GITEX : la GIZ et We4She lancent un programme inédit pour faire progresser l’inclusion des femmes dans les secteurs du futur

GITEX : la GIZ et We4She lancent un programme inédit pour faire progresser l’inclusion des femmes dans les secteurs du futur

En marge de GITEX Africa 2026 à Marrakech, la GIZ et We4She annoncent le lancement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) destiné à accompagner les entreprises marocaines dans l’intégration de l’égalité des genres au cœur de leur ADN. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet INEFF « Inclusion économique des femmes dans les secteurs du futur », porté par la GIZ en partenariat avec le Ministère de l’Inclusion Économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, et le réseau We4She. Présenté à l’occasion de la conférence « Women Shaping the Future Economy », cet AMI constitue une étape concrète dans la mise en œuvre d’actions visant à renforcer la place des femmes dans les secteurs stratégiques de l’économie marocaine. À l’heure où le Maroc connaît de profondes mutations, portées notamment par la digitalisation, la transition énergétique et la montée en gamme industrielle, la mobilisation des talents féminins s’impose comme un levier majeur de compétitivité. Ce programme a ainsi pour vocation de sélectionner un premier groupe d’entreprises évoluant dans ces secteurs d’avenir, afin de les accompagner dans la structuration et le déploiement de démarches ambitieuses en faveur de l’égalité des genres. Les entreprises sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement complet, articulé autour d’un diagnostic approfondi de leurs pratiques, d’un appui opérationnel sur mesure pour définir et mettre en œuvre des actions concrètes, ainsi que d’un soutien financier pouvant atteindre 250 000 dirhams pour la réalisation de ces mesures qui vont de la formation à la mise en place de crèches d’entreprises. L’ambition est d’ancrer ces transformations dans la durée, en dotant les entreprises d’outils de pilotage et de suivi adaptés, tout en encourageant l’émergence de pratiques exemplaires à l’échelle nationale. Ce lancement s’appuie également sur la signature d’un Mémorandum d’Entente (MoU) entre la GIZ et We4She, qui formalise un partenariat stratégique destiné à accélérer l’égalité des genres dans l’économie marocaine. À travers cette collaboration, les deux partenaires entendent agir de manière complémentaire sur la transformation des entreprises, la sensibilisation des acteurs économiques et la création d’un environnement plus propice à l’inclusion. Les entreprises intéressées par l’Appel à Manifestation d’Intérêt sont invitées à consulter les modalités de participation et à déposer leur candidature sur la plateforme dédiée : https://www.ineffwe4she.com/.

Les bienfaits économiques de l’inclusion des femmes sont même plus élevés qu’on ne le pensait

Les bienfaits économiques de l’inclusion des femmes sont même plus élevés qu’on ne le pensait

TRIBUNE. Malgré certains progrès, les écarts de participation à la population active entre hommes et femmes restent considérables. Pour ne citer qu’un exemple, aucun pays avancé ni à revenu intermédiaire n’a réduit cet écart à moins de 7 points de pourcentage. Cette inégalité des chances entre femmes et hommes implique un coût économique colossal, car elle bride la productivité et pèse sur la croissance. Selon une récente étude du FMI, les obstacles à l’entrée des femmes dans la vie active (distorsions fiscales, discriminations, facteurs socioculturels) ont un coût supérieur à toutes les estimations faites précédemment, et les bienfaits d’une élimination des inégalités entre les sexes sont encore plus importants qu’estimé auparavant. Il incombe donc aux décideurs de tout faire pour lever d’urgence ces obstacles. L’importance de la diversité de genre Notre analyse repose sur l’observation suivante, étayée par d’innombrables données microéconomiques : les femmes et les hommes apportent au monde du travail des compétences et des optiques différentes, et ont notamment une approche distincte du risque et de la collaboration. Les recherches ont aussi montré que les entreprises voient leurs résultats financiers s’améliorer lorsque la composition de leurs conseils d’administration est plus équilibrée entre hommes et femmes. Il est surprenant qu’aucune étude n’ait encore analysé les retombées macroéconomiques de ces données microéconomiques. Selon la définition des manuels, la main‑d’œuvre est l’ensemble des effectifs d’hommes et de femmes sur le marché du travail. Dans la mesure où le remplacement d’un homme par une femme dans cet ensemble ne change rien à la main‑d’œuvre, la diversité de genre n’a pas d’intérêt : hommes et femmes sont censés être parfaitement substituables. Or, selon nos données (macroéconomiques, sectorielles, et au niveau des entreprises), les femmes et les hommes sont complémentaires dans le processus de production, ce qui bénéficie davantage à la croissance que le seul fait d’augmenter le taux d’emploi des femmes. Autrement dit, l’accroissement du nombre de femmes dans la population active devrait entraîner des bienfaits économiques plus importants qu’un accroissement équivalent du nombre d’hommes (ou pour utiliser le jargon des économistes, l’élasticité de substitution entre femmes et hommes dans la production est faible). Les principaux bienfaits de la réduction des disparités femmes–hommes Ce constat a de profondes conséquences. Un plus fort coup de fouet à la croissance : Dans la mesure où les femmes apportent de nouvelles compétences au monde du travail, l’augmentation de leur participation à la main‑d’œuvre (moyennant la réduction des obstacles qui s’y opposent) entraîne une amélioration de la productivité et une accélération de la croissance qui dépassent ce que l’on pensait précédemment. En effet, notre étalonnage semble indiquer que, pour la moitié inférieure des pays de notre échantillon sur le plan de l’inégalité entre les sexes, l’élimination des disparités femmes–hommes pourrait entraîner une augmentation du PIB de 35 % en moyenne. Une telle accélération de la croissance provient pour quatre cinquièmes de la hausse de la population active, mais pour un bon cinquième des bienfaits de la diversité de genre sur la productivité. Une augmentation de la productivité : Dans les situations où les disparités femmes–hommes se sont atténuées au fil du temps, l’interprétation des données a accordé trop d’importance à l’amélioration de l’efficacité (ou aux gains de la productivité totale des facteurs) comme source de croissance. En réalité, l’amélioration attribuée à la productivité s’explique en partie par l’augmentation progressive du nombre de femmes dans la main‑d’œuvre. Une hausse des revenus masculins : Nos résultats semblent indiquer que l’insertion d’un plus grand nombre de femmes dans la main‑d’œuvre aura aussi pour effet une hausse des salaires masculins, en raison de l’accroissement de la productivité. C’est important, car cela devrait renforcer les arguments en faveur de l’élimination des obstacles qui empêchent les femmes d’accéder à un emploi décent. Les bienfaits sont encore supérieurs si les obstacles à la participation des femmes sont levés durant les phases de développement : L’essor du secteur des services sous l’impulsion du développement économique fait entrer davantage de femmes dans la population active. Toutefois, nos travaux montrent que cette évolution est ralentie par les obstacles auxquels se heurtent les femmes pour accéder à l’emploi, obstacles qui varient d’une région et d’un pays à l’autre, et sont écrasants dans certaines parties du monde — équivalant à des taux d’imposition du travail féminin pouvant aller jusqu’à 50 %. Les pertes de bien-être qui en découlent (consommation et loisirs) sont considérables, même si l’on tient compte de la diminution de la « production domestique » lorsque les femmes accèdent au marché du travail. Nous constatons, par exemple, que les coûts en bien‑être économique sont supérieurs à 20 % dans la région Moyen-Orient–Afrique du Nord de même qu’en Asie du sud. Tirer parti de ces bienfaits Même s’il n’existe aucune solution miracle, plusieurs mesures peuvent contribuer à réduire les disparités femmes–hommes, notamment la promulgation de lois assurant aux femmes l’égalité des droits d’accès à la propriété et au crédit. Des réformes fiscales (qui remplacent par exemple la fiscalité familiale par une fiscalité individuelle et accordent des crédits d’impôt) peuvent favoriser la participation à la main‑d’œuvre parmi les populations à faible revenu. La réduction des inégalités dans les domaines de l’éducation et de la santé, avec notamment des congés de paternité et de maternité financés par l’État et une disponibilité accrue des structures d’accueil d’enfants et de personnes âgées, peut accroître la participation des femmes au marché du travail, de même que l’amélioration de l’accès aux infrastructures de transport, d’eau et d’électricité. Le tableau complet de la situation Ces enjeux n’ont rien de nouveau, mais ils acquièrent un caractère d’urgence. Depuis des années, le FMI est à l’avant-garde de l’analyse des coûts économiques des inégalités et des remèdes éventuels. Nous savons que l’inégalité des chances entre femmes et hommes représente des coûts économiques colossaux et peut porter atteinte à la santé économique des nations. Nous découvrons aujourd’hui que ces coûts sont même supérieurs à toutes nos estimations précédentes. Maintenant que nous sommes face au tableau complet de la situation, il est d’autant plus impérieux de tout mettre en