CEEAC–NORCAP : vers un partenariat renforcé pour l’action climatique en Afrique centrale

La Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) a accueilli, à son siège à Libreville, une délégation de NORCAP, conduite par sa Directrice Exécutive Mme Bénédicte Giaever, accompagnée de Mme Yacine Fall, dans le cadre d’une mission consacrée au renforcement de la coopération entre les deux institutions. À l’issue de cette rencontre, les discussions ont abouti à la signature prochaine d’un Mémorandum d’Entente (MoU), destiné à soutenir les efforts régionaux en matière de finance climatique, d’adaptation au changement climatique et de gestion des risques de catastrophes. Dans sa communication officielle, Son Excellence Monsieur le Président de la Commission de la CEEAC, l’Ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira, a souhaité la bienvenue à la Directrice Exécutive de NORCAP et à sa délégation. Il a exprimé la reconnaissance de la Commission pour l’appui technique et financier apporté par NORCAP, notamment dans l’organisation de cette mission et dans le déploiement d’un expert en finance climatique, dont l’accompagnement est jugé « inestimable » pour la CEEAC. Le Président de la Commission a également salué la mobilisation des cadres et responsables de l’institution, présents pour cette rencontre qualifiée d’importante. Un processus engagé depuis 2023 Le Président de la Commission a rappelé que cette coopération s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis septembre 2023, période durant laquelle la CEEAC et NORCAP ont engagé des consultations autour de la mise en œuvre de la stratégie de réponse climatique de la CEEAC. Les échanges ont également porté sur le renforcement des capacités du Centre d’Application et de Prévision Climatologique de l’Afrique Centrale (CAPC-AC), afin de fournir des services climatiques plus performants aux pays de la sous-région. La COP28, une étape décisive vers un accord Les discussions ont connu un tournant majeur lors de la COP28 à Dubaï, où les délégations de NORCAP et de la CEEAC ont approfondi les axes de collaboration. Les deux parties ont alors convenu : • d’une mission de suivi, • d’une évaluation des besoins, • et de la préparation d’un accord de coopération formel. Cette étape a permis de structurer une vision commune centrée sur l’adaptation climatique, la prévention des catastrophes et l’amélioration des services climatiques dans la région. Des missions techniques et un expert déployé pour appuyer la CEEAC Dans la continuité de ce processus, une mission d’évaluation des besoins et des capacités a été menée du 29 avril au 06 mai 2024, à la fois au siège de la Commission de la CEEAC à Libreville et au CAPC-AC à Douala, au Cameroun. Par ailleurs, en juillet 2025, un Mémorandum d’entente a été signé entre l’UNOCA et NORCAP, visant à renforcer les capacités techniques et institutionnelles dans les domaines humanitaire, climatique et du développement durable. C’est dans ce cadre qu’un expert en finance climatique a été déployé en novembre 2025 pour accompagner la CEEAC dans la mobilisation des ressources. Un cadre de coopération au service des États membres L’objectif principal du Protocole d’accord entre la CEEAC et NORCAP est d’établir un cadre structuré permettant de développer des programmes et projets d’intérêt commun. Les actions qui seront mises en œuvre dans ce partenariat viseront directement à soutenir la CEEAC et ses États membres dans la réponse aux défis urgents de développement en Afrique centrale, notamment : • l’adaptation au changement climatique, • la gestion des risques de catastrophes, • le renforcement des institutions, • et l’accès à la finance climatique. Une coopération saluée par la Commission de la CEEAC En clôturant son intervention, le Président de la Commission de la CEEAC a renouvelé ses remerciements à la Directrice Exécutive de NORCAP pour sa disponibilité et son engagement dans ce partenariat. Il a également félicité les experts des deux parties pour la qualité du travail accompli, ayant permis d’élaborer un Mémorandum d’entente jugé solide, dont les retombées devraient bénéficier durablement à la CEEAC et à l’ensemble des États membres. Avec ce partenariat, la CEEAC et NORCAP franchissent une nouvelle étape dans la construction d’une réponse régionale plus efficace face aux défis climatiques, en misant sur l’expertise, la mobilisation des ressources et une coopération concrète au service des populations d’Afrique centrale.
Selon un nouveau rapport, l’action climatique est essentielle à l’ambition du Sénégal de devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure

Un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale met en lumière les retombées économiques et sociales considérables de l’action climatique au Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre de son plan de développement Vision 2050. Le nouveau Rapport national sur le climat et le développement (CCDR) pour le Sénégal souligne le coût de l’inaction climatique et avertit que sans adaptation, les effets du changement climatique pourraient réduire le PIB du Sénégal de 9,4 % d’ici 2050. À l’inverse, l’action climatique peut inverser ces impacts, en particulier pour les plus vulnérables, et stimuler la croissance. Les investissements nécessaires à l’action climatique sont estimés à 1,36 milliard de dollars par an jusqu’en 2030 et à 530 millions de dollars par an entre 2031 et 2050. À elle seule, l’adaptation pourrait accroître le PIB du Sénégal d’au moins 2 % d’ici 2030 et réduire la pauvreté induite par le climat de 40 %. « L’action climatique est plus qu’une réponse aux défis environnementaux ; c’est investir dans la prospérité et la résilience du Sénégal », explique Keiko Miwa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal. « Grâce à ces initiatives transformatrices, le Sénégal peut renforcer son capital humain, protéger ses écosystèmes et bâtir une économie robuste et durable pour tous, soutenant une croissance à long terme et conforme à la vision du pays. » Le rapport recense les principales priorités pour lutter contre le changement climatique tout en maximisant les gains en matière de développement : Développer les énergies renouvelables et les transports durables pour atténuer le changement climatique, réduire les coûts de l’électricité, améliorer la santé publique et créer des emplois. En s’appuyant sur le nouveau système de transport rapide par bus (BRT) électrique de Dakar, le Sénégal peut réduire davantage la pollution atmosphérique, améliorer la mobilité et stimuler la productivité urbaine. Améliorer la gestion des ressources naturelles pour favoriser une activité économique résiliente et protéger les moyens de subsistance, en donnant la priorité à la résilience côtière. Plus de la moitié de la population du Sénégal et les deux tiers du PIB sont concentrés dans des zones très vulnérables aux risques climatiques. Promouvoir une agriculture climato-intelligente pour aider les agriculteurs à s’adapter au changement climatique, protéger la biodiversité et assurer la sécurité alimentaire tout en diversifiant le secteur et en augmentant la production. Ceci peut permettre d’augmenter les rendements agricoles de 20 % et les revenus des agriculteurs de 26 %. Renforcer la gestion des risques de catastrophe afin de réduire les coûts socioéconomiques des phénomènes météorologiques extrêmes grâce à des systèmes d’alerte précoce, à une planification coordonnée et au financement des risques de catastrophe afin d’aider les communautés à mieux se préparer et répondre aux catastrophes. Investir pour doter les jeunes et les femmes de compétences et de filets de santé et de protection sociale adaptatifs afin d’atténuer la menace à long terme du changement climatique et de réduire les inégalités de revenus. Créer un environnement propice au développement et au financement de solutions climatiques par le secteur privé. Au moins 40 % des financements nécessaires à l’action climatique devront provenir d’investissements privés. L’alignement des prix du carbone, le renforcement du secteur financier national et l’expérimentation d’instruments financiers innovants tels que les obligations et les prêts liés à la durabilité peuvent soutenir cet effort. « Le secteur privé peut jouer un rôle central dans le renforcement de la résilience climatique et du développement durable au Sénégal », souligne Olivier Buyoya, directeur régional d’IFC pour l’Afrique de l’Ouest. « L’apport d’un soutien réglementaire et financier à l’adaptation au changement climatique peut permettre aux entreprises d’intégrer des mesures d’adaptation au changement climatique, d’établir des normes de résilience et de promouvoir des pratiques durables. En outre, des produits financiers adaptés tels que des prêts à faible taux d’intérêt, des garanties de crédit et des allégements fiscaux et subventions ciblés peuvent aider les entreprises à investir dans des infrastructures essentielles résilientes au climat. Le rapport appelle à des investissements stratégiques et à des réformes des politiques pour mobiliser des ressources et créer un environnement propice à l’action climatique. La participation du secteur privé et la mobilisation de diverses sources de financement sont des étapes essentielles pour atteindre les objectifs climatiques et de développement du Sénégal. BM
L’action climatique va dynamiser l’économie tunisienne, affirme un rapport de la Banque mondiale

La pénurie d’eau, l’érosion côtière et la multiplication des inondations figurent parmi les défis climatiques les plus pressants en Tunisie, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, qui propose une série de mesures urgentes d’adaptation et de décarbonisation qui contribueraient à stimuler la reprise économique et à créer des emplois dans le pays. Le Rapport national sur le climat et le développement en Tunisie publié par le Groupe de la Banque mondiale en prélude à la COP28 décrit des mesures publiques et des possibilités d’investissement susceptibles de réduire les effets du changement climatique sur les populations et les entreprises et d’améliorer la compétitivité de l’économie tunisienne. D’après le rapport, des mesures combinées d’adaptation et d’atténuation pour faire face au changement climatique et décarboner le secteur de l’électricité pourraient faire grimper la croissance du PIB à 8,8 % d’ici 2030, réduire la pauvreté et diminuer les émissions liées à l’énergie. En revanche, l’inaction pourrait provoquer des pertes de PIB allant jusqu’à 3,4 % d’ici 2030, entraînant des pertes annuelles qui devraient se chiffrer à environ 5,6 milliards de dinars (1,8 milliard de dollars). « Le CCDR de la Tunisie, aligné sur la Stratégie nationale de transition écologique et le Plan de développement 2023-2025, met en évidence le soutien constant de la Banque mondiale, partenaire indéfectible de la Tunisie sur la voie d’un avenir plus durable, a déclaré Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb. L’adaptation au changement climatique et la promotion d’une économie verte représentent une opportunité unique pour la croissance, la résilience et le développement durable du pays », a-t-il ajouté. La Tunisie est confrontée à un grand défi de pénurie d’eau, qui compromet la production agricole, car la faiblesse et la variabilité des précipitations mettent à nu les carences d’un secteur qui a besoin de réformes pour s’adapter au changement climatique. En outre, les pertes en eau enregistrées par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux sont passées de 25 % en 2010 à 34 % en 2021. Le rapport souligne en outre que l’élévation du niveau de la mer pourrait toucher près d’un quart de la zone côtière tunisienne d’ici 2050, entraînant potentiellement une perte totale de terres d’une valeur de 1,6 milliard de dollars. La probabilité d’inondations catastrophiques devrait presque décupler, et les coûts de remise en état des actifs routiers à eux seuls après ces inondations pourraient atteindre 277 millions de dollars d’ici 2050. Non seulement ces risques mettent en péril les moyens de subsistance des personnes vivant sur la côte et dans les zones inondables, mais ils compromettent aussi sur le plan international la réputation du pays qui est une destination touristique prisée. Le rapport préconise la mise en place de mesures stratégiques visant à remédier à la pénurie d’eau. Ces mesures incluent notamment la rationalisation de la demande en eau, le renforcement des réseaux hydrauliques pour réduire les pertes et le gaspillage, ainsi que la protection des écosystèmes, en particulier les bassins versants, les oasis, les forêts et les zones humides afin d’accroître la disponibilité de l’eau et la résilience aux chocs climatiques. La décarbonisation du secteur de l’énergie, par l’amélioration de l’efficacité énergétique et la transition vers des combustibles verts dans les secteurs d’utilisation finale et de production d’électricité, offre également des possibilités importantes. L’énergie représentait 53 % du déficit commercial du pays et 58 % de ses émissions de gaz à effet de serre en 2022, ce qui démontre les liens complexes entre l’énergie et le cadre macro-budgétaire. Selon le rapport, la décarbonisation du secteur de l’énergie générerait des gains économiques considérables en aidant la Tunisie à remédier à son déséquilibre extérieur et en diminuant les coûts de l’énergie, améliorant ainsi l’accessibilité financière pour les ménages et la compétitivité des entreprises, tout en réduisant les émissions. « Le CCDR de la Tunisie démontre l’importance de la collaboration entre les secteurs public et privé lorsqu’il s’agit de relever des défis majeurs tels que le changement climatique, a déclaré Cheick-Oumar Sylla, directeur régional de l‘IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. En s’appuyant sur notre partenariat avec la Tunisie dans le secteur des énergies renouvelables, l’IFC s’engage à soutenir le pays à s’adapter et à atténuer les effets d’un climat changeant, tout en réalisant une croissance durable. » Compte tenu des difficultés macroéconomiques actuelles de la Tunisie, le rapport souligne l’importance de créer les conditions macro-financières propices aux investissements devant permettre d’atteindre ces objectifs. À cet effet, les dépenses publiques récurrentes pourraient être réorientées vers les investissements publics les plus urgents dans le domaine de l’adaptation. Il est également essentiel de faciliter les investissements du secteur privé dans les activités vertes, par exemple en éliminant les autorisations et les contraintes sectorielles, en simplifiant les procédures d’approbation des investissements et en réduisant le pouvoir réglementaire des opérateurs sectoriels en activité. Les nombreuses concertations avec les autorités publiques et les acteurs du secteur privé et de la société civile ont été déterminantes dans l’élaboration du CCDR de la Tunisie.
Engagement maroco-suisse pour une action climatique conjointe au Maroc

Jeudi 25 mai, le Gouvernement du Maroc, par le biais de M. Bouzekri Razi, Représentant du Ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, a présenté l’état d’avancement de la coopération en matière de protection du climat avec la Suisse dans le cadre de l’article 6.2 de l’Accord de Paris et la Fondation KliK a lancé ses activités pour acquérir des réductions d’émissions du Maroc en vue de les transférer en Suisse. Dans les années à venir, la Fondation KliK a l’intention de soutenir financièrement le développement de programmes de protection du climat au Maroc en achetant les réductions d’émissions de gaz à effet de serre qui en résultent. Le Maroc et la Suisse ont signé un accord de coopération bilatérale en novembre 2022 et ont entamé une collaboration dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris, dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En partenariat avec des entités étatiques et privées, la Fondation suisse KliK soutiendra et financera des activités au Maroc qui contribuent aux initiatives nationales et locales de protection du climat et donc au développement durable. Au cours de l’événement, le directeur du MTEDD, M. Razi, a souligné les ambitions du secteur privé marocain en matière de protection du climat : » L’atelier vise ainsi à jeter les bases d’une collaboration efficace, d’une compréhension partagée et d’une mise en œuvre réussie de l’approche coopérative entre le Maroc et la Suisse dans le cadre de l’activité 6.2. « L’Ambassadeur de Suisse au Maroc, S.E. Guillaume Scheurer, a souligné l’excellence des relations bilatérales et a reconnu la volonté politique qui existe au plus haut niveau entre les deux pays : « Il est impressionnant de constater la rapidité avec laquelle nos relations ont évolué ces dernières années, couvrant de multiples aspects tels que la collaboration scientifique, l’innovation et le commerce. En témoignent l’augmentation des échanges commerciaux entre le Maroc et la Suisse, qui ont dépassé pour la première fois le seuil des 780 millions de francs suisses, ainsi que le classement de mon pays parmi les dix premiers investisseurs au Maroc. Ce nouvel accord et le déploiement des activités de la fondation Klik permettront au Maroc et à la Suisse de renforcer leur coopération dans le domaine de l’environnement ». En effet, des programmes dans des domaines tels que le solaire photovoltaïque, l’efficacité énergétique, le biogaz, la gestion des déchets ou l’électromobilité sont recherchés. Les organisations et les personnes intéressées sont invitées à soumettre des idées de programmes via le site web de la Fondation KliK : https://morocco.klik.ch/. La Fondation privée KliK est mandatée par la loi suisse pour remplir les obligations de compensation carbone des importateurs de carburants en Suisse. Elle soutient et finance le développement et la documentation de programmes de protection du climat déployant de nouvelles technologies et innovations respectueuses du climat et achète les réductions d’émissions qui en résultent. Pour les partenaires, cet engagement commun se traduit par une synergie qui bénéficie à tous qui renforce les ambitions climatiques des deux pays. La coopération en matière de protection du climat constitue ainsi un nouvel aspect des excellentes relations diversifiées entre le Maroc et la Suisse.
Une action climatique qui protège la population et l’agriculture peut renforcer les perspectives de croissance à long terme du Congo

En protégeant sa population et le secteur vital de l’agriculture contre les effets du changement climatique, le Congo favorisera la construction d’une économie durable, résiliente et inclusive. C’est l’un des messages clés de la dernière édition du Rapport de suivi de la situation économique et financière de la République du Congo publiée par la Banque mondiale et intitulée Impacts du changement climatique, adaptation et opportunités. Comme le souligne le rapport, le Congo subit déjà les répercussions de la crise climatique : températures moyennes plus élevées, précipitations plus irrégulières, inondations plus fréquentes ou encore incidence accrue des maladies liées à la chaleur et des maladies infectieuses. Ces phénomènes entraînent une hausse des coûts des soins de santé, une baisse de la productivité du travail et une dégradation des terres arables. L’économie congolaise a renoué avec la croissance en 2022, après plusieurs années de contraction. Toutefois, pour instaurer une croissance durable, le pays doit s’adapter aux réalités du changement climatique et prendre des mesures d’adaptation clés visant à en réduire l’impact sur le secteur agricole — une source de revenus capitale pour les pauvres et les femmes — ainsi que sur la productivité du travail. « Il est essentiel que le Congo intègre des actions climatiques efficaces dans sa trajectoire de développement et mette l’accent sur l’agriculture pour assurer sa sécurité alimentaire et sa diversification économique, explique Korotoumou Ouattara, représentante résidente de la Banque mondiale pour la République du Congo. La Banque mondiale est déterminée à soutenir les efforts du gouvernement pour protéger la population et l’économie congolaises contre les dérèglements du climat et autres chocs externes. » Alors que le Congo fait partie des pays les plus vulnérables au changement climatique dans le monde, le rapport recommande d’agir en priorité dans les quatre domaines suivants : Le rapport préconise par ailleurs des mesures urgentes à mettre en œuvre à court terme. Pour sortir du surendettement et maintenir la viabilité de la dette à long terme, les autorités congolaises devront continuer à améliorer la mobilisation des recettes intérieures, ainsi que la gestion et la transparence de la dette. Dans le contexte de la flambée des prix des denrées alimentaires déclenchée par les perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement et exacerbée par la guerre en Ukraine, le gouvernement devra aussi s’attacher à protéger les plus vulnérables, tout en mettant en place des mesures visant à réduire progressivement la dépendance du pays à l’égard des importations de produits alimentaires. Alors que l’intensification de la guerre en Ukraine et ses répercussions, ainsi que l’instabilité de la production pétrolière, représentent des risques importants pour la reprise économique du Congo, le pays doit impérativement mener des réformes en vue de diversifier son économie. « L’économie congolaise ne s’est pas encore remise des effets de la série de chocs concomitants qui ont débuté en 2014. Des actions stratégiques urgentes visant à stabiliser l’économie à court terme, combinées à des investissements pro-climat à long terme, peuvent aider à limiter les perturbations économiques causées par ces chocs », affirme Vincent Belinga, auteur principal du rapport.
Changement climatique : la BAD annonce le doublement du montant de ses engagements financiers

La Banque africaine de développement a annoncé qu’elle va doubler le montant de ses engagements financiers en faveur de l’action climatique, portant sa contribution à 25 milliards de dollars américains entre 2020 et 2025. Le président de la Banque, Akinwumi Adesina, a pris cet engagement au nom de l’institution, dans le cadre de discussions tenues dernièrement au siège des Nations unies à New-York, précisant que la moitié contribuerait à l’adaptation des pays africains aux conséquences des changements climatiques. « Nous avons décidé de créer un mécanisme de gestion des risques de catastrophe en Afrique afin de fournir à ces pays les ressources dont ils ont besoin pour se prémunir contre ces risques », a-t-il déclaré en s’adressant aux membres de la Commission mondiale sur l’adaptation. Le projet de la Banque africaine de développement consiste à mettre en œuvre des systèmes d’alerte rapide afin que les gouvernements africains soient avertis en cas de nouvelle menace, et à proposer un régime d’assurance prévoyant le versement d’indemnités en cas de sécheresse, d’inondations et d’autres catastrophes, a indiqué l’institution financière africaine dans un communiqué. Intitulée « Compte à rebours vers le sommet sur les mesures d’adaptation aux changements climatiques : lancement de l’année de l’action », ladite réunion était organisée par la Commission mondiale sur l’adaptation, avec pour objectif de préparer les villes et les terres agricoles au réchauffement de la planète. Adrien Thyg
Création d’un fonds mondial pour une exploitation minière adaptée à l’action climatique

En appui à la transition énergétique, la Banque mondiale (BM) a annoncé récemment la création d’un fonds mondial destiné à financer une exploitation minière adaptée à l’action climatique et durable. La création de ce mécanisme procède directement d’un rapport de la Banque mondiale, intitulé «The Growing Role of Minerals and Metals for a Low-Carbon Future», qui concluait qu’un avenir décarboné serait beaucoup plus vorace en minéraux qu’anticipé dans un scénario de maintien du statu quo, a indiqué l’institution de Breton Woods. Aussi, si l’évolution de la demande de minéraux et de métaux, notamment lithium, graphite et nickel, ouvre de réelles perspectives pour les pays en développement riches en ressources, la BM soutient qu’elle s’accompagne aussi de nouveaux défis. C’est ainsi qu’elle a estimé que «sans pratiques d’extraction respectueuses du climat, les effets négatifs de cette activité iront croissant, au détriment des communautés vulnérables et de l’environnement». D’un montant de 50 millions de dollars couvrant une période de cinq ans, ce fonds privilégiera les activités s’articulant autour de quatre axes centraux : atténuation du changement climatique ; adaptation au changement climatique; réduction des conséquences matérielles et création de débouchés pour contribuer à la décarbonisation et la réduction des impacts tout au long de la chaîne de valeur des minéraux. Selon la Banque, les projets éligibles devront soutenir l’intégration des énergies renouvelables dans les opérations minières; favoriser l’utilisation stratégique des données géologiques afin de repérer les sites associés aux «minerais stratégiques» ; pratiquer une exploitation minière respectueuse des forêts et recycler les minéraux. Comme l’a indiqué Riccardo Puliti, directeur principal et chef du pôle Energie et industries extractives à la Banque mondiale, l’institution bancaire internationale «soutient une transition décarbonée dès lors que l’activité minière respecte le climat et s’appuie sur des filières durables et propres. Ainsi, le fonds contribuera à introduire des pratiques durables d’extraction et de transformation des minéraux et des métaux entrant dans les technologies utilisées pour les énergies propres, comme l’éolien, le solaire ou les batteries destinées au stockage d’énergie et aux véhicules électriques, a-t-elle expliqué. Dans un communiqué publié sur son site web, la Banque internationale a ajouté que le nouveau mécanisme s’attachera à aider les pays en développement riches en ressources à profiter pleinement d’une hausse de la demande de produits miniers tout en veillant à ce que la gestion du secteur de l’extraction minimise l’empreinte environnementale et climatique. Concrètement, «le fonds fiduciaire multidonateurs va accompagner les pays en développement et les économies émergentes pour la mise en œuvre de stratégies et de pratiques durables et responsables dans l’ensemble de la filière», souligne-t-elle précisant que le gouvernement allemand et les entreprises privées Rio Tinto et Anglo American font partie de ses partenaires. Il est aussi question d’aider, par ailleurs, « les gouvernements à installer un cadre politique, réglementaire et juridique solide pour promouvoir une exploitation minière adaptée à l’action climatique et créer les conditions propices à des investissements privés », précise-t-on. Pour Riccardo Puliti, il ne fait aucun doute que «les pays en développement ont un rôle décisif à jouer dans cette transition, en exploitant les minéraux stratégiques sans nuire aux communautés, aux écosystèmes ni à l’environnement». Ainsi, grâce à ce fonds, «les pays dotés de minéraux stratégiques disposent ainsi d’une occasion idéale pour profiter de la transition mondiale vers les énergies propres », a-t-il soutenu. Alain Bouithy