Centrafrique : « Je détiens des secrets d’Etat. On ne peut pas m’interroger de la sorte en public », lance Abdoulaye Hissen devant la CPS

Centrafrique : « Je détiens des secrets d’Etat. On ne peut pas m’interroger de la sorte en public », lance Abdoulaye Hissen devant la CPS

Après trois reports de son audition, le témoin Abdoulaye Hissène a été finalement présenté aux juges, ce 29 avril, dans l’affaire Ndélé 1 devant la Cour Pénale spéciale (CPS) à Bangui. L’ancien N°2 du groupe armé FPRC a choisi de garder le silence, estimant qu’il détient des « secrets d’Etat ». La section d’assise de la CPS voudrait, à travers la présence d’Abdoulaye Issene, avoir des clarifications sur l’évènement du 29 avril 2020 à Ndélé ; des conflits qui ont coûté la vie à au moins 29 personnes. D’entrée de jeu, les juges ont demandé au témoin Abdoulaye Issene d’expliquer ce qu’il sait de cette affaire. En prenant la parole, il a précisé à la Cour qu’il était absent de Ndélé lors des faits pour lesquels il a été cité pour comparaître devant les juges. « Je n’étais pas à Ndélé » « Je suis un fils de Ndélé, mais je n’étais pas à Ndélé lors de cet évènement. C’est depuis 2016 que je suis à Bangui. Donc, je ne peux pas vous donner des clarifications sur un incident qui s’est produit en mon absence », a rétorqué le témoin, avant de poursuivre en ces termes : « Je détiens des secrets d’Etat. On ne peut pas m’interroger de la sorte en public ». Malgré l’insistance du président de la cour, ce leader du FPRC n’a pas voulu dire un mot de plus. Une suspension demandée par son conseil En face de cette situation, l’avocat du témoin a demandé aux membres de la cour de comprendre son client qui n’est pas un habitué du prétoire avant de souhaiter une suspension. A la reprise, le témoin Abdoulaye Hissen a finalement choisi de garder le silence car dit-il : « Je ne peux pas témoigner contre des gens avec qui je dors et mange ensemble ». Un choix accepté par la cour qui a décidé de suspendre l’audience. L’affaire dite « Ndélé 1 » concerne les accusés, Azor Kalite, Charfadine Moussa, Antar Hamat et Oscar Wordjonodroba. Ils sont poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’ils auraient commis entre mars et avril 2020 à Ndélé et ses environs. Le procès va répondre, jeudi 02 mai, avec l’interrogatoire au fond des accusés.

Centrafrique : la CPS annonce l’arrestation d’un commandant des Faca pour crimes contre l’humanité

Centrafrique : la CPS annonce l’arrestation d’un commandant des Faca pour crimes contre l’humanité

Une semaine après l’arrestation de Vianney Semdiro, la Cour pénale spéciale (CPS) a publié, ce vendredi 30 septembre 2022, un communiqué pour annoncer sa mise en examen. Cet officier des Forces armées centrafricaines (Faca) est poursuivi par la CPS pour crimes présumés contre l’humanité. Une satisfaction pour les organisations de défense des droits de l’Homme. Selon un communiqué de presse de la Cour pénale spéciale, rendu public ce vendredi 30 septembre 2022, Vianney Semndiro, officier supérieur des Forces armées centrafricaines, est inculpé pour crimes contre l’humanité. Il est soupçonné de meurtres, disparitions forcées commis entre 2009 et 2013 à Bossembélé dans l’Ombella-Mpoko. Interpellé le 23 septembre 2022 suite à un mandat de la Cour pénale spéciale, tribunal hybride chargé de juger les crimes commis sur le territoire centrafricain depuis 2013, cet officier, ancien proche de l’ex président François Bozizé, est mis en examen, le lundi 26 septembre et détenu dans une prison de la capitale centrafricaine. Les faits reprochés à ce gradé des Faca remontent entre 2009 et 2013. Vianney Semndiro aurait détenu arbitrairement, exécuté et torturé des prisonniers alors qu’il était à la tête de la prison de Bossembélé, située à 157 Km au Nord-ouest de Bangui. Il rejoint ainsi la longue liste des personnes arrêtées et écrouées par la Cour pour des graves crimes en lien avec la crise militaro-politique en République centrafricaine. Une arrestation saluée par Amnesty international. « Nous sommes satisfaits que la CPS s’intéresse à ces faits » « Depuis des années, Amnesty international avait travaillé sur de graves violations des droits de l’Homme qui s’étaient déroulées dans des lieux de détention dans la ville de Bossembélé. Parmi les faits documentés, on note des détentions arbitraires en violation de toutes les règles. Des personnes battues, torturées et certaines exécutées. Dans ce cadre, nous sommes satisfaits que la CPS s’intéresse à ces faits » s’est réjoui Abdoulaye Diarra, chercheur Afrique centrale et Afrique de l’Est à Amnesty international. L’arrestation de Vianney Semndiro intervient alors que le verdict de la Cour pénale spéciale sur le procès du massacre de près de 40 civils en mai 2019 à Koundjili et Lemouna dans l’Ouham-Pendé est attendue le 31 octobre 2022.

CPS : des témoins traumatisés en présence des principaux accusés des crimes de Koundjili et Lemouna

CPS : des témoins traumatisés en présence des principaux accusés des crimes de Koundjili et Lemouna

Les victimes continuent de témoigner contre Issa Sallé Adoum, alias Bozizé, Yaouba Ousmane et Mahamat Tahir. Pour l’audience de ce 08 juin, un des témoins, lui-même victime, était traumatisé en voyant les trois prévenus. Le 4ème témoin, un des quatre survivants ayant échappé de justesse à la tuerie de Lemouna en mai 2019, avait de la peine à bien s’exprimer devant la Cour. Raison : ce jeune homme, âgé d’une trentaine d’années, ne supportait pas de voir les trois accusés en face. Un traumatisme compréhensible selon la partie civile. « Ils devaient être préparés psychologiquement » « Ils ne se donnent même pas la peine de se retourner pour voir, si effectivement ils reconnaissent la personne ou pas. Il faut comprendre, quelque part, qu’il y a une frustration, une peur, une question de protection qui se pose. Ils devaient être préparés psychologiquement depuis le début. Ils ont peur mais les faits sont là » a fait savoir maître Claudine Bagaza, avocate de la partie civile. Malgré ce sentiment de malaise, le témoin a raconté que les villageois, réunis à la demande des éléments de 3R, ont été rassemblés, ligotés, le visage tourné vers le sol. Il explique que ce n’est qu’après qu’Issa Sallé a froidement abattu cinq (5) notables, qu’il a donné l’ordre à ses éléments d’ouvrir le feu sur les personnes ligotées. Un témoignage qui concorde avec ceux de ses prédécesseurs auditionnés par les juges. De leur côté, les trois avocats de la défense préparent encore leur ligne de défense après ces nouvelles révélations. Le procès se poursuit avec les contres interrogatoires. C’est-à-dire, les accusés vont être entendus de nouveau sur les déclarations des témoins.

Centrafrique/CPS : Yaouba Ousmane nie son implication dans le crime de Lemouna

Centrafrique/CPS : Yaouba Ousmane nie son implication dans le crime de Lemouna

Les accusés de crimes de guerre dans l’affaire Koundjili et Lemouna continuent de faire leurs dépositions devant la Cour pénale spéciale (CPS) à Bangui. Le prévenu Yahouba Ousmane a été auditionné toute la journée du 18 mai par les juges. Il reconnaît avoir été le chef-adjoint de la mission qui s’est rendue dans le village Lemouna en mai 2019, où 22 civils ont été abattus. Mais il rejette son implication directe dans la commission du crime. Yaouba Ousmane, 38 ans, est présenté par l’accusation comme le chef-adjoint de la base de Ngaoundaye dans la préfecture de Lim-Pendé, pour le compte du mouvement armé 3R. Il a également été chef de la mission qui s’est rendue dans le village Lemouna en mai 2019. Mission à l’issue de laquelle, 22 civils avaient été froidement abattus. Selon l’ordonnance de renvoi devant la Cour pénale spéciale, l’accusé avait été appelé depuis Ngaoundaye pour venir en renfort à l’équipe de Litélé pour une mission de récupération de bœufs. Bœufs qui auraient été volés par des éléments de la Révolution Justice (RJ) aux alentours de Lemouna. Selon les propos de l’accusé, l’instruction de récupérer, de gré ou de force, les cheptels volés était donnée par Issa Sallet Adoum alias Bozizé. Par ailleurs, il ajoute que les coups de feu qui ont occasionné la mort de ces victimes, ont été ceux, tirés par son supérieur Issa Sallet Adoum qui, dès son arrivée, a délibérément ouvert le feu sans avertissement sur la population réunie. La défense, représentée par maître Paul Yakola, a, quant à elle, soulevé l’aspect de la baïonnette intelligente de son client, qui a refusé d’exécuter à la lettre l’instruction d’Issa Sallet. Les associations des victimes, de leur côté, se disent satisfaites de l’avancée des travaux qui, d’ailleurs, continuent afin de rendre justice à la mémoire de plus de 40 civils tués dans ce drame.

Centrafrique : la CPS renvoie l’affaire Koundjili et Lemouna en procès

Centrafrique : la CPS renvoie l’affaire Koundjili et Lemouna en procès

La première audience de la Cour pénale spéciale s’est tenue ce 17 décembre 2021 au siège de l’institution à Bangui. Au menu, le massacre de Koundjili et Lemouna où près d’une quarantaine de civils ont été massacrés. Les juges ont débouté les avocats des prévenus et renvoyé, une fois de plus, l’affaire devant la Chambre d’assise. L’audience d’avant-procès, tenue en audience publique et contradictoire ce vendredi 17 décembre 2021, est consacrée aux assertions de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis le 21 mai 2019 à Koundjili et Lemouna dans l’Ouham-Pendé. Crimes attribués à des éléments du groupe armé 3R. Trois suspects étaient à la barre, notamment, Ousmane Yaouba, Tahir Mahamat et Issa Sallet Adoum alias Bozizé. Une audience très attendue par les victimes et les organisations de défense des droits de l’Homme. Appels recevables mais non-fondés En effet, le 3 décembre dernier à l’issue d’un procès à huis-clos, les juges d’instruction avaient décidé du renvoi de l’affaire en procès devant la chambre d’assise. Cette décision a été contestée par les avocats des inculpés qui ont interjeté appel. Ce qui a conduit à cet avant-procès et ce, sur demande du Parquet spécial. Ainsi à l’issue de celui-ci, la Cour pénale spéciale dans sa décision, a débouté les avocats des inculpés et renvoyé les suspects devant la Cour d’assise. « La chambre déclare les appels recevables mais non-fondés. En conséquence, confirme l’ordonnance entreprise dans toutes ses dispositions et ce faisant, ordonne la disjonction de la procédure concernant les infractions visées à l’encontre du sieur Sidiki Abass ; ordonne le renvoi devant la chambre d’assise des sieurs Issa Sallet Adoum alias Bozizé, Yaouba Ousmane et Mahamat Tahir » a martelé Michel Landry Louanga, président de la Cour pénale spéciale. Les suspects Ousmane Yaouba, Tahir Mahamat et Issa Sallet Adoum Alias Bozizé sont accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’affaire du massacre de près de 40 civils, le 21 mai 2019 dans les localités de Koundjili et Lemouna dans le Nord-ouest de la République centrafricaine. Cette première audience intervient au moment où la CPS déplore l’obstruction de ses procédures par les pouvoirs publics, suite à la libération d’Hassan Bouba Ali, arrêté le 19 novembre 2021 puis libéré quelques jours après.