Washington annonce son retrait de l’Unesco

La directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a exprimé mardi son profond regret face à l’annonce du retrait américain de l’agence d’ici à la fin décembre 2026. « L’Unesco s’y est préparée », affirme toutefois Audrey Azoulay depuis son siège parisien, dans un communiqué de presse. Réformée, stabilisée, soutenue par ses membres, l’agence culturelle de l’ONU garde résolument le cap. Une rupture attendue Les États-Unis avaient déjà claqué la porte de l’Unesco en 1984, sous la présidence de Ronald Reagan, puis en 2017, lors du premier mandat de Donald Trump – qui a choisi, mardi, de récidiver. À chaque fois, la Maison Blanche évoque des motifs politiques, liés notamment aux positions de l’Unesco sur le conflit israélo-palestinien. « Cette décision est contraire aux principes fondamentaux du multilatéralisme », a déploré la directrice générale, soulignant qu’elle risque de pénaliser en premier lieu les partenaires américains de l’Unesco – ces villes, universités et communautés locales qui aspirent à inscrire leurs sites au Patrimoine mondial ou à rejoindre le réseau des villes créatives. Depuis sept ans, l’organisation a réduit sa dépendance financière à Washington : la contribution américaine, qui représente jusqu’à 40 % du budget de certaines entités onusiennes, ne pèse plus aujourd’hui que 8 % à l’Unesco. Le budget global, lui, n’a cessé de croître, porté par l’engagement de nombreux États membres et l’explosion des contributions volontaires, lesquelles ont doublé depuis 2018. L’Unesco nouvelle génération Loin de reculer, l’agence a redoublé d’initiatives. « Malgré la première annonce de départ du Président Donald Trump en 2017, l’UNESCO a redoublé d’efforts pour se déployer partout où ses missions pouvaient apporter une contribution à la paix », souligne sa cheffe. Reconstruction de la vieille ville de Mossoul, en Iraq, adoption du premier instrument mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle, programmes culturels et éducatifs en Ukraine, au Yémen ou au Liban, protection de la biodiversité, promotion de l’éducation des filles : l’agence a musclé son mandat et élargi son influence. Sur un sujet particulièrement sensible pour les États-Unis – la mémoire de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme –, l’Unesco s’est imposée comme un acteur central. Elle est « l’unique responsable sur ces enjeux au sein du système des Nations Unies », rappelle la directrice générale, et son travail a été « unanimement salué » par le Musée mémorial de l’Holocauste à Washington, le Congrès juif mondial et l’American Jewish Committee. L’agence a soutenu 85 pays dans la formation des enseignants et la lutte contre le négationnisme et les discours de haine. Une porte qui reste entrouverte À l’Unesco, on ne panique pas. Aucun licenciement n’est prévu. Les projets se poursuivent. Et l’agence ne renonce pas au dialogue. « L’UNESCO a vocation à accueillir toutes les nations du monde et les Etats-Unis y sont et resteront les bienvenus », insiste Audrey Azoulay. L’organisation continuera de travailler « main dans la main avec tous nos partenaires américains du secteur privé, académique et associatif », et de dialoguer avec l’administration Trump et le Congrès américain. Plus que jamais, l’agence fondée en 1945 veut faire la preuve de son utilité. « Les raisons invoquées par les États-Unis sont les mêmes qu’il y a sept ans », constate Mme Azoulay. Pourtant, ajoute-t-elle, « la situation a profondément changé, que les tensions politiques ont reculé et que l’UNESCO représente aujourd’hui un rare lieu de consensus pour un multilatéralisme concret et dans l’action ». Unesco
Coopération et Finances : les présidents africains coincés entre Washington et Paris.( Lecture en 4 minutes)

PARLONS-EN. De Washington à Kinshasha et Brazzaville, en passant par Ouagadougou, avril a été le mois de la coopération internationale et du nouvel ordre mondial dicté par Donald Trump. Décryptage Le mois d’avril 2025 est entré dans les annales de la coopération internationale : — Le 03, au sénat américain, le général Langley Michael débite des mensonges sur le Burkina Faso ; — Le 23, à Washington, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent prononce un discours révisionniste des institutions de Bretton woods devant l’Institut de la Finance Internationale. — Et le 25, le secrétaire d’État Marco Rubio au nom du pillage des ressources minières fait signer un accord aux Rwandais et aux congolais qui sont en conflit. • Le 3 avril 2025, le Burkina Faso a réagi énergiquement aux propos déstabilisateur prononcés par général Langley Michael commandant de l’US Africom. Sans preuves et liens directs aux questions qui lui avaient été posées, ce dernier accusait le régime du capitaine Ibrahim Traoré (lB) de profiter des richesses du pays, exploitées par la Chine au détriment des populations. La suite, c’est le coup d’État manqué contre le capitaine IB et le bruit que soulève cette affaire à travers la planète. Bon nombre de personnes suspectent le général d’en être l’instigateur en liaison avec la France qui a maille à partir avec les pays de l’AES. • Le 23 avril, sous prétexte de restaurer l’esprit de Bretton Woods, Scott Bessent Remarks propose une véritable opération de reformatage des institutions financières internationales — comprenez : les recentrer sur les intérêts stratégiques américains, tout en faisant de leurs agendas sociaux, climatiques ou inclusifs de simples distractions. Le FMI, nous dit-on, ne devrait plus s’occuper de climat ou de genre, mais redevenir un « brutal truth-teller » du type à pointer du doigt les politiques déviantes (surtout celles des autres, bien sûr). Quant à la Banque mondiale, elle est sommée de renoncer à ses ambitions environnementales au profit d’une croisade pour l’accès au gaz et au nucléaire. Bref, le multilatéralisme selon Trump : un monde unipolaire, développementaliste et productiviste, où les objectifs du Nord priment, et les aspirations du Sud se plient. Derrière l’épaisse couche de rhétorique équilibriste, se déploie un véritable programme de dépolitisation de la pauvreté, de relégation des urgences climatiques et de disciplining financier des pays jugés trop « demandeurs ». En clair, le FMI et la BM doivent redevenir des outils de contrôle monétaire et fiscal, pas des espaces de justice globale. Reprendre la plume : pour un contre-récit africain de la soutenabilité Les africains doivent comprendre qu’ils ne peuvent plus simplement «intégrer» l’ordre financier international. Marco Rubio l’a démontré aux yeux du monde en imposant un accord au Rwanda et à la RDC qui arrangerait les USA dans l’exploitation des mines à l’est de la RDC. En politique, seuls prévalent les intérêts. Aux Africains de redéfinir les règles. Le discours de Bessent n’est pas une simple note technique. C’est un acte de souveraineté assumé, une représentation du monde où les pays du Sud ont droit à la parole qu’à condition de ne pas en abuser. Derrière l’appel à l’ordre se cache une restauration autoritaire du privilège. M. Sassou risque de se confronter à Trump sous peu s’il ne fait pas un rétropédalage. Macron avec sa diplomatie à géométrie variable ne l’y aidera pas, bien au contraire. Le Congo à la carte : entre graduation forcée, agenda énergétique imposé et dette mise en vitrine Pour Brazzaville, ce virage n’est pas une abstraction. C’est un coup de semonce diplomatique. Là où ce pays essayait — laborieusement mais sincèrement — de construire un narratif autour de la forêt du bassin du Congo, de la décarbonation industrielle et de la dette verte, il se retrouve réduit à un simple pion de l’axe « croissance-discipline ». Scott Bessent nous explique que certains pays devraient être « gradués » hors du système de prêt. Le Congo, avec son PIB gonflé par les hydrocarbures mais une population vulnérable et un tissu productif étranglé, est le candidat parfait à une telle exclusion masquée. Plus de prêts IDA ? Moins d’accès aux financements concessionnels ? Qu’à cela ne tienne : qu’il retourne au marché obligataire international avec sa dette insoutenable et ses garanties écologiques encore non monétisées. Pire encore, la nouvelle doctrine de la Banque mondiale sur l’énergie nous prédit un retour en force des hydrocarbures, au nom de l’efficacité et du réalisme. Mais où sont donc passées les grandes déclarations sur la forêt du Congo comme « poumon du monde » ? Quel avenir pour la transition écologique made in Africa ? Si la Banque se remet à financer massivement le gaz, que devient la valorisation carbone des puits forestiers du Congo ? Du vent, tout simplement. Par ailleurs, les conditionnalités du FMI sur les finances publiques congolaises, elles, ne faiblissent pas : transparence budgétaire, réduction de la masse salariale, rationalisation des subventions, etc. Mais curieusement, aucun mot dans le discours sur la responsabilité des créanciers privés, ni sur les déséquilibres historiques du commerce extractif. Le Congo doit se serrer la ceinture, pendant que les compagnies minières se frottent les mains. Les congolais interpellés Pour ne pas être les figurants dociles d’une économie mondiale extravertie, les congolais doivent se réapproprier les mots, les forums et les instruments. Voici cinq urgences : 1/ utiliser des compétences de tous bords tout en débauchant les cerveaux qui sont à l’étranger ou tout en travaillant en symbiose avec eux et créer des groupes de réflexion à l’image de celui du droit initié par : Aime Emmanuel Yoka, Benjamin Boumakani et Gabriel Longombé. ( Nous y reviendrons). 2/ Construire une doctrine congolaise de la transition juste, ancrée dans ses réalités sociales, écologiques et culturelles. 3/ Mobiliser une diplomatie de coalition Sud-Sud, pour faire contrepoids à l’unilatéralisme décomplexé de Washington. 4/ Défendre une soutenabilité plurielle, qui ne soit pas un prétexte à la domination, mais le chemin vers l’équité. Tant que le Congo prêtera l’oreille aux sermons austères de ceux-là même qui ont bâti les déséquilibres du monde, il ne pourra
Bénin. Quatre accords de financement signés à Washington pour 74,5 milliards de FCFA

Les 23 et 24 octobre 2024, en marge des Assemblées Annuelles de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International qui se tiennent à Washington DC, le Ministre de l’Economie et des Finances, Ministre d’Etat, Romuald WADAGNI, a procédé à la signature de divers accords de financement, pour un montant global de 74,5 milliards de FCFA, avec le Fonds de l’OPEP pour le Développement International (OFID), la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et le Fonds Koweïtien pour le Développement Economique Arabe (FKDEA). Trois secteurs ont été couverts à cette occasion : l’agriculture, la formation professionnelle et technique ainsi que l’accès à l’eau potable. Avec une contribution de 26 millions de dollars US, soit environ 15,6 milliards de FCFA, le Fonds de l’OPEP pour le Développement International (OFID) s’est engagé pour l’extension du Projet d’Appui au Développement du Maraîchage (PADMAR) à 27 nouvelles communes (Karimama, Malanville, Banikoara, Kandi, Péhunco, Parakou, Tchaourou, N’Dali, Nikki, Pèrèrè, Ouaké, Djougou, Ouèssè, Bantè, Glazoué, Dassa, Aplahoué, Toviklin, Bopa, Houéyogbé, Bohicon, Agbangnizoun, Toffo, Allada, Kpomassè, Sô-Ava et Akpro-Missérété). La mise en œuvre du projet permettra d’accroître, d’une part, les revenus des exploitants maraîchers, et d’autre part, d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Grace à l’appui de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), trois (03) lycées techniques professionnels seront réhabilités, construits et équipés à Bohicon, Natitingou et Lokossa, pour montant de 30 milliards de FCFA. Enfin, le projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable sera déployé dans les villes de Bassila, Allada, Lokossa et Athiémé grâce au concours du Fonds Koweïtien pour le Développement Economique Arabe (8,9 milliards de FCFA) et la BOAD (20 milliards de FCFA). La signature de ces accords de financement est intervenue respectivement avec Messieurs Abdulhamid Alkhalifa, Président de Fonds de l’OPEP pour le Développement International (OFID), Serge EKUE, Président du Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et Ghanem Al Ghunaiman, Directeur Général du Fonds Koweïtien pour le Développement Economique Arabe (FKDEA). A travers les secteurs concernés par ces accords, le Gouvernement continue de témoigner de son engagement à placer le bien-être des populations au cœur de sa politique, notamment par le relèvement du niveau du Capital Humain, l’amélioration de la sécurité alimentaire et le renforcement de l’accès aux services sociaux de base.
Le Niger se dit prêt à coopérer avec Washington sous une condition
Au moment où la France est en train d’achever le retrait de ses troupes du Niger, le contingent américain reste toujours déployé sur ce territoire. Cette présence s’explique par l’attitude différente des soldats US à l’égard des Nigériens, a dit à Sputnik Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier ministre nigérien. Cependant, tout allié de Niamey doit respecter la souveraineté, poursuit Ali Mahamane Lamine Zeine. Selon lui, la relation doit évoluer dans le respect de la culture, des traditions et de la religion nigériennes… Lire la suite sur Sputniknews
Paris boude Washington pour sa position au Niger, selon le Figaro
La diplomatie française n’apprécierait pas du tout que Washington soit ouvert à la négociation avec les nouvelles autorités nigériennes, rapporte Le Figaro. Paris semble lâché par tous ses alliés sur le dossier. « Avec des alliés comme ça, on n’a pas besoin d’ennemis ». La boutade semble avoir été remise au goût du jour au Quai d’Orsay, alors que la France se fait doubler sur la question nigérienne par son allié américain, rapporte Le Figaro. Paris serait en effet furieux de voir Washington négocier avec les nouveaux maîtres du pays, après que le Président Mohamed Bazoum a été mis hors-jeu. La visite au Niger de Victoria Nuland, numéro trois de la diplomatie américaine, exaspère notamment côté français. Les Américains « ont fait tout le contraire de ce qu’on pensait qu’ils feraient », explique-t-on ainsi au Quai d’Orsay… Lire la suite sur Sputniknews
Mme la Ministre de l’Economie et des Finances fait le point à Washington sur « le partenariat d’exception » entre le Maroc et la Banque mondiale

Mme Nadia FETTAH, Ministre de l’Economie et des Finances, s’est entretenue mardi 20 décembre 2022, à Washington, avec le président du Groupe de la Banque mondiale, David MALPASS, et plusieurs directeurs de cette institution. Lors de ces entretiens le point a été fait sur le « partenariat d’exception » entre la Banque mondiale et le Maroc qui englobe tous les grands chantiers et les réformes du Royaume. Ces entretiens, étaient, également une occasion pour passer en en revue les préparatifs pour les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque Mondiale (BM) et du Fonds Monétaire International (FMI) prévues à Marrakech en octobre 2023. A rappeler que les Assemblées annuelles du Groupe de la BM et du FMI ont lieu principalement à Washington et, tous les trois ans, dans un pays membre autre que les États-Unis, afin de marquer le caractère international des deux institutions.
Pékin appelle Washington à « respecter les aspirations du peuple africain »

Au lieu de salir d’autres pays, les États-Unis auraient dû « prendre des mesures concrètes « pour faire progresser le développement de l’Afrique », a insisté le porte-parole de la diplomatie chinoise en réponse aux critiques américaines. La diplomatie chinoise n’a pas laissé sans commentaire la déclaration du secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, qui au début du Sommet États-Unis-Afrique a accusé la Chine d’agir d’une manière qui « n’est pas toujours transparente », ce qui « crée des problèmes qui finiront par déstabiliser » la région. « Les États-Unis doivent respecter les aspirations du peuple africain et prendre des mesures concrètes pour faire progresser le développement de l’Afrique, au lieu de s’acharner à salir et à attaquer d’autres pays », a déclaré Wang Wenbi, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Partenariat sino-africain Le diplomate a souligné que la Chine était « un bon ami, partenaire et frère de l’Afrique » et que la coopération entre la Chine et le continent était « équitable, gagnant-gagnant, honnête et fructueuse ». « Nous espérons également que les États-Unis verront la coopération sino-africaine avec un esprit ouvert. L’Afrique n’est pas un terrain de lutte pour la rivalité entre grands pays, encore moins la cible de tactiques musclées de la part d’un pays en particulier ou d’un peuple en particulier. Les pays et les peuples africains ont la sagesse et la capacité de choisir des partenaires de coopération qui peuvent aider à faire avancer les intérêts africains », a-t-il ajouté. D’après lui, le développement de l’Afrique est « la responsabilité commune de la communauté internationale ». Par cette raison, Pékin est toujours « heureux de voir l’Afrique diversifier ses partenaires de coopération ». « Nous nous félicitons d’une plus grande attention internationale et d’investissements en Afrique, y compris de la part des États-Unis, ainsi que d’une coopération avec l’Afrique qui est réellement sur un pied d’égalité et mutuellement bénéfique », a-t-il souligné. Moscou surveille le sommet Le sommet États-Unis-Afrique qui se tient entre le 13 et le 15 décembre à Washington a réuni les représentants d’une cinquantaine de pays. Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères a indiqué lundi à Sputnik que Moscou surveillerait de près le sommet. Dans le même temps, il a indiqué que cette rencontre ne pourrait pas nuire aux liens entre la Russie et les pays du continent. Gerald Horne, professeur d’études afro-américaines à l’université de Houston, a également expliqué à Sputnik que le sommet en question est « un signe de désespoir » des États-Unis face au rapprochement entre la Chine et l’Afrique. Retrouvez cet article sur Sputniknews
« Main cachée de la Russie »: Washington mal à l’aise face aux influenceurs panafricains

La diplomatie américaine a accusé les militants panafricains Kémi Séba et Nathalie Yamb de servir la « désinformation russe » en Afrique. Washington voit décidément l’ombre du Kremlin planer partout. Le département d’État américain vient ainsi d’accuser les deux militants Kémi Séba et Nathalie Yamb d’être à la solde du Kremlin, dans un communiqué. Washington semble avoir du mal à avaler le succès des deux militants, dont les chaînes YouTube ont recueilli plus de 28 millions de vues. Kémi Séba se voit ainsi qualifié de « colporteur de désinformation et de propagande russe », et Nathalie Yamb de « colporteuse très prolifique de désinformation ». Plus cocasse encore: Washington va jusqu’à se demander si Kémi Séba n’est pas un porte-parole du « projet néocolonial du Kremlin ». Osé, alors que le militant a fait de la lutte contre le néocolonialisme le cœur de son combat politique. Mais ce qui semble froisser le département d’État américain, c’est surtout le combat des deux militants contre l’influence occidentale sur le continent africain. Nathalie Yamb aurait ainsi invité la France à « retirer ses troupes et à cesser de piller le Mali et les ressources naturelles du Sahel », déplore le communiqué américain. Alors que Kémi Séba appellerait pour sa part « le Mali et les pays du Sahel à se libérer de l’influence de la France et de l’Occident, [en] présentant la Russie comme un pays partenaire ». Autant de discours qui ne passent pas côté américain. Et Washington de voir « la main cachée de la Russie » derrière les dénonciations du néocolonialisme chez les deux militants. La Chine y passe aussi, l’Ukraine sujet tabou Moscou n’est d’ailleurs pas le seul à passer à la moulinette américaine, puisque que le développement de partenariats avec Pékin, parfois évoqué par les deux influenceurs, est aussi pointé du doigt. Parler de politique étrangère africaine sans passer par la case « françafrique » ou « hégémonie américaine » ne semble guère être du goût de Washington. Quant au conflit ukrainien, Kémi Séba se voit reproché des vidéos « défendant les actions de la Russie et accusant l’Occident et l’Otan d’avoir détruit l’URSS, encerclé la Russie et armé les anciennes républiques soviétiques pour [la] menacer ». Cette thèse de l’expansion de l’Otan est pourtant des plus banales, et a été défendue par des personnalités aussi différentes qu’Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon, ou Emir Kusturica. Retrouvez cet article sur Sputniknews