Les pays nord-africains se ruent sur les produits pétroliers russes boudés par l’Occident
Sur fond de sanctions occidentales visant les hydrocarbures venus de Russie, leurs importations par les pays d’Afrique du Nord ont bondi ces derniers mois. Le Wall Street Journal soupçonne qu’ils puissent être mélangés en vue d’une réexportation vers l’Europe. Les pays d’Afrique du Nord ont drastiquement augmenté les importations de diesel et d’autres produits pétroliers raffinés russes, alors que Moscou est coupé du marché européen, constate le Wall Street Journal (WSJ). Pour leur part, les nations européennes, qui représentaient environ 60% des exportations russes de produits pétroliers raffinés avant le début du conflit armé en Ukraine, ont réduit ces flux ces derniers mois. Une interdiction de l’Union européenne sur les importations de produits pétroliers raffinés russes, qui comprend entre autres le diesel et l’essence, est entrée en vigueur ce mois-ci, parallèlement à des mesures visant à plafonner le prix des ventes. Ces mesures font suite à des sanctions similaires sur les importations de pétrole brut russe en vigueur depuis décembre. L’Afrique prend le relais Les sanctions ont contraint Moscou à rediriger les exportations de l’Europe vers des marchés alternatifs. « Les pays d’Afrique du Nord ont pris le relais », réaffirme le WSJ. Par exemple, la Tunisie, qui n’avait importé presque aucun produit pétrolier russe en 2021, s’est mise à fortement acheter du diesel, du gasoil ou encore de l’essence. Le pays a acquis 2,8 millions de barils de produits pétroliers russes en janvier et devrait importer 3,1 millions de barils supplémentaires ce mois-ci, précise le quotidien. Les importations marocaines de diesel russe, qui s’élevaient à environ 600.000 barils pour l’ensemble de 2021, ont bondi à 2 millions de barils en janvier, et au moins 1,2 million supplémentaires devraient y arriver en février, selon les données recueillies par le WSJ. L’Algérie et l’Égypte ont également augmenté les importations. Les sanctions sapées? La hausse des importations vers la Tunisie et le Maroc a coïncidé avec celle de leurs propres exportations de produits raffinés. Le journal suppose que les hydrocarbures russes sont mélangés avec d’autres produits pétroliers et réexportés. Cela complique les efforts occidentaux pour éliminer les combustibles fossiles russes de leurs économies. Si la tendance se poursuit, priver Moscou de revenus serait ardu, selon des analystes. Retrouvez cet article sur Sputniknews
Pour le Congo, le conflit en Ukraine résulte de provocations contre Moscou

Le ministre congolais des Affaires étrangères, dans une interview accordée à Sputnik, a déclaré que les événements en Ukraine étaient le résultat de provocations contre la Russie. Pour Jean-Claude Gakosso, les appels à sanctionner la Russie que l’Occident adresse à l’Afrique, sont « un discours colonial ». Le conflit en Ukraine est le résultat d’une série de provocations contre Moscou, a déclaré, ce jeudi 10 novembre, le chef de la diplomatie congolaise à Sputnik. « Vous savez que le monde sait que les événements en Ukraine ont été le résultat d’une provocation, tout le monde le sait, y compris les Américains [..] De provocations en provocations et ça a débouché sur la situation qu’on est en train de vivre aujourd’hui », a indiqué M. Gakosso. Le ministre a poursuivi en insistant sur le fait que la seule solution pour résoudre le conflit en Ukraine est la négociation entre les deux peuples frères. « Nous parlons de peuples frères avec une histoire commune… Par conséquent, il est nécessaire de négocier »,a-t-il ajouté, parlant des Russes et des Ukrainiens. Appels à condamner la Russie, un « discours colonial » Concernant l’appel des pays occidentaux demandant aux pays africains de soutenir les sanctions contre la Russie, M.Gakosso est formel sur la question, pour lui l’Occident ne doit pas imposer sa loi à l’Afrique, estimant que chacun est libre de coopérer avec la Russie. « Aucun pays n’a le droit de dicter à un autre État quelles types de relations à entretenir ou pas ». C’est un discours colonial »,a-t-il affirmé à Sputnik. La Russie fait partie des « Grands » Pour le diplomate congolais, tous les pays puissants au monde sont des fédérations, y compris la Russie. Il estime que l’Afrique en dehors des frontières qui lui a été imposée à Berlin en 1885, doit se constituer en fédération pour être forte et puissante. « Je pense que la Russie peut faire des concessions à l’Ukraine et je pense que l’Ukraine peut aussi faire des concessions à la Russie. Elle (l’Ukraine) peut comprendre que la Russie est une grande puissance qui a besoin de paix à ses frontières », a-t-il conclu. Brazzaville s’était abstenu de voter à l’Assemblée générale de l’Onu sur une résolution condamnant Moscou à propos du rattachement des territoires ukrainiens suite au référendum. Retrouvez cet article sur Sputniknews
« La honte »: Erdogan fustige l’Occident pour son attitude envers la famine en Afrique

Le Président turc a blâmé l’Occident pour son indifférence envers la famine sévissant sur le continent africain, alors qu’il « donne une leçon d’humanité » au monde. C’est honteux que les souffrances de millions de personnes soient ignorées, a-t-il martelé. Revenant sur la crise alimentaire en Afrique, le Président turc a condamné la relation de l’Occident envers ce problème. « Les pays occidentaux qui donnent une leçon d’humanité au monde restent indifférents à cette tragédie. C’est la honte », a martelé Recep Tayyip Erdogan, ce 4 novembre, à Istanbul. Il a mis en valeur « les souffrances de millions de personnes » sur lesquelles les pays occidentaux ferment les yeux. « Malheureusement, aucun effort n’est entrepris pour mettre fin à ces tragédies qui entraînent la mort de millions de gens », a déploré M.Erdogan. Depuis la reprise des exportations en été, les autorités russes ne cessent d’attirer l’attention sur les vrais bénéficiaires de ces denrées alimentaires qui devaient principalement partir vers les pays pauvres. Selon Moscou, la moitié de ces livraisons se répartie entre l’Union européenne et les pays développés tels que le Royaume-Uni, Israël et la Corée du Sud. Les pays pauvres dont la Somalie, l’Ethiopie, le Yémen, le Soudan et l’Afghanistan, n’en ont reçu que 3%, principalement dans le cadre du Programme alimentaire mondial. Livraisons à titre gracieux Enfin, le chef de l’État turc a rappelé avoir convenu avec le Président russe d’envoyer gratuitement les céréales aux pays pauvres dont à Djibouti, la Somalie, le Soudan: « Nous étions tous les deux d’accord »: « Nous travaillons à aider les personnes dans le besoin en Afrique à partir du corridor céréalier en mer Noire. Nous veillerons à ce que les navires céréaliers atteignent d’abord les pays aux prises avec une crise alimentaire », a-t-il souligné au sujet de l’accord sur les céréales qui a permis de reprendre les exportations depuis des ports ukrainiens. Le dirigeant turc a indiqué que ce sujet serait abordé lors du sommet du G20. Il se tiendra les 15 et 16 novembre en Indonésie.
Poutine: le niveau de vie de l’Occident est basé sur la souffrance et le pillage de l’Afrique

C’est sur la souffrance et le pillage des pays africains que l’Occident a pu construire son niveau de vie actuel, a estimé le Président russe. Mais l’Europe qui tente actuellement de faire s’effondrer la Russie, n’est plus le centre de l’univers. L’Occident a réussi à obtenir son niveau de vie actuel en pillant les peuples africains, a déclaré le Président russe ce 4 novembre. « Les chercheurs européens ne le cachent pas. Ils disent directement que le bien-être est construit, dans une grande partie, sur le malheur et les souffrances des peuples africains », a-t-il noté citant le pillage et le commerce d’esclaves. Cette déclaration a été faite en réponse à une proposition d’historiens russes de mettre l’accent sur la popularisation de l’histoire des pays africains et asiatiques dans les écoles. Popularisation de l’histoire du colonialisme Vladimir Poutine a soutenu cette initiative et ordonné d’élaborer un programme pour le prochain sommet Russie-Afrique prévu en 2023. « C’est une partie importante de l’histoire et il est impossible de fermer les yeux sur cela. De même que nous n’avons jamais fermé les yeux et ne le ferons jamais quant aux nazis et leurs actes dans le monde entier et dans notre pays ». D’après lui, ce programme devra se focaliser l’histoire du colonialisme et ses conséquences, ainsi que sur la formation de l’esprit impérialiste. Entre-temps, les capitales européennes ne sont plus le centre de l’univers, a-t-il noté lors d’un discours à l’occasion de la fête russe de l’Unité nationale. Il a aussi rappelé que les anciennes colonies de certains pays européens, par exemple, du Portugal (le Brésil) et du Royaume-Uni (l’Inde), comptent maintenant beaucoup plus d’habitants que leurs ex-envahisseurs. Les objectifs occidentaux concernant la Russie Actuellement, l’Occident tente de faire s’effondrer la Russie, « mais elle ne permettra jamais de le faire »: « Visant à affaiblir, voire à détruire la Russie, ces efforts continuent. Ce sont eux qui sont à l’origine des événements en cours en Ukraine. Nous ne le permettrons jamais, nous allons défendre notre patrie comme nos aïeux héroïques ». Le Président russe a indiqué que c’est notamment par la livraison continue d’armes à l’Ukraine et par la participation de mercenaires que les pays occidentaux « font avancer sans pitié leurs objectifs géopolitiques à leurs dépens, qui n’ont rien à voir avec les intérêts du peuple ukrainien »: « C’est l’Ukraine et le peuple ukrainien qui sont les premières et principales victimes du gonflement délibéré de la haine envers les Russes et la Russie », conclut-il. Cependant, « tout est exactement le contraire » en Russie qui a toujours traité le peuple ukrainien « avec respect et chaleur »: « C’était et c’est ainsi malgré la confrontation tragique d’aujourd’hui », conditionnée par la prolifération de néonazis dans ce pays et l’élargissement de l’Otan. Retrouvez cet article sur Sputniknews
Ukraine : pourquoi l’Occident perdra face à l’axe sino-russe ?

TRIBUNE. En 2015, j’ai eu une longue discussion avec un ancien grand diplomate français. À l’époque, je travaillais sur le dossier libyen et la guerre faisait rage en Syrie. Pendant notre échange, mon interlocuteur, plusieurs fois ambassadeur dans les pays arabo-musulmans (Iran, Libye, Liban, etc.) et témoin privilégié des crises diplomatiques qui ont éclaté dans les années 1980-90, me répéta plus d’une fois : « Vous savez M. Mbeko, les grands pays occidentaux n’ont plus de diplomate », « nous n’avons plus de diplomate », « la France n’a plus de diplomate. » L’ancien diplomate français était frappé par la légèreté avec laquelle les dirigeants occidentaux en général et français en particulier traitaient et géraient la crise en Syrie. Près de sept ans après notre échange, je ne peux m’empêcher de penser aux propos de cet ancien grand diplomate à la lumière du comportement affiché par les Occidentaux vis-à-vis de la crise en Ukraine. Comme on le sait, de plus en plus de voix en Occident s’élèvent pour faire remarquer que les sanctions imposées à la Fédération de Russie par l’Occident font plus mal aux intérêts occidentaux qu’à l’ours russe. Malgré cette surprenante réalité, les États-Unis et leur laquais européens semblent déterminés à poursuivre sur cette voie sans issue et contre-productive. On peut se demander pourquoi les pays occidentaux persistent dans la logique des sanctions, alors qu’ils sont les premiers à en faire les frais. Les raisons sont certes multiples, mais je me limiterai à en présenter deux qui me paraissent essentielles : l’arrogance qui caractérise tout système ou empire en déclin et les motifs inhérents à la prise de décision politique. À ce dernier propos, il convient de souligner que la plupart des pays occidentaux actifs dans l’affaire ukrainienne sont confrontés à des problèmes de politique intérieure importants. En effet, outre la dimension géopolitique de la question ukrainienne, cette crise a permis à certains dirigeants de ces pays de se refaire une santé politique chez eux. On l’a bien vu avec Joe Biden, qui s’est présenté en leader du prétendu « monde libre »; Boris Johnson en a profité pour faire oublier le scandale du « partygate », quand Emmanuel Macron tirait son épingle du jeu en se présentant comme le protecteur des Français dans une Europe en guerre à l’approche de la présidentielle. On ne saurait donc sous-estimer le poids des enjeux de politique intérieure dans l’évolution et la formulation de la politique étrangère d’un certain nombre de pays occidentaux. Non seulement ces enjeux influencent le processus décisionnel en matière de politique étrangère, mais ils permettent aussi de comprendre l’étrangeté de certaines décisions prises en fonction des enjeux du moment sans projection dans l’avenir. Les tentatives d’imposer des sanctions sur le pétrole et le gaz russe en sont des exemples patents. Comment comprendre une telle décision quand on sait que les conséquences seront désastreuses pour l’Europe elle-même ? Qui plus est, la Russie s’est toujours refusée à utiliser l’arme du pétrole et du gaz comme arme politique. En fait, on est dans le court terme et l’idéologie. Or en face, c’est-à-dire du côté de la Russie et de la Chine, on est pragmatique, stratégique et on réfléchit sur le long terme. Alors que les Occidentaux sont réduits à des stratégies partielles ou réactives pour faire triompher leurs desiderata en Ukraine et ailleurs (Sahel, Indopacifique, etc.), les Chinois et les Russes, qui ont une vision à long terme de la situation et modulent leurs stratégies en fonction des enjeux en présence, profitent de la crise ukrainienne pour renverser définitivement l’ordre cannibale de l’après 1945 dominé par leurs rivaux. Il suffit d’analyser les propos de leurs dirigeants pour s’en apercevoir. La rhétorique russe sur l’Ukraine par exemple a évolué, passant de la défense des russophones du Donbass et de l’indivisibilité de la question sécuritaire en Europe à la remise en question totale de l’ordre international actuel. Autrement dit, l’Ukraine est la première étape d’un bouleversement géopolitique majeur qui devrait, à moyen et à long terme, conduire au renversement total du système de domination occidentale, tant sur le plan politique qu’économique et monétaire. Les Chinois, qui savent qu’ils sont dans l’œil du cyclone, apprécient le spectacle, n’hésitant pas à prêter main-forte à l’allié russe pour contrer certains effets des sanctions occidentales. Il serait naïf de penser qu’on ne comprend pas cela dans les capitales occidentales. Mais seulement voilà : l’époque où la diplomatie en Occident était réservée à des personnes pragmatiques et aux grands diplomates semble révolue. L’époque des H. Kissinger, J. Baker, R. Dumas, etc. a laissé place à une ère dominée par des idéologues déguisés en diplomates et n’ayant aucune culture diplomatique. Dans ces conditions, on ne voit pas comment l’Occident court-termiste pourrait sortir gagnant du bras de fer qui l’oppose à l’axe sino-russe long-termiste… Par Patrick Mbeko
Laconiquement, les arabes n’ont-ils pas perdu le nord?

OPINION. Les arabes vivent un tiraillement psychologique aigu et souffrent atrocement au point d’être totalement paralysés et spectateurs d’eux-mêmes. La remise en question, déficiente totalement dans l’éducation familiale et scolaire, est responsable de la désorientation psychologique des arabes. Un véritable drame. L’absence de la remise en question emprisonne l’arabe dans la religion afin de se justifier qu’il est bien orienté sur le véritable chemin. Un délire fantastique. Ce mécanisme de désorientation se manifeste à plusieurs niveaux : 1. La religion L’arabe est tiraillé entre les lois de sa propre religion (limitantes) et la liberté individuelle selon les droits internationaux de l’homme. Souffrant des contradictions, il a ainsi commencé à se convertir à d’autres religions (l’islam, le christianisme, le bahaïsme) et courants spirituels plus oxygénés (boulisme, soufisme) ou bien à l’athéisme et l’agnosticisme. Tristement et malgré sa nouvelle foi, l’arabe se retrouve de nouveau à vivre en dichotomie. 2. L’immigration vers l’Occident Cette vague volcanique de l’immigration des jeunes arabes aux pays occidentaux est motivée essentiellement par la recherche de la liberté individuelle. Seulement lorsqu’ils y arrivent, ils sont exclus et finissent par retourner dans la bulle religieuse. 3. Le vestimentaire L’arabe est complètement dissocié, il s’agrippe à n’importe quelle corde selon les occasions pour ne pas s’anéantir. Vêtement occidental pour le quotidien et traditionnel pour les fêtes religieuses. 4. La robe blanche, le voile, le caftan Lors du mariage les mariés doivent être occidentaux (costume, robe blanche avec le voile) et traditionnels (caftan, djellaba) à la fois. Une véritable dislocation. 5. La musique traditionnelle et occidentale Les arabes s’amusent en boite de nuit et dans les fêtes du plaisir avec la musique occidentale, alors que dans les mariages cette musique est absente et remplacée par la musique traditionnelle. 6. Admirer et haïr l’Occident L’arabe se plit en quatre pour ressembler aux occidentaux : peau blanche, cheveux raides, spontanéité, amour de soi, bon vivant et ainsi de suite. En même temps, il ne souhaite que du malheur à l’Occident qu’il considère mécréant. 7. Le plaisir et les interdits religieux Les arabes transgressent toutes les minutes les lois religieuses afin d’obtenir du plaisir. Par la suite, la culpabilité fait surface mais est rapidement rachetée par une pratique religieuse (lire les textes sacrés, prier, faire l’aumône). Cette stratégie arabe est une devise quotidienne. C’est de la triche « hallal ». 8. L’illusion identitaire L’arabe vole, ment, boit de l’alcool, pratique le sexe libertin, et même pendant ses pratiques irréligieuses, il clame sa religion comme étant la meilleure et la seule acceptée par Dieu pour accéder au paradis. Deux cerveaux dans un seul crâne. 9. L’aveuglement Dans les pays arabes, nous trouvons des maisons et des structures (maisons de prostitution, bars, production de vin…) en marche. Malgré cette réalité, l’arabe rappelle avec fierté que son pays est religieux et qu’il faut respecter sa culture conservatrice. 10. L’utopie religieuse et le rêve d’enfant L’arabe vit à des années lumières des principes de sa religion et pourtant il est convaincu que sa religion est le seul salut au monde. Les arabes sont-ils incapables de se demander pourquoi les gens fuient la religion ? Peut-on fuir ce qui nous procure plaisir et sérénité ? À moins que l’arabe ne soit masochiste ? 11. Le mariage de « Al Fatiha » et le concubinage « hallal » Nouveau phénomène en expansion dans le monde arabe. Une ruse ingénieuse pour donner une note « hallal » à la liberté sexuelle. Véritable dissonance cognitive. 12. Les banques religieuses sans intérêts Là encore, les banques arabes ont trouvé la ruse pour être conformes à la religion en gagnant d’importants intérêts convertis « hallal ». Véritable mascarade. Laconiquement, tant que les arabes attendront encore les miracles religieux et garderont la remise en question (le cogito) en off, ils continueront d’être consumés totalement. Docteur Jaouad Mabrouki Psychiatre, psychanalyste de la société marocaine
Russie-Ukraine : le réveil brutal et tardif de Volodimir Zelensky ?

OPINION. Comme je l’ai souligné dans mon précédent post, l’on ne peut comprendre la stratégie militaire de la Russie en Ukraine qu’en examinant les objectifs politiques poursuivis par Moscou dans ce pays. Et ces objectifs sont liés aux exigences posées par la Russie en décembre dernier dans un document soumis aux États-Unis. Une analyse que confirme aujourd’hui le général français, Henri Pinard-Legry. Le reste, je l’ai dit et le redis, relève du verbiage et de la propagande. Tenez. Aujourd’hui le président Volodimir Zelensky, qui accuse l’Occident de « lâcheté » face à la Russie, a laissé entendre qu’il était disposé à un compromis sur la « neutralité » de l’Ukraine, une des clauses exigées par Moscou pour garantir sa sécurité. Certains médias occidentaux parlent même de « grand pas de Kiev vers Moscou ». Un pas dans la bonne direction, certes, mais qui interroge tout de même : fallait-il que les Russes montrent les dents pour que la partie ukrainienne revienne à la raison ? À quoi a servi tout ce cirque qui amusait des Occidentaux pour qui l’Ukraine n’est rien de moins qu’un terrain de jeu géopolitique entre grandes puissances ? Instrumentalisé par les Américains et leurs auxiliaires européens, Zelensky porte une lourde responsabilité dans la guerre qui est imposée à son pays. Ce qui arrive à l’Ukraine est vraiment dramatique. Et on ne le dira jamais assez : en politique comme en géopolitique, il arrive parfois que certains acteurs ne comprennent pas nécessairement le sens de leur rôle dans le scénario du film dans lequel ils jouent. Volodimir Zelensky en est la parfaite illustration. Comique dans l’âme, il a fini par prendre au sérieux le rôle que l’Occident, via ses politiques, ses médias et leurs « experts maison », lui faisait jouer, exposant ainsi son pays à la colère d’une Russie prête à tout pour préserver sa sécurité face à une OTAN (en fait une Amérique) toujours aussi expansionniste. En outre, la Fédération de Russie va vraisemblablement obtenir par les armes ce qui aurait pu être négocié sans les armes. Vraiment affligeant tout ceci ! Par Patrick Mbeko
Ukraine: la Chine ne lâchera pas la Russie au profit de l’Occident

TRIBUNE. La position de la Chine dans le conflit ukrainien fait l’objet de nombreuses supputations en Occident. Soutient-elle sans réserve la Russie ou non ? Est-elle dans une posture délicate ou pas, elle qui traite également avec l’Ukraine et les Occidentaux ? Va-t-elle aider la Russie à surmonter les sanctions occidentales ou pas ? Autant d’interrogations qui ne cessent de turlupiner l’esprit des responsables occidentaux, suscitant des analyses et pronostics en tout genre. Il y a quelques jours, les États-Unis ont jugé « profondément préoccupante » la position « d’alignement de la Chine avec la Russie » face à la guerre en Ukraine. Aujourd’hui même (18 mars, dnr), Joe Biden s’est entretenu avec le président Xi Jinping, le pressant de prendre ses distances de Vladimir Poutine. Dans les médias, plusieurs experts ont expliqué que la Chine, en bon partisan de la non-ingérence et du respect de la souveraineté des États, ne voit pas d’un bon œil l’intervention de la Russie en Ukraine. D’autres, à l’instar de Pascal Boniface de l’IRIS, ont fait remarquer que Pékin allait sûrement tirer profit des sanctions au détriment de Moscou. Mais qu’en est-il réellement ? Quoi qu’on dise de la posture chinoise, deux mots résument assez bien la position de l’Empire du Milieu face au conflit en Ukraine : soutien indéfectible… à la Russie bien entendu. L’argument selon lequel Pékin serait inconfortable dans cette affaire en raison de son attachement aux principes de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains mérite d’être relativisé. Pour cela, il faut comprendre ce que signifie « non-ingérence » aux yeux des Chinois. Oui, la Chine a fait du respect de la souveraineté des États et du principe de non-ingérence des éléments essentiels de sa politique étrangère. Son attachement à ces principes, qui est en partie idéologique, tire sa substance de son histoire. Ses expériences passées en matière d’impérialisme occidental et japonais font qu’elle n’est pas à l’aise avec les interventions menées par l’Occident au nom des droits de l’Homme et de la démocratie. Le politologue chinois Chen Zheng explique que « l’une des principales caractéristiques de la politique étrangère de Pékin est la sensibilité persistante de ses dirigeants aux troubles intérieurs causés par des “forces étrangères hostiles”», en l’occurrence les Occidentaux. La suspicion des dirigeants chinois à l’égard des complots et velléités de déstabilisation ourdis par l’Occident s’est davantage renforcée après les événements de la Place (en 1989), qui avaient conduit les pays occidentaux à exercer de fortes pressions et à imposer des sanctions contre la Chine. Depuis, le Parti communiste chinois est devenu très sensible à la notion de souveraineté et voit d’un très mauvais œil toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures d’un État souverain. Or ce qui se passe en Ukraine est bien différent, aux yeux des dirigeants chinois. En effet, vu de Pékin, la Fédération de Russie ne s’ingère ni ne déstabilise l’Ukraine, mais se défend plutôt contre l’OTAN qui utilise ce pays pour déstabiliser la fédération russe. C’est cette nuance que ne semblent pas comprendre la plupart des responsables et experts occidentaux. Pas plus tard que ce matin, le porte-parole de la diplomatie chinoise Zhao Lijian a déclaré que pour la Chine, les États-Unis et l’OTAN sont « responsables de la crise » qui déchire l’Ukraine. C’est dire… Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la Chine s’aligne sur les positions occidentales dans le dossier ukrainien. Mieux, l’Empire du Milieu, à l’instar de la Russie, se prépare depuis des années à croiser le fer avec les États-Unis, le grand patron de l’Alliance atlantique qui ne tient pas à ce que son hégémonie soit contestée. Dans cette optique, Pékin ne peut se permettre de se mettre à dos un allié de taille comme Moscou. Il ne peut non plus se permettre de se ranger du côté de ceux qui tiennent à tout prix à bloquer son ascension, quitte à le déstabiliser un jour en servant du proxy taïwanais après avoir échoué à le fragiliser de l’intérieur en servant d’un groupe de militants à Hong Kong. Si la Russie a renforcé l’OTAN comme l’affirment certains experts occidentaux (une assertion qui mérite aussi d’être relativisée), la posture agressive des États-Unis et de ses valets européens ne fait que renforcer l’axe Chine-Russie. C’est un Nouveau Monde qui est en train de se mettre en place devant nous… Par Patrick Mbeko