Le sculpteur Abdeljalil Ait Ben Laassel : quand la ferraille devient une source d’art

ARTS. Depuis plus de trente ans, Abdeljalil Ait Ben Laassel, également appelé Jalil Rihlat Fanane, transforme la ferraille en œuvres singulières et saisissantes. Cet artisan visionnaire, natif de Lalla Takerkoust, une bourgade située à une trentaine de kilomètres de Marrakech, insuffle une nouvelle vie à ces matériaux délaissés. Il les métamorphose en ponts majestueux, sculptures vibrantes ou décors inédits où se mêlent la force brute du métal et la finesse artistique. Homme passionné par l’art de la ferronnerie, Abdeljalil consacre chaque jour à concevoir des pièces originales dans son atelier. Lieu empreint de créativité, son espace de travail déborde d’un assortiment éclectique de fragments métalliques, patiemment amoncelés autour d’une forge en perpétuelle effervescence. Sous ses mains expertes, ces reliques froides et rigides se transforment en créations pleines de vie. Ses sculptures transcendent la matière pour révéler une facette contemporaine et avant-gardiste de l’art marocain, où la beauté rencontre une réflexion écologique. Évoquant ses débuts, l’artiste se remémore un chemin parsemé d’embûches, d’échecs et de doutes. Autodidacte passionné, il a affronté critiques et remises en question, mais a su s’imposer en forgeant une identité artistique forte. Aujourd’hui, sa pratique ne cesse d’évoluer et s’enracine dans des thématiques actuelles telles que le développement durable, l’économie circulaire et la revalorisation des matériaux déclassés. Donner une nouvelle chance à la ferraille rejetée revient pour lui à défier les perceptions conventionnelles : dans ses mains, le « déchet » devient matière première et promesse d’un nouveau potentiel artistique. Reconnu sur la scène nationale et internationale grâce à ses nombreuses expositions, salons et ateliers avec des artistes venus du monde entier, Abdeljalil demeure fidèle à ses valeurs. Humilité et dévouement caractérisent cet inlassable explorateur de la créativité, qui ne cesse de réinventer les codes de l’art contemporain. Son œuvre se distingue par sa double quête : exalter le beau tout en interrogeant notre rapport à l’environnement. Maîtrisant avec brio les nuances techniques des matériaux qu’il façonne, Abdeljalil combine différents éléments pour créer des pièces uniques et profondément introspectives. Dans son univers artistique, une sculpture ne se contente pas de figurer un objet ; elle communique une émotion qui dépasse la matière. Pour lui, chaque création est une célébration du lien intime entre art et spiritualité. À travers ses œuvres, il invite le spectateur à contempler non seulement l’esthétique, mais aussi l’âme qui s’en dégage. Sa singularité réside dans son sens aigu des textures, de la lumière et des formes. Poétiques et innovantes, ses sculptures sont comparables à des vers visuels où résonnent l’harmonie et la réflexion écologique. Sous nos yeux émerveillés se déploie un univers cohérent, riche d’une diversité d’œuvres magnifiquement imprégnées du style inimitable de ce créateur hors pair. Fidèle à ses aspirations, Abdeljalil poursuit sans relâche son voyage artistique, cherchant à s’élever tout en élevant les regards qui se posent sur son art. Avec passion et détermination, il cultive un rêve ambitieux : faire rayonner Lalla Takerkoust sur la carte artistique nationale et internationale en en faisant un pôle majeur des arts plastiques au Maroc. C’est ce rêve lumineux qui anime cet artiste infatigable, tandis qu’il continue de bâtir un pont entre le tangible et le sublime dans son jardin créatif. PagesAfrik
Maroc/Journée Mondiale de l’Enfant : les droits des enfants impactés par le tremblement de terre promus à travers l’art

En prévision de la Journée mondiale de l’enfant célébrée le 20 novembre de chaque année, l’UNICEF et la Fondation Hiba entament les célébrations au Maroc. Une manifestation artistique dédiée à la promotion des droits des enfants impactés par le séisme de septembre 2023 est prévue le samedi 16 novembre à Rabat. Les enfants et jeunes, y compris des sites affectés, y prendront la parole. L’Art au service des droits de l’enfant est l’approche retenue par l’UNICEF au Maroc et la Fondation Hiba pour entamer la célébration de la journée mondiale de l’enfant cette année en offrant un espace d’expression artistique aux enfants et jeunes de différentes régions du Royaume. Le thème central retenu est celui des droits des enfants impactés par le tremblement de terre de septembre 2023. La présentation des œuvres développées dans ce sens dans le cadre du projet « Camp’ART » porté par la Fondation Hiba et l’UNICEF aura lieu samedi 16 novembre au Cinéma Renaissance à Rabat à partir de 16h30. Cette opération est déployée dans le cadre de la célébration mondiale de cette journée ayant pour thématique « Ecoutons l’avenir ». Un sujet retenu par l’UNICEF pour toutes les manifestations au niveau international en 2024. L’objectif de cette approche est de mettre en valeur les perspectives et opinions des enfants en relation avec les sujets impactant leurs vies et droits. « UNICEF Maroc s’inscrit dans cette orientation et considère la semaine du 20 novembre comme une opportunité pour faire entendre davantage la voix des enfants de différentes perspectives. Le choix de la promotion des droits des enfants impactés par le séisme à travers l’art est innovateur », explique Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF au Maroc. Conduit pour la deuxième année consécutive, Camp’ART a offert cette année à 27 enfants et jeunes âgés de 15 à 19 ans, dont plusieurs proviennent des provinces touchées par le séisme d’Al Haouz, un espace unique pour explorer leur vécu face à cette tragédie et faire entendre leurs voix à travers différentes formes telles que le théâtre, les arts visuels et le podcast documentaire. « Ce projet permet aux jeunes de s’exprimer autour de l’impact du séisme sur leurs droits fondamentaux, notamment le droit au développement et à l’épanouissement. Cela en intégrant la créativité dans la réflexion des jeunes et l’art comme moyen d’expression. Cela met en relief l’importance de la culture et des arts dans le développement humain » souligne Younes Boumehdi, Président de la Fondation Hiba. La résidence Camp’ART a débuté à Al Haouz en août 2024, où 27 enfants et jeunes ont été invités à explorer leur expérience du séisme du 8 septembre 2023 à travers plusieurs formes: théâtre, arts visuels et podcast documentaire. Cet environnement a permis aux jeunes de trouver une forme pour exprimer leur vécu autour de cet événement marquant sous la direction d’artistes formateurs reconnus : Mme Fatima Zahra Lahouitar pour l’atelier théâtre, Monsieur Amine Ait Hammou pour l’atelier arts visuels et Mme Yasmine Mahjoubi pour l’atelier podcast. La résidence a également permis d’aborder des thèmes essentiels tels que l’accès au développement, le droit aux loisirs et à l’épanouissement. Une approche qui met en exergue l’importance de la culture et de la créativité dans le développement humain des jeunes et la défense de leurs droits en période de crise. En octobre 2024, les jeunes participants se sont réunis de nouveau à Bouknadel pour un bootcamp intensif dédié à la finalisation de leurs œuvres entamées à Al Haouz. Encadrés par des mentors et des artistes spécialisés, ils ont travaillé en ateliers pour préparer les créations qui seront présentées lors des célébrations ce 16 novembre.