Hausse modeste des cours du pétrole attendue en 2019

Le cours du brut devrait connaître une hausse très modeste en 2019, a récemment prévenu la Banque mondiale soulignant que les tensions commerciales et l’abondance de produits de base non énergétiques sur les marchés pèsent sur les prix. « Les prix pétroliers devraient s’établir à 74 dollars le baril sur l’année 2019, soit à peine plus que les 72 dollars prévus en moyenne pour 2018, alors que les cours des métaux resteront globalement stables en 2019», a indiqué l’institution internationale dans sa livraison d’octobre de Commodity Markets Outlook. Des estimations de la Banque mondiale, il ressort aussi qu’« en 2018, les prix des produits énergétiques (pétrole, gaz naturel et charbon) devraient être de 33,3 % supérieurs en moyenne à ceux de 2017 ». La BM a toutefois assuré qu’ils devraient globalement se stabiliser l’année prochaine. A en croire l’institution de Bretton Woods, une croissance robuste de la production pétrolière aux États-Unis et un recul de la production en Iran et au Venezuela sont également prévus. En conséquence, la BM a estimé que la demande mondiale devrait rester la même. En revanche, sous l’effet de l’abondance de l’offre et des tensions commerciales, les cours des produits de base agricoles, dont les denrées alimentaires et les matières premières, devraient légèrement se replier cette année puis progresser de 1,6 % l’année prochaine, selon ses estimations. Quant à l’indice des prix des métaux, le rapport de la Banque mondiale prévoit qu’il devrait connaître une hausse de 5,4 % cette année et fléchir légèrement l’année prochaine, soulignant que « les prix pourraient baisser plus que prévu si les contentieux commerciaux internationaux prennent de l’ampleur ». A propos de contentieux commerciaux internationaux et de la surenchère des restrictions sur le commerce entre de grandes économies, Shanta Devarajan, directeur principal du développement économique et économiste en chef par intérim à la Banque mondiale, craint qu’ils ne provoquent des pertes économiques importantes et des coûts commerciaux qui se répercuteront tout au long des chaînes de valeur mondiales. Il prévient : « Tout recul de la croissance dans les grandes économies aurait des répercussions négatives importantes pour le reste du monde par le biais du commerce, du climat de confiance, des flux financiers et des marchés de produits de base ». A ce propos, la BM rappelle dans son rapport que « l’imposition de droits de douane généraux et propres à des produits de base cette année a réduit et réorienté les flux commerciaux, amplifié les différentiels de prix entre certains pays et entre certaines matières premières telles que le soja, l’acier et l’aluminium ». De façon plus générale, cet état de fait « a suscité des inquiétudes sur le ralentissement du commerce mondial et les perspectives de croissance », selon l’institution. Pour Ayhan Kose, directeur du Groupe d’étude des perspectives de développement à la Banque mondiale, il ne fait aucun doute que « les perspectives pour les matières premières sont très incertaines compte tenu d’un certain nombre de risques liés aux politiques publiques ». Il fait allusion notamment à la possibilité d’un relèvement des tarifs douaniers ou de nouvelles sanctions. En outre, ce dernier pense qu’« un grand nombre d’économies de marché émergentes et de pays en développement dépendent des matières premières, source de recettes publiques et de recettes d’exportation, et il leur faudra donc renforcer leurs cadres d’action et reconstituer leurs marges de manœuvre budgétaires. » A propos de ce rapport, précisons qu’il consacre également un dossier spécial à l’évolution du profil de la demande de matières premières industrielles – énergie et métaux – et à ses conséquences pour les pays en développement. Alain Bouithy
De nombreux obstacles juridiques empêchent les femmes de diriger une entreprise

87 réformes législatives et règlementaires ont été adoptées au cours des deux dernières années à travers le monde afin d’améliorer la participation économique des femmes, a indiqué la Banque mondiale, soulignant que les gouvernements de 65 économies ont pris des mesures dans ce sens. Malgré ces réformes, les femmes continuent à se heurter à des obstacles considérables, a constaté l’institution financière internationale dans son dernier rapport sur « Les femmes, l’entreprise et le droit ». A noter que le nouveau rapport, qui paraît tous les deux ans et qui couvre désormais 189 économies, comporte pour la première fois un système de notation d’une échelle allant de 0 à 100. Précisons que le système prend en compte sept indicateurs afin de mieux apprécier l’avancement des réformes : l’accès aux institutions, la jouissance de la propriété, l’obtention d’un emploi, les incitations au travail des femmes, l’accès à la justice, l’accès au crédit et la protection des femmes contre la violence. Soulignons qu’en dépit des réformes juridiques engagées, le rapport a noté qu’aucune économie n’obtient la note maximale de 100 pour ces sept indicateurs. Comme l’a relevé le rapport, qui paraît tous les deux ans et qui couvre désormais 189 économies, de nombreux obstacles juridiques empêchent encore les femmes de diriger une entreprise, en raison notamment d’un accès limité au crédit. A ce propos, le rapport a noté qu’il existe une marge d’amélioration importante en matière d’accès au crédit pour les femmes et qu’à cause des obstacles très répandus, celles-ci rencontreraient encore des difficultés à accéder à certains emplois et à contrôler l’utilisation qui est faite des biens matrimoniaux. Selon ce document, « seulement 72 économies interdisent légalement la discrimination fondée sur le sexe dans l’accès aux services financiers, et 79 obtiennent une note de 0 pour cet indicateur mesurant l’accès au crédit. Les économies à faible revenu sont particulièrement peu performantes dans ce domaine, avec un score moyen de 8 ». S’il est avéré qu’«aucune économie ne peut atteindre son plein potentiel économique sans la participation pleine et entière des hommes et des femmes », comme l’a souligné Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, force est de constater que «dans plus de la moitié des économies du monde, les femmes ne peuvent toujours pas exercer certains emplois uniquement parce qu’elles sont des femmes », a-t-elle regretté. En effet, selon le rapport, dans 104 économies, les femmes n’ont pas le droit de travailler la nuit ou d’occuper certains emplois dans des secteurs spécifiques. Le rapport pointe du doit en particulier les activités manufacturières, la construction, l’énergie, l’agriculture, l’eau et les transports. Des obstacles qui restreignent les perspectives d’emploi de plus de 2,7 milliards d’entre elles, selon les estimations de la Banque mondiale. Par ailleurs, des recherches ont montré que « les inégalités hommes/femmes entraînent une perte de revenus de 15 %, en moyenne, dans les économies de l’OCDE, et que 40 % de ce manque à gagner est imputable aux inégalités dans l’entrepreneuriat », ont indiqué les auteurs du rapport, précisant que cette perte de revenus est estimée encore plus élevée dans les économies en développement. Ce n’est pas tout. D’après le rapport, la discrimination juridique fondée sur le sexe réduit aussi le taux de participation féminine au marché du travail et compromet la croissance économique. L’autre enseignement souligné dans ce rapport, c’est que les recherches ont également montré que « les inégalités entre les sexes expliquent parfois une grande partie des écarts de production par habitant, et nombre d’économies peuvent accroître leur performance en luttant contre les dispositions légales discriminatoires, notamment en matière d’emploi ». Notons qu’un des enseignements du système de notation mis en place est que « les économies les mieux notées sont le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne. Pour la plupart des indicateurs, ce sont généralement les économies de l’OCDE à revenu élevé qui affichent le meilleur score moyen ». Quoi qu’il en soit, pour Shanta Devarajan, directeur principal de la vice-présidence chargée de l’Économie du développement de la BM, ce qui compte c’est que la publication des données recensées soit utile pour « apporter les changements nécessaires qui permettront aux femmes de faire les meilleurs choix pour elles-mêmes, pour leur famille et pour leur communauté ». Alain Bouithy