Congo/ Smart Africa : L’Afrique à l’ère du commerce numérique, vers une transformation continentale

Le continent africain a franchi une étape historique ce jeudi 27 mars 2025. Réunis à Brazzaville, des décideurs politiques, experts techniques et acteurs économiques ont inauguré un nouveau chapitre de la révolution numérique africaine lors de l’Atelier International sur l’Initiative de Soutien Institutionnel aux Paiements Numériques et aux Politiques de l’E-Commerce pour le Commerce Transfrontalier (IDECT). Co-organisé par l’alliance Smart Africa et le gouvernement congolais, cet événement a été officiellement lancé par Léon Juste Ibombo, Ministre en charge de l’Economie Numérique. L’initiative IDECT vise à aider les gouvernements et institutions à développer des solutions de paiement numériques robustes tout en adoptant des politiques de e-commerce favorables. Cet événement, placé sous l’égide du Ministre congolais des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique, symbolise une ambition commune : hisser l’Afrique au rang de puissance numérique mondiale. L’initiative IDECT s’inscrit dans le sillage de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), pilier économique porté par l’Union Africaine. En harmonisant les politiques de commerce numérique et en accélérant les paiements transfrontaliers, cet atelier vise à concrétiser une vision : créer un marché continental intégré, capable de rivaliser à l’échelle mondiale. « L’Afrique ne peut plus se contenter d’être spectatrice de la révolution numérique. Nous devons en être les architectes », a martelé le ministre Ibombo en ouverture des travaux. La feuille de route présentée par le Congo repose sur une stratégie triadique : 1- Modernisation des infrastructures: Doter chaque territoire, des métropoles aux zones rurales, d’un accès fiable au haut débit et aux services numériques. 2- Inclusion financière : Libérer le potentiel des PME, notamment celles dirigées par des femmes et des jeunes, via des solutions de paiement dématérialisées et abordables. 3- Intégration régionale: Aligner les réglementations nationales avec les standards de la ZLECAF, pour fluidifier les échanges inter-États. Ce triptyque entend combler le fossé entre les cadres législatifs obsolètes et les réalités d’un marché numérique en plein essor. L’intelligence artificielle s’impose comme un levier incontournable pour relever les défis du commerce transfrontalier. Les discussions ont mis en avant ses applications concrètes : – Sécurisation des transactions via des systèmes anti-fraude en temps réel. – Optimisation logistique grâce à la prédiction des flux commerciaux et la gestion automatisée des stocks. – Personnalisation des plateformes e-commerce pour s’adapter aux spécificités culturelles et économiques locales. « L’IA n’est pas un gadget technologique, mais un outil d’émancipation économique », a souligné un expert présent à l’atelier. Malgré l’enthousiasme général, des obstacles majeurs subsistent : – Une fragmentation des systèmes de paiement (plus de 200 plateformes recensées en Afrique). – Des procédures douanières complexes, freinant 30 % des échanges transfrontaliers informels. – Un accès inégal aux infrastructures : seulement 35 % des zones rurales disposent d’une couverture 4G. S’y ajoute l’urgence d’harmoniser les politiques fiscales et les normes de cybersécurité à l’échelle continentale. Face à ces défis, le ministre Ibombo a lancé un appel à la mobilisation collective : – Créer des cadres réglementaires communs pour les fintechs et les géants de l’e-commerce. – Renforcer les partenariats public-privé, notamment pour le déploiement des infrastructures. – Investir dans l’éducation numérique, avec un accent sur les compétences en IA et blockchain. « Seul un effort concerté permettra de transformer l’essai de la ZLECAF en succès tangible », a-t-il insisté. L’atelier de Brazzaville n’est pas un aboutissement, mais un point de départ. Il incarne la détermination de l’Afrique à saisir sa souveraineté numérique, en misant sur l’innovation inclusive et la coopération régionale. Avec 650 millions d’utilisateurs de mobile prévus d’ici 2030 et un marché e-commerce en croissance de 15 % par an, le continent a les cartes en main pour écrire sa propre success story. L’Afrique numérique de demain se construit aujourd’hui, sans laisser personne de côté. MPTEN
Maroc : Smart Africa a organisé le premier forum sur les compétences numériques en République du Congo avec plus de 700 participants

Smart Africa a accueilli le premier Forum sur les compétences numériques, un événement panafricain visant à promouvoir le développement des compétences numériques. Organisé par la Smart Africa Digital Academy (SADA) en collaboration avec le Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique du Congo (MPTEN), le Centre Africain de Recherche sur l’Intelligence Artificielle (CARIA) et l’Africa Digital Academy (ADA), l’événement vise à souligner l’importance du développement des compétences numériques chez les élèves et les étudiants africains, et à promouvoir des stratégies et des programmes efficaces pour les préparer à l’ère numérique. La première édition s’est tenue pendant trois jours sous le thème « Construire un vivier de talents numériques pour l’Afrique ». Les principaux thèmes abordés lors de cet événement sont l’éducation numérique, la formation professionnelle, l’inclusion numérique, l’accès aux infrastructures et aux technologies, et la promotion de l’entrepreneuriat et de l’innovation numérique. Le forum a vu le lancement de deux étapes majeures vers la transformation digitale, à savoir le plan directeur des appareils intelligents élaboré sous la direction de la République du Congo, qui vise à garantir un cadre durable d’appareils abordables pour l’Afrique. Le chapitre des jeunes de Smart Africa au Congo a également été lancé, en tant que plateforme d’éducation, de collaboration et d’autonomisation, visant à encourager une nouvelle génération de chefs d’entreprise novateurs et compétents en matière de technologie. Le chapitre jeunesse de Smart Africa se concentre spécifiquement sur l’équipement des jeunes et des entrepreneurs avec les compétences numériques nécessaires. Le Président de Smart Africa, M. Lacina Koné, a souligné le besoin urgent de combler le fossé des compétences numériques. « Le manque de compétences pertinentes à l’ère du numérique peut limiter les possibilités pour les pays africains de tirer le meilleur parti des technologies numériques, car ils continueront à rattraper le reste du monde si le fossé n’est pas comblé », a-t-il expliqué. « Pour que les Africains soient préparés aux emplois numériques de demain, ils doivent posséder les compétences numériques nécessaires », a-t-il ajouté. « L’augmentation moyenne de 4,5% du PIB en Afrique grâce au numérique montre que ce secteur contribue réellement au développement et à la diversification des économies. C’est tout l’enjeu de ce forum » a déclaré M. Léon Juste Ibombo, Honorable Ministre des Postes et Télécommunications et de l’Economie Numérique à l’ouverture du forum. Cet événement comprenant des tables rondes, des formations et des masterclass, des exposés d’experts en compétences numériques, des expositions et des démonstrations, des offres d’emploi, des concours et d’autres activités passionnantes. Plus de 700 participants, dont des représentants d’organisations gouvernementales et internationales, des membres du secteur privé, des étudiants, des éducateurs et des entrepreneurs ont assisté à l’événement.
Orange Middle East and Africa et Smart Africa allient leurs forces pour soutenir l’entrepreneuriat et l’employabilité des jeunes en Afrique
En marge du Mobile World Congress Africa qui se tient à Kigali, l’alliance Smart Africa et Orange Middle East and Africa signent un partenariat de 3 ans visant à soutenir le développement de la digitalisation du continent Africain par le biais du plaidoyer, du partage de connaissances et de l’évaluation de la maturité numérique des gouvernements afin d’accélérer la transformation numérique de l’Afrique et la création d’emplois durables pour les Africains. Orange et Smart Africa sont deux institutions majeures, l’une reconnue pour son engagement en faveur de l’inclusion numérique et son savoir-faire dans le domaine de l’innovation, et l’autre, renforcé par un engagement audacieux et innovant des chefs d’État africains pour accélérer le développement socio-économique durable sur le continent. Les deux organisations vont collaborer dans des activités telles que la formation des jeunes et des femmes afin de soutenir leur employabilité dans les nouveaux métiers du numérique. Cela se fera à travers leurs programmes de développement des compétences numériques, à savoir Smart Africa Digital Academy (SADA) et le réseau Orange Digital Center (ODC), présent dans 16 pays d’Afrique et du Moyen-Orient et 6 pays européens. Ils travailleront également ensemble pour renforcer l’entrepreneuriat innovant en renforçant les capacités d’incubation, d’accélération et de financement des entrepreneurs dans des secteurs prioritaires tels que : l’environnement, la e-agriculture, la e-santé, le e-commerce, etc. Smart Africa Digital Academy (SADA) et Orange Digital Center (ODC) sont des programmes qui proposent des formations aux compétences numériques à des publics variés. Orange Digital Center (ODC) réunit dans une même structure physique un ensemble de programmes gratuits et ouverts à tous, allant de la formation des jeunes au numérique et l’accompagnement à l’entrepreneuriat jusqu’à l’accélération et l’investissement dans les startups. Smart Africa Digital Academy (SADA) est le moteur de la mise en œuvre des initiatives de Smart Africa en matière de compétences numériques, visant à donner aux citoyens africains les moyens d’adopter la transformation numérique et de les équiper pour innover et être compétitifs à l’échelle mondiale. A travers leurs programmes, les deux organisations travailleront ensemble pour encourager la création de solutions numériques novatrices afin de répondre aux défis locaux et ainsi contribuer au développement durable du continent. Commentant la signature du protocole d’accord, Lacina Koné, Directeur Général de Smart Africa, a déclaré : « Donner les moyens aux citoyens africains, en particulier les jeunes, d’être équipés pour les emplois de demain a été clé dans nos efforts de transformation numérique. Unir nos efforts avec Orange accélérera nos efforts collectifs à cet égard. » Jérôme Hénique, CEO of Orange Middle East and Africa, a ajouté : « Ce partenariat contribuera à l’objectif commun de Smart Africa et Orange, de développer les compétences numériques de la jeunesse africaine, en particulier des femmes, tout en soutenant l’entrepreneuriat innovant. Il s’inscrit dans notre volonté de contribuer activement à la transformation numérique du continent. »
Pagesafrik TV: Saloua Karkri Belkeziz sur le «Recommendation Paper» et l'adhésion du Maroc au Smart Africa (APEBI)
L’APEBI appelle à la mise en place d’une gouvernance numérique regroupant l’ensemble des grands ministères

La Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI), présidée par Saloua Karkri-Belkeziz, a présenté, mercredi 4 décembre à Rabat, son «Recommendation Paper» sur le digital. La cérémonie de restitution de cet important document, qui est intervenue un peu plus d’un mois après la quatrième édition de l’Africa IT Expo (AITEX) tenue du 24 au 25 octobre dans la capitale marocaine, s’est déroulée en présence notamment du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy ; du directeur général de Smart Africa, Laciné Koné, et de plusieurs opérateurs du secteur du numérique. A noter que les recommandations proposées par l’APEBI, sous le thème « le Digital, au cœur du Modèle de Développement», «touchent tous les volets : l’amélioration des infrastructures, la formation, l’administration électronique, l’informatisation de la PME», a déclaré à la presse la présidente de l’APEBI, Saloua Karkri-Belkeziz précisant que chaque volet est accompagné de recommandations «concrètes et faisables». Des recommandations qui accordent une place importante à la gouvernance. En effet, « on insiste sur la gouvernance parce que ce secteur n’est pas isolé des autres secteurs. Il est le levier de la compétitivité de tous les autres et, à ce plusieurs titres. Il ne peut donc pas être gouverné par une seule agence ou un seul ministère», a-t-elle expliqué. Ainsi, l’APEBI suggère que l’on mette en place «une gouvernance qui regroupe l’ensemble des grands ministères considérés comme de grands donneurs d’ordre, tels que les ministères de l’Intérieur et des Finances et l’Agence du développement du digital (ADD), et coordonner tout cela au niveau du chef du gouvernement». Comme pour souligner l’importance qu’accordent d’autres pays au secteur du numérique, Saloua Karkri-Belkeziz a attiré l’attention sur le fait qu’«il y a des pays comme le Rwanda où le ministère de l’Economie numérique dépend du chef de l’Etat. C’est le seul ministère qui ne dépend même pas du chef du gouvernement. C’est vous dire l’importance que d’autres pays donnent à ce secteur». Soulignons que cette journée n’était pas consacrée à la seule restitution des recommandations. En effet, en ce jour, était aussi célébrée l’adhésion du Maroc au Smart Africa. Commentant cette adhésion, Saloua Karkri-Belkeziz a rappelé : «Nous avons une politique Sud-Sud qui a fait ses preuves dans plusieurs secteurs, il n’est donc pas normal que le Maroc soit absent de Smart Africa», rappelant que cette institution, qui compte actuellement 29 pays membres, a été lancée par les chefs d’Etat africains au Rwanda en 1914 et qu’elle est la plus haute instance à ce niveau. «Le Maroc est heureux d’être le trentième pays membre de Smart Africa», s’est-elle ainsi réjouie. Et d’insister sur le fait que «l’Afrique doit jouer son rôle au sein de l’économie numérique. Elle ne peut pas continuer à agir en simple consommatrice de l’économie numérique et voir la Chine, les Etats-Unis et l’Europe en train de se disputer le leadership». Poursuivant son propos, Saloua Karkri-Belkeziz a rappelé que l’Afrique dispose de données que d’autres pays n’ont pas. «C’est dire qu’elle doit être maîtresse de ses données, qu’elle doit développer ses applications et pas les laisser aux seuls Américains et autres». Concernant l’intérêt de cette adhésion pour le Royaume, la présidente a indiqué que la présence du «Maroc au niveau de Smart Africai est synonyme d’ouverture sur un marché unique important pour l’ensemble de nos entreprises, nos start-up et pour le partage d’expériences entre tous les pays d’Afrique». Pour sa part, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, a salué la démarche de l’APEBI par un «Il était essentiel que les opérateurs prennent leur destin en main» et assuré ses membres de son soutien aux différentes recommandations. Il a, par ailleurs, promis d’examiner point par point chacune des propositions formulées par la fédération. Saluant l’adhésion du Maroc à la Smart Africa, le directeur général de cette institution, Laciné Koné, a tenu à souligner les progrès réalisés par le Royaume dans le secteur du numérique. Une évolution qui ne devrait être pas être sous-estimée, en comparaison avec ce qui est fait dans d’autres pays du continent. Alain Bouithy