourd tribut et que le climat étant transfrontalier, aucun pays ne doit faire face, seul, aux effets du changement climatique. Notons que des experts et représentants de plusieurs institutions internationales sont intervenus lors de cet atelier qui a éclairé les participants sur bien des aspects en rapport avec le thème du premier panel du HCP qui organise, cet après-midi, un deuxième atelier sur « La révolution des données au service des Objectif du développement durable ».