OPINION. Afrique, terre d’exceptions

RDC/RWANDA. Cette semaine se tient à Kigali le sommet du Commonwealth, organisation regroupant une cinquantaine de pays autour de la Grande Bretagne. Boris Johnson et le prince Charles (qui la préside pour la première fois) y sont présents, apportant indirectement leur soutien diplomatique à un Rwanda, qui alimente les troubles dans la région des grands lacs, alors que la RDC avait annoncé vouloir s’appuyer sur la médiation britannique justement, au sujet du conflit qui les oppose avec le turbulent voisin rwandais. Pourquoi donc le champion de l’intégrité territoriale ukrainienne joue-t-il ce jeu en Afrique, choisissant l’agresseur au détriment de l’agressé? Certes, ce sommet avait été programmé bien avant et repoussé à cause du Covid, tout comme l’accord (illégal en droit international) sur le transfert des demandeurs d’asile du territoire Britannique vers le Rwanda, mais est-il possible de continuer à refuser de voir que le Rwanda est un des plus grands Etats voyous des 30 dernières années dont les dégâts sur le population et la stabilité régionale sont considérables? Les britanniques doivent se foutre de cette guerre à l’est de la RDC. Oh oui! La thèse de plus en plus partagée sur ses causes est c’est avant tout le résultat de l’affairisme des colonels et généraux, gouverneurs, députés et ministres congolais d’abord, qui profitent de l’ingouvernabilité de l’est pour s’enrichir à travers des trafics (d’or, de coltan, de diamant, de café…) dont le Rwanda n’est qu’une porte de sortie et de blanchiment en entente cordiale avec ces mêmes puissants congolais. J’ai laissé trainer l’oreille et l’œil là où l’on disait que l’état d’urgence lancé par Tshisekedi, il y a quelques mois, a permis au pouvoir actuel de placer de nouveaux rentiers, de nouveaux intermédiaires et de nouveaux circuits d’évacuation passant notamment par l’Ouganda sous couvert du droit de pourchasser des rebelles en territoire congolais qui lui a été accordé, et que de ce fait, en représailles, le Rwanda a réactivé le M23 pour pour ne pas perdre ses positions d’exploitation qui représentent une part importante de ses revenus. Si bien que les occidentaux rigolent à voir les congolais jouer les vierges effarouchées de leur souveraineté violée alors que ce sont des jeux d’argent qui se jouent là dessus dont les puissants congolais sont acteurs, incitateurs et bénéficiaires de premier plan. Mais à l’un comme à l’autre, au Rwanda comme au Congo, en passant d’ailleurs par l’Ouganda, il faudra tenir un jour le langage de vérité (par une mission d’enquête honnête par exemple), et cesser de jouer à ce jeu qui affaiblit la puissance diplomatique de l’ONU et de grandes nations comme la Grande Bretagne qui fait comme si rien n’était, laisse les populations dans un désarroi qui n’a que trop duré et décrédibilise des Etats comme la RDC. Il parait ainsi difficile pour une nation occidentale d’avoir la même position sur l’Afrique qu’elle ne tiendra face au reste du monde. Le fourvoiement de la Grande Bretagne va au-delà de cette guerre congolo-rwandaise. Alors que le Commonwealth se veut une rassemblement de peuples qui regroupent des valeurs comme la démocratie et la liberté, les opposants disparaissent, sont assassinés ou croupissent en prison dans ce pays où Boris Johnson et le prince Charles vont célébrer les libertés politiques. La presse est muselée, le peuple est tétanisé à vue d’œil. C’est triste. Par Hervé Mahicka
Congo : Agnès Ounounou distinguée à Kigali par le Prix PADEV 2021

CONSECRATION. La Congolaise Agnès Ounounou a reçu à Kigali au Rwanda le « Prix Africain de Développement » lors de la 16ème édition du PADEV, une initiative de la Fondation 225 du Burkina et de Safam Com International de la Côte d’Ivoire. La lauréate, une femme d’exception, affectueusement appelée « Mama diaspora », a été désignée « Meilleure promotrice africaine de l’entreprenariat féminin de la Diaspora Congo Brazzaville ». Coordinatrice du projet du Haut Conseil représentatif des Congolais de l’étranger (HCRCE), Agnès Ounounou a reçu son prix lors d’une cérémonie de remise de trophées dédié à ce rendez-vous et qui s’est tenue dans un palace de la capitale rwandaise. « Je tiens à remercier le PADEV pour la distinction reçue à Kigali au Rwanda », a-t-elle réagi sur sa page facebook. Créé en 2006 à Abidjan par des organisations de la société civile de 12 pays africains, le Prix PADEV consacre les hommes et les femmes qui font la fierté du continent africain. Le but étant de « contribuer à booster le développement des pays africains à travers l’instauration d’une culture de travail, du mérite et de l’excellence comme valeurs cardinales de la société africaine », selon la Fondation 225. Notons que la sélection des lauréats du Prix PADEV, qui se tenait cette année du 24 au 27 septembre 2021 à Kigali au Rwanda est le fruit d’un long processus érigé sur de solides critères d’objectivité, rappelle l’ONG fondée en novembre 2012 à Ouagadougou. Adrien Thyg
Congo/Championnat d’Afrique des nations : Les Diables-Rouges bouclent leur préparation sur une victoire

La campagne pré – CHAN des Diables- Rouges à Kigali au Rwanda s’est achevé ce dimanche 10 janvier au stade AMAHORO par une victoire sur le score d’un à zéro, but de Cervelie IKOUMA à la neuvième minute consécutif à un corner magistralement tiré par ROZAN. Les congolais qui ont tiré les enseignements du premier match ont souffert dans les quinze dernières minutes, jouant avec un bloc bas pour sauvegarder leur but d’avance. Pavelh NDZILA aura fourni une grosse prestation pour permettre aux Diables-Rouges de prendre une victoire précieuse avant d’entrer en compétition le 17 janvier prochain à Douala contre les Léopards de la RDC. Pour ce deuxième match, Barthelemy NGATSONO a fait tourner l’effectif pour pouvoir observer tous les 25 joueurs. Les Diables- Rouges terminent ainsi leur campagne pré-chan sur une note satisfaisante, deux matches joués, une victoire et un match nul. La plus grande satisfaction, c’est le côté offensif où l’on a réussi à marquer trois buts en deux matches.
Signature d’un accord entre Attijariwafa bank et African Guarantee Fund en faveur de la femme entrepreneuse

Les groupes Attijariwafa bank et African Guarantee Fund (AGF) ont procédé récemment à la signature d’un Mémorandum d’entente en faveur de la femme entrepreneuse, en marge du Global Gender Summit qui s’est tenu du 25 au 27 novembre à Kigali au Rwanda. Selon les termes de cet accord, signé par Hicham Fadili, directeur du développement commercial au sein de la Banque de Détail à l’International et Jules Ngankam, directeur général adjoint et directeur financier du groupe African Guarantee Fund, son «objectif principal est d’encourager le financement des petites et moyennes entreprises». Dans un communiqué rendu public à l’issue de la signature dudit accord, Attijariwafa bank a indiqué que cette convention permettra au groupe bancaire marocain de «soutenir la femme entrepreneuse en bénéficiant de garanties de portefeuille d’une part, et d’apporter un soutien technique, en partenariat avec African Guarantee Fund, aux PME dans tous les pays de présence du groupe d’autre part». Commentant cet accord, le président directeur général du groupe Attijariwafa bank, Mohamed El Kettani, a déclaré que «la signature de ce Mémorandum est la concrétisation d’un partenariat fort entre deux grands groupes très impliqués dans le développement de l’Afrique». «Notre groupe a toujours accompagné les entrepreneurs et notamment la femme entrepreneuse fortement engagée dans nos sociétés africaines», a déclaré le patron du groupe bancaire marocain rappelant, à ce titre, qu’Attijariwafa bank a signé, lors du dernier Forum international Afrique développement, un accord pour la promotion de l’initiative SUFAWE (Stand Up For African Women Entrepreneurs) avec la Banque africaine de développement (BAD) et quatre associations africaines œuvrant en faveur de la femme entrepreneuse. Pour Mohamed El Kettani, il ne fait aucun doute qu’African Guarantee Fund, «en tant qu’acteur majeur dans le soutien de la PME africaine, est le partenaire idéal pour développer davantage notre soutien à l’entrepreneuriat féminin en Afrique». «La signature de ce MoU est l’expression de la forte volonté du groupe African Guarantee Fund de soutenir la PME africaine. Son financement est d’autant plus important, connaissant le rôle qu’elle joue dans les économies africaines», a relevé le directeur général du groupe African Guarantee Fund, Félix Bikpo. Rappelons à ce propos que l’objectif principal de cette institution financière panafricaine à caractère non bancaire est la promotion du développement économique, la lutte contre le chômage et la réduction de la pauvreté en Afrique par la mise à disposition de garantie et le renforcement des capacités aux institutions financières, dans l’optique de soutenir les PME en Afrique. Pour ce Fonds majeur en Afrique, créé par le gouvernement danois, «ce Mémorandum correspondant parfaitement à l’esprit du Global Gender Summit», selon Félix Bikpo. Et pour cause : Attijariwafa bank, en sa qualité de leader responsable, premier groupe à l’échelle du Maghreb et de la région UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et un acteur de référence au sein de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale), «a lancé un nombre important d’initiatives en faveur de l’entrepreneuriat, dont Dar Al Moukawil, concept exclusif et innovant, dédié à l’accompagnement, le conseil et la formation, en faveur des TPE clientes et non clientes, via des centres physiques et une plateforme digitale www.daralmoukawil.com, notamment pour la création d’entreprise, le développement de projets, l’accès aux marchés, etc», a-t-il souligné. Et de rappeler, par ailleurs, que les deux institutions collaborent déjà et qu’il s’agit ici finalement plus d’un élargissement de ce partenariat à d’autres pays. Il est à préciser que l’African Guarantee Fund agit sur le terrain par l’intermédiaire de l’Agence danoise de développement international. Alain Bouithy
La création d’emplois décents dans l’agriculture réduirait la migration des jeunes
KIGALI. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a affirmé récemment que les entreprises agricoles peuvent contribuer à enrayer la vague migratoire qui touche le continent africain. De nombreuses opportunités existent pour les jeunes Africains tout au long de la chaîne de valeur agricole, a soutenu l’agence onusienne lors de la conférence consacrée à l’emploi des jeunes dans l’agriculture qui s’est tenue les 20 et 21 août courant à Kigali au Rwanda. Ainsi que l’a relevé le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, «créer des opportunités d’emplois décents pour les jeunes Africains dans le secteur de l’agriculture peut contribuer à réduire de manière importante la migration des jeunes». Le patron de l’organisation croit fermement que «si les jeunes sont en mesure d’accéder à ces opportunités, ils ne quitteront pas le continent à la recherche d’autres». S’exprimant à l’occasion de cet important rendez-vous continental, co-organisé par l’Union africaine (UA), le gouvernement rwandais et la FAO, José Graziano da Silva a, par ailleurs, assuré que «nous possédons les moyens de fournir ces opportunités ici où vous pouvez voir et contribuer à bâtir l’avenir de vos pays et de votre continent». Comme l’a rappelé la FAO dans un communiqué au lendemain de ladite conférence, près de 65 à 75% des migrants originaires d’Afrique sont des jeunes et la plupart d’entre eux partent à la recherche d’opportunités d’emplois. Selon les estimations de l’organisation, quelque dix millions d’emplois devront être créés chaque année en Afrique alors que la population du continent est en constante augmentation. A en croire la FAO, «le secteur agricole – et notamment les systèmes alimentaires et les chaînes de valeur qui y sont associés – peuvent offrir des débouchés entrepreneuriaux non négligeables pour les jeunes». D’où l’intérêt de cette conférence à laquelle ont pris part des délégués issus de 58 pays, des membres de plus de 30 organisations régionales et internationales, du secteur privé, des partenaires en développement ainsi que des représentants de gouvernements et des associations de jeunes. Une conférence qui s’est penchée sur les principales questions touchant à la thématique retenue et qui a souligné les nombreux défis auxquels les jeunes sont confrontés. Les participants ont donc eu l’occasion de mettre l’accent sur « les facteurs de production tels que la terre qui représente l’un des obstacles les plus importants pour les jeunes désireux de commencer ou de développer leurs entreprises agricoles », rapporte la FAO sans oublier d’ajouter l’accès limité aux mécanismes de crédit, entre autres défis. Comme l’avait indiqué la FAO avant son ouverture, la conférence de Kigali visait à favoriser les échanges entre les parties prenantes sur les connaissances et les meilleures pratiques au sujet des interfaces entre l’agriculture, l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat, les innovations dans le domaine des TIC, afin de prioriser les interventions pour aller de l’avant. Soulignons qu’à l’issue de cette manifestation, la délégation de jeunes a ainsi relevé sa part de recommandations à prendre d’urgence dans un communiqué décliné en 8 points. Selon ce document, il est question de «faire de la conférence des jeunes un évènement biannuel, renforcer les capacités, créer un environnement favorable aux jeunes, garantir aux zones rurales l’accès aux services essentiels afin de pratiquer une agriculture moderne et de soutenir les agro-entreprises et la chaîne de valeur». Autres mesures exposées : changer l’image négative associée à l’agriculture et soutenir les plateformes nationales de jeunes dédiées au partage de connaissances et aux meilleures pratiques, a relevé la même source. A propos de la perception négative des jeunes de l’agriculture, l’organisation a estimé que « les rendre fiers d’être agriculteurs nécessite de changer l’image mais aussi les conversations portant sur l’agriculture en les orientant davantage vers des discussions axées sur les opportunités et les profits qui peuvent être accumulés tout au long de la chaîne agroalimentaire ». S’agissant de la résolution des problèmes auxquels ils sont confrontés dans ce secteur, la « FAO a appelé à créer un établissement dédié aux jeunes dont la tâche serait de les aider à relever certains des défis qu’ils rencontrent lorsqu’il s’agit de mettre en place et de développer leurs entreprises agricoles », peut-on lire sur le site de l’agence onusienne, précisant que la structure serait tout d’abord lancée au Rwanda puis reproduite dans les autres pays africains. Alain Bouithy