Un niveau de financement historique approuvé par les pays donateurs du FIDA pour soutenir le développement rural et lutter contre la faim et la pauvreté

Un total de 3,8 milliards d’USD, c’est le montant que le Fonds international de développement agricole (FIDA) des Nations Unies pourra désormais investir dans les populations rurales pauvres du monde. Ceci, grâce à un objectif de financement record établi le 18 février par les gouvernements de 177 pays lors du Conseil des gouverneurs annuel du FIDA. À l’heure où de nombreux pays sont confrontés à de graves difficultés économiques, cette décision montre l’importance que les dirigeants mondiaux accordent à l’investissement dans un développement rural efficace sur le long terme, qui est essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable. Cette décision est une forte marque de confiance et elle renforce considérablement la capacité du FIDA à aider les populations rurales à faire face aux retombées socio-économiques dévastatrices de la COVID-19 et des changements climatiques. Grâce à ce capital sans précédent, le FIDA touchera environ 140 millions de personnes dans les régions les plus fragiles et les plus reculées du monde sur une période de trois ans (2022-2024). Avec également une extension du programme pionnier du FIDA d’adaptation aux changements climatiques ASAP+, un nouveau programme de financement du secteur privé et des cofinancements de partenaires nationaux et internationaux, le FIDA visera à réaliser un programme de travail total d’au moins 11 milliards d’USD entre 2022 et 2024. « Aujourd’hui, nos États membres ont clairement fait savoir que le sort des pauvres et des affamés nous importe. Nous sommes tous unis dans notre lutte contre les effets de la COVID-19 et de changements climatiques très rapides, mais personne n’en ressent plus profondément les conséquences que les populations rurales des pays les plus pauvres du monde », a déclaré Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA. « Il est moins coûteux d’investir dans le développement durable et dans une meilleure résilience aux chocs à long terme que de répondre à des urgences humanitaires répétées. C’est la raison d’être des objectifs de développement durable et ce niveau accru d’engagement à l’égard du FIDA est une étape importante en vue de les atteindre. Les contributions qui ont été annoncées jusqu’à présent montrent que nos États membres sont déterminés à éradiquer la pauvreté et la faim, et qu’ils ont confiance dans l’impact que peut avoir l’action du FIDA », a ajouté Gilbert F. Houngbo. Soixante-sept pays donateurs ont déjà annoncé leur nouvelle contribution pour un montant total de plus de 1,1 milliard de dollars dans le cadre de la Douzième reconstitution des ressources du FIDA (FIDA12), un processus par lequel les États membres définissent des priorités stratégiques et engagent des fonds en faveur de l’organisation pour ses activités sur la période 2022-2024. D’autres annonces sont attendues tout au long de l’année 2021. Affichant très explicitement tout leur soutien au FIDA, l’Allemagne et la France ont rendu publique une déclaration conjointe précisant: « Les gouvernements allemand et français ont tous deux décidé d’augmenter considérablement leur soutien financier au FIDA pour atteindre un niveau sans précédent, en réponse au caractère à la fois ambitieux et nécessaire de FIDA12 pour lutter contre la pauvreté rurale en cette période critique. Nous demandons à tous les États membres de nous rejoindre avec une contribution ambitieuse ». Le FIDA occupe une place à part parmi les institutions financières internationales car un grand nombre d’États membres – plus d’une centaine en règle générale – contribuent volontairement à son financement de base. Parmi eux figurent certains des pays les plus pauvres du monde, qui ont été parmi les premiers à annoncer leurs contributions l’année dernière, en soulignant la valeur qu’ils accordent à leur partenariat avec le FIDA, et faisant ainsi pression sur les bailleurs de fonds traditionnels pour qu’ils aillent plus loin. De nombreux pays parmi les gros bailleurs de fonds du FIDA ont annoncé leur intention d’augmenter très nettement leur niveau de contribution. Les États-Unis, qui sont historiquement le plus gros bailleur du FIDA, ont annoncé une contribution de 129 millions d’USD, soit une augmentation de 43% par rapport à la précédente. Une déclaration publiée par le pays souligne le rôle du FIDA comme un « partenaire efficace sachant rassembler les bailleurs dans un cadre multilatéral afin d’avoir un véritable impact sur la pauvreté rurale au service des plus pauvres ». Des augmentations de leur contribution ont également été annoncées par la France (106 millions d’USD – une hausse de 50%), l’Italie (96 millions d’USD – une hausse de 45%), la Suède (87,3 millions d’USD – soit une hausse de 60% en couronnes suédoises) et l’Irlande (14,3 millions de dollars – une hausse de 66%), entre autres. La Finlande et la Norvège ont également augmenté leurs contributions de base de 40% en monnaie nationale, et l’Allemagne, la Chine, les Pays-Bas, le Japon et le Canada ont annoncé des contributions importantes respectivement de 101 millions d’USD, 85 millions d’USD, 82,9 millions d’USD, 57,3 millions d’USD et 55,5 millions d’USD. D’autres pays, dont le Cambodge, Madagascar, la Mauritanie, le Pakistan, les Philippines et la République démocratique populaire lao ont également annoncé des contributions plus élevées, rejoignant ainsi tous ceux qui ont promis des augmentations significatives l’année dernière, notamment le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Grèce, le Luxembourg, le Mali, l’Ouganda, Sao Tomé-et-Principe et la Sierra Leone. Contribuant pour la première fois depuis 2013, Haïti a annoncé un versement représentant plus du double de sa dernière contribution, tandis que la Somalie a annoncé sa première contribution en trente ans. Dans le cadre du processus de FIDA12, les États membres ont convenu de financer un Cadre pour la soutenabilité de la dette réformé afin de garantir que les pays fortement endettés puissent continuer à recevoir des dons du FIDA. Ils ont également convenu qu’au moins la moitié des fonds reçus soutiendront des projets de développement rural en Afrique subsaharienne, et que plus d’un quart seront destinés à des pays connaissant des conflits ou autres situations de fragilité. Au moins 40% seront investis pour faire face aux changements climatiques, contribuer à la réalisation de l’Accord de Paris et faire en sorte que davantage de financements de l’action climat parviennent aux petits producteurs. L’investissement
Eradication de l’extrême pauvreté et la faim: Le FIDA appelle les États membres à investir davantage dans le développement rural

Gilbert F. Houngbo, Président du Fonds international de développement agricole (FIDA) a lancé aujourd’hui un appel à ses 177 États membres en vue d’aider le Fonds à atteindre son objectif de doubler son impact sur la vie des personnes les plus marginalisées du monde d’ici 2030 – en proposant un programme de travail de 30 milliards d’USD sur les 10 prochaines années. « Avec les conditions climatiques extrêmes, les conflits, la fragilité et les migrations qui menacent nos systèmes alimentaires, nous devons investir davantage dans les populations rurales qui cultivent la nourriture que nous mangeons », a déclaré Gilbert H. Houngbo. « Nous n’avons que dix ans pour atteindre nos objectifs d’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim à l’échelle mondiale. Cela signifie que nous devons intensifier nos investissements là où la pauvreté et la faim sont concentrées, à savoir dans les zones rurales ». Cet appel à amplifier les investissements interviendra lors du lancement de la Douzième reconstitution des ressources du FIDA – un processus consultatif d’un an au cours duquel les États membres du FIDA se réunissent pour convenir d’orientations stratégiques et mobiliser des fonds que le FIDA redistribuera aux pays en développement sous forme de prêts à des conditions très favorables ou de dons. Avec un soutien accru de la part des États membres, le FIDA vise à augmenter la production de plus de 200 millions de petits producteurs, à améliorer la résilience de plus de 100 millions de personnes en milieu rural et à accroître les revenus d’environ 260 millions de femmes et d’hommes en milieu rural d’au moins 20% d’ici 2030. Il apparaît de plus en plus clairement que le chemin vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) passe par les zones rurales, où vivent 80% des personnes les plus pauvres du monde. Investir dans l’agriculture et le développement rural est le moyen le plus direct de voir s’accroître leurs revenus et leur sécurité alimentaire. Des études montrent que la croissance économique dans l’agriculture est deux à trois fois plus efficace à réduire la pauvreté que celle dans tout autre secteur. « Avec plus de 40 ans d’expérience sur le terrain, nous savons que le dernier kilomètre est souvent le plus difficile à franchir », a déclaré M. Houngbo. « Nous pouvons encore tenir les engagements des ODD et éradiquer l’extrême pauvreté et la faim – mais pas si nous continuons sur notre lancée actuelle. Nous avons besoin de davantage de financements, de nouveaux partenariats et instruments financiers, et d’approches plus inclusives ». Le FIDA étant la seule institution multilatérale exclusivement axée sur les zones rurales, il intervient dans des endroits reculés où arrivent peu d’autres projets de développement. Dans la décennie qui vient, le FIDA mettra à profit ses compétences et son expertise uniques pour concevoir et mettre en œuvre des projets d’investissement rural ciblant les groupes les plus vulnérables du monde, notamment les femmes, les jeunes et les populations autochtones dans les zones rurales. Afin d’accroître significativement son impact et sa capacité à aider les pays qui en ont le plus besoin, le FIDA élabore un nouveau modèle financier qui permet de canaliser davantage de ressources vers les pays et les populations les plus pauvres. Ainsi, le FIDA pourra continuer à offrir un fort retour sur investissement à ses bailleurs de fonds, et démultiplier l’impact de leurs contributions. Le Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne (ASAP), le programme phare du FIDA visant à canaliser les fonds destinés aux changements climatiques et à l’environnement vers les petits exploitants agricoles, sera étendu pour fournir davantage de fonds aux pays à faible revenu, en particulier ceux qui connaissent des niveaux élevés de malnutrition, et aux situations fragiles où les investissements en matière d’adaptation aux changements climatiques font défaut. Il se concentrera davantage sur les liens entre changements climatiques et impact sur les femmes, les jeunes et la nutrition. En outre, le nouveau Programme de financement du secteur privé visera à faire en sorte que les investissements et le savoir-faire du secteur privé contribuent au développement des petites et moyennes entreprises rurales et des organisations paysannes Le FIDA agit également en tant qu’assembleur de financements et il est considéré comme un intermédiaire de bonne foi, notamment par les populations rurales et leurs organisations. En travaillant avec les gouvernements, la société civile, le secteur privé et d’autres partenaires, le FIDA mobilise des investissements croissants qui transforment les zones rurales sur le plan économique et social. Le FIDA continuera d’investir au niveau local dans les petites et moyennes entreprises, les petits producteurs et dans l’économie rurale non agricole, tout en élargissant son action en matière d’adaptation aux changements climatiques, de protection de l’environnement, d’autonomisation des femmes et des jeunes et d’amélioration de la nutrition. Avec CM
L’urbanisation au secours du développement rural

2,5 milliards de personnes supplémentaires habiteront en zone urbaine, selon la FAO L’urbanisation peut servir de catalyseur au développement rural, a affirmé l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Répondre à la demande alimentaire croissante en provenance des zones urbaines peut contribuer à augmenter les revenus des populations pauvres vivant en milieu rural, dont la plupart dépendent de petites exploitations agricoles pour leurs moyens d’existence», a affirmé José Graziano da Silva, directeur général de l’agence onusienne. «Cela pourrait créer des emplois et des perspectives de développement pour les personnes qui ont choisi de rester en zone rurale, dans les pays en développement, tout en facilitant l’accès à une nourriture saine dans les villes», a-t-il soutenu. José Graziano da Silva réagissait ainsi à l’occasion de la publication d’un nouveau rapport présenté par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) et auquel a contribué la FAO. Selon ce rapport, qui traite de nombreux problèmes liés à l’urbanisation, gérer l’urbanisation de manière durable pose de nombreux défis et implique une refonte des systèmes alimentaires et agricoles de façon à ce que cela profite aux villes et aux campagnes. Cette étude annonce que « la hausse des populations urbaines se manifestera surtout en Afrique, avec une majorité de la population du continent qui vivra dans les villes d’ici à 2030. D’un point de vue mondial, près de 2,5 milliards de personnes supplémentaires habiteront en zone urbaine », soulignant que l’Afrique et l’Asie représenteront 90% de cette hausse. A propos de la demande alimentaire croissante en provenance des zones urbaines, José Graziano da Silva prévient que la hausse de celle-ci « ne va pas automatiquement profiter aux petits exploitants agricoles ». Le patron de la FAO appelle ainsi à trouver des solutions à même de créer des opportunités et d’éviter les inconvénients d’une urbanisation croissante. Car ces changements «mettront une certaine pression sur les besoins nutritionnels, les ressources naturelles, l’emploi, les revenus, les phénomènes de migration et sur bien d’autres choses encore», a-t-il soutenu. Et comme l’a expliqué Shenggen Fan, directeur général de l’IFPRI, un institut de recherche à but non lucratif, et membre du réseau CGIAR, «les populations pauvres vivant en milieu urbain sont plus vulnérables aux variations des prix des produits alimentaires que celles en milieu rural et consacrent une plus grande part de leurs dépenses familiales à l’achat de nourriture que les populations rurales». A noter que les auteurs du rapport soutiennent que développer des chaînes de valeur et rendre les systèmes alimentaires «plus efficaces et inclusifs» constituent un exemple de mesures qui profiteraient aux zones urbaines et rurales. Le document assure que «de meilleures routes, un système d’électrification fiable et généralisé, des transports réfrigérés et de meilleurs locaux de stockage sont essentiels afin d’y parvenir». Et de souligner qu’une telle transformation conduirait également les agriculteurs à cultiver des produits plus nutritifs et de plus grande valeur, un élément fondamental pour nourrir convenablement les populations urbaines croissantes.