Congo : bombardements à Mihété et crises systémiques à l’approche des élections

Congo : bombardements à Mihété et crises systémiques à l’approche des élections

PARLONS-EN. À Brazzaville, à la veille des élections présidentielles et législatives, une crise socio-économique persistante s’ajoute à la panique générale après les bombardements rapportés ce dimanche 25 janvier 2026 à Mihété, dans le département du Pool. La population, déjà angoissée, et des politiciens influents s’interrogent sur l’avenir de leurs postes, dans un climat marqué par le clanisme et les intrigues plutôt que par les compétences démocratiques. Des sources locales décrivent des tirs intenses sur une foule rassemblée pour prier à Mihété, rappelant les exactions du 16 janvier à Mindouli, où des militaires avaient ouvert le feu de 4h à 8h, provoquant un exode vers la RDC. Un communiqué d’une frange de ressortissants du Pool et Djoué Lefini, rédigé par le journaliste Joachim et lu par Hellot Matson, attribue ces violences aux « ninjas » de Pasteur Ntumi. « Ces attaques du 11 et 16 janvier à Mindouli sont l’œuvre des ninjas », y lit-on, niant tout rôle de la DGSP et de toutes les forces armées congolaises (FAC). Le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla qui avait minimisé les affrontements du 11 janvier, est sommé de s’expliquer : à qui profite le bombardement de fidèles en pleine prière ? Pourquoi déployer des militaires à Loukouo ? Ces contradictions alimentent les rumeurs d’un malaise au sommet de l’État et des FAC, malgré les appels à l’apaisement de la commission mixte-paritaire. Des figures comme Isidore Mvouba, Landry Kolélas, Adélaïde Moughani, Claude Alphonse N’Silou et Cie, accusés de vivre de mensonges et d’intrigues, voient leur influence fragilisée. Une crise socio-économique asphyxiante La réunion de la Cemac le 22 janvier à Brazzaville a mis en lumière la mauvaise gouvernance et le rapatriement urgent de fonds. Pénuries d’électricité et d’eau, grèves récurrentes, vie chère et injustices – comme dans le paiement de la dette intérieure, où le bakchich dicte les priorités malgré les audits – touchent toutes les couches : jeunes, retraités, étudiants, enseignants, agents de santé. Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, qui vante un bilan positif du quinquennat 2021-2026, est interpellé sur cette paupérisation généralisée. Élections sous le signe de la « démocrature » Au Congo, les élections relèvent plus de la « démocrature » que de la compétition loyale, critiquent des observateurs. Interdiction de meetings et débats par Serge Oboa, menaces contre André Okombi Salissa, Jean-Marie Michel Mokoko, Fred Makita ou Norbert Dabira : la Constitution semble bafouée. « Aucune alternative sans renouvellement de l’élite », martèle un analyste, pointant les calculs égoïstes de dirigeants qui s’accrochent au pouvoir via des stratagèmes ubuesques. Nous reviendrons prochainement sur le combat symbolique qui oppose  » l’Aigle du pouvoir  » au « Porteur de lumière » dans le Pool et Djoué Lefini avec des répercussions nationales. Combat qui avait intéressé déjà Aimé Emmanuel Yoka et Florent Ntsiba.Mais, ces violences et crises « desservent M. Sassou « , concluent plusieurs critiques. Ghys Fortune BEMBA DOMBE

RD Congo. Cette méthode d’observation devenue obsolète…

RD Congo. Cette méthode d’observation devenue obsolète…

PARLONS-EN. Elections en RD Congo : Les églises catholique et protestante préviennent : « Si le vainqueur proclamé par la CENI correspond à notre observation, nous allons le dire. Si c’est le contraire, nous allons aussi le dire » Avec le bourrage massif des urnes, la stratégie de dépouillement des votes bureau par bureau de la Cenco et de l’église protestante ne fonctionne plus. Denis Kadima a donc raison lorsqu’il affirme : “ nous avons fait un travail de qualité. Les résultats publiés, on n’y a pas touché”, car tout était déjà vicié dans les machines. Les bulletins de vote ne sont plus conformes à la volonté du souverain primaire qui s’est vu imposer un scrutin dans le scrutin. Ceci est tellement fragrant qu’il y a des villes où le nombre d’électeurs est miraculeusement supérieur au nombre des inscrits. Bref, le problème n’est plus le comptage des voix, mais plutôt l’authentification des voix elles-mêmes. Leur mission d’observation n’est pas allée dans la machine mais sur ce que produit une machine viciée, trafiquée et conditionnée. Le problème est donc plus compliqué qu’on ne le pense. Pour autant que les parties prenantes ont dû cautionner un processus électoral sans au préalable l’affichage public des listes électorales, les carottes semblaient déjà cuites. Dans les jours à venir, leur démarche conjointe ne sera d’aucune utilité à la vérité des urnes car la fraude électorale et son score stalinien ont été préparés plus en amont qu’en aval… Par Germain Nzinga

Togo. Scrutins couplés, révision du code électoral, plus de députés…, les prochaines élections se précisent

Togo. Scrutins couplés, révision du code électoral, plus de députés…, les prochaines élections se précisent

Au Togo, la cartographie des prochaines consultations électorales, prévues pour le premier trimestre 2024, se dessine un peu plus. Lundi 18 décembre, une nouvelle étape du processus a été franchie, avec l’adoption de deux projets de loi par le gouvernement.  Vers une nouvelle révision du Code électoral Déjà révisé en 2022 en prévision des régionales, le Code électoral va de nouveau subir des modifications. En effet, après la proposition de scrutins couplés formulée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), il s’est avéré nécessaire d’apporter au document en vigueur, les modifications rendues nécessaires par ce nouveau contexte, notamment les préoccupations liées à l’accomplissement de certaines diligences. Concrètement, la nouvelle mouture permettra de prévoir de nouvelles modalités et de revoir les délais impartis pour le dépôt des dossiers de candidature, le versement du cautionnement ainsi que les délais pour rendre une décision en cas de recours. Reconfiguration de la répartition des sièges à l’hémicycle Les prochaines élections législatives destinées à renouveler les membres de la Représentation nationale déboucheront sur une nouvelle configuration à l’hémicycle. Le second projet de loi adopté par le gouvernement porte en effet sur la modification de la loi organique fixant le nombre de députés à l’Assemblée nationale, les conditions d’éligibilité, le régime des incompatibilités et les conditions dans lesquelles pourvoir aux sièges vacants. L’initiative fait suite aux suggestions effectuées par le Cadre permanent de concertation, creuset inclusif d’échanges des acteurs politiques nationaux. Les propositions, si elles sont prises en compte, induiront une augmentation du nombre des circonscriptions électorales, un accroissement du nombre de députés ainsi qu’une nouvelle répartition des sièges. Un décret est attendu bientôt, afin de convoquer le corps électoral pour la prochaine étape du processus. République Togolaise

Maroc. Chakib Alj: Nous espérons un gouvernement homogène, exemplaire et capable de tenir ses engagements

Maroc. Chakib Alj: Nous espérons un gouvernement homogène, exemplaire et capable de tenir ses engagements

« Nous espérons un gouvernement homogène avec une alliance basée sur des objectifs bien définis inclusifs de toutes les composantes de la société marocaine, les jeunes notamment », a déclaré le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, au lendemain des élections législatives. Le nouvel exécutif « doit être exemplaire et capable de tenir ses engagements », a poursuivi le patron des patrons marocains dans une interview accordée à notre confrère Medias24.com Chakib Alj a en outre estimé que « les partis de la majorité gouvernementale et les parlementaires composant cette majorité doivent aussi travailler en bonne intelligence afin de garantir la réactivité, l’agilité et surtout la cohérence dans la mise en œuvre des politiques publiques ». « Un chef d’entreprise a besoin de visibilité, de lisibilité et d’un environnement des affaires sain », a estimé le président de la CGEM au cours de cet entretien. Ainsi, « pour être capable de donner de bons signaux et de restaurer la confiance, condition sine qua non à l’acte d’investir, il faut que les actions du Gouvernement soient claires, cohérentes et harmonieuses pour l’entrepreneur, comme ce que nous avons observé au sein du CVE, et qu’elles s’inscrivent dans la durée », a-t-il soutenu. Selon les résultats partiels rendus publics par le ministère de l’Intérieur, le Rassemblement national des indépendants (RNI), la formation dirigée par le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, arrive en tête des élections du 8 septembre. Adrien Thyg

La porte de la honte

La porte de la honte

TRIBUNE. Si nous arrivons à un stade où le choix d’un président ne dépend plus des urnes et de la volonté populaire, emprunter la voie des armes devient désespérément le mal nécessaire. Car il faut savoir qu’un peuple déterminé restera toujours plus fort qu’un État aussi autoritaire soit-il. Le pouvoir devrait toujours rester au peuple En Afrique les urnes ne sont que symboliques. Les élections ont pratiquement perdu leur fondement face aux manœuvres politiciennes et tripatouillages de la Constitution socle de toute démocratie. Lorsque qu’un peuple partagé entre déceptions et désespoirs, trahi par des promesses électorales non tenues, des lois subjectives, des décrets impérieux, une justice sélective, des institutions impertinentes, une gabegie financière , son intégrité sera reléguée au second plan. Et quand arrive l’expression de son amertume totale, sachez le distinguer de l’opposant politique. Tout le monde n’est pas politique, mais tout le monde peut subir les décisions politiques. Tout le monde n’est pas opposant, mais chacun sait reconnaître le bien du mal. Face aux fibres patriotiques, les appartenances politiques ne tiennent qu’à un soulèvement populaire. Et c’est toujours ce même peuple qui se sacrifie au prix de la vie ou de la liberté. Beaucoup de chef d’états africains avec la complicité ou non des puissances occidentales ont travesti la campagne électorale en une promenade folklorique, à fric, où tromper devient légal. Une technique pernicieuse favorisant toute forme de passe-droit. À tous ces dirigeants assoiffés de pouvoir, sachez que la porte de la honte ne vous sera jamais fermée que si vous décidiez d’arrêter d’asservir vos peuples. Ce même peuple qui, partagé entre déceptions et révoltes tente sans relâche, de conforter son désespoir à travers d’infructueuses transitions démocratiques. A quand la prise de conscience des dirigeants africains ? Ils doivent savoir quitter par la grande porte. Quitter par la grande porte c’est écouter son peuple et non son clan. Quitter par la grande porte c’est cesser de faire des principes de mandat une question d’envie ou faire de la constitution son «mot fléché». Ces images décevantes de Gbagbo, de IBK et aujourd’hui de Alpha Condé sont un signal fort pour tout autre dirigeant qui possédé par le pouvoir, s’y accroche à telle enseigne qu’il devient l’artisan de sa propre chute à la porte de la honte. Devant celle-ci il n’y aura de voix partisanes qui domineraient celle du peuple. Toutefois, la voie des armes n’est pas souhaitable, et la meilleure manière de fermer celle-ci c’est de s’ouvrir aux aspirations du peuple. Par Astou Dione, journaliste

RD Congo. Arrêtons de jouer avec le feu…

RD Congo. Arrêtons de jouer avec le feu…

TRIBUNE. Ce jeudi matin, le président de l’Assemblée Nationale déclarait devant ses pairs députés : « Ceux qui veulent participer aux élections c’est leur droit, et ceux qui ne veulent pas participer c’est aussi leur droit. Je voudrais vous rappeler qu’à un certain moment, l’UDPS avait refusé de participer aux élections, ils l’ont fait deux fois » Un tel raisonnement de la bouche d’un président de l’AN est gravissime. Il n’occupe tout de même pas ce poste pour défendre la position d’un camp politique. Il est là avec l’obligation d’œuvrer comme un homme d’état avec la lourde charge de chercher un consensus entre différents courants au sein de l’auguste assemblée. Opter pour une telle intransigeance idéologique, c’est faire preuve de cécité politique. C’est vouloir fermer les yeux sur le VRAI problème qui se pose à propos de l’élection du président de la CENI. Vu le forceps avec lequel il est géré par l’actuelle majorité parlementaire, il s’avère que différentes forces politiques et civiles congolaises commencent à se rétracter face à l’obstination du camp adverse à faire présider une institution sensée être INDÉPENDANTE, par un candidat défendu bec et ongles par un courant politique. Attention! Ce n’est pas la participation aux élections de 2023 qui fait problème, c’est plutôt la politisation de la Ceni et la méthode cavalière avec laquelle on tient à imposer le candidat du pouvoir envers et contre tout. Conformément à la récente réforme de la loi, la Ceni est constituée de trois composantes, notamment la Majorité, l’opposition et la société civile. Si une de ces composantes venait à être marginalisée, forcément il se posera un sérieux problème. Si l’on ne prend garde, cette obstination extrémiste et jusqu’au-boutiste risque de générer de grandes fractures sociales et de pousser le Congo dans la mauvaise direction . Faire fi des avis des uns et des autres pour atteindre coûte que coûte ses objectifs, c’est la voie la plus probable de porter les frustrations populaires à leur comble et de mettre en grand péril la paix sociale déjà très fragile. Faites gaffe monsieur Mboso. Arrêtez de jouer avec le feu! Germain Nzinga

RD Congo. Me Rety Hamuli : Le peuple l’a adopté à la tête de la CENI

RD Congo. Me Rety Hamuli : Le peuple l’a adopté à la tête de la CENI

OPINION. L’accueil chaleureux que ne cesse de recevoir Me Rety Hamuli dans toutes les provinces congolaises qu’il sillonne est un avertissement adressé aux représentants de la société civile quant à leur choix sur celui qui devra présider tout prochainement la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Toutes les couches du peuple (commerçants, étudiants, travailleurs, mamans ménagères etc.) reconnaissent en lui la personne qu’il faut pour pouvoir garantir le fonctionnement indépendant et démocratique du prochain processus électoral de 2023. Sa très grande expertise dans le domaine et sa neutralité avérée vis-à-vis de tous les courants politiques congolais le mettent à l’abri de toute éventuelle instrumentalisation politique mais aussi à la hauteur de grandes attentes d’un peuple qui refuse que lui soit de nouveau volée l’expression de sa souveraineté. Et à ce propos, il faudra suivre de très près les récentes gesticulations du président de l’Assemblée Nationale qui veut changer les règles de jeu en pleine période de campagne pour le choix du successeur de Corneille Nangaa. La CENI est et doit rester une institution d’arbitrage, qui ne devrait pas être le reflet des rapports de forces politiques du moment. Ni de la part du ministère de l’intérieur, ni de la part des législateurs ni de la part des confessions religieuses dotées du pouvoir d’élire le président de la Ceni mais qui, comme le prouve l’histoire, sont souvent instrumentalisées par le pouvoir. Si le peuple tient à corriger les erreurs de 2006, de 2011 et de 2018, il doit impérativement veiller à la dépolitisation et à l’indépendance de la Ceni en vue de rendre plus crédible le scrutin de 2023. Et pour cette noble mission, personne de mieux que Me Rety Hamuli qui symbolise l’image positive d’une CENI de l’excellence et de la légitimation du pouvoir en RDC. Par Germain Nzinga

Fatou Bensouda: « La tenue d’élections dans un climat apaisé est essentielle en République centrafricaine pour prévenir l’émergence d’une spirale de la violence »

Fatou Bensouda: « La tenue d’élections dans un climat apaisé est essentielle en République centrafricaine pour prévenir l’émergence d’une spirale de la violence »

Le 27 décembre 2020, la population de la République centrafricaine (RCA) élira son Président et ses représentants à l’Assemblée nationale. Au cours des enquêtes menées par mon Bureau depuis 2014 et à l’occasion de ma dernière visite à Bangui notamment, j’ai pu constater par moi-même les efforts déployés par les Centrafricains pour instaurer une paix durable dans le pays. Je suis de près l’évolution de la situation et je suis préoccupée par les rapports et les informations publiques qui me parviennent relatant un regain des tensions et le risque d’un déferlement de violences à l’approche des élections. J’appelle, entre autres, toutes les parties, tous les groupes armés, les acteurs politiques et leurs partisans au calme et à la retenue. La tenue d’élections dans un climat apaisé est essentielle en République centrafricaine pour prévenir l’émergence d’une spirale de la violence. À cet égard, je souhaite réitérer mes déclarations précédentes et insister sur ce point : quiconque commet des crimes visés au Statut de Rome, ordonne leur commission, y incite, l’encourage et y contribue, de quelque manière que ce soit, est passible de poursuites devant les tribunaux centrafricains ou la Cour pénale internationale. Mon Bureau poursuit ses enquêtes dans la situation en République centrafricaine et reste déterminé à tout mettre en œuvre pour que justice soit rendue à l’ensemble des victimes d’atrocités dans le pays, et que les responsables de ces crimes rendent des comptes à la justice, quel que soit le bord auquel ils appartiennent dans le conflit.