Gestion du Congo et présidentielle 2026 : de la diplomatie agonisante à l’incertitude entre partir, s’abstenir et coup de force ( lecture en 4 minutes)

Gestion du Congo et présidentielle 2026 : de la diplomatie agonisante à l’incertitude entre partir, s’abstenir et coup de force ( lecture en 4 minutes)

PARLONS-EN. À 278 jours de la fin du mandat de M. Sassou, il est du devoir de l’élite de s’interroger sur le fait de l’accompagner dans son élection pipée d’avance ou s’abstenir à défaut de projeter un coup de force pour sortir le Congo de la crise systémique où il se trouve, suivant le récent exemple du Gabon et des pays du Sahel. Le Congo n’a jamais eu autant d’argent et d’opportunités qu’en cette décennie pour se hisser au rang de pays émergent, et pourtant, le peuple ploie sous une précarité sans précédent. Les infrastructures, la gouvernance économique et énergétique, leitmotiv d’une nation, les systèmes éducatifs, sanitaires et la diplomatie sont au plus bas niveau. La preuve : l’O.M.S déplace progressivement ses effectifs au Kenya, Zimbabwé, Sénégal et en Afrique du Sud ; les USA viennent de classer le Congo parmi les douze pays dangereux et pour cause : les agents de l’OMS se seraient plaints de l’insécurité grandissante au Congo, du manque d’hôpitaux ayant des plateaux techniques complets où ils peuvent se soigner, des  » délestages d’électricité qui leur empêchent de travailler et vivre décemment, des penuries de carburant, des infrastructures routières qui leur empêchent d’arriver facilement au centre ville de Brazzaville. Ils leur faut par exemple 1h30 minutes pour le tronçon de 9 kilomètres ( de la cité OMS à l’école française Saint-Exupéry) parce qu’il y a trop de nids de poules et des bouchons vers le pont du djoué. Pourtant, des études pour le prolongement de la corniche jusqu’au pont du Djoué avec échangeur double voies et pour la construction d’un deuxième pont avaient été réalisées et financées par l’AFD pour désengorger la zone.. Diplomatie en déclin Parlant du Congo qui vient d’être placé dans la liste rouge des USA, plus d’une fois nous avons tiré la sonnette d’alarme et même discuté avec les plus hautes autorités congolaises qui, malheureusement, nous traitent d’extrémiste, de Satan bref de tous les noms d’oiseaux. L’interdiction des visas aux ressortissants congolais confirme que les USA de Donald Trump changent d’approche en fonction de leurs intérêts. Mais cela ne pouvait être différent. La loi n*8-2025 autorisant la ratification de l’accord Congo -Russie sur l’oléoduc Pointe Noire -Loutete-Maloukou -Tréchot non seulement enfonce le Congo dans la guerre des éléphants ( Russie Versus USA+ Europe), mais aussi démontre l’incompétence et le cynisme des gouvernants congolais. Certes, nombreux d’entre eux ont tissé des relations avec des réseaux Camerounais, Nigérians et de Hezbollah, qui sont suivis par la CIA, la DGSE et le Parquet financier français qui croisent les informations pour traquer les délinquants, mais le problème est ailleurs. Ce n’est pas non plus du côté de Christel Denis Sassou puisque son affaire a été réglée par un avocat franco-congolais du barreau de Pointe Noire. La vérité est que Donald Trump et son équipe appliquent la diplomatie à géométrie variable et d’esbroufe. Comme pour le Congo, il banit la Guinée équatoriale et le Tchad qui signent en profondeur avec la Russie. La France laisse faire l’administration Trump surtout qu’elle n’a pas pu arracher la libération des détenus politiques (Okombi et Mokoko a moins que cela soit proclamé la semaine prochaine) auprès de M. Sassou à qui on a presque tout refusé. Les autorités de Brazzaville par ailleurs que nous avons joint nous rassurent mais sans évoqué le principe de la réciprocité diplomatique comme vient de faire le Tchad,  » nous sommes en train de négocier pour faire lever la mesure injuste du bien « . Mais si c’est avec des diplomates choisis sur des critères claniques, il ne faut rien s’attendre de ces négociations. Une fois de plus, les dignitaires, pervers narcissiques politiciens qui ont résolu de nous détruire viennent d’être confondus. Prélude de plancher prochainement sur les enjeux de la présidentielle 2026 comme annoncé en titre, il sied de dire qu’il serait une erreur de stigmatiser ou diaboliser tous les étrangers qui sont au Congo. Certes, il y a certains Libanais, Yéménites, Ouest africains et Camerounais qui se comportent mal au Congo et sont dans des circuits bizarre mais il faut reconnaître qu’à côté, on trouve aussi des bons. Sans l’apport de tous, le Congo ne décollera pas . Ghys Fortune BEMBA DOMBE

La porte de la honte

La porte de la honte

TRIBUNE. Si nous arrivons à un stade où le choix d’un président ne dépend plus des urnes et de la volonté populaire, emprunter la voie des armes devient désespérément le mal nécessaire. Car il faut savoir qu’un peuple déterminé restera toujours plus fort qu’un État aussi autoritaire soit-il. Le pouvoir devrait toujours rester au peuple En Afrique les urnes ne sont que symboliques. Les élections ont pratiquement perdu leur fondement face aux manœuvres politiciennes et tripatouillages de la Constitution socle de toute démocratie. Lorsque qu’un peuple partagé entre déceptions et désespoirs, trahi par des promesses électorales non tenues, des lois subjectives, des décrets impérieux, une justice sélective, des institutions impertinentes, une gabegie financière , son intégrité sera reléguée au second plan. Et quand arrive l’expression de son amertume totale, sachez le distinguer de l’opposant politique. Tout le monde n’est pas politique, mais tout le monde peut subir les décisions politiques. Tout le monde n’est pas opposant, mais chacun sait reconnaître le bien du mal. Face aux fibres patriotiques, les appartenances politiques ne tiennent qu’à un soulèvement populaire. Et c’est toujours ce même peuple qui se sacrifie au prix de la vie ou de la liberté. Beaucoup de chef d’états africains avec la complicité ou non des puissances occidentales ont travesti la campagne électorale en une promenade folklorique, à fric, où tromper devient légal. Une technique pernicieuse favorisant toute forme de passe-droit. À tous ces dirigeants assoiffés de pouvoir, sachez que la porte de la honte ne vous sera jamais fermée que si vous décidiez d’arrêter d’asservir vos peuples. Ce même peuple qui, partagé entre déceptions et révoltes tente sans relâche, de conforter son désespoir à travers d’infructueuses transitions démocratiques. A quand la prise de conscience des dirigeants africains ? Ils doivent savoir quitter par la grande porte. Quitter par la grande porte c’est écouter son peuple et non son clan. Quitter par la grande porte c’est cesser de faire des principes de mandat une question d’envie ou faire de la constitution son «mot fléché». Ces images décevantes de Gbagbo, de IBK et aujourd’hui de Alpha Condé sont un signal fort pour tout autre dirigeant qui possédé par le pouvoir, s’y accroche à telle enseigne qu’il devient l’artisan de sa propre chute à la porte de la honte. Devant celle-ci il n’y aura de voix partisanes qui domineraient celle du peuple. Toutefois, la voie des armes n’est pas souhaitable, et la meilleure manière de fermer celle-ci c’est de s’ouvrir aux aspirations du peuple. Par Astou Dione, journaliste