
TRIBUNE. Au Congo Brazzaville, au-delà de 1968, les scrutins présidentiels, excepté les temps du monopartisme, avec le Parti Congolais du Travail, ainsi que ceux de 1992 et 2002 où ce type d’élection s’est déroulé, dans une relative accalmie, sans remise en cause apparente des résultats, les présidentielles de 2009 et de 2016 ont laissé des stigmates dans le pays.
Des stigmates, particulièrement, douloureux, dans le cas de 2016 où des violences ont endeuillé des familles.
Conformément à la constitution, les prochaines présidentielles sont prévues au premier semestre 2021.
Le Congrès du Parti Congolais du Travail qui s’est clos, le 30 décembre 2019, a désigné son candidat. C’est le Président Denis Sassou Nguesso, prétendant à sa propre réélection.
Deux candidatures se sont, par ailleurs révélées. Celle de Mr Guy Brice Parfait Kolelas, Président de l’UDH – YUKI. En face, Mr Andre Gombet « d’Incarner l’Espoir. »
D’autres pourraient ultérieurement être connues.
A près d’un an et demi, desdites présidentielles, pourrions nous, en notre âme et conscience, mettre la main au feu, pour jurer, en toute honnêteté, sur le caractère démocratique, transparent et libre desdites élections?
La Commission électorale indépendante dont les forces de l’opposition n’ont cessé de dénoncer la nature non paritaire de sa composition, avec un Président de la Cour Suprême, à son commandement, cumulant les deux fonctions, s’est elle, sans qu’on le sache, muée en structure consensuelle, acceptée de l’ensemble des parties concernées?
Toutes les questions majeures qui découlent de l’avant, pendant et après le vote qui ont toujours divisé les congolais ont elles été résolues?
La diaspora, corps extérieur de la nation congolaise, continuera t-elle de ne pas remplir son devoir civique, hormis la parenthèse de la transition, sous le Premier Ministre, André Milongo?
Des pays africains, comme le Mali, l’Algérie et la Tunisie ont soldé cet handicap qui n’est ni plus qu’une flagrante injustice des pouvoirs publics.
Aux réponses positives à ces interrogations, majoritairement partagées par les congolais, qu’arrivent, donc, sans péril, les présidentielles de 2021.
Et gagnera, celui qui l’emportera, dans la dignité. D’autant qu’auront été remplies les conditions républicaines d’un bon scrutin.
Sinon, attention danger.
Le système électoral, en vigueur, au Congo, est à refonder.
Mr Pascal Tsaty Mabiala, Premier Secrétaire de l’UPADS, a, lors de sa dernière conférence de presse, relevé, selon sa sensibilité, cette problématique.
Plusieurs tribunes que jai publiées, là-dessus, demeurent sans effet.
Et pourtant.
Aux constructions difficiles, il ne manque pas aux bonnes volontés, le temps, les moyens et les stratégies pour les édifier. Il suffit d’y croire.
En Afrique, les élections portent, en elles, des germes de conflits, surtout si elles sont organisées, même à échéance légale, dans le but pour faire gagner le candidat, d’avance déclaré vainqueur.
Paris le 2 janvier 2020
Ouabari Mariotti UPADS France