PEN CENTRE CONGO BRAZZAVILLE (P.C.C.B)

Le PEN Centre Congo Brazzaville (PCCB) est une organisation de promotion culturelle à travers le livre et l’édition. Elle est affiliée au PEN International dont le siège est à Londres en Grande Bretagne et la représentation en Afrique à Dakar au Sénégal. Le Point focal en Afrique centrale est basé à Ndjamena au Tchad. Dans le cadre de son programme d’activités, le PEN Centre Congo Brazzaville organise du jeudi 26 au samedi 28 octobre 2017 à Brazzaville, la Première édition de la Rentrée Littéraire du Congo sur le thème : «Découvrir le livre et l’auteur congolais». Cette activité aura lieu chaque année au cours de la seconde quinzaine du mois d’octobre. Elle consistera en la présentation de livres parus au cours du dernier trimestre de l’année précédant celle de la tenue de l’activité. «La Rentrée Littéraire du Congo (Re.Li.co)» a pour objectifs de mettre en lumière le livre, l’édition, l’écrivain et le talent littéraire. Pour cela, elle gère une maison d’édition dénommée Ngouvou Académie Sonika avec des prix défiant toute concurrence. La Scène littéraire accueillera des auteurs congolais et africains qui y viendront partager aux lecteurs leurs inspirations, leurs émotions et leur rapport à la création littéraire. «La Rentrée Littéraire du Congo» sera une occasion privilégiée pour les écrivains et les éditeurs de rencontrer les lecteurs tant dans les milieux public, scolaires qu’Universitaires. L’activité dont il s’agit consistera également en des tables rondes, des expositions et des dédicaces-ventes. Les écrivains y prendront librement la parole pour parler de leur livre, le vanter devant le public pour mieux le vendre. Un suivi de ces écrivains sera organisé jusqu’à la tenue de l’édition suivante. Chaque table ronde sera animée par un modérateur. A la fin de la présentation de l’œuvre par l’auteur, un échange aura lieu avec le public.Chaque table-ronde sera suivie d’une cérémonie de dédicace. Huit écrivains de Brazzaville et Pointe-Noire ont déjà annoncé leur participation à cette grande activité. La liste est toujours ouverte. Le PEN Centre Congo Brazzaville est dirigé par un bureau de sept (07) membres sous la direction du journaliste-écrivain Florent SogniZaou. Il est assisté par une Commission de Contrôle et de Discipline présidé par le philosophe-écrivain Willy Gom. Pour de plus amples informations, contacter le PEN Centre Congo Brazzaville au 06 436 73 00 ou à l’adresse électronique: sogniflorent1957@gmail.com ou pencentrecgobzv@gmail.com Le Président Florent Sogni Zaou
VIENT DE PARAITRE: Louezie, la fille-soldat (1) ou les dirigeants africains cloués au pilori

LITTERATURE CONGOLAISE. Encore un autre récit sur le sociopolitique des soubresauts de la démocratie pluraliste en Afrique. Louezie, la fille-soldat, un roman dont les aventures de l’héroïne pourraient rappeler certains pays de l’Afrique centrale en mouvement vers la démocratie pluraliste avec ses guerres fratricides. Nous sommes en République du Centre où vient de se dérouler la présidentielle à l’issu de laquelle le président Bassou a été déclaré vainqueur face aux candidats Moustapha et Sambi. Festivité à la dimension de l’événement du côté de l’élu et amertume et frustration chez les vaincus. La République du Centre commence à vivre le désenchantement de la démocratie pluraliste quand une grande partie des Centristes conteste la victoire de Bassou. Mécontentement et grogne dans les états-majors politiques qui aboutissent à une crise que les acteurs politiques n’arrivent pas à endiguer, laissant la place au régionalisme de se manifester dans le pays. Se crée dans la République du Centre l’opposition territoriale nord-sud qui provoque une guerre civile entrainant sur le terrain des affrontements entre les milices des trois principaux leaders politiques : Moustapha, ancien chef de l’état qui vient de reprendre le pouvoir par la force des armes, Bassou, président éphémère de la République du Centre et Sambi qui n’est pas trop engagé dans la guerre mais qui est plus proche de Bassou et qui dirige ses miliciens à partir de l’exil. Au cours de cette guerre civile apparait la jeune adolescente Louezie bouleversée par l’assassinat odieux de son père ainsi que le viol de sa mère par les miliciens de sa propre région. Elle intègre le groupe du colonel Puma qui va la former en matière de combat pour venger ses parents. Elle devient par la suite l’héroïne de la guerre de la République du Centre Aussi apparait-elle comme l’élément primordial de la victoire sur le président Moustapha qui va finalement négocier avec les autres pour le rétablissement de la paix dans le pays. Moustapha : une image du politique africain Il est le prototype de certains dirigeants africains qui n’acceptent pas l’alternance au pouvoir. Battu à l’élection présidentielle par Bassou, il manifeste son hypocrisie vis-à-vis de ce dernier : « Mais en bon perdant, Moustapha, le malheureux candidat félicita courageusement et avec honneur l’heureux élu » (p.15). Son comportement laisse à désirer car il profite du mécontentement d’une grande partie de la population centriste contre la victoire de Bassou pour reprendre le pouvoir par la force des armes. Et cette tentative de coup d’état entraine le pays dans une guerre civile atroce. Ses miliciens lourdement armés écument les régions du sud, bastion de Bassou et Sambi. Avec ses hélicoptères, Moustapha bombarde les villages « ennemis » dont les populations sont obligées de trouver refuge dans les forêts environnantes. Pendant cette guerre tribalo-régionaliste, Moustapha va se révéler comme un politique cruel qui rappelle certains dirigeants du continent prêts à tuer leurs propres populations pour le pouvoir : « Le président Moustapha (…) suivait méticuleusement l’évolution de ces bombardements. (…) Ces milliers de cadavres qui jonchaient les cours des villages (…) constituaient d’importantes preuves des crimes contre l’humanité ou de génocides » (p.17). Mais il sera vaincu à la fin quand Louezie, originaire de la région de Sambi va s’intéresser au métier des armes suite à l’assassinat de son père et au viol de sa mère. Louezie, l’héroïne de la guerre civile en République du Centre Louezie, une fille qui rappelle le courage des femmes du royaume Kongo, une Kimpa Vita, une Mama Ngunga. Son courage est manifeste au cours de cette guerre contre les éléments de Moustapha. Simple soldat quand elle intègre le groupe du colonel Puma, elle devient lieutenante-colonelle quand le pays retrouve la paix après la débâcle du président Moustapha. Le véritable personnage de Louezie naît quand, encore adolescente, elle se confronte à la réalité de la guerre, plus particulièrement à ses atrocités dont ses parents seront victimes comme le lui signifie sa mère : « Ils m’ont violée devant ton père à qui ils ont tranché le cou après leur forfait » (p.24). Elle tient à tout prix de venger ses parents maltraités cruellement et paradoxalement par les miliciens du président Sambi qui devraient en principe les protéger. En République du Centre, le président Moustapha, n’arrive pas à maitriser la situation malgré son coup d’état et l’abdication de Bassou qui a demandé à ses miliciens de déposer les armes. Seuls les éléments de Sambi continuent à se battre. Beaucoup d’exactions dans la région de Louezie qui va décider de devenir une fille-soldat parmi les éléments du colonel Puma. Ce dernier sera son instructeur après avoir admiré son courage : « Louezie avait pris une décision irrévocable, devenir une fille-soldat. Elle espérait obtenir une bonne formation auprès du colonel Puma (…). Son rêve : (…) régler le sort à ceux qui avaient tué atrocement son père et violé bestialement sa mère » (p.27). Le carnage dans les villages ainsi que les atrocités infligées à ses parents, un point noir dans la conscience de l’héroïne. Par son courage, sa bravoure, son intrépidité et son sens de l’organisation dans la stratégie militaire, Louezie est agréablement admirée par son chef, le colonel Puma. De ses propres mains, elle arrive, comme elle le souhaitait, de tuer les assassins et violeurs de ses parents. Aussi son sexe sera l’arme fatale pour ces derniers comme on peut le remarquer dans cette scène qui sera répétitif pour les quatre malheureux miliciens : « Yankée qui avait déjà sa verge en érection n’attendit pas qu’on le lui demanda. Il se déshabilla (…) et Louezie l’accueillit, lui offrant totalement son Vénus. (…) Du côté de son anus, elle saisit les deux amandes de Yankée qui pendaient et les lui broya sans pitié » (p.64). Grâce à elle, les hélicoptères bombardiers ainsi que les fantassins de Moustapha seront mis hors d’état de nuire. Devant le fait accompli, le président Moustapha est obligé de négocier avec le président Sambi pour relancer la République du Centre. Fille-soldat devenue ensuite lieutenante-colonelle, Louezi imprime sa personnalité
Livre. La vie d’une catégorie de vivants sur la sellette dans «Les habitants de la rue»

«La rue peut-être un chemin et une habitation. Elle ne peut-être qu’un chemin, mais de nos jours, elle fait les deux, c’est-à-dire que l’on y trouve des passants et des habitants de diverses origines : ordures, chiens errants, chômeurs, mendiants, prostituées, enfants de la rue », peut-on lire sur la quatrième de couverture de cette œuvre de 84 pages paru en 2015 aux éditions Alliance pour le Développement de la Culture en langue Française (ADCLF) à Brazzaville. Ce livre est un mélange d’une nouvelle (Les habitants de la rue) de quatorze pages et d’un roman (Origine hétéroclite) de 52 pages a été présenté au public à l’Institut Français du Congo (IFC), le 24 septembre 2015 à Brazzaville. L’auteur dédie cette œuvre à sa mère, à sa tendre et douce épouse Suzanne, à ses enfants et à tous ses lecteurs tout en se reconnaissant passionné du rêve jusqu’à en mourir. La lecture de ces textes a été faite par les critiques littéraires Léogène Mesmin Massala et Rosin Loemba sous la modération de l’écrivain Jessy Loemba. Selon l’auteur Willy Ngoma devenu Willy Gom de son nom de plume, la rue, tout ce qu’elle abrite n’est pas un amalgame de choses. Certaines de ces choses sont des êtres vivants. Et parmi ces êtres vivants, il y a des humains oubliés, que les gouvernants confondent avec de vraies choses. Tous habitent la rue contre leur gré. L’auteur narre en utilisant la première personne du singulier et tout part d’un constat dans un autobus. Le narrateur dénombre douloureusement ces faits sociaux et définit la rue comme ce bout de chemin public aménagé dans les agglomérations et les villages à fortes populations avec des constructions bien aménagés. A qui appartient la rue ? Cette question triture les méninges de l’auteur Willy Gom sans trop comprendre la raison pour laquelle même les présidents de la république qui y prennent des bains de foule ne s’y sentent pas en sécurité. «Quand le président de la république emprunte la rue, qu’il y soit de passage ou pour une quelconque raison, par exemple à l’occasion d’un bain de foule, il ne s’y est jamais senti en sécurité. Gendarmes, policiers armés jusqu’aux dents ou flics en civil porteurs d’armes dissimulées, sont mobilisés pour sa protection. Pourtant dans une certaine mesure, la rue est à lui, elle lui appartient mais cette rue lui fait peur. Cette rue dont le président de la république est le garant, lui apparait comme un spectre. Tout cela est paradoxal et ridicule», relate l’auteur dans ce texte de haute facture. Il fait une lecture des injustices qui sont le met quotidien des populations qui sont pourtant sollicitées pour la bonne tenue des meetings populaires pour la conquête et l’accession au pouvoir. Il ne comprend pas en quoi la rue peut être considérée comme le lieu de vie, seulement d’une catégorie de personnes comme ces enfants de la rue, ces personnes débiles, ces chiens, ces ordures nauséabondes à qui la mairie devrait pourtant aménager un espace de traitement plus adéquat. La lecture de Willy Gom conduit à des interrogations scandaleuses quant à savoir la raison pour laquelle certains sont comme condamnés à fouiller des poubelles pour dénicher un morceau de viande ou de poisson dégageant une odeur nauséabonde, des grains de riz ou un bout de pain à qui les rayons solaires ont apporté leur part de vitamines, jetés par un riche dont le mot Faim n’a aucun sens. Il y dénonce l’esprit d’égoïsme de ceux qui ont le bonheur de posséder un peu plus que les autres, le chômage et la mauvaise gouvernance. Le roman «Origine hétéroclite» Origine hétéroclite est en effet le titre du roman de Willy Gom paru dans le même volume. Dans cette œuvre, il aborde la question de la prostitution avec le comportement déplorable des deux épouses du protagoniste Yoka Bitémo Kimbouala qui quittent le ménage à cause de la misère. Cet homme a quitté le village pour fuir la misère en compagnie de ses deux épouses et de ses quatre enfants. Mais il déchante très vite parce que la ville lui refuse ce qu’il y est venu chercher malgré les avantages que lui offre son identité nationaliste de Yoka Bitémo Kimbouala qui lui accorde une tri-appartenance. Il est donc un ressortissant de trois parties du pays, à savoir, le nord, le centre et le sud. L’aventure des deux épouses de Yoka Bitémo Kimbouala se termine dans une geôle et la famille est obligée de repartir au village. L’auteur porte également son attention sur la polygamie en l’étayant par les deux épouses de Yoka Bitémo Kimbouala, les calamités naturelles, le tribalisme à travers l’appartenance aux Bissi Ntsi, la corruption, l’exode rural avec l’arrivée de Yoka Bitémo Kimbouala en ville avec sa famille dabs l’intention de s’enrichir et la dépravation des mœurs justifiée par la fugue des deux épouses de Yoka Bitémo Kimbouala. Ce roman est aussi un appel à l’unité nationale et l’auteur le fait savoir en s’appuyant sur l’identité du protagoniste qu’il nomme Yoka Bitémo Kimbouala. Les noms de Yoka Bitémo Kimbouala renvoient par ordre, au nord du pays pour le premier, au centre du pays pour le second et au sud pour le troisième. Il déplore la conduite de ceux qui pensent que seuls les Bissi Nsi (véritables fils du pays) ont droit à la vraie vie. Ce roman de Willy Gom repose sur huit chapitres dont le style de narration est captivant, emportant et limpide. Sa lecture est très facile. L’auteur, Willy Gom ou Willy NGoma est né le 24 juin 1951 à Mindouli. Enseignant de philosophie des lycées à la retraite, il a été plusieurs fois conseiller dans les départements ministériels. Il n’est pas à sa première aventure littéraire. Il a déjà mis sur le marché du livre des titres comme «Vision croisée» en 2009 ; «Quelle Afrique pour les africains ?» en 2010 ; «Principes élémentaires de démocratie» en 2010 ; «Religion, foi en déviationnisme au Congo» en 2013 et «Ces salades africaines et leurs conséquences» en