La Banque mondiale renforce son soutien au programme pour le capital humain au Maroc

Le Conseil d’Administration de la Banque mondiale a approuvé un nouveau prêt de 500 millions de dollars destiné à améliorer la protection des populations les plus vulnérables contre les risques sanitaires et climatiques, étendre le système de protection sociale et renforcer la résilience face aux événements catastrophiques. Ce financement est le deuxième d’une série de trois opérations qui soutiennent le programme de réformes du gouvernement. Le programme de financement à l’appui de politiques de développement pour le renforcement du capital humain et un Maroc résilient s’adresse en priorité aux populations vulnérables qui ont été les plus durement touchées par les différents chocs que le Maroc a connus depuis la pandémie de COVID‑19, notamment la sécheresse et d’autres risques liés au climat, les conflits internationaux, l’inflation et, plus récemment, le séisme d’Al Haouz. « Le Maroc, comme beaucoup d’autres pays, continue de faire face à une série de chocs, et les populations les plus vulnérables sont les plus touchées, a affirmé Jesko Hentschel, Directeur pays pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale. Les Marocains font preuve d’une forte résilience, et pour les soutenir dans cet effort, le gouvernement continuera à étendre la couverture de l’assurance maladie, à promouvoir un meilleur accès à des soins de santé abordables au niveau national, à renforcer la gouvernance dans le secteur de la santé, à soutenir la mise en œuvre du programme d’aides sociales directes, et à améliorer la protection contre les risques climatiques. » Au cours de l’année écoulée, le gouvernement a réalisé des progrès significatifs dans la mise en œuvre des réformes. À titre d’exemple, le nombre de personnes éligibles à l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire) a plus que doublé, passant de 10 millions (bénéficiaires du RAMED, le régime d’assistance médicale) à 22 millions (éligibles à l’AMO-Tadamon et à l’AMO‑TNS). De plus, le cadre juridique du secteur de la santé a été revu, ce qui a permis de réorganiser le système national de santé. Ce deuxième cycle de financement permettra aussi d’adapter les services de santé afin de mieux répondre aux risques sanitaires. Le nouveau financement soutient également les réformes visant à créer et à mettre en œuvre le programme d’aides sociales directes annoncé par SM le Roi Mohammed VI en octobre 2023, qui constitue une étape cruciale dans l’harmonisation et l’expansion du système de protection sociale. En outre, le financement permettra de continuer à soutenir le gouvernement dans le renforcement du cadre institutionnel et de coordination en matière de gestion des risques climatiques et des catastrophes et dans le développement de régimes d’assurance et d’autres mécanismes de solidarité pour protéger les agriculteurs, souvent vulnérables face aux sécheresses et autres événements climatiques extrêmes. La Banque mondiale continuera à soutenir les dimensions clés des réformes de la protection sociale et de la santé au cours de la prochaine phase de mise en œuvre à venir qui comprend une évolution progressive vers une couverture universelle de l’assurance maladie et des aides sociales directes ainsi que l’expansion des régimes de retraite afin de réduire la pauvreté chez les personnes âgées.
La Banque mondiale soutient le Projet de développement économique du Nord-Est marocain

La Banque mondiale a approuvé jeudi 23 juin un prêt de 250 millions de dollars en faveur du Projet de développement économique du Nord-Est marocain. Ce financement contribuera à améliorer la connectivité des transports et à favoriser la croissance du secteur privé dans ce territoire, notamment autour du développement du complexe industrialo-portuaire de Nador West Med (NWM). Le Nord-Est du Maroc présente des défis, mais aussi des opportunités considérables. La région pâtit de son isolement géographique, des catastrophes naturelles, des aléas climatiques, de l’épuisement des ressources minérales, du sous-développement du tissu industriel et du poids du secteur informel. Mesurant le potentiel inexploité de la région, les autorités marocaines mettent en œuvre un important plan d’investissement dans les infrastructures, notamment le développement du complexe NWM, qui prévoit un port en eau profonde et une zone industrielle, ainsi que des interventions visant à améliorer l’environnement économique de la région. Le nouveau projet de la Banque mondiale vient soutenir cette initiative et contribuer à la concrétisation des efforts de développement territorial. « Ce projet, en ligne avec les réformes du Nouveau modèle de développement, permettra d’enclencher le processus de développement territorial et de réduire les disparités géographiques dans l’objectif d’un développement territorial durable et résilient, tout en renforçant la compétitivité. Il vise à promouvoir une plus grande prospérité pour la région en créant des conditions favorables à la création d’emplois par le secteur privé et en ouvrant des perspectives d’inclusion économique. Le développement des compétences des habitants, en particulier les femmes et les jeunes des zones rurales, permettra de renforcer les capacités locales et la cohésion sociale », indique Jesko Hentschel, Directeur pays Maghreb et Malte pour la Banque mondiale. Le projet est constitué de trois composantes principales : le renforcement d’une approche intégrée du développement territorial dans la région du Nord-Est, le développement du secteur privé et l’amélioration des infrastructures routières. Le projet financera l’élaboration d’une feuille de route pour les investissements prioritaires, la remise en état de 500 kilomètres de routes rurales et le renforcement des compétences de 5 000 jeunes travailleurs, en ciblant plus particulièrement les femmes et les jeunes en milieu rural. Il accompagnera par ailleurs les réformes visant à accroître les investissements privés de 30 millions de dollars dans la région et à réhabiliter 170 kilomètres de routes principales. « En soutenant un meilleur aménagement du territoire, le renforcement des qualifications de la main-d’œuvre, le développement du secteur privé local et les investissements dans les infrastructures de transport, ce projet va stimuler le potentiel économique du Nord-Est marocain et améliorer le climat général des investissements », précise Anne-Cécile Souhaid, spécialiste senior des transports à la Banque mondiale et responsable du projet.
La Banque mondiale débloque un prêt de 500 millions de dollars en faveur du Maroc

La Banque mondiale annonce qu’elle a approuvé un prêt de 500 millions de dollars destiné à soutenir le renforcement du capital humain au Maroc. Cet apport financier vise à améliorer la protection contre les risques pour la santé, les pertes de capital humain pendant l’enfance, la pauvreté chez les personnes âgées et les risques liés au changement climatique, a indiqué l’institution financière internationale. Dans un communiqué rendu public jeudi 16 juin, la Banque mondiale précise qu’il s’agit de la première opération d’une série de trois financements en faveur d’un programme de réforme du gouvernement qui bénéficie en outre, en parallèle, du soutien d’autres partenaires de développement. Comme le relève la même source, le financement à l’appui de politiques de développement pour le renforcement du capital humain et la résilience vise concrètement « à renforcer le système de santé en élargissant et en approfondissant l’assurance maladie, en particulier pour les personnes vulnérables ». Dans cette optique, il est aussi question d’augmenter les effectifs des professionnels de santé et d’adapter les services de soins pour mieux répondre aux risques sanitaires liés au changement climatique, selon l’institution spécialisée des Nations unies. « En mettant l’accent sur les populations vulnérables face au climat, ce financement permettra également de généraliser progressivement un système d’allocations familiales adaptatives pour les enfants, d’élargir la couverture du système de retraite et d’améliorer la protection contre les événements climatiques extrêmes », estime la Banque mondiale. Comme le rappelle Jesko Hentschel, directeur pays Maghreb et Malte pour la Banque mondiale, « les Marocains ont dû faire face à de nombreux bouleversements ces dernières années, notamment une pandémie mondiale, le changement climatique, l’inflation et la sécheresse ». Il est bien connu que, sous l’effet de la pandémie de Covid-19 et de deux années de sécheresse, l’économie marocaine a connu une forte récession en 2020, qui a augmenté la pauvreté. Si le Maroc sort progressivement de cette crise, et a enregistré un taux de croissance solide en 2021, tout porte à croire que le début de saison agricole exceptionnellement sec et les répercussions de la guerre en Ukraine sur les prix ont exercé une pression supplémentaire sur les personnes vulnérables. On peut dès lors penser que « ce programme aidera le Maroc à généraliser l’assurance maladie, à déployer un programme crucial d’allocations familiales et à mieux protéger la population contre les risques, y compris ceux causés par le changement climatique », comme le soutient Jesko Hentschel, cité dans le communiqué. Il contribuera également « à accroître la résilience du Maroc face au climat », affirme pour sa part Javier Diaz Cassou, économiste senior et coresponsable du projet à la Banque mondiale, persuadé que le changement climatique pose de nombreux défis au Maroc. Comme il le fait remarquer : « Le pays est déjà dans une situation de stress hydrique structurel et les niveaux de précipitations ont été de plus en plus irréguliers ces dernières années ». Le pire, c’est que le pays « continuera d’être confronté à des chocs climatiques comme les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur, soit autant de risques auxquels les femmes, les jeunes et les populations rurales sont particulièrement vulnérables », prévient-il. Précisons que le programme de réforme du gouvernement dont il est question ici s’articule autour de trois volets. Comme l’explique l’organisme international basé à Washington (Etats-Unis), le premier vise à aider à protéger les Marocains, en particulier les populations vulnérables face au climat, contre les risques sanitaires en mettant l’accent sur ceux causés par le changement climatique. Dans le deuxième volet, il est prévu de mettre l’action sur l’harmonisation de tous les régimes de protection sociale axés sur les enfants dans un programme intégré d’allocations familiales, indique la BM. Ce financement soutiendra en outre « l’élargissement de sa couverture, l’amélioration du ciblage des allocations familiales et d’autres régimes grâce à un registre social unifié et la mise en œuvre d’un nouveau régime de retraite pour les travailleurs non-salariés », souligne-t-elle. Quant au troisième volet du programme, il vise à aider le gouvernement marocain « à renforcer le cadre institutionnel et de coordination pour la gestion des risques de catastrophe et climatiques ». Ce volet prévoit également de soutenir « le développement de nouveaux mécanismes pour protéger les agriculteurs vulnérables contre les sécheresses et autres événements climatiques extrêmes, ou encore la fourniture d’aides face aux conséquences de l’arrivée tardive des précipitations pendant la campagne agricole 2021-2022 », conclut la Banque mondiale. Alain Bouithy
Rwanda : un financement de la Banque mondiale va accélérer la mise en œuvre du programme de développement du capital humain

Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé jeudi 16 décembre un financement de 175 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider le Rwanda à mettre en œuvre son programme de réforme politique et institutionnelle en faveur du développement du capital humain et d’une croissance économique inclusive. Ce financement se compose d’un don et d’un crédit de l’IDA d’un montant de 87,5 millions de dollars chacun. C’est le deuxième d’une série de trois opérations à l’appui des politiques de développement, dont la première, d’un montant de 150 millions de dollars, a été approuvée en décembre 2020. Ce programme est caractérisé par une forte collaboration multisectorielle entre plusieurs ministères et institutions gouvernementales, l’objectif étant d’obtenir des résultats essentiels à différentes étapes de la vie et du développement humain. Il s’attaque aux obstacles qui freinent le développement du capital humain en améliorant le financement et en renforçant l’accès des familles aux services de santé, de nutrition, d’éducation et de protection sociale. Il vise à offrir aux ménages pauvres et vulnérables des possibilités équitables d’investissement dans leur capital humain, à autonomiser les femmes et à mettre en place des mécanismes de gouvernance et de responsabilité solides à l’échelon local. À ce jour, le programme de réforme a produit des résultats remarquables. Ainsi, la proportion de ménages bénéficiaires du programme Vision 2020 Umurenge participant à des dispositifs de protection sociale axés sur le capital humain est passée de 19 % en mars 2020 à 41,5 % en septembre 2021. La proportion de jeunes enfants bénéficiant désormais d’un ensemble minimum de services intégrés de développement de la petite enfance conformément aux normes nationales est passée de 17 % en 2020 à 42 % en novembre 2021. Les réformes du financement du secteur de la santé ont permis d’offrir une assurance maladie communautaire à plus de 85 % de la population ciblée, contre 69 % en 2020. Ces efforts ont permis de garantir l’accès à des régimes d’assurance maladie financièrement viables au Rwanda. Le programme a su également répondre aux besoins nés de la pandémie de COVID-19. En octobre 2021, 111 265 ménages qui dépendent en grande partie du travail informel (soit plus que l’objectif initial de 100 000 ménages) avaient reçu une aide financière d’urgence pour les aider à compenser les pertes de revenus subies pendant la pandémie. Environ 58 % de ces bénéficiaires sont des femmes. Les réformes du secteur de l’éducation liées au renforcement des enseignements et des apprentissages aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire ont marqué le pas en raison des fermetures d’écoles liées à la pandémie. Elles devraient toutefois s’accélérer en 2022 grâce aux mesures de prudence prises par le gouvernement. « Le développement du capital humain est au cœur des efforts déployés par le Rwanda pour se relever des effets de la COVID-19 et assurer une reprise résiliente, et constitue le fondement du programme de développement à long terme du pays. Ce vaste programme multisectoriel et pluriannuel s’attache à intensifier et améliorer les investissements dans la population afin d’obtenir des résultats essentiels à différentes étapes du cycle de la vie humaine, indique Rolande Pryce, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Rwanda. Notre collaboration avec le gouvernement et les autres partenaires de développement en faveur du renforcement du capital humain rwandais vise à garantir que tous les citoyens bénéficient des fruits d’une croissance économique durable et y contribuent de manière productive. » Il convient de noter que le programme favorise, entre autres, le renforcement continu du système de protection sociale du Rwanda, afin d’atteindre les familles qui en ont le plus besoin, l’approfondissement des réformes de décentralisation du pays, afin d’améliorer les services publics fournis par les collectivités locales, et l’amélioration de la transparence budgétaire et de la gestion de la dette. « L’engagement du gouvernement rwandais en faveur du développement du capital humain se manifeste à travers l’encadrement solide, la bonne conception et la mise en œuvre efficace d’un programme de réforme multisectoriel qui a commencé à produire des résultats remarquables, souligne Iftikhar Malik, spécialiste principal du développement humain à la Banque mondiale et chef d’équipe du projet. Les politiques centrées sur les personnes, les réformes institutionnelles ainsi que notre projet sectoriel et notre soutien technique en partenariat avec les ministères et les institutions concernés sont autant de facteurs qui nous permettent d’envisager pour les années à venir une croissance solidaire et une prospérité accrue pour les citoyens rwandais. » Le Rwanda est l’un des premiers pays à avoir adhéré au Projet pour le capital humain de la Banque mondiale, qui réunit 82 pays de tous niveaux de revenus et est axé sur l’augmentation et l’amélioration des investissements dans les populations pour favoriser l’équité et la croissance. Les résultats obtenus grâce à cette série de financements devraient également améliorer les connaissances mondiales dans cet important domaine d’action.
La région MENA fait peu de cas du capital humain

«La richesse de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) a progressé au cours des deux dernières décennies», indique un nouveau rapport de la Banque mondiale sur l’évolution de la richesse de 146 pays du monde entre 1995 et 2018. Selon cette étude, qui prend en compte le capital naturel renouvelable (forêts, terres cultivées et ressources océaniques par exemple), le capital naturel non renouvelable (comme les minéraux et les combustibles fossiles), le capital humain (revenus d’une personne durant toute sa vie), le capital produit (bâtiments, infrastructures, etc.) et les actifs étrangers nets, l’augmentation de la richesse dans la région MENA s’est faite dans une moindre mesure que le PIB régional sur la même période. Dans son rapport, qui comptabilise pour la première fois le capital naturel «bleu», à savoir les mangroves et les ressources halieutiques marines, l’institution de Bretton Woods relève également que «le capital humain représente la part la plus faible de la richesse totale par rapport aux autres régions, avec un déséquilibre significatif entre les sexes». Sachant que le capital naturel non renouvelable constitue une grande partie de la richesse de la région, les auteurs dudit rapport estiment que cela pose des difficultés aux pays dépendants des ressources fossiles en raison de la volatilité des prix. Selon toujours le rapport, il apparaît que «les pays tributaires des revenus tirés des combustibles fossiles se heurtent à des défis singuliers face aux efforts mondiaux visant à engager un développement sobre en carbone». Par ailleurs, bien que les terres cultivées demeurent le principal actif naturel renouvelable de la région, l’étude révèle que «leur part dans la richesse par habitant a diminué au cours des deux dernières décennies», note la Banque mondiale estimant que la région devra préserver et restaurer ses actifs naturels renouvelables pour favoriser une plus grande diversification de sa richesse. A l’échelle mondiale, le rapport constate que l’augmentation de la richesse s’est faite au détriment de la prospérité future, tandis que les inégalités se sont creusées. Si la richesse mondiale a considérablement progressé entre 1995 et 2018, et les pays à revenu intermédiaire rattrapent les pays à revenu élevé, force est de constater que cette plus grande prospérité s’est accompagnée d’une gestion non durable de certains actifs naturels, a souligné le rapport. Conséquence d’une déforestation importante, «les pays à revenu faible et intermédiaire ont vu leur richesse par habitant issue des forêts diminuer de 8% entre 1995 et 2018», a fait savoir l’institution internationale. De plus, sur la même période, «la valeur des réserves halieutiques s’est effondrée de 83% en raison d’une mauvaise gestion et de la surpêche», a poursuivi la Banque mondiale ajoutant que les effets prévus du changement climatique pourraient exacerber ces tendances. En ce qui concerne les inégalités qui se sont creusées au cours de la période étudiée, le rapport note que la part des pays à faible revenu dans la richesse mondiale a très peu évolué entre 1995 et 2018 et demeure inférieure à 1%, alors qu’ils représentent environ 8% de la population mondiale. Et de constater que plus d’un tiers d’entre eux ont vu leur richesse par habitant diminuer. La Banque mondiale observe également que «les pays dont la richesse est en baisse ont également tendance à dégrader leur socle d’actifs naturels renouvelables». Alors que, pour les pays à faible revenu, «il est primordial que le capital naturel renouvelable qui représente 23% de leur richesse soit correctement géré», fait-elle remarquer. Pour Mari Pangestu, directrice générale de la Banque mondiale pour les politiques de développement et les partenariats, «une compréhension plus poussée et plus nuancée de la durabilité des richesses est indispensable pour bâtir un avenir vert, résilient et inclusif». Dans une déclaration en lien avec le rapport, elle a estimé qu’« il est essentiel d’accorder la même importance au capital naturel renouvelable et au capital humain qu’aux sources plus traditionnelles de croissance économique, afin que les décideurs politiques prennent des mesures pour assurer une prospérité à long terme». Alain Bouithy
Perspectives économiques en République centrafricaine : Investir dans le capital humain pour préserver l’avenir
La quatrième édition des cahiers économiques de la République centrafricaine (RCA), publiée mercredi 4 août par la Banque mondiale, a confirmé un ralentissement de l’activité économique en 2020. La combinaison du Covid-19 et d’une insécurité renouvelée au milieu des conflits post-électoraux devrait plonger l’économie dans la récession en 2021. Le rapport est revenu sur les défis du capital humain et présente les opportunités pour renforcer l’investissement dans les personnes afin de préserver l’avenir. Intitulé « Investir dans le capital humain pour préserver l’avenir », le rapport note que l’activité économique a ralenti en 2020 pour la cinquième année consécutive. Frappée par la pandémie du Covid-19, la croissance du PIB réel a ralenti à 0,8 %, son plus bas niveau au cours des cinq dernières années. Du côté de la demande, la consommation privée s’est contractée en 2020, reflétant une baisse des revenus des ménages. Pour ce qui est de l’offre, la dynamique positive du secteur agricole a empêché l’économie d’entrer en récession, et les secteurs de la foresterie et des télécommunications ont mieux résisté que prévu. Le rapport souligne également que malgré les pressions inflationnistes dues aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, l’inflation est tombée à 2,3 % en 2021 (d’une année sur l’autre) – en deçà du critère de convergence régionale. La situation budgétaire s’est détériorée et la dette publique a encore diminué pour s’établir à 44,1 % du PIB en 2020 – grâce à l’annulation et au rééchelonnement de la dette. « Avec le Covid-19 et le regain d’insécurité, on estime que la RCA pourrait perdre 4 ans de croissance du revenu par habitant, avec des estimations montrant que le PIB par habitant devrait rester au même niveau en 2023 qu’en 2019 » a déclaré Wilfried A. Kouamé, économiste à la Banque mondiale et auteur principal du rapport. Parlant des inquiétudes, ce dernier a ajouté que « la croissance économique pourrait se redresser à moyen terme, soutenue par des niveaux de production agricole et industrielle, mais seulement à condition que la situation sécuritaire s’améliore. De toute façon, plus de 3,5 millions d’habitants devraient continuer à vivre dans l’extrême pauvreté entre 2022 et 2024, et l’insécurité alimentaire et l’accès limité aux services publics de base, en particulier dans les zones reculées, resteront des préoccupations majeures ». Par rapport aux perspectives, la RCA reste exposée à un risque élevé de surendettement en raison principalement de sa faible mobilisation des ressources intérieures et de ses revenus d’exportation. Le déficit du compte courant s’est creusé de 4,8% du PIB en 2019 à 8,7% du PIB en 2020, en raison de la faiblesse de la demande extérieure et des transferts privés ainsi que d’un déficit accru de la balance des biens alors que les bonnes exportations ont diminué et que les importations non pétrolières ont augmenté par des investissements financés par des donateurs avec la pandémie du Covid-19. En ce qui concerne le capital humain, la RCA fait face à de nombreux défis et des besoins énormes bien que le capital humain soit un moteur essentiel d’une croissance économique soutenable et de la réduction de la pauvreté. « La RCA dispose d’environ 35 ans pour tirer pleinement parti de sa jeune population en âge de travailler et tirer le meilleur parti de son dividende démographique » a indiqué Han Fraeters, Représentant resident de la Banque mondiale pour la RCA. Afin d’inverser cette tendance, « La RCA doit veiller à ce que les adultes de demain soient en bonne santé, bien éduqués et productifs. Mais cela nécessite des investissements dès aujourd’hui. L’investissement dans le capital humain doit devenir une priorité pour le gouvernement. Sinon, le dividende démographique se transformera en malédiction démographique ». Le rapport formule plusieurs recommandations qui permettront de renforcer ce capital humain et protéger l’avenir tout en stimulant la croissance économique et en améliorant le niveau de vie des populations. Parmi lesquelles : i. Relever les défis du développement de la petite enfance pour jeter des bases solides à la fois pour la prospérité et la résilience des adultes ainsi que pour la croissance économique et la compétitivité du pays ; ii. Autonomiser les femmes et les filles pour accélérer la transition démographique, réduire le mariage des enfants, accroître l’accès à la planification familiale, retarder la grossesse à l’âge adulte et réduire la mortalité infantile ; iii. Renforcer la gouvernance et les Institutions dans les secteurs du capital humain tout en renforçant la coordination entre les partenaires techniques et financiers sous le leadership du gouvernement ;
L’initiative de l’ONU, UNITLIFE, et la Fondation Ecobank s’unissent pour prévenir la malnutrition chronique chez les enfants en Afrique et protéger son capital humain
UNITLIFE, l’initiative des Nations Unies dédiée à la lutte contre la malnutrition chronique par l’innovation, et la Fondation du Groupe Ecobank, le groupe bancaire panafricain présent dans 33 pays à travers le continent, annoncent le lancement de la campagne « Make the Connection ». Cette campagne vise à sensibiliser et à mobiliser des fonds pour prévenir la malnutrition chronique en Afrique.144 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique dans le monde. La prévalence est la plus élevée en Afrique où, dans 24 pays, plus de 30 % des enfants sont atteints par cette maladie. En d’autres termes, 1 enfant africain sur 3 ne reçoit pas les apports nutritionnels dont il a besoin pendant les 1 000 premiers jours de sa vie pour bien grandir. Ces enfants subissent les conséquences irréversibles de la malnutrition chronique sur leur croissance physique, leur développement cognitif et leur système immunitaire tout au long de leur vie. Les perturbations causées par la pandémie de la Covid-19 sur les systèmes de santé des pays et sur l’économie mondiale ont exacerbé la crise de malnutrition en Afrique. Les aliments à haute valeur nutritive tels que les légumes, les fruits et les aliments d’origine animale sont devenus moins accessibles et moins abordables pour des millions de familles. « Partout en Afrique, la pandémie de la Covid-19 a eu un effet désastreux sur les revenus des populations et leurs capacités à accéder à des aliments nutritifs. Les projections du consortium Standing Together for Nutrition indiquent qu’en 2022, près de 1,2 million d’enfants supplémentaires souffriront d’un retard de croissance en Afrique subsaharienne par rapport à 2019 en raison des interruptions des services de nutrition et de l’augmentation de la pauvreté des ménages. Il est impératif de mettre davantage en lumière la malnutrition chronique en ces temps difficiles. UNITLIFE se réjouit de s’associer à la Fondation Ecobank pour sensibiliser et collecter des fonds pour lutter contre cette maladie », déclare Assia Sidibe, Directrice des programmes du secrétariat de UNITLIFE. Ecobank soutient les efforts de communication de la campagne et apporte l’expertise nécessaire à la mise en place des mécanismes de levée de fonds. Carl Manlan, Directeur des opérations de la Fondation Ecobank explique : « À la Fondation, notre objectif est de créer un impact positif sur la vie des gens à travers l’Afrique. Soutenir UNITLIFE nous aide à réaliser notre mission. Nous sommes heureux de pouvoir contribuer à permettre un avenir plus sain et plus prospère aux enfants d’Afrique ». La campagne « Make the connection » s’inscrit dans le cadre de l’effort mondial pour mobiliser des ressources supplémentaires pour le développement et contribue à la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies pour 2030, en particulier l’ODD 2 « Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ». Par APO
Chakib Alj : Sans le capital humain, la chaîne économique ne pourra pas aller de l’avant (Maroc)

La loi de Finances 2021 « doit instaurer les bases d’une économie compétitive et résiliente et surtout intégrer la dimension sociale », a déclaré le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj. Le patron de l’organisation patronale s’est ainsi exprimé lors d’un point de presse tenu récemment et consacré à la présentation des propositions de la CGEM pour la loi de Finances (LF) 2021. Des propositions dont la préparation n’a pas été chose facile, a concédé Chakib Alj dans son discours d’ouverture. D’autant plus que « le contexte actuel, lié à la pandémie du Covid-19, tire tous les indicateurs vers le bas : déficit budgétaire, repli de la croissance, faiblesse des investissements et perte d’emploi », a-t-il souligné. Et que « l’incertitude de l’évolution de cette pandémie rend l’exercice encore plus difficile », a-t-il ajouté. Conscient que les propositions du patronat marocain constitueront un défi pour le budget de l’Etat, Chakib Alj affirme qu’« elles sont nécessaires pour que les entreprises se relèvent de cette crise. Autrement, nous risquons de les voir disparaître ainsi que les recettes fiscales qui vont avec ». Comme pour souligner la gravité de la situation actuelle, il prévient : « La crise porte et portera beaucoup de préjudices à nos entreprises et à la pérennité de l’emploi ». Pour autant, il ne s’enfonce pas dans un pessimisme profond, expliquant que « le discours de Sa Majesté le Roi que Dieu L’assiste, à l’occasion de la Fête du Trône, a insufflé une dynamique largement saluée par les acteurs économiques, notamment à travers l’injection de 120 MMDH dans l’économie nationale ». Rappelons à ce propos que cette enveloppe vise à stimuler la relance économique à travers la création du fonds d’investissement stratégique pour servir d’appui aux activités de production et de soutien à la capitalisation des TPME, d’accompagnement et de financement des grands projets d’investissement public-privé. Ainsi que par la généralisation de la couverture sociale à l’ensemble des Marocains à l’horizon 2025. S’exprimant sur la préparation des propositions de la CGEM pour la LF 2021, Chakib Alj a confié que la Confédération s’est basée sur sa vision de la relance de l’économie nationale « tout en intégrant les Hautes orientations Royales » afin de construire sa feuille de route pour la LF 2021. Une vision articulée autour de cinq priorités. Ainsi, il a d’emblée indiqué que la CGEM a choisi de placer le maintien des acteurs encore en activité au cœur de ses préoccupations, estimant qu’en dépit du contexte très délicat marqué par le manque de visibilité, « ils se sont battus pour assumer leur responsabilité de maintenir l’emploi ». Pour Chakib Alj, il est évident que la résilience de l’économie marocaine tient à la survie de ces acteurs que « nous devons soutenir plus que jamais à travers des mesures audacieuses leur accordant un carnet de commandes stable et des aides ou incitations leur permettant de renforcer leurs capacités productives actuelles ». Sur ce même point, le président de l’organisation patronale a en outre estimé que « l’accélération de la capitalisation des entreprises est aujourd’hui plus qu’une exigence. C’est une nécessité ». L’autre priorité que s’est fixée la CGEM concerne l’allégement des conditions pour les opérations de structuration et d’apports en capital. Chakib Alj est persuadé qu’il « permettra de faire émerger une nouvelle génération d’entreprises solides, compétitives qui pourra porter les projets industriels de substitutions aux importations et le Made in Morocco ». Sachant que la trésorerie des entreprises pâtit fortement de la crise, le patron de la CGEM a jugé « logique et primordial de recouvrer les créances dues par l’Etat, avant de s’orienter vers d’autres financements » estimant à ce propos que la réforme de la TVA est un impératif majeur et urgent. Abordant le volet social, qui constituerait une grande priorité pour le patronat marocain et représenterait une part importante de ses recommandations, Chakib Alj a affirmé : « Sans le capital humain, la chaîne économique ne pourra pas aller de l’avant ». Ainsi, il a soutenu que « maintenir les emplois, encourager les recrutements, stimuler la demande,… sont au cœur de nos propositions pour cette LF 2021 ». Mais de toutes ces priorités, il y en a une qui est vraiment capitale en ces temps difficiles. Il s’agit du renforcement de « la confiance avec l’Administration à travers une simplification des relations actuelles et une révision des procédures de contrôle». L’objectif étant de « permettre à l’entreprise de se concentrer sur sa mission première de création d’emploi et de valeur », a défendu le président de la CGEM. Alain Bouithy