RDC : le M23 a commis des « exécutions sommaires » d’enfants à Bukavu, selon un rapport de l’ONU

RDC : le M23 a commis des « exécutions sommaires » d’enfants à Bukavu, selon un rapport de l’ONU

Après la prise de Bukavu par le M23, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU fait état d’une « forte détérioration » de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), entraînant de graves abus tels que des exécutions sommaires, y compris d’enfants, et des violences sexuelles liées au conflit. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) indique avoir reçu des confirmations de cas d’exécution sommaire d’enfants par le M23 après son entrée dans la ville de Bukavu la semaine dernière. « Nous savons également que des enfants étaient en possession d’armes », a déclaré lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, Ravina Shamdasani, porte-parole du HCDH. Le HCDH fait état d’une situation « très chaotique », faisant référence à ces vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux. Celles-ci montrent des enfants âgés de 11 à 15 ans, qui utiliseraient des uniformes abandonnés par les Forces armées congolaises (FARDC), et tirant des coups de feu et pillant des magasins. Des enfants tués au quartier latin à Bukavu « Nous avons également appris que le 16 février, dans un quartier appelé quartier latin à Bukavu, 3 garçons ont été tués lors d’une altercation avec des membres du M23. Selon des informations recueillies auprès de sources fiables, les trois garçons, qui n’ont pas encore été identifiés, transportaient des armes collectées dans un camp abandonné des FARDC et ont été interceptés par le M23. Ils ont refusé de désarmer et, au cours d’un échange de tirs qui a suivi, les trois enfants ont été tués », a détaillé Mme Shamdasani. Déjà, jeudi dernier, la Directrice générale de l’UNICEF, avait sonné l’alarme quant à l’augmentation des violations graves des droits des enfants, précisant que sur les deux dernières semaines 1.100 mineurs non accompagnés avaient été identifiés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. « Même avant la récente intensification de la crise, le recrutement d’enfants par des groupes armés était déjà en hausse dans la région. Désormais, les parties au conflit appelant à la mobilisation de jeunes combattants, le rythme de recrutement va probablement s’accélérer », s’est inquiétée Catherine Russell, évoquant des enfants recrutés dès l’âge de 12 ans. Recrutement forcé d’enfants En outre, les services du Haut-Commissaire Volker Türk indiquent avoir reçu des informations sur des arrestations et des détentions arbitraires, des traitements dégradants et des allégations de retours forcés de jeunes Congolais fuyant la violence dans les pays voisins. « Nous recensons également des cas de mauvais traitements, de violences sexuelles et sexistes liées au conflit, de recrutement d’enfants et de recrutement forcé, d’intimidation et de menaces de mort », a ajouté Mme Shamdasani. Alors que les rebelles soutenus par le Rwanda ont pénétré vendredi 14 février dans la capitale provinciale du Sud-Kivu, moins de trois semaines après avoir pris le contrôle de Goma, le chef des droits de l’homme de l’ONU, appelle le Rwanda et le M23 à protéger tous les individus dans les territoires qu’ils contrôlent. Volker Türk demande au Rwanda et au M23 de veiller à ce que les droits de l’homme et le droit humanitaire international soient respectés.  Il exprime son horreur face aux événements qui se déroulent au Sud et au Nord-Kivu et à l’impact qu’ils ont sur les civils. M. Türk demande aux différentes parties de reprendre le dialogue dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi. « Les risques de débordement vers un conflit encore plus profond et plus large sont effroyablement réels et auront des conséquences encore plus dévastatrices pour les civils », a insisté la porte-parole du Haut-Commissariat. Risques de représailles contre des défenseurs des droits de l’homme  L’avancée du M23, soutenu par le Rwanda, dans le Sud-Kivu a plongé la région dans une crise sécuritaire et humanitaire complexe, provoquant des déplacements de population. Sur le terrain, des hôpitaux et des entrepôts humanitaires ont également été attaqués, et des menaces ont été proférées à l’encontre du système judiciaire. À la suite de l’évasion des prisons centrales de Kabare et Bukavu le 14 février, le HCDH indique avoir reçu des demandes de protection de la part de victimes et de témoins. Ils craignent des représailles de la part des évadés, étant donné leur participation active aux procès contre certains de ces prisonniers reconnus coupables de graves violations des droits de l’homme et d’abus – dont certains constituent des crimes internationaux. A ce sujet, le HCDH s’est inquiété de la sécurité des avocats, mais aussi des journalistes. « Des défenseurs des droits de l’homme toujours bloqués à Bukavu et à Goma, ont exprimé des craintes pour leur sécurité, en raison de leur engagement actif en faveur des droits de l’homme et de leur dénonciation des violations et des abus commis par le Rwanda et le M23 dans divers territoires de l’est de la RDC ». Des milliers de personnes se réfugient en quelques jours au Burundi Entre 10.000 et 15.000 personnes sont entrées au Burundi ces derniers jours, fuyant l’escalade de la tension et de la violence dans l’Est de la RDC. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), la plupart des arrivants sont des Congolais, principalement originaires de la région de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, où la situation continue de se détériorer. Un plus petit nombre de ressortissants burundais sont également rentrés dans leur pays, fuyant les affrontements. Les personnes arrivent principalement au poste frontière de Gatumba, près de la capitale Bujumbura, épuisées et traumatisées, souvent séparées de leur famille et avec peu d’informations sur le lieu où elles se trouvent. « Des équipes du HCR sont présentes pour s’assurer que les personnes arrivant en quête de sécurité reçoivent le soutien dont elles ont besoin en attendant l’enregistrement et les procédures d’accueil ultérieures », a affirmé Matthew Saltmarsh, porte-parole du HCR. Plusieurs personnes se sont noyées le long de la rivière Rusizi « Des milliers de personnes arrivent par des points de passage non officiels, notamment le long de la rivière Rusizi, près de Rugombo, et que plusieurs personnes se

International : M. Sassou emberlificoté dans une situation explosive en Afrique centrale

International : M. Sassou emberlificoté dans une situation explosive en Afrique centrale

Au cours de sa dernière interview accordée à France 24 en marge du 38ème sommet ordinaire de l’Union Africaine à Addis Abeba, le Président de la république du Congo, Denis Sassou Nguesso a refusé de participer aux sanctions contre le Rwanda. Il devient ainsi de facto un allié objectif de Paul Kagamé de plus en plus condamné en posture d’agresseur de la RDC. Decryptage. La situation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) a été au centre des discussions du récent sommet de l’Union africaine (UA). Cependant, aucune condamnation explicite du Rwanda n’a été prononcée par les États membres, malgré les appels de la RDC en ce sens. Alors que l’Union Européenne tout comme les Nations unies condamnent le Rwanda et ne cessent d’exhorter au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Par ailleurs, les participants au sommet conjoint de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tenu le 8 février 2025 à Dar es Salaam qui avaient condamné l’activisme du groupe armé M23 et exigé le retrait immédiat des forces rwandaises des territoires occupés en RDC, ne sont pas surpris de l’attitude de l’UA. L’histoire leur donne finalement raison pour avoir chassé de leurs assises le président de la commission de l’U.A d’alors, M. Moussa Faki Mahamat, dont l’appui manifeste de la France est connu de toutes les chancelleries à la fois au niveau Africain et Tchadien car elle avait souhaité en faire le successeur de Mahamat Idris Deby Itno à Ndjaména. Que dire alors du Congo Brazzaville et de son chef dans ce contexte ? La position du Congo Brazzaville et Cie ? La situation géopolitique extrêmement intriquée avec des intérêts variés de la part des voisins de la RDC fait finalement sortir le Congo-Brazzaville de son ambiguïté stratégique. La dégradation violente de ses relations diplomatiques avec la RDC après la destruction de son ambassade à Kinshasa a conduit à un premier pas en direction d’un soutien ouvert de Kigali, à l’instar de l’Ouganda et du Kenya. En revanche, le Burundi qui a déployé des troupes en soutien aux forces armées congolaises pour lutter contre les groupes rebelles dans l’est de la RDC, se situe avec l’Afrique du Sud et l’Angola dans un axe pro-Kinshasa. Faut -il voir dans le choix de Denis Sassou Nguesso une continuité des accords qui lient son pays au Rwanda ? On peut le conjecturer car, l’existence d’un volet sécurité inclut dans ces dits accords semble conforter l’idée d’un pacte de coopération stratégique renforcé. D’ailleurs, certaines langues suspectent Brazzaville d’héberger un bataillon d’élite militaire rwandaise prête à prendre Kinshasa en tenaille depuis le nord et le sud de la rive droite de Brazzaville. Ce faisant, l’attitude de M. Sassou Nguesso expose son pays à de potentielles représailles économiques et militaires de Kinshasa et de ses alliés (Angola, Afrique du Sud, Zambie). Ledit attitude l’ouvre à un potentiel rôle de cobelligérant extrêmement dangereux pour la sous-région ! Peuplée de 17 millions d’habitants, Kinshasa mieux armée que Brazzaville, représente 3 fois la population de l’ensemble de la République du Congo. Sa déstabilisation touchera la république du Congo avec qui elle partage une frontière de plusieurs kilomètres le long du fleuve Congo. Le cynisme de ces choix de stratégie sécuritaire repose sur un pari de dévolution du pouvoir au fils Denis Christel Sassou Nguesso signataire et premier bénéficiaire de ces accords par la nature des opérations financières engagées à travers Crystal Ventures Ltd et Macefield Ventures Congo Holding SASU. Il ne faut pas ignorer le travail de retournement des agences de sécurité américaines (CIA, NSA) dont la Franc maçonnerie de Prince Hall est l’une des principales courroies de transmission de l’influence anglo-saxonne US en territoire subsaharien auparavant maîtrisé par Paris (France). Ce 18 février a été marqué par des rumeurs persistantes de la montée en puissance d’opérations des brouillage des communications. Cela a été suivi par le survol matinal et publiquement visible par les populations côtières de deux aéronefs de type drone au-dessus des de Brazzaville et Kinshasa. Sans doute la technologie turque à l’œuvre une fois de plus… Un vent d’ouest de l’histoire va-t-il tourner, ne laissant aucune possibilité aux protagonistes de garder les choses inchangées ? L’inconnu de cette dynamique va-t-elle se répéter avec la même ampleur qu’en 1997 ? Ces questions valent la peine d’être posées d’autant que nous sommes très loin de la fin de l’histoire des deux Congo au sens de Francis Fukuyama. Il est à craindre le pire au moment où Brazzaville traverse une crise systémique grave, par la faute de la gouvernance calamiteuse et cynique de ses dirigeants incompétents. En ce sens, les quelques pauvres narratives qui visent la calomnie et la médisance des analyses et réflexions sérieuses que nous proposons démontrent de la vacuité des contre-arguments portés par ces dirigeants et leurs hommes liges. Nous sommes entrés dans des temps historiques uniques, où l’Intelligence Artificielle, la concentration des richesses mondiales dans les mains de 1% de la population mondiale, les défis énergétiques et autres graves challenges laissent augurer de la question de la pérennité de l’humanité en elle-même. Élevons nos débats au-dessus des minables contingences matérielles qui font trembler les gueux et hauts les cœurs aux hommes de bonne volonté. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Teddy Mfitu à Corneille Nangaa : « l’hécatombe causée par vos actions militaires sur des familles congolaises innocentes réclame une réponse »

Teddy Mfitu à Corneille Nangaa : « l’hécatombe causée par vos actions militaires sur des familles congolaises innocentes réclame une réponse »

Le récit de persécution, d’exil et de lutte personnelle de Corneille Nangaa Yobeluo, le coordonnateur de l’Alliance fleuve Congo, « suscite peu de compassion lorsqu’on le confronte aux souffrances endurées par le peuple congolais « , affirme le polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR, Teddy Mfitu, dans une lettre ouverte adressée à l’ex-patron de la commission électorale nationale indépendante (CENI). Lettre ouverte à Corneille Nangaa Yobeluo : Coordonateur de l’AFC-RDF-M23 et architecte autoproclamé du chaos Monsieur Corneille Nangaa Yobeluo, C’est en tant que patriote, journaliste, écrivain et chercheur que je me permets de vous adresser cette lettre ouverte. Vous avez récemment fait des déclarations qui, non contentes d’être sidérantes, révèlent une vision de l’histoire aussi biaisée que dangereuse. Vous vous présentez comme le créateur d’un monstre, mais l’on se demande si vous êtes vraiment le démiurge de cette sombre créature ou simplement un infirmier ayant assisté à sa naissance tumultueuse ? Revenons à 2018, lorsque vous étiez le président de la Commission électorale nationale indépendante. Vous avez proclamé Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo vainqueur des élections, bien que Martin Fayulu Madidi ait apparemment devancé ses rivaux selon vos déclarations aujourd’hui actualisées. Vous affirmez que ce choix était un compromis nécessaire pour éviter un bain de sang. Les Gomatraciens devraient vous être éternellement reconnaissants dans ce cas. Cependant, cette justification ne peut masquer l’ombre d’une manipulation électorale qui a trahi la volonté du peuple congolais. Êtes-vous donc le garant de cette première alternance pacifique ou le fossoyeur de la démocratie ? Vous vous vantez de diriger plus de 20 000 terroristes, membres effectifs des forces spéciales rwandaises pour des raisons de gouvernance en République démocratique du Congo. Une déclaration choquante qui soulève la question de votre allégeance et de votre intégrité. Porter la responsabilité du carnage perpétré par les terroristes rwandais sur le sol congolais est un fardeau que vous semblez porter avec une légèreté inquiétante. Votre récit de persécution, d’exil et de lutte personnelle suscite peu de compassion lorsqu’on le confronte aux souffrances endurées par le peuple congolais. Vous vous présentez comme une victime, mais le véritable martyr, c’est le Congo, saigné par des décennies de conflits et de trahisons politiques. En vous attribuant le mérite de la création d’un monstre, vous occultez la part de responsabilité de l’ancien Président Joseph Kabila Kabange et de ses alliés, en brouillant les lignes de la vérité historique. Votre relation avec la vérité semble aussi trouble que votre passé politique. Monsieur le Coordonateur Corneille Nangaa Yobeluo, l’histoire n’est pas un conte où chacun peut se tailler un rôle de héros ou de victime à sa convenance. L’histoire est faite de faits, de responsabilités et de conséquences. Monsieur le Président honoraire de la CENI Corneille Nangaa Yobeluo, En discutant publiquement de gouvernance, vous semblez souffrir d’une amnésie volontaire qui vous empêche de fournir des explications sur l’origine de votre immense fortune dont les acquisitions immobilières prestigieuses, étrangement réparties à travers tout le pays mais aussi à l’étranger. Comment se fait-il qu’avec votre seul salaire de la CENI, vous ayez pu amasser un tel patrimoine en si peu de temps ? Cette omission ne fait qu’attiser les soupçons quant à la transparence de vos affaires. Qui sont vos vendeurs de carrés miniers et depuis quelle date ces transactions ont-elles eu lieu? Nous, Congolais, avons le droit de savoir où vous payez vos impôts, si tant est qu’ils soient payés, et quelles justifications vous offrez quant à la présence de certains carrés miniers congolais entre les mains des caciques des régimes ougandais et rwandais. Votre silence à ce sujet est assourdissant et suscite des questions quant à votre loyauté envers le peuple que vous prétendez servir. De plus, l’hécatombe causée par vos actions militaires sur des familles congolaises innocentes réclame une réponse. Ces victimes n’ont ni participé aux stratagèmes politiques ni revendiqué de privilèges quelconques; elles ont simplement subi les conséquences de décisions prises loin de leur réalité quotidienne. Votre posture actuelle de défenseur d’une certaine ethnie, face à ces tragédies, semble d’un ridicule qui frise la sorcellerie. Même Paul Kagame pourtant à la tête du Rwanda, un empire du mensonge industriel avéré, et dont vous vous réclamez l’allié, ne semble pas en mesure de vous rivaliser sur le coup tellement vous avez mis la barre haute. Peut-être serait-il temps de mettre votre érudition au service de la réhabilitation de ces vies fauchées de manière si cruelle. Le fardeau de ces actes ne disparaîtra pas, et il vous incombe d’assumer la responsabilité de vos choix. L’histoire vous jugera non sur vos mots, mais sur les actions que vous entreprendrez pour honorer la mémoire de ceux qui ont souffert injustement par votre avidité du pouvoir. Vous avez choisi de vous présenter comme le créateur d’un monstre. Il est un problème philosophique fondamental qui émerge de votre propension à vous attribuer des actes dont vous n’êtes pas l’auteur et à vous draper dans les habits du coupable pour des crimes impardonnables. Ce mensonge, cette construction fallacieuse d’une identité de martyr ou de héros, révèle tragiquement les limites de ceux qui s’arrogent par frustration le droit de se croire indispensables. La recherche de la vérité, non seulement comme une quête de connaissance, mais comme un impératif moral n’autorise pas de mentir pour se donner un rôle. C’est non seulement trahir la vérité, mais c’est également nier la dignité de ceux qui sont les véritables victimes de l’histoire. En usurpant la responsabilité des véritables auteurs des crimes innommables contre notre peuple sur notre propre sol, vous ne faites qu’ajouter une couche supplémentaire de tromperie à un récit déjà embrouillé par les intérêts personnels et les agendas cachés. Cette démarche n’est pas seulement une question de moralité, mais aussi une question d’intégrité intellectuelle. Ceux qui utilisent la langue française, ou toute autre langue, pour manipuler la perception de la réalité doivent se rappeler que la complexité du verbe ne confère pas la profondeur de la pensée. La véritable intelligence réside dans la capacité à confronter la vérité, aussi inconfortable soit-elle, et à

RDC/Rwanda. “DELENDA CARTHAGO EST“…

RDC/Rwanda. “DELENDA CARTHAGO EST“…

TRIBUNE. “Le seul président que j’aime en Afrique, c’est le président du Rwanda, Monsieur Kagame qui œuvre au développement de son pays.”, cette grosse affirmation sort de la bouche du nouveau président des États-Unis, Donald Trump qui l’a prononcée samedi dernier devant un parterre de journalistes, à l’heure même où la diaspora congolaise manifestait à Paris contre l’invasion militaire rwandaise du territoire congolais. Un autre soutien à Kagame vient du gouvernement israélien prêt à se ranger à côté de Kagame dans sa sale besogne contre le peuple congolais. Puis celui de l’ex-président sud-africain, Thabo Mbeki, qui a ouvertement porté son soutien au Rwanda contre la RDC. Il reconnaît aux rwandais le droit d’envahir l’Est du pays pour défendre les terres occupées par leurs frères « banyamulenge ». On ne parle même plus de balkanisation mais c’est carrément d’annexion au Rwanda des deux Kivus. Et justement durant cette manifestation de la diaspora congolaise à Paris, à laquelle se sont joints beaucoup d’étrangers dont de nombreux européens, un honorable député français a dénoncé haut et fort aussi bien la présence d’une base de l’Otan au Rwanda que le plan britannique de récupération des sans-papiers et toutes ces multinationales devenues les receleurs des minerais pillés en RDC. Il en a voulu à l’UE qui alimente les conflits via ces accords scélérats et surtout la France qui n’assume pas son rôle de médiateur pour relever ce premier pays francophone du monde. Il demande d’arrêter cette complaisance vis-à-vis de Kagame et vis-à-vis du Rwanda. De toutes ses déclarations, une a principalement retenu mon attention, la présence d’une base militaire de l’OTAN au Rwanda. Jusque là tous les analystes parlaient en termes de financement et de soutiens logistiques portés par les puissances occidentales à l’armée Rwandaise jusqu’à ce que les congolais découvrent la présence des militaires occidentaux dans les troupes rwandaises attaquant le territoire congolais. Parmi les victimes tuées par les FARDC sur le champ de bataille se comptent beaucoup de militaires blancs. La guerre n’est plus entre la RDC et le Rwanda ni entre pays africains aidant l’un de deux belligérants. La guerre a pris une dimension internationale et le Rwanda sert simplement de paravent à une armée à plusieurs tentacules. Ça me fait penser aux cochonneries que ces otaniens ont voulu faire contre la Russie en se servant de l’Ukraine. Si la RDC compte encore des élites intellectuelles sérieuses, ces dernières doivent réfléchir le plus vite possible sur les bénéfices de la stratégie anticipative de Poutine, sur la modalité de plier le Rwanda avant que celui-ci ne devienne la plaque tournante d’essaimage de conflits et des prédations occidentales en Afrique des grands lacs. Comme ces puissants se cachent derrière leur sous-traitant désormais connu de tous, si la cohésion intérieure congolaise venait de se constituer et que le protégé des occidentaux arrivait à être défait, les commanditaires de ce dernier seront bien obligés de reculer et de revoir leur plan de destabilisation du Congo. Ils seront bien forcés de capituler comme ils l’ont fait à Kiev. À la lumière de la sagesse de Caton l’ancien au moment où Rome perdait pied dans les longues guerres puniques qui l’opposaient à Carthage, le gouvernement congolais doit adopter son mot d’ordre: “Delenda Carhago est”. Et pour appliquer cette stratégie de Caton sur ce qui se passe en RDC, il faut que désormais la meilleure défense qui vaille pour ce pays agressé soit l’attaque et la neutralisation du lieu d’où provient ce chaos organisé. Ceci est une question de survie ou de disparition de la nation congolaise. Germain Nzinga

Stéphanie Wolters : « Kigali et Kampala n’ont pas besoin d’une guerre pour accéder aux ressources congolaises »

Stéphanie Wolters : « Kigali et Kampala n’ont pas besoin d’une guerre pour accéder aux ressources congolaises »

GUUERRE DE L’EST. « Le Rwanda a des ambitions territoriales claires à l’est de la RDC », affirme Stéphanie Wolters, experte des dynamiques régionales en Afrique centrale, dans un entretien au journal LePoint. Mais contrairement aux idées reçues, cette chercheuse principale associée à l’ISS affirme que « Kigali et Kampala n’ont pas besoin d’une guerre pour accéder aux ressources congolaises ». Et pour cause: « des réseaux bien établis leur permettent déjà d’en tirer profit depuis des années ». Pour Stéphanie Wolters, « l’intervention militaire dépasse donc la seule question économique. Le Rwanda a des ambitions territoriales claires à l’est de la RDC, et c’est une réalité qui a longtemps été éludée », explique-t-elle lors de cet entretien où elle décrypte les rapports de force entre la RDC, le Rwanda et les acteurs régionaux.. Un autre élément crucial abordé lors de cet entretien: la question des droits des Tutsis congolais. Selon l’experte, « Kinshasa n’a jamais réellement abordé cette problématique, laissant le Rwanda instrumentaliser cette communauté pour justifier ses interventions. Bien sûr, cela ne saurait excuser le soutien de Kigali à une attaque contre un État souverain, mais si l’on veut véritablement mettre fin à cette guerre, tous les acteurs doivent assumer leur part de responsabilité et repenser leur approche. Autrement, ce cycle de violences restera sans fin ». Martin Kammm

Afrique noire : les services de sécurité de plusieurs pays interpellés en ces temps apocalyptiques

Afrique noire : les services de sécurité de plusieurs pays interpellés en ces temps apocalyptiques

TRIBUNE. Le conflit rwando-congolais prend la tournure tragique que nous avions annoncée ! Les tambours de guerre grondent de toutes parts. Plusieurs pays, parmi lesquels le Congo-Brazzaville, arrivent au seuil du choc et de l’effroi du fait de leurs propres turpitudes. Le 29/01/2025, dans un discours d’orgueil et de défis, le président rwandais, Paul Kagame, a tancé son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa : « si jamais la RSA s’aligne derrière Félix Tshisekedi pour combattre l’armée rwandaise et le M23… ». Sur X, il a déclaré que la SAMIDRC n’est pas une force de maintien de la paix. Elle a été autorisée par la SADEC en tant que force belligérante engagée dans des opérations de combats pour aider le Gouvernement de la RDC… Paul Kagamé justifie son intervention en RDC pour défendre ses frontières contre des éléments extrémistes Hutu. Mais de nombreux observateurs pensent que l’objectif de Kagamé, appuyé par certains Occidentaux, d’une part, est le contrôle des métaux précieux (Coltan, Cobalt, Cuivre, Or, Diamant et uranium) de l’est de la RDC (journal Elpais). D’autre part, c’est la reconquête des terres de Kivu qui appartiendraient à l’Empire Hima (Tutsiland) selon certains mythes. La réponse du berger à la bergère Le 3 février, le président Cyril Ramaphosa, qui n’accepte pas la mort de ses 14 ressortissants, a réagi : « l’Afrique du Sud ne relâchera pas son soutien au peuple de la RDC ». La communauté internationale a exprimé sa préoccupation face à cette escalade. De leurs côtés, les États-Unis ont manifesté leur inquiétude, tandis que l’Allemagne a annulé des discussions sur l’aide et le Royaume Uni envisage de revoir son assistance au Rwanda. Par ailleurs, des appels à un cessez-le-feu immédiat ont été lancés par plusieurs nations africaines (Reuters). Vendredi 31 janvier, les seize pays membres de la SADC réclamaient un « sommet conjoint en Tanzanie pour ce week-end » avec les huit pays de la communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). Sur le terrain, le M23 soutenu par le Rwanda, conforte ses positions à Goma et les environs. De son côté, Félix Tshisekedi, très remonté contre les charlatans qui lui ont vendu du vent, des officiers généraux qui ne suivent pas le cours de l’histoire, les affairistes qui lui ont ramené des pseudo-mercenaires et du matériel jamais vu, s’obstine à ne pas négocier avec le M23 et l’alliance du fleuve Congo. Après la réunion de Dares Salam de vendredi passé, le M23 et l’AFC ont imposé le cessez-le-feu à l’Est en attendant la réunion de Tanzanie. Ce n’était qu’une ruse. La preuve, ces deux groupes avec les soldats rwandais, ce 5 février 2025, ont mené d’intenses combats contre les troupes de Kinshasa jusqu’à s’emparer de la cité minière de Nyabibwé, à environ 100 km de l’aéroport provincial. La place des services de sécurité Le rôle des services de renseignements est de centraliser et d’analyser des renseignements précis et prédictifs dans les domaines institutionnel, économique, social, sécuritaire, qui sont par la suite transmis au gouvernement pour prendre des décisions. Mais nos enquêtes révèlent qu’en RDC, Félix Tshisekedi, comme bon nombre des Chefs d’États africains, focalise sa gouvernance sur le clan avec des individus sans expérience ou des personnes nommées à des postes de responsabilité par clientélisme. En conséquence, l’armée, les services de sécurité, l’intendance, bref, tout a été géré à vau-l’eau. La faillite est totale et l’effondrement se déroule sous nos yeux. C’est ce qui risque d’arriver à la République du Congo. Que dire du Congo-Brazzaville dans ce marigot ? Selon certaines indiscrétions, dans ce pays, les services de sécurité et de l’armée manquent de suffisamment de professionnalisme et de matériel pour passer une journée de combat à haute intensité. Comme en RDC, l’argent qui sort des caisses de l’État pour équiper les services spéciaux et la force publique va droit dans les poches des tiers. En effet, 80% des militaires et gendarmes sont privés de leurs primes. À la DGSP et la GR, le constat est très amer. Idem aux frontières, les hommes en treillis sont voués à la mendicité à défaut de faciliter l’entrée aux clandestins. Dans les services de renseignements, les fiches se limitent à « boutiquer » des histoires contre des citoyens ou à régler des comptes aux opposants. Sinon, comment ces services n’ont-ils pas signalé au gouvernement la magouille dans le recrutement des enseignants à l’université qui n’honore pas le Congo ? Même si on procède au rétropédalage en affichant aujourd’hui une note antidatée du 17 janvier recrutant dix docteurs, l’idéal serait de reprendre ce recrutement ou de virer les détenteurs de masters 1 ou 2. Agir autrement est synonyme d’avoir des universitaires faussaires et injustes. Ce n’est pas au docteur Collinet Makosso qui est enseignant – chercheur qu’en apprendrait que l’éducation (la bonne formation) est la base du développement d’une nation et la force des services de renseignements. ACM conviendra donc que les injustices et les frustrations sont généralement au centre des soulèvements populaires dans le monde. C’est en encourageant la tricherie et en plaçant des gens à des postes qu’ils ne méritent pas, qu’aujourd’hui, le Congo manque d’eau, d’électricité et de carburant et compte des morts en cascade dans les hôpitaux, ou encore que des accords léonins ont été signés avec les Rwandais. A propos desdits accords, il sied de dire que des incompétents dépourvus d’esprit critique et d’analyse ne voient pas la présence des milliers d’Interhamwés (Hutu Power) réfugiés au Congo-Brazzaville. Lesdits réfugiés venus à la suite du repli tactique avec la France lors de l’échec des opérations Turquoise au Rwanda puis Mobutu au Zaïre entre 1994 et 1997 poseront problèmes. La probabilité est grande que Kagamé, sous le prétexte de poursuivre ces Hutus, envisage d’embraser Brazzaville et Kinshasa. La tension est palpable dans les deux capitales qui cantonnent des commandos américains et français qui attendent le « ok » pour entrer en action. Ce, après que l’ambassade américaine ait demandé à nouveau à ses ressortissants de quitter Kinshasa, le 3 février 2025 ! La seconde convocation en extrême urgence d’un conseil

RDC – RWANDA : ce triste jeu du chat et de la souris

RDC – RWANDA : ce triste jeu du chat et de la souris

PARLONS-EN. Le rideau venait de tomber sur le face à face des délégations de la RDC et du Rwanda sous l’égide du président angolais. Qu’en dire? 1. La petite victoire diplomatique engrangée par la partie congolaise est d’avoir piégé Paul Kagame qui a toujours nié être l’agresseur du Congo et a manié sans cesse son narratif présentant le conflit Congolais comme opposant les congolais entre eux. La RDC en siégeant avec les officiels du gouvernement rwandais n’a donc plus le temps à perdre avec les proxy. Il met le Rwanda devant ses responsabilités historiques. D’autres part, en se présentant à la table de négociation et en posant dans son cahier des charges, des conditions humiliantes contre le peuple congolais, sans le savoir peut-être, le président rwandais ne cache plus sa boulimie politique et ses ambitions expansionniste. Il les met sur la place publique et se fait démasquer devant le regard ahuri de l’opinion publique mondiale. À l’instar de 36 stratagèmes chinois, la diplomatie congolaise a pu faire sortir le tigre du bosquet tout en le rendant vulnérable à long terme sur le terrain des juridictions internationales régissant les relations entre les nations. 2. Fort malheureusement, ces juridictions internationales qui devraient être impartiales penchent en faveur de la partie rwandaise dont elles ont choisi de couvrir crimes et massacres de masse durant un quart de siècle. Au lieu de désigner le mal par son nom, au lieu de citer nommément le M23, l’AFC ou tout simplement les Forces Rwandaises de Défense ( RDF) comme véritables causes de l’instabilité de la région interlacustre, la stratégie de Kagame et de ses maîtres impérialistes, a consisté à Luanda à ne mentionner que les FDLR comme forces négatives et responsables de l’insécurité régnant dans la région des Grands lacs. Ce qui est bien évidemment un mensonge grossier et une injustice historique que de rendre coupable un pays qui est agressé et qui a déjà perdu dix millions de ses citoyens. Autrement dit, on fait porter le chapeau à la RDC comme la cause principale de l’insécurité, dédouanant du coup le sanguinaire Paul Kagame de toute responsabilité. 3. C’est le lieu de redire ici que les depuis longtemps les FDLR dont devenues une simple coquille vide ne constituant plus du tout une menace sécuritaire contre le Rwanda. Au contraire depuis une décennie, Kigali a pratiquement récupéré ces FDLR dans ses rangs pour s’en servir comme supplétifs des RDF, comme épouvantail et fusible, toutes les fois que le Rwanda a besoin d’un prétexte pour déclencher la guerre en RDC. 4. La bourde du gouvernement congolais c’est d’avoir accepté le plan de neutralisation des FDLR. Cette acceptation est synonyme de la reconnaissance non seulement de leur existence en RDC mais de la collaboration entre ces anciens génocidaires et le pouvoir de Kinshasa. En acceptant de les neutraliser, Kinshasa avoue en d’autres termes sa mainmise sur les FDLR et par conséquent il conforte la thèse de Kagame, il crédibilise le faux prétexte de ce dernier et légitime son plan de lancer ses troupes militaires contre la RDC pour prétendre défendre ses frontières nationales qui n’ont jamais été menacées. 5. Ceci dit, quoi que fasse Kinshasa dans son effort de neutralisation des FDLR, l’arme diplomatique ne lui sera jamais favorable car Kigali poussera loin, très loin son narratif « imaginaire » pour exiger encore et encore des concessions à un pays déjà étranglé et essoufflé. À chaque nouvelle réunion programmée comme celle du 15 août prochain, il sera toujours demandé à Kinshasa de sacrifier un pan entier de sa souveraineté. Aujourd’hui Kigali exige le doigt, demain le bras puis plus tard tout le corps, à savoir tout le territoire national. Dans ce triste ballai diplomatique des dupes, dans ce sinistre jeu du chat et de la souris, tout y est sauf la sincérité des partenaires. La France, la Belgique, l’Union européenne et l’ONU qui ont salué ce soir la signature de ce texte savent exactement pour quel belligérant ils dansent. Les USA qui ont imposé unilatéralement la trêve humanitaire, exigent désormais un face à face entre le gouvernement congolais et l’AFC de Nangaa (c’est le mobile caché du point C du communiqué relatif à l’élaboration du plan de désengagement des forces) pour mieux porter un coup fatal à la RDC. Le seul point focal qui pourra dénouer l’écheveau de ce conflit est à chercher soit dans un chambardement radical des jeux d’alliances de Kinshasa qui se retournerait vers d’autres partenaires internationaux crédibles qui vont dans le sens de défendre ses intérêts vitaux. Soit encore dans la lueur d’espoir qui pourra poindre le 25 novembre 2024 prochain avec l’éventuel retour de Trump aux affaires. Retour qui serait synonyme de la neutralisation du plan de Bill Clinton exécuté à la perfection par tous les présidents démocrates qui se sont succédé à la Maison Blanche. Germain Nzinga