RD Congo. Arrêtons de jouer avec le feu…

RD Congo. Arrêtons de jouer avec le feu…

TRIBUNE. Ce jeudi matin, le président de l’Assemblée Nationale déclarait devant ses pairs députés : « Ceux qui veulent participer aux élections c’est leur droit, et ceux qui ne veulent pas participer c’est aussi leur droit. Je voudrais vous rappeler qu’à un certain moment, l’UDPS avait refusé de participer aux élections, ils l’ont fait deux fois » Un tel raisonnement de la bouche d’un président de l’AN est gravissime. Il n’occupe tout de même pas ce poste pour défendre la position d’un camp politique. Il est là avec l’obligation d’œuvrer comme un homme d’état avec la lourde charge de chercher un consensus entre différents courants au sein de l’auguste assemblée. Opter pour une telle intransigeance idéologique, c’est faire preuve de cécité politique. C’est vouloir fermer les yeux sur le VRAI problème qui se pose à propos de l’élection du président de la CENI. Vu le forceps avec lequel il est géré par l’actuelle majorité parlementaire, il s’avère que différentes forces politiques et civiles congolaises commencent à se rétracter face à l’obstination du camp adverse à faire présider une institution sensée être INDÉPENDANTE, par un candidat défendu bec et ongles par un courant politique. Attention! Ce n’est pas la participation aux élections de 2023 qui fait problème, c’est plutôt la politisation de la Ceni et la méthode cavalière avec laquelle on tient à imposer le candidat du pouvoir envers et contre tout. Conformément à la récente réforme de la loi, la Ceni est constituée de trois composantes, notamment la Majorité, l’opposition et la société civile. Si une de ces composantes venait à être marginalisée, forcément il se posera un sérieux problème. Si l’on ne prend garde, cette obstination extrémiste et jusqu’au-boutiste risque de générer de grandes fractures sociales et de pousser le Congo dans la mauvaise direction . Faire fi des avis des uns et des autres pour atteindre coûte que coûte ses objectifs, c’est la voie la plus probable de porter les frustrations populaires à leur comble et de mettre en grand péril la paix sociale déjà très fragile. Faites gaffe monsieur Mboso. Arrêtez de jouer avec le feu! Germain Nzinga