
TRIBUNE. Avec insistance, Il court une rumeur, largement reprise sur les réseaux sociaux, selon laquelle le Dr Alexandre Ibacka Dzabana, maintenu en détention dans son pays, le Congo Brazzaville, serait en très mauvais état de santé.
Coordonnateur de la Plateforme congolaise des ONG des Droits Humains, le Dr Alexandre Ibacka Dzabana a été arrêté par les services de sécurité, à une dizaine de jours du scrutin présidentiel du 21 mars 2021, accusé de tentative de déstabilisation du processus électoral.
Agé de 77 ans, le Dr Ibacka Dzabana souffre d’hypertension et de maladies connexes. Sa vitalité s’est considérablement dégradée, depuis son incarcération. Et l’on peut imaginer pourquoi, au regard des conditions de détention. Ce à quoi s’ajoute la souffrance de l’emprisonnement qui réside dans le fait que l’on ne peut, à aucun moment, s’évader de soi même.
Lorsque l’esprit est libre de toutes contraintes, cela sert beaucoup à faire que le corps se porte mieux et que les objets présents paraissent plus agréables.
Les organisations locales de Droits Humains et certaines de la communauté internationale ont beau réclamer la remise en liberté du Dr Alexandre Ibacka Dzabana, rien ne s’y fait.
Plus les jours s’écoulent, plus grandit l’inquiétude des partenaires du Dr Ibacka Dzabana, au sein de la Société Civile, et davantage s’intensifie la préoccupation de sa famille et autres parents.
D’aucuns estiment bien comprendre que la liberté de parole soit soumise à certaines limitations pour obéir à un contexte. Or, dans le cas du Congo Brazzaville, les données ont changé.
Les présidentielles passées, trois mois au compteur, l’élu d’entre les candidats, Mr Sassou Nguesso est installé dans ses fonctions présidentielles, serment prêté. S’en est suivie la nomination du Premier Ministre Chef de Gouvernement, Mr Anatole Collinet Makosso qui a livré, dans la solennité, le Programme de l’Action Gouvernementale, devant le Parlement. Les Ministres du nouveau gouvernement désignés, sont en place. Les Conseils de Ministres et les Conseils de Cabinet se succèdent.
Quel sens pourrait-on encore donner à ce qui est apparu comme le fait de la « tentative de déstabilisation du processus électoral » reproché au Dr Alex Ibacka Dzabana, lui ayant valu l’enfermement? Rien. Rien du tout.
Encore qu’il n’est pas fourni, devant les Avocats et Conseils du Dr Alex Ibacka Dzabana, la preuve des faits réels dont il est rendu coupable.
Au Congo Brazzaville, face à la crise économico-financière et sanitaire qui secoue le pays, le temps devrait être, principalement, à deux choses.
Non et non à ces brutalités du pouvoir sur de paisibles citoyens qui survivent au quotidien, au motif que ceux ci lâchent des paroles dérangeantes ou déstabilisatrices, alors qu’elles sont exprimées par leurs auteurs, au nom de la liberté d’opinion, reconnue.
Oui et oui à une recherche franche, solidaire et responsable aux solutions durables qui sortiraient le Congo Brazzaville de l’impasse actuelle.
Etant entendu qu’avec sévérité, la sanction doit s’appliquer sur les porteurs d’antivaleurs qui écument, en toute liberté, les rouages de l’Etat congolais et sur ces congolais, de tout bord, qui piétinent allègrement les lois et règlements de la République et bénéficient indûment des privilèges de l’Etat.
Libérez le Dr Alxandre Ibacka Dzabana. Fervent défenseur de la paix, des libertés et des droits de l’homme.
Libérez le malade Alexandre Ibacka Dzabana. Ses jours sont en danger. Son regard où les barreaux passent et repassent est à ce point lassé qu’il ne retient plus rien. Reconnaissant à peine les siens qui arrivent à le visiter.
Dans une nation qui se dit civilisée, nul n’a le droit de priver un homme de liberté de façon arbitraire.
Libérez le Dr Alexandre Ibacka Dzabana. Il pourrait s’éteindre dans son lieu de détention.
Ouabari Mariotti
Paris le 1er juillet 2021
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