Pêche et sécurité alimentaire : la Banque africaine de développement offre des équipements de laboratoire à la RDC

La Banque africaine de développement annonce avoir fait un don d’une vingtaine d’équipements de laboratoire de pointe à l’Agence de normalisation de la République démocratique du Congo pour renforcer la pêche et la sécurité alimentaire. Cette initiative marque une étape majeure dans le renforcement de la sécurité alimentaire, du commerce et de la croissance économique du pays, souligne la banque panafricaine dans un communiqué. Selon la même source, « ce don avait pour cadre le Programme pour l’amélioration de la gouvernance de la pêche et des corridors commerciaux de l’économie bleue dans la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (PROFISHBLUE) ». Il est à souligner que le lot d’équipements de laboratoire offert comprend des poids d’étalonnage, des distillateurs d’eau et des tubes à centrifuger, comme le précise le communiqué précisant que ces équipements, acquis dans le cadre du projet PROFISHBLUE, permettront au pays de réaliser des analyses reconnues au niveau international sur les poissons et les produits de la pêche. D’après les explications de l’institution financière, « cette modernisation répond directement à des lacunes essentielles en matière d’infrastructures identifiées par l’étude d’analyse des lacunes régionales de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), à laquelle l’Agence congolaise de normalisation a participé, et qui a révélé des besoins importants dans le secteur de la pêche, en particulier en matière de ressources humaines et d’équipements de laboratoire ». S’exprimant lors de la cérémonie de remise du matérie, l’économiste financier en chef de la Banque Edson Mpyisi, a déclaré : « il ne s’agit pas seulement de machines ; il s’agit de donner aux institutions nationales les moyens de protéger les consommateurs, de stimuler le commerce et de favoriser l’autonomisation économique ». Par ailleurs, a-t-il poursuivi, « en renforçant l’épine dorsale de l’assurance qualité, nous posons les bases d’une Afrique plus intégrée et plus sûre sur le plan alimentaire ». Enfin, « en dotant l’Agence de normalisation de la RDC de ces équipements, nous garantissons que les produits de la pêche répondent aux normes continentales et internationales, favorisant ainsi l’intégration africaine dans le cadre de la ZLECAf », a pour sa ârt déclaré Hermogene Nsengimana, secrétaire général de l’Organisation africaine de normalisation (ARSO). Le programme PROFISHBLUE s’achèvera en décembre 2025 Martin Kam
Congo : Léandre Bassolé, nouveau directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale effectue sa première visite officielle à Brazzaville pour renforcer le partenariat

Le nouveau directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale, Léandre Bassolé, a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner le Congo dans la réalisation de ses priorités de développement durable. Nommé en avril 2025, M. Bassolé a conduit une mission du 4 au 7 août à Brazzaville pour prendre contact avec les autorités nationales, renforcer le dialogue stratégique, faire le point sur l’état de mise en œuvre des projets financés par le Groupe de la Banque et identifier de nouvelles opportunités de coopération dans le cadre du Document de stratégie pays 2023–2028 et du Plan national de développement 2022-2026. Cette mission intervient à un moment particulièrement stratégique de la coopération entre le Groupe de la Banque et la République du Congo. Le pays, qui a signé en 2012, un accord de siège avec le Groupe de la Banque africaine de développement accueillera en mai prochain, les 61e Assemblées annuelles du Groupe de la Banque. « La visite s’inscrit dans une volonté affirmée du Groupe de la Banque africaine de développement de renforcer sa proximité avec ses pays membres régionaux notamment ceux d’Afrique centrale et de consolider des partenariats fondés sur l’impact et la redevabilité », a déclaré M. Bassolé. Avec le ministre de l’Économie, du Plan, et de l’Intégration régionale, M. Ludovic Ngatsé, également gouverneur de la Banque pour le Congo et président du Conseil des gouverneurs du Groupe de la Banque, M. Bassolé a salué l’excellente qualité du partenariat entre la Banque et le Congo. Il a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner le pays dans la mise en œuvre du Plan national de développement 2022–2026 et dans la préparation des prochaines Assemblées annuelles. Une première mission préparatoire du Groupe de la Banque est attendue du 11 au 19 septembre 2025 à Brazzaville pour des discussions avec les autorités sur la tenue de ces assises. M. Bassolé a réitéré la pleine disponibilité de la Banque à accompagner les autorités congolaises pour le succès de l’événement. Au cours de son séjour, M. Bassolé a eu des entretiens de haut niveau avec plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres en charge des Finances, Christian Yoka, de l’Énergie et de l’Hydraulique, Emile Ouosso, de l’Agriculture de l’élevage et de la pêche, Paul Valentin Ngobo, de l’Aménagement du Territoire et des Grands Travaux, Jean Jacques Bouya, et des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo. Ces échanges ont permis de passer en revue les principaux projets en cours dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, du numérique et des infrastructures. Ils ont surtout porté sur les conditions nécessaires à l’accélération de la mise en œuvre des projets du Groupe de la Banque au Congo et particulièrement du Projet de développement des chaînes de valeur agricoles (PRODIVAC), ainsi que sur la finalisation du Data Center national et des projets structurants à fort impact socioéconomique. Les entretiens avec le ministre Yoka, gouverneur suppléant de la Banque pour le Congo ont porté sur les possibilités de mobilisation de financements additionnels pour le Congo, l’état d’avancement des réformes macroéconomiques et les engagements du gouvernement en matière de discipline budgétaire. La Banque a salué les efforts des autorités congolaises pour assainir les finances publiques, ouvrant la voie à la reconstitution d’une marge d’emprunt à partir de 2026. Dans le secteur des énergies et de l’hydraulique, les échanges avec le ministre Ouosso ont porté sur les enjeux de développement du secteur notamment sur les différentes études de faisabilité en cours, la préparation du Compact énergétique dans le cadre de la Mission 300 et la mobilisation de financements pour le futur Projet d’amélioration de la performance et de l’accès du secteur électrique (PAPASE). Quant au secteur de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, les deux parties ont mis l’accent sur la réorientation de la gestion du Projet de développement des chaînes de valeur agricoles afin d’en accélérer les résultats, l’importance de renforcer les équipes de coordination et d’opérationnaliser les antennes du projet, ainsi que sur les perspectives liées au développement des zones agricoles prioritaires. Accord pour le rebasage du PIB congolais La Banque africaine de développement et le gouvernement ont signé un accord de don d’environ 600 000 dollars américains. Ces ressources qui proviennent du Fonds d’assistance technique pour les pays à revenu intermédiaire visent à appuyer le rebasage du produit intérieur brut (PIB) du Congo à travers le basculement du Système de comptabilité nationale de 1993 à celui de 2008. La Banque entend renforcer les capacités du pays à produire des données macroéconomiques fiables, désagrégées et conformes aux normes internationales afin de mieux refléter les évolutions récentes de l’économie nationale. « Ce projet vise à faire en sorte que le PIB du Congo soit évalué à sa juste valeur, a souligné M. Ngatsé. Cela engendrera des changements substantiels. Le ratio d’endettement pourra nettement baisser, ce qui renforcera la transparence et la crédibilité de notre pays vis-à-vis des partenaires techniques et financiers. Le rebasage est aussi un levier puissant pour améliorer notre profil de risque et mobiliser davantage de ressources pour le développement. » « Le rebasage du PIB n’est pas un simple exercice statistique, a rappelé M. Bassolé. C’est une démarche stratégique qui permettra au Congo de mieux refléter la réalité de son économie, d’améliorer ses indicateurs macroéconomiques clés et de renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs et partenaires techniques et financiers. » Visite de terrain et dialogue avec les partenaires au développement Le directeur général et le ministre de l’Agriculture se sont rendus sur le terrain pour visiter la Zone agricole protégée de Bambou-Mingali, à 65 kilomètres au nord de Brazzaville dans le cadre du Projet de développement des chaînes de valeur agricoles, en particulier les initiatives en faveur de l’insertion socioéconomique des jeunes dans les filières agricoles. La mission de la Banque a également eu des échanges de haut niveau avec le coordonnateur résident du Système des Nations unies et plusieurs chefs d’agences partenaires. Il s’est agi d’échanger sur la coordination des interventions, l’alignement des priorités et les complémentarités à
Afrique. Akinwumi A. Adesina : «Gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la prospérité»

GOUVERNANCE. «La manière dont une nation perçoit ses recettes, gère sa dette, alloue ses dépenses et assure le respect du principe de responsabilité dans l’utilisation des fonds publics détermine le bien-être de sa population », a affirmé le président du Groupe de la Banque africaine de développement et de ses Conseils d’administration, Akinwumi A. Adesina. S’exprimant lors de la Conférence 2025 de la Kenya Law Society qui s’est clôturée vendredi 15 août, ce dernier a estimé que «les finances publiques ne sont donc pas un grand livre de l’Etat ; elles reflètent les valeurs constitutionnelles et l’intégrité juridique d’une nation». Devant plus de 1.200 avocats, juges et responsables gouvernementaux réunis pour cette rencontre, le président de la Banque panafricaine a déclaré que «gérées efficacement, les finances publiques peuvent servir de pierre angulaire à la croissance économique, au développement durable et à la prospérité». Il a, par la suite, saisi cette occasion pour rappeler que le financement public est au cœur de l’engagement de la principale institution de financement du développement en Afrique qu’il dirige «à promouvoir une gouvernance responsable, un développement durable et une résilience nationale». Ainsi qu’il a relevé dans son intervention qui portait sur le thème : «Les finances publiques, la gouvernance, la justice et le développement », le président de la BAD a indiqué qu’«à la Banque africaine de développement, les finances publiques sont considérées comme un instrument stratégique qui doit être régi de manière transparente, géré de manière durable et protégé par des cadres juridiques solides et l’Etat de droit». Insistant sur l’Etat de droit et le respect de la bonne gouvernance, deux volets chers à l’institution financière, Akinwumi A. Adesina a affirmé que «les nations qui renforcent l’Etat de droit et respectent la bonne gouvernance parviennent à des taux de croissance plus élevés, à un développement équitable et à une plus grande stabilité». S’adressant directement aux avocats, juges et responsables gouvernementaux prenant part à cette conférence, il a indiqué : «En tant que membres du système judiciaire, vous jouez un rôle majeur dans l’élaboration des trajectoires de développement des nations. La théorie de la justice et du développement offre un cadre contextuel efficace pour y parvenir, car elle favorise le progrès social et la cohésion». L’Afrique doit améliorer sa position sur l’indice de l’Etat de droit «L’un des aspects particulièrement importants est la manière dont l’État de droit stimule la croissance et le développement », a soutenu le patron de la BAD rappelant que l’indice mondial de l’Etat de droit montre que de 1996 à 2023, les six pays les mieux classés étaient la Finlande, le Danemark, la Norvège, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg. Il se trouve que, sur cet indice, les pays africains se classaient très bas dans la liste, avec les Seychelles en tête au 60e rang, suivies par le Botswana (70e), le Rwanda (80e), l’Afrique du Sud (85e), le Ghana (97e) et le Maroc (111e). Sur le renforcement de la gouvernance et de l’Etat de droit, Akinwumi A. Adesina estime que la transparence des systèmes de passation des marchés est au cœur des projets de développement financés par les gouvernements, sur leurs propres ressources budgétaires et par le financement des institutions de financement du développement. Ainsi, «le manque de transparence dans la passation des marchés dans le cadre de projets, dû à la faiblesse des capacités institutionnelles, des lois et des systèmes de passation des marchés, ainsi qu’à la corruption, pose des problèmes d’intégrité en matière d’utilisation efficace des financements publics destinés aux projets». Les finances publiques ne peuvent pas prospérer dans le vide Abordant la question du renforcement des tribunaux commerciaux en complément des réformes des finances publiques, il a indiqué que la BAD a réalisé des investissements substantiels dans le renforcement du système judiciaire en complément des réformes des finances publiques. Ces investissements sont tangibles, mesurables et transformateurs, citant les exemples du Rwanda, de la Côte d’Ivoire, du Malawi, de la Tunisie, de la Guinée, du Ghana, de l’Egypte et du Mozambique. « Collectivement, ces interventions font ressortir une vérité simple, mais profonde : les finances publiques ne peuvent pas prospérer dans le vide. Il faut les protéger par une gouvernance transparente, les renforcer grâce à l’efficacité judiciaire et les ancrer dans des protections constitutionnelles», a-t-il fait savoir. Des finances publiques sans supervision parlementaire sont antidémocratiques Dans son intervention, il a aussi été question de la supervision parlementaire et des finances publiques. Selon le président du Groupe, « la supervision parlementaire est l’épine dorsale démocratique des finances publiques». Pour la Banque panafricaine, «des finances publiques sans supervision parlementaire sont antidémocratiques et non viables. Un contrôle démocratique ne retarde pas le développement, il le protège. L’approbation parlementaire n’est pas un obstacle, mais une protection qui garantit que chaque dollar emprunté est consacré au bien public, plutôt qu’à des intérêts privés». Sur un tout autre point, tout aussi important, Akinwumi A. Adesina juge essentiel de renforcer les systèmes juridiques et le système judiciaire à l’échelle du continent, arguant que « le système juridique d’une nation en est l’épine dorsale institutionnelle, en préservant les ressources publiques, en protégeant les droits des citoyens et en instaurant la certitude et la prévisibilité dont dépendent toutes les activités économiques». Une justice compromise entraîne le contournement des règles budgétaires Selon lui, «lorsque l’indépendance judiciaire est compromise, les tribunaux sont exposés à l’influence politique, les règles budgétaires sont contournées, les emprunts publics échappent aux contrôles et la confiance du public est détruite ». On ne peut pas effectivement parler du constitutionnalisme, de l’Etat de droit et des investissements en Afrique sans résoudre la question fondamentale de l’accès à la justice et à des indemnisations équitables. Car, nul besoin de rappeler que «ce sont là les conditions qui favorisent la confiance du public et renforcent l’assurance dont les investisseurs ont besoin pour engager des capitaux», a-t-il soutenu. Alain Bouithy
La République du Congo et la Banque africaine de développement signent un accord de don de 602 000 dollars pour appuyer le rebasage des comptes nationaux

Le ministre congolais de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale, Ludovic Ngatsé, gouverneur de la Banque pour la République du Congo et le directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale, Léandre Bassolé, ont signé, le 4 août 2025, à Brazzaville, un accord de don d’un montant de 602 000 dollars américains (380 millions de francs CFA) destiné à soutenir l’opération de rebasage des comptes nationaux du pays, c’est-à-dire, la révision complète de la base de calcul des indicateurs économiques nationaux pour refléter plus fidèlement l’évolution réelle de l’économie. Le don, provenant des ressources du Fonds d’assistance technique pour les pays à revenu intermédiaire, contribuera à faciliter la transition vers le Système de comptabilité nationale de 2008 (SCN 2008), un cadre méthodologique conforme aux normes internationales, qui remplacera ainsi à termes, l’actuel système utilisé au Congo (SCN 1993). Il préparera également le pays à la transition vers le SCN 2025, tout récemment adopté par les Nations unies, qui, parmi ses innovations majeures, prend en compte les biens et services environnementaux dans la mesure de la richesse nationale, un enjeu crucial pour un pays comme le Congo, riche en ressources naturelles. Le projet consiste notamment à élaborer une nouvelle année de base pour les comptes nationaux, afin de remplacer celle actuellement en vigueur qui date de 2005. Cette révision prendra en compte de nouveaux secteurs économiques jusqu’alors sous-estimés ou non comptabilisés de manière adéquate, tels que les services numériques, les télécommunications, l’économie informelle, les institutions à but non lucratif ou encore les services financiers digitaux. « Ce projet vise à garantir que le PIB du Congo soit évalué à sa juste valeur. Cela engendrera des changements significatifs », a déclaré M. Ludovic Ngatsé. « Le ratio d’endettement pourrait nettement baisser, tout comme l’amélioration de certains indicateurs macroéconomiques, ce qui renforcera la transparence et la crédibilité de notre pays vis-à-vis des partenaires techniques et financiers. Le rebasage constitue également un levier puissant pour améliorer notre profil de risque et mobiliser davantage de ressources pour le développement », a-t-il expliqué. Des impacts attendus sur les finances publiques et la transparence Une fois achevé, le rebasage permettra probablement une révision significative à la hausse du PIB nominal du pays ce qui aura pour effet de réduire mécaniquement les ratios dette/PIB et déficit/PIB, qui sont des indicateurs clés pour l’évaluation de la soutenabilité de la dette d’un pays. Une meilleure évaluation de ces indicateurs améliorera le profil de risque du Congo sur les marchés financiers internationaux et facilitera l’accès à des financements à des conditions plus favorables. « Disposer d’indicateurs économiques crédibles est essentiel pour piloter et mettre en œuvre des politiques publiques efficaces. Ce rebasage permettra d’ancrer les décisions économiques du Congo dans la réalité actuelle de son économie. Il renforcera la gouvernance économique, améliorera la visibilité du pays sur les marchés et permettra de mieux intégrer les enjeux de durabilité et d’environnement dans la mesure de la richesse nationale », a déclaré M. Bassolé. Afdb
La République centrafricaine et le Groupe de la Banque africaine de développement lancent un ambitieux programme de valorisation des ressources en eau de l’Oubangui

Le gouvernement centrafricain et le Groupe de la Banque africaine de développement, ont lancé mardi 5 août 2025 à Bangui, le Programme régional d’appui au développement des infrastructures et à la valorisation des ressources en eau transfrontalières entre la République centrafricaine et la République démocratique du Congo (PREDIRE). Bertrand Arthur Piri, ministre du Développement de l’énergie et des Ressources hydrauliques et Mamady Souaré, chef du bureau pays du Groupe de la Banque en Centrafrique ont présidé la cérémonie de lancement à laquelle ont assisté d’autres membres du gouvernement. Éric Mathieu Rokosset Kamo (ministre de l’Équipement et des Travaux publics), Ernest Mada (ministre- secrétaire général du gouvernement), Nicaise Nassin (Sécurité publique), Bruno Yapandé (Administration du territoire et Décentralisation), Marcel Dimasse (Fonction publique et Réforme administrative) et Obed Namsio (représentant le ministre de l’Économie, du Plan et de Coopération). Des responsables locaux, des partenaires techniques et financiers de la Centrafrique, des représentants de la société civile et de nombreux invités ont assisté à l’évènement. Le Programme régional d’appui au développement des infrastructures et à la valorisation des ressources en eau transfrontalières entre la République Centrafricaine et la République démocratique du Congo vise à mettre en valeur les immenses ressources en eau du bassin de l’Oubangui en transformant durablement les conditions de vie socio-économiques des populations riveraines, tout en consolidant l’intégration régionale. Il est financé par la Banque africaine de développement à hauteur de 121 millions de dollars américains. Le projet sera mis en œuvre sur cinq ans de novembre 2024 à novembre 2029. « Le PREDIRE s’inscrit dans la vision du président de la République, Faustin Archange Touadera, en faveur d’un développement durable et inclusif fondé sur l’accès équitable à l’eau potable, à l’assainissement, à la sécurité alimentaire et à la protection de l’environnement », a déclaré le ministre Piri. « Il témoigne également de la solidité du partenariat entre la République centrafricaine et la Banque africaine de développement, partenaire privilégiée du développement du pays. » a-t-il ajouté. Structuré autour du nexus eau–sécurité alimentaire–climat, le programme comprend deux sous-programmes complémentaires. Le premier sous-programme, lancé mardi, se concentre sur l’amélioration du système d’information hydrologique du bassin de l’Oubangui, la préparation des investissements futurs, ainsi que la réalisation d’infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène résilientes au climat. Le second sous-programme, en cours de préparation, portera sur le financement d’infrastructures de captage pour le Programme de transformation de l’agriculture en République démocratique du Congo (RDC), l’amélioration de la navigation fluviale sur l’ensemble du bassin de l’Oubangui concernant la Centrafrique, la RDC et le Congo, ainsi que la protection et la résilience des communautés vulnérables face aux effets du changement climatique. « En s’appuyant sur une approche intégrée et inclusive, le PREDIRE contribuera à renforcer la résilience climatique des communautés, tout en stimulant la croissance économique à travers des services d’eau, de navigation et d’agriculture durable », a déclaré M. Souaré. Il a souligné que « 100 % du financement est dédié à la lutte contre les effets du changement climatique, ce qui en fait un projet emblématique du portefeuille climatique de la Banque ». Le programme ambitionne d’améliorer la gestion durable des ressources hydriques partagées du bassin transfrontalier de l’Oubangui, tout en favorisant le développement d’infrastructures essentielles à la sécurisation de l’eau pour les populations, l’agriculture et les industries de transformation des produits agricoles. Il prévoit également le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs nationaux et régionaux, notamment la Commission Internationale du Bassin Congo-Oubangui-Sangha (CICOS) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), en matière de gouvernance des ressources en eau et de gestion intégrée du bassin. La composante centrafricaine du programme prévoit notamment la construction d’une nouvelle station de pompage d’eau brute de 6 500 m³/h, une unité de traitement d’eau de même capacité, une station de stockage de 50 000 m³, l’extension de 208 kilomètres de réseau de distribution, la réalisation de 15 000 branchements sociaux ainsi que la construction du nouveau siège de la Société de distribution d’eau en Centrafrique (SODECA). La zone d’intervention du programme couvre les provinces de Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et de de Mongala en RDC, ainsi que le Grand Bangui en Centrafrique. Plus de 2,4 millions de personnes (dont 51 % de femmes), bénéficieront directement du projet. 69 % de ces bénéficiaires vivent en situation de pauvreté absolue, tandis que 71 % sont des jeunes, dont au moins 50 % de filles. Le projet génèrera 3 400 emplois, dont 1 200 permanents, grâce aux travaux d’infrastructure, aux formations à l’entrepreneuriat, à la fourniture de services d’eau et d’assainissement, et à l’amélioration de la navigation fluviale. Par ailleurs, en collaboration avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), un programme spécifique de résilience et de cohésion sociale sera mis en œuvre au profit de 25 000 personnes. En matière de gouvernance, le projet prévoit de renforcer les capacités de plus de 1300 acteurs. 100 % des femmes ciblées bénéficieront de renforcement de compétences au sein des institutions nationales, régionales et communautaires impliquées dans la préservation des ressources partagées. Afdb
Tchad : la Banque africaine de développement organise une rencontre des acteurs sur la bonne gouvernance et la lutte contre les flux financiers illicites dans le secteur des ressources naturelles

Le Groupe de la Banque africaine de développement a organisé du 21 au 25 juillet, un atelier de formation et de dialogue stratégique dans le cadre de l’initiative Gouvernance des ressources naturelles dans les États en transition et fragiles (GONAT) autour du thème : « Débloquer la richesse de l’Afrique : infléchir les flux financiers illicites en faveur d’une croissance et d’un développement résilients ». L’atelier a réuni une cinquantaine de participants – dont des responsables des ministères des Finances, de l’Économie, de la Planification, de l’Environnement, des Mines et de la Géologie, ainsi que des représentants de la société civile, du secteur privé, des milieux universitaires et des communautés locales. Depuis son lancement en 2023, GONAT a réalisé des diagnostics, élaboré des modules de formation et déploie actuellement des sessions de formation et de dialogue stratégique dans le pays. Ces actions visent à renforcer les capacités nationales pour lutter contre les flux financiers illicites et améliorer la gestion des prêts adossés à des ressources naturelles. Après la République centrafricaine et la Sierra Leone, le Tchad est le troisième pays à accueillir ce dialogue stratégique de haut niveau, centré sur la promotion d’un renforcement de la transparence et de la redevabilité dans la gouvernance des ressources extractives. Les prochaines sessions sont prévues au mois d’août en République démocratique du Congo et au Mozambique. L’atelier était conjointement organisé par l’Institut africain de développement (IAD) et le Centre africain de gestion et d’investissement dans les ressources naturelles (ECNR). « Le renforcement de la gouvernance et de la transparence globales dans le secteur des ressources naturelles est une étape essentielle pour réformer la gestion, le suivi et la mise en œuvre liés aux flux financiers illicites, au commerce illégal des ressources et aux prêts adossés à ces ressources en Afrique. L’initiative GONAT contribue à résoudre ces problèmes et faire en sorte que l’Afrique valorise ses richesses naturelles en faveur d’une croissance et d’un développement résilients – a déclaré Solomane Koné, directeur du Centre africain de gestion et d’investissement des ressources naturelles- nous visons à doter les pays des outils et des partenariats nécessaires pour bâtir des systèmes résilients et redevables ». « Les flux financiers illicites sont l’un des principaux obstacles au développement en Afrique. Selon le rapport « Perspectives économiques en Afrique » de la Banque africaine de développement, ils coûtent au continent près de 90 milliards de dollars par an en moyenne, soit environ 4 % de son PIB », a précisé Eric Ogunleye, directeur de l’Institut africain de développement de la Banque. Les échanges ont aussi porté sur le recours croissant aux prêts adossés à des ressources, mécanismes garantis par les revenus futurs du pétrole ou des minéraux. Bien que ces prêts offrent un accès rapide aux capitaux, ils comportent des risques de surendettement et une vulnérabilité accrue aux fluctuations des prix des matières premières. « Si une deuxième phase de l’initiative GONAT devait être lancée, nous recommanderions qu’elle se concentre sur des domaines stratégiques prioritaires pour le secteur des ressources naturelles au Tchad – notamment les études géologiques, l’extension de la numérisation du cadastre, la gestion des revenus et le renforcement des capacités dans l’ensemble de nos institutions. », a déclaré Mme Kadidja Hassane Abdoulaye. L’atelier a abordé notamment les thématiques suivantes : « Les méthodes de détection des flux financiers illicites, incluant le suivi des transactions commerciales et la coopération douanière » ; « Des cadres juridiques et fiscaux destinés à protéger les contrats d’extraction » ; « Les outils pour négocier des prêts adossés à des ressources plus transparents, en phase avec les Objectifs de développement durable ». En proposant leur assimilation dans les politiques nationales, l’atelier a notamment recommandé de : s’assurer que la recherche et les connaissances guident la prise de décision et les politiques publiques dans le secteur des ressources naturelles ; de réformer les lois et institutions du secteur minier ; d’accroître la transparence et la divulgation publique autour des activités extractives ; de renforcer les capacités techniques ; d’instaurer des commissions multipartites pour auditer les flux de ressources et coordonner l’action gouvernementale ; de ratifier et appliquer des initiatives clés, telles que l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), la Déclaration de Yaoundé, le Processus de Kimberley et leurs accords connexes. Parmi les intervenants de haut niveau on pouvait noter : la secrétaire d’État au Pétrole, aux Mines et à la Géologie, Mme Kadidja Hassane Abdoulaye ; le secrétaire général à l’économie et à la planification au ministère des Finances, M. Ahmat Abderahim Abbo ; le directeur du Centre africain de gestion et d’investissement des ressources naturelles à la Banque africaine de développement, Solomane Koné ; le directeur des ressources naturelles (ECNR), Banque africaine de développement, Innocent Onah ; M. Abdallah Mahamat-Nour, professeur-chercheur, hydrogéologue, directeur du Laboratoire hydro-géosciences et réservoir, et chef du programme de master GeoRes à l’université de N’Djamena. À propos de l’initiative GONAT GONAT est une initiative phare du Groupe de la Banque africaine de développement. Elle vise à renforcer la gouvernance dans les secteurs des ressources naturelles dans les pays fragiles et en transition. Le projet se concentre actuellement sur six pays : le Mozambique, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Tchad et le Zimbabwe. Il couvre un large éventail de secteurs, notamment le pétrole, le gaz, les minéraux, la sylviculture, la pêche et la faune. Afdb
Tanzanie : la Banque africaine de développement approuve 135 millions de dollars de financement supplémentaire pour accélérer la reprise économique verte et inclusive

Le Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé (récemment, DNR) un financement supplémentaire de 135,61 millions de dollars pour le Programme de compétitivité économique et d’inclusion sociale de la Tanzanie (ECSIP-SF) pour l’exercice 2025-26. Il s’agit de la troisième et dernière phase d’une initiative de réforme pluriannuelle conçue pour renforcer la viabilité budgétaire, améliorer la compétitivité du secteur privé et promouvoir l’inclusion socio-économique – des priorités clés du programme de développement national de la Tanzanie. S’appuyant sur les bons résultats des phases précédentes, le programme a déjà contribué à l’atteinte de résultats dans plusieurs secteurs. Il a permis de réduire le déficit fiscal à 3,3 % du PIB au cours de l’exercice 2023/24 ; et de renforcer l’administration fiscale et la gestion des dépenses publiques. Il a aussi permis d’améliorer le climat d’investissement pour les MPME et le développement de l’industrie verte, mais également de développer la protection sociale pour les femmes, les jeunes et les populations vulnérables. Ce nouveau financement permettra d’approfondir les réformes visant à stimuler la mobilisation des recettes nationales, d’améliorer la gouvernance et l’environnement des affaires, et de promouvoir une industrialisation intelligente sur le plan climatique et le développement des micro, petites et moyennes entreprises. Le programme vise des domaines de progrès mesurables tels que l’augmentation du ratio impôts/PIB, l’amélioration du classement des entreprises et des indices d’inclusion sociale (par exemple, l’indice Ibrahim de la gouvernance africaine), et l’élargissement de l’accès au crédit pour le secteur privé, en particulier les micro-entreprises et les petites et moyennes entreprises. « Ce financement reflète notre engagement commun avec le gouvernement tanzanien à conduire une transformation économique non seulement résiliente, mais aussi inclusive et intelligente face au climat », a déclaré Abdoulaye Coulibaly, directeur du département de la Gouvernance et des réformes économiques de la Banque. « Les réformes soutenues par l’ECSIP-SF créeront des emplois, stimuleront l’investissement privé et veilleront à ce que personne ne soit laissé pour compte ». Ce programme s’attaque directement aux principaux défis nationaux, notamment la pauvreté et la vulnérabilité climatique, par le biais de réformes ciblées et d’investissements dans le capital humain, les infrastructures et le développement des entreprises. Il a été élaboré en étroite collaboration avec les partenaires de développement de la Tanzanie, notamment le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Union européenne. Afdb
La Banque africaine de développement et Casablanca Finance City organisent une rencontre stratégique dédié à l’accélération de l’intégration économique africaine conclue par l’appel de Casablanca

La Banque africaine de développement et Casablanca Finance City (CFCA), premier centre financier africain, ont organisé le 23 juillet 2025 à Casablanca, une rencontre stratégique de haut niveau sur le thème suivant : « Connecter l’Afrique – la voie ZLECAF ». L’évènement a réuni des dirigeants du secteur privé africain ainsi que des représentants d’institutions régionales et panafricaines parmi lesquelles l’Union du maghreb arabe (UMA), Afreximbank, l’Agence de développement de l’Union africaine (NEPAD), la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la commission Afrique de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), OCP Group, Attijariwafa Bank, Africa 50, Tanger Med Zone, Orange, Africa Properity Network ainsi que des experts du Boston Consulting Group. Les sessions thématiques ont permis de faire un diagnostic sur l’état d’avancement de la ZLECAf. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité du secteur privé, de financer les infrastructures propices au commerce et d’opérationnaliser les chaînes de valeur régionales. Ils ont également souligné la nécessité de renforcer l’intégration régionale en adoptant une approche pragmatique axée sur la circulation des biens et des personnes, des biens et des idées, ainsi que sur la libération des opportunités d’investissement et de commerce. Cap sur un marché de 3 400 milliards de dollars à structurer Avec une population de plus de 1,5 milliard et un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars, l’Afrique, recèle un potentiel économique considérable. Selon les projections, la mise en œuvre effective de la ZLECAf par la levée des obstacles tarifaires et non-tarifaires, entraînerait une augmentation de 52 % du commerce intra-africain d’ici 2035. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation des chaînes de valeur mondiales, où l’Afrique, qui compte 11 des 20 économies à la plus forte croissance selon les dernières données du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, occupe désormais une place stratégique. Une première pierre posée à Casablanca « Nous sommes ici pour poser la première pierre d’un partenariat avec CFCA, un acteur clé capable de fédérer des opérateurs d’envergure au Maroc et en Afrique pour exploiter tout le potentiel de la ZLECAf. Ce sont les acteurs régionaux qui construiront les réseaux d’affaires en mesure de catalyser les investissements, d’intégrer les chaînes de valeur régionales et de dynamiser le commerce », a déclaré Joy Kategekwa, directrice de l’intégration régionale du Groupe de la Banque africaine de développement. Lamia Merzouki, directrice générale adjointe de Casablanca Finance City Authority a souligné que « la mise en œuvre réussie de la ZLECAf passe nécessairement par une mobilisation efficace du secteur privé. C’est tout l’enjeu de la discussion que nous lançons aujourd’hui avec la Banque africaine de développement pour réfléchir à des outils concrets pour stimuler les échanges intra-africains, identifier des opportunités d’investissement pertinentes et faciliter l’intégration des entreprises africaines dans les chaînes de valeur continentales. » « Cette approche régionale est efficace. Nous la soutenons d’ores et déjà sur tout le continent par des investissements stratégiques dans des infrastructures structurantes — routes, ports, chemins de fer, corridors logistiques — ainsi que des lignes de crédit dédiées à la facilitation du commerce extérieur », a déclaré Achraf Tarsim, responsable pays de la Banque pour le Maroc. Les participants ont relevé la nécessité d’intensifier les efforts afin de combler le déficit annuel estimé à plus de 130 milliards de dollars dans le financement des infrastructures sur le continent afin de transformer les opportunités offertes par la ZLECAf. L’appel de Casablanca A l’issue de la rencontre, les participants ont appelé à la création d’une plateforme dédiée au secteur privé qui s’articulerait autour de quatre priorités opérationnelles : Accélérer l’accès au marché africain pour les entreprises en instaurant un dialogue structuré entre secteurs public et privé et en mettant à disposition des outils concrets, tels que des données de marché, des guides pratiques d’entrée sur les marchés africains, des recommandations politiques, et un répertoire de projets bancables qualifiés à l’échelle continentale. Compenser les déficits d’infrastructures au service du « Made in Africa » en soutenant le développement de corridors économiques intégrés et durables (routes, ports, rails, infrastructures numériques) et en créant un environnement juridique et réglementaire attractif pour mobiliser les capitaux privés, les expertises techniques et les opérateurs régionaux. Renforcer l’intégration financière régionale en soutenant l’harmonisation des marchés de capitaux africains, le développement de solutions de financement du commerce et la mobilisation d’instruments innovants tels que le blended finance, les fonds panafricains ou les garanties adaptées, pour faciliter la montée en puissance des projets structurants. Positionner les centres financiers et pôles d’affaires comme leviers d’accélération de la ZLECAf en créant un environnement propice aux affaires, en attirant les talents, en mettant en place les bons écosystèmes et en valorisant l’opportunité africaine à travers des actions de sensibilisation, de formation et de promotion. La plateforme servirait d’outil stratégique pour amplifier la voix et l’engagement du secteur privé dans la mise en œuvre de l’AfCFTA.