La courbe du chômage remonte au premier trimestre (Maroc)

La courbe du chômage remonte au premier trimestre (Maroc)

Après l’embellie observée sur le front du chômage au terme de l’année 2019, qui s’était traduite par le recul du taux de chômage de 9,5% à 9,2% au niveau national, la situation sur le marché du travail s’est brutalement dégradée au premier trimestre 2020. La crise humanitaire, provoquée par la pandémie de coronavirus (Covid-19), n’y est sans doute pas étrangère. Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le taux de chômage est reparti à la hausse au cours des trois premiers mois de l’année 2020, passant de 9,1% (durant la même période de l’année écoulée) à 10,5% au niveau national, de 13,3% à 15,1% en milieu urbain et de 3,1% à 3,9% en milieu rural. En effet, le nombre total de chômeurs s’est accru de 208.000 personnes au niveau national, suite à l’augmentation de 165.000 personnes en milieu urbain et de 43.000 en milieu rural. Il s’établit ainsi à 1.292.000 chômeurs.Comme l’avaient montré les données statistiques relatives à la situation du marché du travail de l’année écoulée, le chômage reste une fois encore le lot des jeunes et des diplômés au terme du premier trimestre 2020. D’après l’institution publique, « les hausses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (3,9 points), les personnes âgées de 25 à 34 ans (2,3 points), les personnes disposant d’un diplôme (1,9 point) et les hommes (1,6 point) ». A en croire les analystes du HCP, « les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les femmes (14,3% contre 9,3% parmi les hommes), les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,8% contre 8,2% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus) et les détenteurs d’un diplôme (17,8% contre 3,6% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) ». Dans une récente note d’information relative cette fois-ci à la situation du marché du travail au premier trimestre de l’année en cours, le Haut-commissariat a noté que « la moitié des chômeurs (50,7%) sont à la recherche de leur premier emploi (44,4% parmi les hommes et 63,0% parmi les femmes) » alors que les deux-tiers d’entre eux (66,1%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus (62,1% parmi les hommes et 74,0% parmi les femmes). Toujours selon les données du Haut-commissariat, « 30,4% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur ». Des chiffres publiés par le Haut-commissariat, il ressort aussi que près des trois quarts des chômeurs (75,3%) sont concentrés dans cinq régions : Casablanca-Settat vient en première position avec 26,6% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (14,9%), de Fès-Meknès (12,8%), de l’Oriental (11,6%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%), peut-on lire dans le communiqué. A noter que les régions de l’Oriental et du Sud enregistrent les taux de chômage les plus élevés, avec respectivement 18,8% et 16,7%, selon les observations du Haut-commissariat. « Avec moins d’acuité, trois autres régions dépassent la moyenne nationale (10,5%), à savoir Casablanca-Settat (12,4%), Fès-Meknès (11,8%) et Rabat-Salé-Kénitra (11,8%) », a fait savoir l’institution publique. Quant aux régions de Marrakech-Safi, de Béni Mellal-Khénifra et de Drâa-Tafilalet, les données statistiques révèlent qu’elles enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 5,4%, 6% et 6,5%. Soulignons, par ailleurs, qu’entre le premier trimestre de 2019 et la même période de 2020, le volume d’emploi dans le secteur de l’« agriculture, forêt et pêche » a enregistré une baisse de 3,6%, perdant ainsi 134.000 postes d’emploi, 104.000 en milieu rural et 30.000 en milieu urbain. Du côté du secteur des BTP, les chiffres font état d’une perte de 1.000 postes, consécutive à la création de 25.000 postes en milieu rural et à la perte de 26.000 en milieu urbain. Avec une création de 192.000 postes au niveau national, 119.000 en milieu urbain et 73.000 en milieu rural, le volume d’emploi dans le secteur des « services » a progressé de 4,1%. Quant au volume d’emploi dans le secteur de l’« industrie y compris l’artisanat », il apparait qu’il s’est accru de 1,8%, créant ainsi 23.000 postes, résultant d’une création de 20.000 postes en milieu urbain et de 3.000 en milieu rural. Analysant la situation régionale du marché du travail, le HCP a relevé que cinq régions abritent 72% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. Il s’agit dans l’ordre de la région de Casablanca-Settat, qui vient en première position avec 22,7% d’actifs, de Marrakech-Safi (13,4%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Fès-Meknès (11,4%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,2%). Poursuivant ses observations, le Haut-commissariat a également noté que les régions de Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Marrakech-Safi ont affiché des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (46%), avec respectivement 49,7%, 48,6% et 47,8%. Le HCP a, en revanche, relevé que les taux les plus bas ont été enregistrés dans les régions de Fès-Meknès (42,7%), de l’Oriental (42,8%) et de Souss-Massa (43%). Soulignons que la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 443.000 personnes avec un taux de 4,1%. Quant à la population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance de revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé, son nombre est de 511.000 personnes (4,7%). En somme, le HCP a noté que « le volume de sous-emploi, dans ses deux composantes, est de 954.000 personnes. Le taux global de sous-emploi est passé de 9,7% à 8,8% au niveau national, de 8,8% à 8,7% en milieu urbain et de 10,7% à 8,9% en milieu rural ». Alain Bouithy

Le réchauffement climatique pourrait menacer 80 millions d’emplois d’ici 2030

Le réchauffement climatique pourrait menacer 80 millions d’emplois d’ici 2030

C’est un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui l’affirme: le réchauffement climatique devrait se traduire par une augmentation du stress thermique au travail, nuisant à la productivité et causant des pertes économiques et d’emplois. Selon la nouvelle étude, «l’augmentation du stress thermique lié au réchauffement climatique devrait conduire à des pertes de productivité à l’échelle mondiale équivalant à 80 millions d’emplois à temps plein en 2030». Les pays les plus pauvres seront les plus affectés par cette situation, avertit l’agence onusienne dans son rapport intitulé : « Working on a warmer planet: The impact of heat stress on labour productivity and decent work (Travailler sur une planète qui se réchauffe: l’impact du stress thermique sur la productivité du travail et le travail décent). Selon les projections établies sur la base d’une hausse de la température mondiale de 1,5 °C d’ici à la fin de ce siècle, 2,2% du total des heures travaillées dans le monde seraient perdues en raison des températures élevées en 2030. La perte équivaudra alors à 80 millions d’emplois à temps plein, soit des pertes économiques de l’ordre de 2 400 milliards de dollars à l’échelle mondiale, souligne l’agence onusienne, qui s’appuie sur des données climatiques, physiologiques et d’emploi. Comme le relève l’OIT, «la chaleur excessive au travail est un risque pour la santé des travailleurs; elle restreint les fonctions et les capacités physiques, la capacité de travail et donc la productivité. Elle peut même, dans des cas extrêmes, provoquer un coup de chaleur, qui peut être fatal». Toutefois, l’OIT avertit qu’il s’agit d’une estimation prudente du fait qu’elle suppose que la hausse de la température moyenne mondiale ne dépassera pas 1,5 °C. Elle part aussi de l’hypothèse que le travail dans l’agriculture et la construction – deux des secteurs les plus affectés par le stress thermique – s’effectuera à l’ombre. A propos de l’agriculture, l’OIT rappelle qu’il emploie 940 millions de personnes à travers le monde et pense qu’elle devrait représenter 60% des heures de travail perdues en raison du stress thermique à l’horizon 2030. Alors que le secteur de la construction sera impacté avec une estimation de 19% des heures de travail perdues dans le monde à la même échéance. A noter que d’autres secteurs seront concernés par cette menace, comme «les biens et les services environnementaux, le ramassage des ordures, les services d’urgence, les travaux de réparation, le transport, le tourisme, le sport et certains types de travaux industriels», énumère l’OIT. Sur la répartition de l’impact à travers le monde, l’agence indique qu’elle sera inégale. Ainsi, parmi les régions qui devraient perdre le plus d’heures de travail, l’OIT cite celles de l’Asie du Sud et l’Afrique de l’Ouest, où approximativement 5% des heures travaillées pourraient être perdues en 2030. Ce qui correspond respectivement à environ 43 et 9 millions d’emplois. Dans son communiqué, l’agence précise que « ce sont les habitants des régions les plus déshéritées qui subiront les pertes économiques les plus importantes. Les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire inférieur devraient en souffrir le plus, surtout parce qu’ils ont moins de ressources disponibles pour s’adapter efficacement à la hausse des températures ». L’autre enseignement de cette étude : le stress thermique va toucher des millions de femmes, qui constituent la majorité de la main-d’œuvre dans l’agriculture de subsistance, et d’hommes qui sont prédominants dans le secteur de la construction, poursuit le document. En plus, «l’augmentation des migrations, les travailleurs quittant les zones rurales à la recherche d’un avenir meilleur, pourrait être l’une des conséquences sociales du stress thermique», ajoute l’OIT. Au regard de ce qui précède, «le rapport appelle à redoubler d’efforts pour élaborer, financer et mettre en œuvre des politiques nationales pour combattre les risques de stress thermique et protéger les travailleurs». Comme le rappelle l’OIT, le stress thermique fait référence à une chaleur supérieure à ce que le corps peut tolérer sans subir de dommage physiologique. Et de préciser qu’il intervient généralement lors de températures supérieures à 35 °C, avec un fort taux d’humidité. Alain Bouithy

Les emplois liés aux énergies renouvelables soutiennent la durabilité socioéconomique

Les emplois liés aux énergies renouvelables soutiennent la durabilité socioéconomique

Les emplois dans le secteur des énergies renouvelables continuent de progresser, si l’on en croit les chiffres publiés par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) dans un nouveau Rapport annuel sur les énergies renouvelables et l’emploi. D’après l’organisation intergouvernementale mondiale, 11 millions de personnes occupaient un emploi lié aux énergies renouvelables dans le monde en 2018 contre 10,3 millions recensées l’année d’avant. «La transformation énergétique mondiale est en marche et les emplois y liés soutiennent la durabilité socio-économique, ce qui constitue une raison de plus pour que les pays s’engagent en faveur des énergies renouvelables», estime le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera. Malgré le tassement de la croissance sur certains marchés de premier plan, l’IRENA constate que le nombre d’emplois concernés par ce secteur est «plus haut que jamais». Ce qui n’est du reste pas étonnant d’autant plus que «de plus en plus de pays se sont lancés dans l’ingénierie, le commerce et la construction d’installations faisant appel aux technologies de production énergétique à partir de sources renouvelables », souligne l’agence dans la dernière édition de son rapport. Si les différents secteurs de production d’énergie à partir de sources renouvelables demeurent relativement confinés dans des marchés de premier plan comme la Chine, les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne, les dernières analyses de l’IRENA tendent à montrer que «les pays du Sud-Est asiatique comptent désormais parmi les plus gros exportateurs de panneaux photovoltaïques». L’évolution est telle qu’aujourd’hui, 60% des emplois liés aux énergies renouvelables se trouvent en Asie, notamment en Malaisie, Thaïlande et au Vietnam où la croissance a été la plus marquée l’année dernière. En termes de géographie, notons que «c’est en Asie qu’on trouve neuf emplois sur dix liés à l’énergie photovoltaïque, soit trois millions de personnes », selon les analyses de l’agence. En termes d’évolution des emplois, il ressort que l’énergie solaire photovoltaïque compte pour le tiers des emplois liés aux énergies renouvelables dans le monde. «En 2018, le secteur de l’énergie solaire photovoltaïque a crû en Inde, en Asie du Sud-Est et au Brésil et s’est contracté en Chine, aux Etats-Unis d’Amérique et dans l’Union européenne», note l’IRENA. Le rapport révèle que «la Chine représente à elle seule 44% de tous les emplois liés à l’énergie éolienne, suivie de l’Allemagne et des Etats-Unis d’Amérique». D’après le rapport, «l’éolien fournit 1,2 million d’emplois. Les installations à terre sont les plus importantes, mais le segment offshore est en train de décoller et pourrait bénéficier des infrastructures et de l’expertise développées par les secteurs pétrolier et gazier». S’agissant de l’énergie hydroélectrique, le document indique qu’elle bénéficie des capacités installées les plus importantes entre toutes les sources d’énergie renouvelables mais sa croissance est en berne. De l’analyse des données relatives à ce secteur, il apparaît qu’il «emploie 2,1 millions de personnes directement, dont les trois quarts dans des fonctions opérationnelles ou d’entretien ». Bien que leur déploiement reste encore relativement faible (le continent représente 4% des emplois solaires photovoltaïques à l’échelle mondiale), « l’évolution des emplois dans les énergies renouvelables en Afrique est encourageante. Les développements sont encourageants», assure-t-on. Selon les auteurs du rapport, le secteur de l’énergie solaire hors réseau, tout en permettant de donner accès à l’énergie à davantage de personnes «a également créé l’équivalent de plus de 100.000 emplois à plein temps en Afrique sub-saharienne». Aujourd’hui, force est de constater que «les énergies renouvelables fournissent des services pour tous les principaux piliers du développement durable, aussi bien sur le plan environnemental que sur les plans économique et social », souligne Francesco La Camera faisant remarquer que « les gouvernements ont aujourd’hui une vision qui déborde les objectifs climatiques». Selon lui, «ils s’intéressent aux énergies renouvelables car la transition vers ces dernières ouvre la porte à une croissance économique pauvre en carbone et peut créer des emplois en masse». Alain Bouithy

Comment le biogaz crée des emplois et favorise une agriculture durable en Egypte

Comment le biogaz crée des emplois et favorise une agriculture durable en Egypte

Dans un contexte mondial de stagnation des salaires, d’augmentation des inégalités de revenus et du nombre de travailleurs dans des emplois atypiques, l’Egypte se tourne vers de nouvelles technologies vertes qui protègent l’environnement tout en créant des emplois productifs, apprécie l’Organisation internationale du travail (OIT).

L’économie verte compte créer 24 millions d’emplois à l’échelle mondiale d’ici 2030

L’économie verte compte créer 24 millions d’emplois à l’échelle mondiale d’ici 2030

C’est une bonne nouvelle qui apporte de l’eau au moulin des défenseurs de l’économie verte et plus généralement de l’environnement. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), l’action visant à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius va se traduire par suffisamment de créations d’emploi pour compenser largement les 6 millions de suppressions d’emploi faites ailleurs. Dans son rapport phare publié récemment sous l’intitulé : « Emploi et questions sociales dans le monde 2018 : une économie verte et créatrice d’emploi », l’organisation onusienne indique ainsi que vingt-quatre millions d’emplois seront créés à l’échelle mondiale d’ici à 2030, si l’on met en place des politiques permettant de promouvoir une économie plus respectueuse de l’environnement. Selon ce rapport, qui fait une estimation des pertes et créations d’emploi, la plupart des secteurs de l’économie vont bénéficier d’une création nette d’emploi. Ainsi, précise-t-il, « sur les 163 secteurs économiques analysés, seuls 14 vont subir des suppressions d’emploi supérieures à 10.000 postes à l’échelle mondiale ». Tandis que seuls deux secteurs, l’extraction pétrolière et le raffinage, affichent des pertes de 1 million d’emplois ou plus. Le document poursuit en indiquant que 2,5 millions d’emplois seront créés dans l’électricité générée à partir d’énergies renouvelables. Ce qui devrait contrebalancer quelque 400.000 emplois perdus dans la production d’électricité basée sur les combustibles fossiles, assure-t-il. L’autre enseignement clé de ce rapport relève que 6 millions d’emplois pourront être créés en s’orientant vers une «économie circulaire» qui intègre des activités comme le recyclage, la réparation, la location et la réutilisation – remplaçant le modèle économique traditionnel basé sur «extraire, fabriquer, utiliser et jeter». En ce qui concerne la création de nouveaux emplois, le rapport précise cependant que ceux-ci ne seront créés qu’après l’adoption de pratiques durables dans le secteur de l’énergie, y compris la modification du mix énergétique, la promotion de l’usage des véhicules électriques et l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments. En effet, si «l’économie verte peut permettre à des millions de personnes supplémentaires de surmonter la pauvreté et offrir de meilleures conditions de vie à cette génération et aux suivantes », comme l’affirme Deborah Greenfield, directrice générale adjointe de l’OIT, il est bon de souligner que ces emplois dépendent pour beaucoup de la qualité de l’environnement et des services qu’il fournit, selon la conclusion du rapport. Pour l’OIT, c’est grâce aux mesures prises en matière de production et de consommation d’énergie que l’on pourra parler véritablement de créations nettes d’emploi dans les Amériques, en Asie et Pacifique et en Europe, qui s’élèveront respectivement à 3, 14 et 2 millions d’emplois. Commentant l’évolution de cette question au niveau régional, l’organisation prévient qu’« il pourrait y avoir des pertes nettes d’emploi au Moyen-Orient (–0,48%) et en Afrique (–0,04%) si les tendances actuelles se prolongent, en raison de la dépendance de ces régions à l’égard, respectivement, des énergies fossiles et des mines ». Quoi qu’il en soit, si les mesures prises pour lutter contre le changement climatique peuvent parfois aboutir à des suppressions d’emploi à court terme, elle assure que leur impact négatif peut être réduit grâce à des politiques appropriées. Enfin, en guise de conclusion, le rapport invite les pays à prendre des mesures d’urgence pour former les travailleurs aux compétences exigées par la mutation écologique de l’économie. En outre, il demande aux gouvernements de leur « fournir la protection sociale qui facilitera leur transition vers de nouveaux emplois, contribuera à la prévention de la pauvreté et réduira la vulnérabilité des ménages et des communautés », souligne l’OIT sur son site Internet officiel. Alain Bouithy

Les PME jouent un rôle crucial dans la création d’emplois décents

Les PME jouent un rôle crucial dans la création d’emplois décents

Les entreprises, et en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), jouent un rôle crucial dans la création d’emplois décents à travers le monde, a affirmé l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un rapport sur l’«Emploi et questions sociales dans le monde 2017: entreprises et emplois durables ». Dans son rapport, rendu public récemment, l’organisation a indiqué que le nombre d’employés à plein temps dans les PME a quasiment doublé entre 2003 et 2016, précisant que la proportion du total d’emplois imputable aux PME est passée de 31 à 35%. Selon l’OIT, cette évolution aurait connu une ombre l’année passée du fait que leur contribution à l’emploi total aurait stagné. Elle a noté, en effet, qu’entre 2015 et 2016, la contribution des PME à l’emploi total est restée pratiquement inchangée, passant de 34,6 à 34,8 %. S l’on en croit le rapport, les entreprises du secteur privé auraient assuré l’essentiel de l’emploi mondial en 2016 avec quelque 2,8 milliards d’employés, correspondant à 87% de l’emploi total. « La croissance des emplois à temps plein dans les PME était plus forte que dans les grandes entreprises entre 2003 et 2008 – en moyenne de 4,7 points de pourcentage plus élevée dans les petites entreprises et 3,3 points plus élevée dans les moyennes entreprises par rapport aux grandes entreprises », a relevé l’agence soulignant toutefois que cette croissance de l’emploi dans les PME a disparu pendant la période 2009-2014. D’après le rapport phare de l’OIT, les PME représenteraient 52% de l’emploi total dans les économies en développement, contre 34% dans les économies émergentes et 41% dans les économies développées. Le document a aussi noté le ralentissement de la dynamique de l’emploi permanent à temps plein dans les jeunes entreprises. Une tendance qui est apparue depuis la crise financière mondiale. « Le taux de croissance de l’emploi permanent à temps plein dans les jeunes entreprises était en moyenne de 6,9 points de pourcentage supérieure à celle des entreprises bien établies avant la crise, mais la différence s’est atténuée à 5,5 points de pourcentage après la crise », a indiqué l’OIT. Pour l’organisation, ce changement reflète l’évolution du climat général des affaires, tandis que les nouvelles entreprises supprimaient des emplois à un rythme beaucoup plus rapide qu’auparavant. Pour endiguer la montée du chômage mondial, le rapport exhorte les économies du monde à investir dans le personnel, l’innovation, et stimuler le commerce et le dialogue social qui restent essentiels. A propos du personnel, le rapport a soutenu qu’en moyenne les entreprises qui proposent une formation formelle à leurs employés permanents à plein temps paient des salaires 14% plus élevés, sont 19,6% plus productives et ont des coûts unitaires de main-d’œuvre inférieurs de 5,3% à celles qui n’offrent pas de formation. Parallèlement, le rapport a constaté qu’« en moyenne, les entreprises qui ont une proportion de 10 points de pourcentage plus forte d’employés temporaires versent des salaires de 2,6% inférieurs, sont 1,9% moins productives et ne sont plus compétitives en termes de coûts unitaires de main-d’œuvre ». S’agissant de l’innovation et du commerce, le rapport indique qu’ils stimuleraient l’emploi et la productivité. A ce propos, il a été constaté qu’« en général, les firmes innovantes ont tendance à être plus productives, à créer plus d’emplois et à employer des travailleurs plus qualifiés et à proposer davantage de formations », a souligné le rapport ajoutant que les entreprises innovantes embauchent aussi davantage de femmes. Le rapport a également noté que le commerce et la participation des entreprises aux chaînes d’approvisionnement mondiales demeurent aussi d’importants stimuli pour la création d’emplois et la hausse de la productivité, même si le commerce a stagné ces dernières années et par conséquent les emplois liés à ce secteur. Autre enseignement et non des moindres : les PME seraient d’importantes pourvoyeuses d’emploi féminin. En effet, les recherches menées par l’organisation tendent à montrer que, dans le secteur formel, les PME employaient plus en permanence à temps plein les femmes que dans les grandes entreprises. « En moyenne, et dans toutes les régions du monde, environ 30% des employés permanents à temps plein dans les PME sont des femmes, contre 27% dans les grandes entreprises », a relevé l’OIT. Ce n’est pas tout. Le rapport a relevé, en outre, que « la proportion d’emploi des femmes, notamment dans les PME, est fortement corrélée avec le revenu par habitant d’un pays », ajoutant que la micro-entreprise et les PME sont souvent le point d’entrée des femmes sur le marché du travail formel. Signalons que le rapport s’est aussi intéressé au dialogue social qui jouerait un rôle fondamental dans la pérennité des entreprises.

Tunisie : Un projet de la Banque mondiale entend rapprocher les jeunes défavorisés des emplois disponibles

Tunisie : Un projet de la Banque mondiale entend rapprocher les jeunes défavorisés des emplois disponibles

La Banque mondiale veut rapprocher les jeunes tunisiens défavorisés des emplois disponibles et, parallèlement, soutenir les entrepreneurs et les entreprises, moteurs de la création d’emplois. Pour y parvenir, l’institution de Bretton woods a annoncé un nouveau projet de lutte contre le chômage des jeunes doté de 60 millions de dollars qui privilégiera les demandeurs et les créateurs d’emplois. « Le Projet pour l’inclusion économique des jeunes en Tunisie, ou Moubadiroun (« initiateurs »), investira en parallèle dans les entreprises et l’activité des entrepreneurs pour promouvoir la croissance et la création d’emplois », a indiqué la BM. Il va « s’atteler au défi de l’emploi en Tunisie et soutenir les efforts du gouvernement visant à déployer des programmes pour l’emploi mieux ciblés et à offrir des débouchés de qualité », a-t-elle ajouté dans un communiqué. Selon la Banque mondiale, le projet ciblera les jeunes hommes et femmes défavorisés âgés de 18 à 35 ans vivant dans le Centre-Ouest, le Nord-Ouest, le Sud, le gouvernorat de Sfax et le gouvernorat marginalisé de la Manouba, dans le Grand-Tunis. A en croire la même source, « le projet organisera des services de soutien sur mesure face aux obstacles qui empêchent les jeunes d’accéder à des emplois ou d’aller vers des postes de meilleure qualité. Il proposera également aux micro-entrepreneurs en puissance toute une palette de services pour développer et financer leur activité ». Afin de favoriser la participation des jeunes femmes, le projet entend aussi adopter plusieurs stratégies conçues pour lever les entraves spécifiques à leur activité économique. Signalons que le projet financera également « des campagnes en direction des familles, des communautés et des employeurs potentiels pour faire évoluer les mentalités et les comportements bloquant l’accès des femmes au monde du travail », a souligné la BM.

Maroc: Le taux de chômage repart à la hausse

Maroc: Le taux de chômage repart à la hausse

La situation de l’emploi a été défavorable au deuxième trimestre de l’année 2017, le taux de chômage étant reparti à la hausse. Selon des chiffres rendus publics récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP), il est passé de 9,1% à 9,3% au niveau national et de 13,4% à 14% en milieu urbain. Avec un accroissement de la population active de 107.000 personnes, cela équivaut à environ 33.000 chômeurs de plus au niveau national. Ainsi, l’effectif total des chômeurs au cours du deuxième trimestre de cette année s’est établi à 1.123.000 personnes. « Le nombre de chômeurs est passé de 1.090.000 à 1.123.000 personnes entre le deuxième trimestre de 2016 et celui de 2017, ce qui représente une hausse de 33.000 personnes au niveau national (45.000 personnes en plus en milieu urbain et 12.000 personnes en moins en milieu rural) », a relevé l’organisme public dans une note d’information. Si le taux de chômage en milieu rural a baissé de 3,5% à 3,2%, comme l’a souligné le HCP, il faut noter en revanche qu’il est resté élevé parmi les femmes. En effet, il est passé de 12,7% à 13,2%. La situation était aussi on ne peut plus critique dans deux autres catégories: les diplômés et les jeunes. Selon les chiffres du HCP, les taux de chômage les plus élevés ont été enregistrés parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans qui est passé de 23,2% à 23,5% et les personnes ayant un diplôme (16,3% à 17%). A noter également que la population sous-employée s’est établie à 1.086.000 personnes. D’après les données analysées, « le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté de 1.065.000 à 1.086.000 personnes au niveau national entre le deuxième trimestre de 2016 et celui de 2017, de 531.000 à 537.000 personnes dans les villes et de 535.000 à 549.000 dans la campagne », a noté le HCP. C’est ainsi que le taux de sous-emploi s’est accru de 0,1 point, par rapport au deuxième trimestre de 2016, passant de 9,8% à 9,9% au niveau national ; de 9% à 9,1% en milieu urbain et de 10,7% à 10,8% en milieu rural. Selon la répartition par genre, le Haut-commissariat a noté que « le taux de sous-emploi a atteint 11,4% parmi les hommes (9,1% en milieu urbain et 14,4% en milieu rural) et 5,2% parmi les femmes (9,3% en milieu urbain et 2,4% en milieu rural) ». Dans sa note, le HCP a également indiqué que l’économie marocaine a créé 74.000 postes d’emploi (12.000 en milieu urbain et 62.000 en milieu rural), entre le deuxième trimestre de l’année 2016 et la même période de 2017, contre une perte de 26.000 une année auparavant. Et de préciser que « le volume de l’emploi est passé de 10.884.000 à 10.958.000 personnes. Le taux d’emploi a, quant à lui, reculé de 0,5 point au niveau national, passant de 43,4% à 42,9%. Ce taux a baissé en milieu urbain de 37,2% à 36,4% (-0,8 point) et a augmenté en milieu rural de 53,7% à 54,2% (+0,5 point) ». Dans cette même rubrique, on notera aussi que les emplois créés au cours de cette période sont de 58.000 postes d’emploi rémunérés (48.000 en milieu rural et 10.000 en milieu urbain) et de 16.000 postes d’emploi non rémunérés (14.000 en zones rurales et 2.000 en zones urbaines), selon le HCP. Concernant la contribution sectorielle à la création nette d’emplois, il ressort que le volume d’emploi dans le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche » s’est accru de 52.000 postes au niveau national, ce qui représente un accroissement de 1,3%, entre le deuxième trimestre de 2016 et la même période de 2017, contre des pertes de 175.000 postes en 2016. Selon le milieu de résidence, 3.000 postes ont été créés en milieu urbain et 49.000 l’ont été en milieu rural. De son côté, le secteur des « services » a enregistré une création nette de 19.000 emplois au niveau national (7.000 postes en milieu urbain et 12.000 en milieu rural), après une création annuelle moyenne de 60.000 emplois au cours des trois dernières années, a indiqué le HCP. Quant au secteur des BTP, il a créé 7.000 postes d’emploi au niveau national, 2.000 en milieu urbain et 5.000 en milieu rural, durant la même période. « La création annuelle moyenne d’emplois dans ce secteur était de l’ordre de 24.000 postes au cours des trois dernières années », a précisé le HCP. En ce qui concerne le secteur de l’ »industrie y compris l’artisanat », le Haut-commissariat a noté que l’on « a enregistré une perte de 4.000 emplois (exclusivement en milieu rural), après une création annuelle moyenne de 14.000 emplois au cours des trois dernières années ».