Une forte présence du HCP au Congrès Mondial de Statistiques tenu à Kuala Lumpur

Du 18 au 23 août, le Haut-commissariat au plan (HCP) a participé aux travaux de la 62ème Session du Congrès mondial de statistiques, tenue à Kuala Lumpur (Malaisie), par une forte délégation et une quinzaine de travaux scientifiques sur des thématiques statistiques et de comptabilité nationale. En marge des travaux dudit congrès, la délégation marocaine a tenu des séances de travail avec les représentants de plusieurs institutions statistiques d’Europe et de Grande Bretagne. Ces séances visaient à faire le point du niveau de coopération du HCP avec ces institutions et à envisager d’autres voies pour les renforcer et en diversifier les axes, en particulier dans les domaines de la digitalisation des processus de production et de diffusion des produits et services statistiques, du suivi et d’évaluation des Objectifs de Développement Durable, ainsi qu’en matière d’approches novatrices d’enquêtes statistiques, en l’occurrence l’enquête sur la famille programmée par le HCP pour l’année 2021. Rappelons que le Congrès mondial de statistiques, dont la 61ème Session a été tenue à Marrakech en 2017, réunit dans sa 62ème Session à Kuala Lumpur plus de 2500 participants relevant des systèmes nationaux de statistique, des universités, des associations de statistique, d’organisations nationales, régionales et internationales.
Ahmed Lahlimi : Eriger l’aide au développement de la statistique au rang d’impératif catégorique

«Les mutations profondes que connaissent, à l’échelle mondiale, l’économie, le savoir, les valeurs et les rapports internationaux, devraient conférer au renforcement des systèmes nationaux d’information statistique, dans les pays en développement et notamment en Afrique, le caractère d’un facteur stratégique de développement économique, de progrès social et de démocratisation institutionnelle de ces pays », a déclaré dimanche dernier le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami. Intervenant lors de la séance inaugurale du 61ème Congrès mondial de statistiques, organisé à Marrakech par le Haut-commissariat au plan (HCP) et l’Institut international de statistique (IIS), le Haut-commissaire a d’emblée relevé que ce congrès tenait ses assises dans un contexte international invitant plutôt à l’optimisme. « L’économie mondiale semble amorcer sa sortie d’une crise dont les prolongements ont longtemps perduré. Elle ambitionne de renouer avec une croissance plus durable », a-t-il fait observer. Une croissance appelée à être tirée par les pays qui « se seraient préparés à accéder à une compétitivité globale en mettant à profit les opportunités offertes par la révolution numérique et les ressources de l’économie verte et à adapter, en conséquence, leurs écosystèmes micro-économiques, leurs modes de gestion macro-économiques et plus globalement leur modèle de développement au paradigme d’une nouvelle économie politique en émergence », a souligné le Haut-commissaire. Abordant la question sur le plan de la statistique, en particulier dans sa sphère officielle et notamment dans les pays en développement, Ahmed Lahlimi Alami a indiqué que « ce contexte devrait être, nous semble-t-il, largement marqué par le défi que cette discipline aurait à relever au cours du processus de mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), pour faire face à leurs implications techniques et institutionnelles sur la nature juridique de son statut, le domaine de ses attributions et le mode opératoire d’élaboration et de diffusion de ses produits ». De son côté, le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, a noté que « nul ne peut nier le rôle fondamental de l’information dans l’édifice d’une société démocratique et ouverte dans un monde en constante mutation. Car, «l’information est non seulement un outil de pilotage, mais également un facteur de production, dans la mesure où elle contribue à éclairer les décideurs politiques et économiques quant aux choix stratégiques à opérer pour assurer un développement durable et inclusif », a-t-il expliqué. En ce qui concerne l’accès aux données, notons que le patron du HCP a estimé que « les systèmes nationaux d’information statistique devraient être soumis à rude épreuve dans la recherche des données et l’élaboration des indicateurs, l’une et l’autre requises pour le suivi et l’évaluation des politiques de mise en œuvre de l’agenda international de développement durable contextualisé dans le cadre des réalités économiques et sociales de leur pays ». A cet égard, il a indiqué que « le nombre jusqu’à présent identifié des indicateurs statistiques s’élèverait à 230 alors que les concepts et les méthodes d’élaboration d’une bonne partie d’entre eux ne sont pas encore arrêtés ou ne sont pas prêts de l’être ». Le Haut-commissaire a fait aussi remarquer qu’« à côté de puissances, nationales ou privées, cumulant des bases de données dotées de dimensions et de variétés de domaines en croissance exponentielle, beaucoup de pays peinent encore à disposer de systèmes nationaux de statistique suffisamment robustes pour contribuer à une meilleure connaissance des réalités économiques et des conditions de vie de leur population ». Dans son allocution, il s’est également interrogé s’il n’y aurait pas lieu « de craindre que les disparités internationales des capacités statistiques, aujourd’hui évidentes, ne soient accentuées par l’inégal développement de l’économie numérique dans le monde ». Enfin, Ahmed Lahlimi Alami a estimé que chaque fois qu’il y a lieu « de faire une recommandation internationale de militer pour ériger l’aide au développement de la statistique au rang d’un impératif catégorique de l’Agenda de développement durable à l’horizon 2030 ». A ce propos, il a estimé que l’Afrique a besoin d’un véritable plan Marshall de la statistique pour qu’elle puisse décliner, à cet horizon, les résultats des performances au niveau du poids géostratégique de son continent et de la grandeur de sa civilisation. Pedro Luis do Nascimento, le président de l’Institut international de la statistique, a souligné les actons menées par cette institution et noté que les statisticiens sont maintenant au cœur des efforts entrepris par toute l’humanité. En tant que communauté, il a estimé que ces derniers doivent consolider leurs efforts et échanger les données en faveur d’un monde meilleur. Signalons qu’un Prix international de statistique a été décerné à l’éminent statisticien britannique, Pr David Cox, pour ses travaux relatifs au modèle d’analyse des données de survie. Le Haut-commissariat au plan a organisé quelques heures plutôt un atelier sur «Quelles approches statistiques pour la mesure de l’environnement et des effets des changements climatiques?» auquel ont pris part des responsables et représentants de plusieurs institutions de la statistique. Nous y reviendrons.
Marrakech capitale mondiale de la statistique

Le choix du Maroc pour l’organisation de la 61ème Session du Congrès mondial de statistiques, prévue du 16 au 21 juillet prochain à Marrakech, témoigne du niveau de confiance dont jouit notre pays, a déclaré Ahmed Lahlimi Alami, haut-commissaire au plan. « C’est une réelle opportunité pour faire valoir sa position dans le domaine de la statistique au niveau du continent africain et de la région arabe », a-t-il souligné lors d’une rencontre qu’il a présidée, mercredi 28, au siège du Haut-commissariat au plan à Rabat. Au cours de son exposé, le patron du HCP a aussi indiqué que le choix de Marrakech pour abriter ce congrès, « moins d’une année après l’accueil de la 22ème session de la Conférence des parties sur le changement climatique (COP22), témoigne, par ailleurs, du rayonnement international de la ville ocre et de ses potentialités d’accueil et d’organisation de manifestations de telle envergure ». A noter que le Maroc accueille cet important rendez-vous d’envergure mondiale à la demande de l’Institut international de statistique (IIS), un réseau mondial créé en 1885 et qui compte parmi ses membres d’éminents statisticiens du monde et plusieurs institutions de statistique, nationales et internationales. Notons aussi que cet événement, organisé conjointement par le HCP et l’IIS, se tient pour la quatrième fois en Afrique et qu’il réunira plus de 2000 participants de 120 pays, relevant d’instituts nationaux de statistique, d’universités et centres de recherche, d’associations de statisticiens, d’institutions régionales et internationales ainsi que du secteur privé. « Ce congrès offre aux participants, notamment des pays arabes et africains, l’occasion d’échanger expériences et bonnes pratiques et de faire valoir les progrès et avancées réalisés en matière de statistique dans leurs pays et régions respectifs », a expliqué le haut-commissaire au plan. Signalons qu’un programme scientifique riche et diversifié a été concocté à cette occasion et qu’il comporte plus de 330 sessions, une trentaine événements parallèles, une cinquantaine de réunions administratives, une dizaine de cours de formation, une centaine de posters et une vingtaine de stands d’exposition. Selon le comité d’organisation, lesdites sessions sont réparties en 152 sessions d’invités (498 contributions), 87 sessions de sujets spéciaux (327 contributions), 65 sessions de communications libres (449 contributions) et 30 sessions de discussion de type tables rondes. S’agissant des contributions scientifiques prévues lors de ce congrès, Ahmed Lahlimi Alami a assuré que « 92 seront présentées par des chercheurs marocains dont 33 par des cadres relevant du Haut-commissariat au plan ». Globalement, « les thématiques qui seront abordées lors des sessions du programme scientifique portent sur les récents développements de la théorie statistique, les différents domaines d’application de la statistique officielle, les innovations techniques et technologiques et leur usage dans les opérations statistiques », a indiqué le HCP soulignant que d’autres activités seront organisées en marge des travaux du congrès sous forme de conférences plénières. Ainsi que des ateliers de formation de courte durée notamment au profit des jeunes statisticiens issus de divers pays, a-t-il précisé. Des activités auxquelles il faudra ajouter celles relevant du volet administratif avec plus de 50 réunions administratives, 5 réunions satellites organisées par les différentes associations de l’IIS et des cérémonies de remise de prix octroyés par ces associations. Du côté du HCP, précisons que l’organisme public organisera deux évènements spéciaux d’envergure internationale. Le premier, en partenariat avec la présidence marocaine de la COP22 sur le thème «Quelles approches statistiques pour la mesure de l’environnement et des effets du changement climatique ?» et le deuxième, en partenariat avec le ministère de la Planification, du Développement et de la Statistique de l’Etat du Qatar, sur le thème «La Révolution des Données au service des objectifs du développement durable». A l’occasion de ce congrès, le HCP prévoit de réunir, conjointement avec la CEA, les directeurs généraux des Instituts nationaux de statistique africains en vue d’initier la réflexion sur l’organisation, en 2018 au Maroc, d’une conférence sous le thème «Le rôle de la statistique dans le processus d’intégration de l’Afrique». Soulignons enfin qu’au terme des travaux de ce congrès, un prix international de statistique sera décerné au professeur David Cox, éminent statisticien britannique pour ses travaux relatifs au modèle d’analyse des données de survie. Ce prix, institué par la fondation portant le même nom, regroupant cinq organisations statistiques de renommée mondiale, est la plus haute distinction honorifique dans le domaine de la statistique, Comme il a été rappelé lors de cette rencontre, l’Institut international de statistique est doté depuis 1949 du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies et exerce une influence sur la communauté statistique internationale par la notoriété de ses sept associations spécialisées dans les différents domaines de la statistique dont particulièrement les statistiques mathématiques et les probabilités, les statistiques officielles, les méthodologies d’enquêtes statistiques ainsi que les statistiques d’entreprise, de l’éducation et de l’environnement. Le Congrès mondial de statistiques, qui se tient tous les deux ans, constitue l’une de ses plus importantes activités.