Retour sur le discours sur l'état de la nation

TRIBUNE. Sans jouer à l’opposition systématique, et souhaitant profondément la réussite de notre pays pour le bien de tous, c’est avec amertume qu’il s’oblige de constater que le discours de monsieur Sassou est un constat d’échec qui n’ouvre sur aucune perspective.

Sur le volet qui prétend mobiliser son attention, l’emploi des jeunes, aux plus d’un million de jeunes chômeurs il promet 2000 emplois, en plus dans la fonction publique, ce qui d’ailleurs est inférieur aux départs à la retraite et aux besoins par rapport à la croissance de la population scolaire, c’est dire simplement que rien ne sera fait, en plus de la confirmation de l’analyse de la Banque mondiale qui souligne que le Congo n’a jamais réussi à mettre en place une économie de marché. Ca fait mal d’entendre ce genre de choses.

Ce ne sont pas les solutions qui manquent, mais on a encore rien essayé. Il est possible de créer 50.000 emplois en deux ou trois ans dans notre pays, qui par effet d’entrainement dû à leur production et leur consommation, autant seront naturellement créés les 2 ou 3 autres années suivantes. Ca n’a rien de démagogique, on le voit partout dans le monde, on sait comment faire, il n’y a pas à inventer le fil à couper le beurre. Mais chez nous on a jamais fait asseoir des spécialistes de la question pour qu’ils proposent des schémas et qu’on s’engage à respecter leurs prescriptions.

Ce n’est pas comme le raconte Moungalla de faire évoluer l’ONEMO en ANPE (qui s’appelle Pôle Emploi maintenant soit dit en passant) qui n’est, pas même en France, une structure qui crée l’emploi mais qui sert d’abord à gérer les droits sociaux des travailleurs, à fournir des prestations aux chômeurs et à tenir des statistiques; elle échoue d’ailleurs dans sa mission de formation et de réinsertion voire de conseil et ce n’est franchement pas un exemple. Il ne s’agit pas d’adapter simplement les formations pour intégrer le maigre tissu économique existant sur place, mais de créer une véritable dynamique intégrée de production des richesses.

Sassou a parlé de trois problèmes: les érosions, le chômage et les cuisses de poulet. Mais comment ne voit il pas que les uns sont les solutions des autres? Pour enclencher des grands travaux dans l’aménagement du territoire, il faut des bras donc de l’emploi est demandé. Et ces bras il faut les nourrir, donc une production agricole trouve son débouché. Comment le financer? Facile! tout le monde (tout gouvernant en tout cas) a lu Keynes non?

Je suis pas un partisan de l’échec du Congo par haine d’une personne, et je déconseille vivement cette attitude. Mais Sassou, cesse de te complaire dans le néant.

Hervé Mahicka

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