
TRIBUNE. LE SAIS-TU ? LE SAVEZ-VOUS ? Selon la Banque mondiale, le Produit intérieur brut nominal prévisionnel 2023 du Congo s’élève à 14,2 milliards de dollars US, soit près de 8 520 milliards de FCFA et le PIB/habitant se situe à 2 448US, soit près de 1 468 800 FCFA.
Ceci fait du Congo un pays à revenu intermédiaire. Le Congo est le premier pays pétrolier de la zone CEMAC, avec une production annuelle estimée à, au moins 270 000 barils par jour en 2023. Bref, le Congo est un pays riche, avec une population plongée dans une pauvreté, une misère à la fois inacceptable et intolérable.
A- Une population en pleine souffrance
Ceci peut s’illustrer par quelques exemples obtenus à partir des vidéos sur les réseaux sociaux.
1- Vols des draps à l’hôpital de Boundji. La vigilance des populations de cette localité, a permis de rattraper 5 sacs des draps de l’hôpital de Boundji. Ceux-ci, qui avaient été volés, étaient déjà en train d’être embarqués dans un bus de la Société Océan du Nord. Visiblement entrain d’être acheminés sur Brazzaville, probablement pour y être vendus. Ce qui conforte l’idée selon laquelle le pays va mal, très mal.
2- Distribution de l’eau à Bacongo par la Fondation d’un Député. La Fondation Ninon NGOUAMBA a procédé à la distribution de l’eau à Bacongo (un des premiers quartiers de Brazzaville). Les témoignages des populations sont très forts. Ils suscitent de l’indignation. Preuve de la souffrance des congolais. Plus de soixante ans après l’indépendance, le manque d’eau est criard dans la ville capitale. Véritable catastrophe, véritable chaos. Sachant que l’eau c’est la vie ; peut-on parler de développement.
3- Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux fait apparaitre que dans le cadre de l’organisation de la coupe d’Afrique des nations, la Côte d’Ivoire a construit six stades aux standards internationaux, homologués par la FIFA, pour un coût de 200 milliards FCFA. Par contre, le Congo aurait construit un stade non homologué par la Fifa pour un coût de 400 milliards de FCFA. Les écarts laissent les congolais sans commentaires. Le prix moyen d’un stade construit en Côte d’Ivoire serait de 34 milliards. Cela fait immédiatement penser au cas connu de l’Université de Kintélé qui aurait coûté près de 241 milliards de FCFA, tandis que la 2ème Université de Dakar en aurait coûté près de 60 milliards.
On découvre que l’on peut parler, sans risque de se tromper, de surcoût, de corruption, de détournement de fonds publics et autres. Cela fait penser à l’urgence de réaliser les audits sur les grands travaux, principalement ceux réalisés dans le cadre des différentes municipalisations
4- Les indemnités versées dans les cabinets ministériels.Grâce toujours aux réseaux sociaux, un document chiffonné qui a visiblement, été rattrapé dans les poubelles, fait état des indemnités versées aux membres d’un cabinent. Visiblement, en dehors de ce qui est prévu par les textes en vigueur. Celles-ci s’élèveraient à 19 millions de FCFA. Cette pratique concernerait toutes les institutions. Ce qui donnerait 950 millions par mois et 11,4 milliards par an, si on retient une hypothèse minimale de 50 structures.
5- Ce qui veut dire tout simplement dire que le Congo a de l’argent et qu’une petite minorité en profite, plongeant la population congolaise dans la souffrance.
B- Les défis à relever
Les défis à relever sont extrêmement nombreux. On peut notamment citer : le manque d’eau et d’électricité, les inondations, les érosions, les routes, l’assainissement des villes, la situation précaires et très difficile des retraités, le non- paiement des bourses des étudiants pendant près de 3 ans, le no- paiement des salaires des travailleurs de plusieurs structures pendant de nombreux mois, le chômage des jeunes, état préoccupant de l’éducation, de la santé et autres..
C- Les solutions
Ce qui précède, fait apparaitre clairement que le Congo a besoin d’argent, de beaucoup d’argent pour relever tous les défis. Parmi les pistes de Solutions à envisager, on peut retenir :
1- Grande mobilisation de ressources internes. Dans ce cadre, il est surprenant de constater que dans la loi des finances 2024, aucune inscription n’a été faite sur les ressources provenant de la lutte contre les antivaleurs.
2 – Réduction du train de vie de l’Etat. Les exemples évoqués ci-dessus, font apparaitre clairement, qu’au regard de la crise multidimensionnelle que le pays traverse depuis plusieurs années, la réduction du train de vie de l’Etat est incontournable. Surtout au niveau du gouvernement et des autres institutions, tant du point de vue de la réduction des effectifs que de la réduction des conditions de rémunération.
3- La lutte contre la corruption. Le Congo est l’un des pays les plus corrompus au monde. Il fait partie du Top 10 des pays les plus corrompus d’Afrique. Sur le terrain, rien ne se fait. Pourtant deux chiffres donnent le tournis : 14 000 milliards FCFA des excédents budgétaires qui se seraient évaporés et 133 000 milliards de FCFA planqués dans les paradis fiscaux.
4- Application de la loi relative à l’obligation de déclaration de patrimoine par tout citoyen élu ou nommé à une haute fonction publique, qui prévoit des sanctions pour les cas de non-déclaration, de fausse déclaration de dissimulation et autres…
5- Réalisation des audits des grands travaux au regard des soupçons de surcout, de corruption, le détournement et autres qui pèsent sur ceux-ci.
Bref, il faut que les gouvernants arrêtent de protéger ceux qui se sont enrichis de façon illicite. Le faisant, ils plongent la population, la majorité des congolais dans la souffrance.
Ceci est un message du Président Clément MIERASSA Brazzaville, le 3 février 2024