Les Européens pigiés et ridiculisés par les Américains

Les Européens pigiés et ridiculisés par les Américains

LIBRES PROPOS. L’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis est venue sonner le glas des ambitions de puissance de l’Europe. La guerre en Ukraine, combinée à l’utilisation des droits de douane comme instruments de coercition, a considérablement fragilisé le continent européen. Le monde entier a désormais pris conscience de la vulnérabilité de l’Union européenne, longtemps persuadée que l’OTAN assurerait sa protection en cas de conflit majeur face à la Russie ou à la Chine. Dès son retour à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump n’a laissé aucune place à l’ambiguïté dans ses relations avec l’Europe et l’OTAN. Il a affirmé sans détour que les pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord devaient porter leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB. « Ils peuvent tous se le permettre », a-t-il assuré, ajoutant : « Ils devraient être à 5 %, pas à 2 %. » Face à ces exigences, les Européens n’ont guère d’autre choix que d’obtempérer. Donald Trump entend pousser encore plus loin sa stratégie de contrainte, notamment par le levier des droits de douane. Parallèlement, la guerre en Ukraine, qui s’éternise depuis désormais quatre ans, a rappelé aux Européens que la paix n’est plus acquise sur le continent. Elle a mis en lumière de profondes faiblesses militaires et énergétiques. L’architecture de sécurité fondée sur l’OTAN s’est fissurée, et la prétendue solidarité transatlantique apparaît désormais comme un leurre. La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine a agi comme un révélateur brutal des vulnérabilités structurelles du modèle énergétique européen : dépendance excessive aux importations de combustibles fossiles, insuffisante intégration des réseaux, incohérences fiscales et tarification inadaptée. Elle a entraîné une flambée sans précédent des prix du gaz et de l’électricité, frappant durement les ménages comme les entreprises européennes, tout en exposant l’incapacité de l’Union à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. L’Allemagne est le premier pays à en payer le prix fort. Le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique, a profondément fragilisé une économie largement dépendante du gaz russe. La mise hors service de ces infrastructures a provoqué une hausse spectaculaire des prix du gaz naturel en Europe. Privée brutalement de cette ressource stratégique, l’Allemagne s’est retrouvée confrontée à une explosion des coûts énergétiques, affectant la compétitivité globale de son industrie. Première puissance économique européenne, Berlin voit aujourd’hui son moteur économique s’essouffler. Un autre pays durement touché par les conséquences du conflit est la Finlande, depuis son adhésion à l’OTAN et l’abandon de sa neutralité historique. Le pays affiche désormais le deuxième taux de chômage le plus élevé d’Europe et a connu deux années consécutives de récession, en 2023 et 2024, notamment en raison de l’arrêt brutal de ses échanges commerciaux avec la Russie. La Finlande, étroitement dépendante des importations russes de pétrole, de gaz, de charbon, d’électricité, de bois, de métaux et de produits chimiques, est aujourd’hui enlisé dans une stagnation économique persistante. L’Union européenne surveille de près l’évolution de la situation, en raison des risques croissants d’inégalités sociales. Le gaz fossile américain pèse désormais lourdement dans les importations françaises. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la France a accueilli 177 méthaniers de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, représentant 25 % de ses importations et pouvant couvrir jusqu’à 37 % de la consommation nationale. Or, ce gaz « made in USA » est composé à 87 % de gaz de schiste. Derrière ces cargos traversant l’Atlantique se cache une dépendance énergétique préoccupante, qui enferme la France dans la consommation d’énergies fossiles et la conduit droit dans une impasse écologique, en totale contradiction avec le discours officiel affiché. Avant l’éclatement du conflit, le gaz russe représentait encore 45 % de l’approvisionnement européen. Pour s’en affranchir, l’Europe s’est précipitamment tournée vers les États-Unis, allant jusqu’à contractualiser massivement des importations de gaz naturel liquéfié. Sur le plan militaire, l’Europe accuse un retard flagrant face aux États-Unis et à la Russie. La guerre en Ukraine a servi d’électrochoc. Après plus de trois décennies de désarmement au nom des supposés « dividendes de la paix » post-guerre froide, les budgets militaires européens repartent à la hausse, accompagnés d’annonces de commandes de chars, d’avions de combat et de missiles. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires européennes ont bondi de 17 % en 2024, atteignant 693 milliards de dollars. Tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de Malte, ont augmenté leurs budgets de défense. L’Allemagne, longtemps en retrait, a enregistré une hausse spectaculaire de 28 %, atteignant 88,5 milliards de dollars, devenant ainsi le quatrième investisseur militaire mondial — un scénario inimaginable il y a encore quelques années. La Pologne consacre désormais la plus grande part de son PIB à la défense : 4,2 % aujourd’hui, contre 2 % en 2021, illustrant un effort militaire colossal. In fine, la Russie a démontré sa capacité à discipliner l’Occident par le bombardement de l’Ukraine à l’aide du missile Orechnik. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France ont dénoncé cette attaque, qualifiée d’« escalade inacceptable ». Ce sont les caractéristiques mêmes de ce missile qui inquiètent les Occidentaux. L’Orechnik est un missile balistique hypersonique à capacité duale, pouvant emporter une charge conventionnelle ou nucléaire. Il atteint une vitesse estimée à 13 000 km/h, rendant son interception extrêmement complexe. Sa trajectoire le propulse hors de l’atmosphère avant une retombée rapide, ses ogives pouvant viser des cibles distinctes. La déclaration du président Emmanuel Macron, prononcée le 15 janvier 2026 à la base aérienne 125 d’Istres-le-Tubé, est sans équivoque : « Cette initiative, dite ELSA, prend tout son sens après le tir, pour la deuxième fois, du missile de très longue portée ORECHNIK par la Russie. Ce message est clair : nous sommes à portée de ces tirs. Si nous voulons rester crédibles, nous, Européens, et en particulier la France, devons nous saisir de ces nouvelles capacités qui changeront la donne à court terme et renforceront notre dissuasion nucléaire. » L’Europe

Les Américains plieront-ils bagage face à la décision souveraine du Niger ?

Washington tente de minimiser la décision du Niger de mettre fin à la coopération militaire, soulignant les « avantages mutuels » de la collaboration. Le Niger a-t-il sonné le glas de la présence militaire américaine sur son territoire ? La question se pose après la décision surprise du gouvernement de transition nigérien de dénoncer les accords de défense liant les deux pays. Washington, pris de court, tente de sauver les meubles. Le Département d’État américain a déclaré attendre des « clarifications » de la part des autorités nigériennes, soulignant le caractère « mutuellement bénéfique » de la coopération militaire. L’inquiétude américaine est palpable. La présence militaire américaine au Niger est stratégique : environ 1 000 soldats y sont déployés dans le cadre d’une supposée « lutte contre le terrorisme au Sahel ». Le pays abrite également une importante base de drones à Agadez. Derrière les discours diplomatiques, la realpolitik. Les Américains craignent que le Niger ne se tourne vers d’autres partenaires, comme la Russie ou l’Iran, pour combler le vide laissé par leur départ. Respecteront-ils la souveraineté du Niger ? La question est cruciale. Le peuple nigérien aspire à une plus grande indépendance dans la gestion de ses affaires sécuritaires. La décision de dénoncer les accords militaires est un signal fort en ce sens. L’avenir de la présence militaire américaine au Niger est désormais incertain. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les Américains respecteront la décision souveraine du Niger ou s’ils tenteront de maintenir leur présence par tous les moyens. Aboubacar Ouedraogo

S’achemine-t-on vers une rupture entre F. Tshisekedi et les Américains ?

S’achemine-t-on vers une rupture entre F. Tshisekedi et les Américains ?

OPINION. Les États-Unis ont-ils déchanté en RD Congo ? Félix Tshisekedi n’aurait-il pas livré la marchandise ? S’achemine-t-on vers une rupture entre Tshisekedi fils et les Américains ? C’est en tout cas ce qui ressort à la lecture du dernier article d’Africa Intelligence. Ceux qui me lisent depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, voire avant, se souviennent sûrement de mes posts et de mon live Facebook dans lesquels j’attirais l’attention sur le rôle des États-Unis dans la rupture de la coalition FCC-CACH. C’est en effet grâce à l’Oncle Sam que Félix Tshisekedi a pu se défaire, non sans difficultés, de l’étouffante tutelle de son prédécesseur Joseph Kabila, qui avait gardé la haute main sur les différents leviers du pouvoir. Désormais seul au volant de la RDC, celui qui joue le rôle de président devait manœuvrer à sa guise sans perdre de vue les desiderata des Américains. Ces derniers lui ont demandé de revoir les contrats conclus avec la Chine par le gouvernement de l’ancien président Joseph Kabila. À ce jour, pas grand-chose n’a été fait, et les Américains sont de plus en plus agacés. Félix Tshisekedi aurait-il décidé de se mettre à dos les « partenaires » américains ? Pas sûr. En réalité, le pouvoir congolais ne comprend rien aux enjeux géopolitiques auxquels la RDC est confrontée. Sa décision de ne pas revoir de fond en comble le contrat chinois est liée à la cupidité de l’équipe dirigeante qui cherche à bouffer à tous les râteliers, sans plus. En effet, les dirigeants congolais ne sont intéressés à rien d’autre que l’enrichissement rapide et illicite. Les enjeux géopolitiques et stratégiques ne les concernent pas. À Washington, on le savait, mais on a préféré fermer les yeux en se disant que les choses allaient peut-être s’améliorer. Il n’en est rien et les Yankees vont agir. En analysant les évènements des dernières semaines, notamment le passage d’Antony Blinken en RDC, on peut s’avancer à dire que Félix Tshisekedi fait désormais partie du passé pour les Américains. L’ancien ambassadeur américain Mike Hammer dit « Nzita » n’avait-il pas déclaré en son temps que Tshilombo est « un président de transition »… en attendant les élections de 2023 ? Il ne serait pas surprenant que les États-Unis sanctionnent certains proches de Félix Tshisekedi. Il ne serait pas non plus surprenant que la RDC soit placée sur la liste rouge du Département d’État. À voir comment les choses évoluent, on peut affirmer que tout se jouera certainement en 2023. Les États-Unis et leurs alliés européens vont soutenir toute alternative crédible au pouvoir de Félix Tshisekedi. Quid de la position de la Russie et de la Chine ? Tout dépendra de l’approche qu’adoptera le candidat qui fera face à Tshisekedi. Moscou et Pékin savent que Félix est intellectuellement limité à tous les niveaux, y compris sur le plan géopolitique. Ils savent aussi que l’homme n’est pas apprécié par la majorité au Congo de Lumumba. Une approche bien articulée de l’opposition en 2023 pourrait amener les deux grandes puissances à adopter une position pragmatique pour ne pas se mettre à dos une opinion publique congolaise prête à tout pour en finir avec la forfaiture de la Tshilombie. À chacun donc de fourbir ses armes et de se préparer à la prochaine bataille. En fait, elle a déjà commencé… Par Patrick Mbeko

Congo. Assistance : Les américains disposent de 102 200 dollars pour financer des projets

Congo. Assistance : Les américains disposent de 102 200 dollars pour financer des projets

L’ambassade des Etats-Unis en République du Congo dispose d’un montant global de cent mille deux cents dollars américains pour financer seize projets des jeunes et des coopératives œuvrant dans les domaines de la formation et de l’amélioration des conditions de certaines couches sociales.   Selon un communiqué, de l’ambassade des Etats-Unis, l’assistance multiforme s’inscrit dans le cadre du renforcement du partenariat entre les peuples américains et congolais. Elle constitue, pour les associations, coopératives et individus bénéficiaires, un appui nécessaire devant les aider à surmonter les défis économiques causés par la pandémie de covid-19. Ces subventions varient entre 1500 à 16 000 dollars et intègrent plusieurs projets identifiés par leurs bénéficiaires, aussi bien à Brazzaville qu’à l’intérieur du pays. Le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis, Daniel Travis, a dit à l’occasion de la signature des financements que cette année, ils ont financé, pour un coût de 25 000 dollars, cinq projets dans le cadre du programme annuel d’auto-assistance et onze autres, à hauteur de 77 200 dollars, dans le cadre des subventions du programme de diplomatie publique. Il estime que, grâce au programme d’autosuffisance, mille écoliers bénéficieront des latrines neuves à Brazzaville, tandis que d’autres écoliers bénéficieront des projets agricoles dans la Lékoumou pendant qu’une vingtaine de jeunes filles vivant avec le VIH seront socialement intégrées et que vingt d’entre elles lanceront des ateliers de coiffure et seront autonomisées à Dolisie et Mouyondzi dans les départements du Niari et la Bouenza. Tenant compte de la diversité, l’ambassade des Etats-Unis a aussi porté une attention sur les projets liés à la protection de l’environnement et la formation des plus jeunes dans l’entrepreneuriat.  Dans ce contexte, des projets portés par certains responsables des médias, notamment la DRTV, VOX TV et Les Dépêches de Brazzaville permettront de former des jeunes journalistes à la lutte contre la désinformation sur les réseaux sociaux et à se former aux nouvelles techniques de l’information et de la communication. Florent Sogni Zaou