Maroc. Le prix du quintal de blé importé flambe

CEREALES. Ça se corse pour le prix du blé tendre sur le marché marocain. En effet, les données relatives aux dernières variations des cotations du blé observées ces derniers temps du côté des pays fournisseurs laissent entrevoir une situation peu intéressante pour le Maroc qui reste fortement dépendant aux importations de cet aliment. Il faut dire que «les dernières perturbations météorologiques survenues en France et en Russie ont semé un vent de panique auprès des négociants», comme l’a relevé notre confrère Leseco.ma rapportant une inquiétude qui s’étend aux négociants marocains en céréales. Ainsi que l’écrit le site Reussir.fr, qui s’est intéressé aux dernières variations des cotations du blé et du maïs, la sécheresse en Russie fait encore monter les prix du blé au point que « les prix du blé tendre, de l’orge fourragère et du maïs ont progressé sur le marché français entre les 6 et 13 mai ». Rappelons que la France et la Russie comptent parmi les pays fournisseurs du Maroc en ce qui concerne notamment les importations de blé. C’est dire que toutes les perturbations de la production des céréales touchant ces pays affecteront forcément le marché national sinon susciteront de nombreuses craintes. Une chose est certaine, c’est que la conséquence de ces évolutions dues principalement aux aléas climatiques s’est déjà traduite au Maroc puisque le prix du quintal de blé importé a connu une augmentation de l’ordre de 20 à 30 dh, selon le président de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL), Omar Yacoubi. Cité par le quotidien L’Economiste, ce dernier rappelle que « la tendance du marché est dictée par la météo » Ainsi, «toute information climatique sur les marchés céréaliers affecte les cours». En conséquence : « Les conditions météorologiques en Russie impacteront la production céréalière», a-t-il expliqué. Soulignons que pour répondre au besoin national et constituer le stock stratégique, notre confère Médias24 avait annoncé, en mars dernier, que «le Maroc se prépare à des importations massives de blé». Quand bien même les chutes de températures en Russie et les pluies excessives en France continuent de menacer les potentiels de production, le site Terre-net.fr reste confiant arguant que « les prévisions annoncent toutefois des améliorations en Russie ». En effet, poursuit-il, «le sud commence à recevoir des apports pluvieux tardifs mais bénéfiques». En attendant des signaux plus rassurants, Omar Yacoubi affirme qu’il n’y a pour autant pas de risque de pénurie, « il y a aura toujours assez de blé », confie-t-il à l’Economiste. Et d’assurer que la hausse du prix du blé tendre « sera temporaire, le temps que le système de restitution à l’importation soit mis en place ». Il est important de noter que la filière céréalière présente de forts enjeux socioéconomiques avec un poids très important sur le secteur agricole au Maroc. En effet, selon le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, elle totalise, à elle seule, près de 71% de la surface agricole utile (SAU) totale et génère 20% du chiffre d’affaires agricole global avec des fluctuations selon les campagnes. Par ailleurs, cette filière « contribue à l’emploi à hauteur de 19% et contribue à la consommation humaine et à l’alimentation animale, engendrant des interdépendances très marquées avec le secteur de l’élevage», conclut-il. Alain Bouithy ENCADRE : Stabilisation des prix mondiaux du blé à l’exportation en avril dernier «L’indice FAO des prix des céréales a augmenté de 0,3% depuis mars, ce qui met fin à une trajectoire descendante de trois mois», a annoncé récemment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Les données recueillies par l’agence onusienne montrent que les prix mondiaux du blé à l’exportation se sont stabilisés au cours du mois d’avril dernier, « car la forte concurrence entre les principaux exportateurs a compensé les inquiétudes au sujet des conditions de culture défavorables dans certaines régions de l’Union européenne, de la Fédération de Russie et des Etats-Unis d’Amérique», a-t-elle indiqué. D’après la FAO, les prix du maïs à l’exportation ont augmenté, sous l’effet d’une forte demande, dans un contexte de difficultés logistiques croissantes dues aux dégâts causés aux infrastructures en Ukraine, et d’inquiétudes au sujet des perspectives de production au Brésil avant la récolte principale. Quant à l’indice FAO des prix de tous les types de riz, les données suggèrent qu’il a cédé 1,8%, principalement en raison d’un fléchissement des cours de l’Indica dû à la pression de la récolte. Alain B.
Révision à la hausse des prévisions de la production mondiale de céréales en 2023

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) annonce avoir relevé à la hausse ses prévisions concernant la production mondiale de céréales en 2023. L’agence onusienne « les a portées à 2.819 millions de tonnes, soit 0,9% de plus que pour l’année précédente », a-t-elle indiqué dans le dernier Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales. La même source explique que la révision à la hausse des prévisions de la FAO est presque intégralement fondée « sur des estimations récentes portant sur les rendements en Fédération de Russie et en Ukraine, lesquels devraient être meilleurs que prévu, sous l’effet de conditions météorologiques favorables persistantes ». En outre, en raison d’un temps sec prolongé dans les principales régions de production, l’organisation spécialisée des Nations unies estime dans ses prévisions que « la production du Canada devrait être nettement plus faible que prévu ». Toujours selon les nouvelles estimations de la FAO, « la production mondiale de blé devrait s’établir à 785 millions de tonnes, celle de céréales secondaires à 1 511 millions de tonnes, soit 2,7% de plus qu’en 2022, et celle de riz à 523,1 millions de tonnes ». Dans son rapport, l’organisation indique en outre que l’utilisation mondiale de céréales en 2023-2024 devrait atteindre 2.804 millions de tonnes et dépasser de 0,8% celle de l’année dernière. Ceci, en dépit d’une révision à la baisse apportée au cours du mois d’octobre. Dans ses prévisions, la FAO indique s’attendre « à ce que davantage de blé soit utilisé à des fins de consommation humaine plutôt que dans l’élevage, tandis que l’utilisation mondiale de riz devrait atteindre 520,5 millions de tonnes. Pour l’institution, cela laisse présager une deuxième campagne successive de croissance nulle ou négative de l’utilisation, d’autant plus que la poursuite de la diminution des utilisations non alimentaires devrait compenser l’accroissement de la consommation alimentaire de riz au sein de la population. Les stocks mondiaux de céréales devraient atteindre un niveau record. Dans le même temps, les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2024 devraient croître de 3% par rapport à leurs niveaux d’ouverture en s’établissant à 884 millions de tonnes. Ils devraient ainsi atteindre un niveau record. Sachant que les nouvelles prévisions concernant les stocks de clôture ont été relevées et qu’une baisse de l’utilisation des stocks est attendue ce mois-ci, l’institution prévoit que le rapport stocks/utilisation de céréales devrait être de 30,8%. Toujours selon le nouveau Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, « les échanges mondiaux de toutes les céréales en 2023/2024 se situent toujours à 466 millions de tonnes environ, un niveau identique à celui du mois dernier ». Dans ses prévisions, l’organisation fait toutefois état d’une contraction annualisée de 1,7% par rapport au niveau de 2022- 2023. Pour rappel, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires est resté stable en septembre dernier. D’après une analyse de l’agence, en s’établissant en moyenne à 126,3 points en septembre, l’Indice FAO des prix des céréales a progressé de 1% (1,3 point) par rapport au mois précédent, principalement en raison d’une augmentation de 7% des prix internationaux du maïs. Sous l’effet de l’abondance de l’offre et de bonnes perspectives de production en Fédération de Russie, les prix internationaux du blé ont accusé un recul de 1,6%, tandis que l’Indice FAO des prix de tous les types de riz s’est contracté de 0,5% dans un contexte de demande à l’importation globalement faible. Alain Bouithy
Des céréales françaises pour combler les besoins du marché marocain

La France a connu cette année une bonne récolte céréalière, a annoncé l’Intercéréales-France lors des « Rencontres franco-marocaines des céréales qui se sont tenues mardi 3 octobre à Casablanca. Malgré les caprices de la météo, les céréaliers français ont moissonné en quantité et en qualité cette année. « 35,1 millions de tonnes rien que pour le blé tendre. Les quantités sont bonnes, la qualité est au rendez-vous et les prix sont plus abordables que ceux de l’année dernière à la même période », a déclaré Philippe Heusele, président des Relations internationales de cette association privée créée à l’initiative des organisations professionnelles du secteur céréalier français. La récolte céréalière en France correspond en quantité et en qualité aux attentes du marché marocain, selon l’Intercéréales Des prévisions rassurantes et des rendements en hausse. Il n’en faut pas plus pour répondre aux besoins actuels en céréales du Maroc qui « a enregistré pour la deuxième année consécutive une trop faible récolte », comme il l’a rappelé à l’ouverture de ce rendez-vous très attendu des professionnels de ce secteur estimant, au passage, que les besoins d’importation du Royaume sont comparables à ceux de l’an dernier. De l’ordre de 5 millions de tonnes, en ce qui concerne le meunier, sans compter ceux en blé dur et en orge. Ainsi, étant donné que le Maroc a besoin de recourir au marché international pour combler ses besoins en céréales, « notre message principal, c’est de dire que la France a largement de la disponibilité et de la qualité qui conviennent aux usages que les différents acteurs du marché marocains font du blé », a confié Philippe Heusele. La France dont les prévisions de récolte sont rassurantes pour cette année a en effet « la chance d’avoir une récolte en quantité et en qualité qui corresponde très bien aux attentes du marché marocain », comme l’a relevé l’interprofession lors de ces rencontres auxquelles ont participé d’importantes délégations venues d’Afrique subsaharienne et d’Arabie Saoudite. Accompagner les partenaires marocains tout au long de la campagne agricole C’est dans ce contexte que « les agriculteurs français de la filière sont prêts à faire tous les efforts nécessaires pour accompagner nos partenaires marocains tout au long de cette campagne, comme ils l’ont d’ailleurs déjà fait l’an passé », a affirmé Philippe Heusele. Confiante, l’interprofesssion rassure que « les rendements nationaux sont en légère hausse par rapport à la moyenne quinquennale ». Ainsi, selon son estimation, la production française de blé tendre s’établit à 35,1 millions de tonnes (MT) cette année et, en dépit des craintes suscitées par les pluies intervenues en fin de cycle dans certaines régions, « la qualité s’est maintenue et permettra de répondre à la diversité des utilisations, pour l’ensemble des caractéristiques physiques et techniques ». Pour ce qui est des blés durs, « malgré un épisode climatique sec et chaud au moment du remplissage des grains sur une partie du territoire, les rendements progressent à l’échelle nationale, a fait savoir l’Intercéréales notant qu’hormis l’abaissement des poids spécifiques, les blés auront par ailleurs bien résisté à la fin du cycle humide pour donner des qualités satisfaisantes dans l’ensemble. Il est à souligner qu’au-delà de ces rencontres, marquées par la présence de l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, « notre séjour à Casablanca est aussi l’occasion de renforcer notre coopération particulièrement technique avec nos partenaires marocains. Nous profitons également de ce séjour au Maroc pour faire le point sur l’état de nos accords publics », a confié Philippe Heusele. Représentative des céréales alpiste, amarante, avoine, blé dur, blé tendre, chia, épeautre, maïs, méteil, millet, orge, quinoa, riz, sarrasin, seigle, sorgho, triticale, et tritordeum, en plus des produits céréaliers, l’Intercéréales se donne comme missions : la recherche et le développement pour améliorer la compétitivité des exploitations, s’adapter aux besoins des marchés, aux impératifs environnementaux et aux défis climatiques ; la valorisation du savoir-faire français, des céréales et des produits céréaliers en France et à l’international ainsi que la conduite de projets en filières pour identifier et impulser des actions d’intérêt général. Alain Bouithy
Vladimir Baïbakov : La Russie prête à fournir du blé au Maroc à un prix raisonnable

Du blé à bon prix pour le marché marocain. C’est ce que propose la Fédération de Russie, premier exportateur mondial de cette précieuse céréale qui rentre dans la composition de plusieurs produits boulangers dont les pains, les gâteaux, les biscuits et les pâtisseries. Vladimir Baïbakov, ambassadeur de la Russie au Maroc, s’est chargé d’adresser cette invitation dans un contexte particulier pour le Royaume touché par une sécheresse accrue. En effet, dans un entretien accordé à l’agence de presse russe TASS (Telegrafnoïe aguentstvo Sovietskovo Soïouza), le diplomate russe dont le pays s’est retiré de l’accord céréalier de la mer Noire, censé permettre l’exportation sécurisée des céréales en provenance de l’Ukraine, a annoncé que son pays est prêt à fournir du blé au marché national à un prix raisonnable. Une invitation clairement adressée aux importateurs marocains «Nous sommes prêts à fournir du blé à un prix raisonnable», a-t-il déclaré lors de cette interview parue au début de ce mois sur le site de l’agence TASS. La Russie et le Maroc s’achètent mutuellement les produits les plus demandés sur leurs marchés. Le charbon et les produits pétroliers représentent une grande partie des importations marocaines, tandis que la Russie achète des agrumes et du poisson», a, en outre, rappelé Vladimir Baïbakov. Etant donné que cette offre de la Russie a lieu «dans un contexte de nouvelles conditions géopolitiques et d’exacerbation des crises énergétique et alimentaire, un tel partenariat est particulièrement important», a dit le diplomate russe. Mais au-delà du contexte particulier, il est important de souligner que «le Maroc reste parmi les principaux partenaires commerciaux et économiques de la Russie en Afrique», a poursuivi l’ambassadeur. D’ailleurs, comme le rappelle le diplomate, «en 2022, le Royaume était le troisième pays en termes d’exportations et le quatrième en termes d’importations». Ce n’est pas tout. D’après le diplomate, «après la pandémie de coronavirus, le chiffre d’affaires commercial entre nos pays a de nouveau dépassé la barre des 2 milliards de dollars et il continue d’augmenter». La démarche de la Russie ne devrait pas surprendre le journal économique et financier français La Tribune qui estimait le mois dernier que, « pour la campagne 2022-2023, la Russie pourrait atteindre de nouveaux records d’exportation, en particulier vers les pays d’Afrique, avec des prix particulièrement attractifs». Quoi qu’il en soit, au regard de la situation que connaît le Maroc, le pays ne couvre actuellement qu’entre 55 et 65% de ses besoins en année normale, il y a fort à parier que la démarche de la Russie pourrait séduire nombre d’importateurs marocains. Comme nous l’avions relevé dans une de nos éditions sur ce produit, si la productivité du Maroc «ne s’améliore pas radicalement, son taux de couverture des besoins céréaliers sera inférieur à 40% dans les années à venir. Un taux qui continuera à décroître jusqu’à ce que la population se stabilise plus ou moins vers le milieu du siècle». Il est important de souligner que la campagne agricole 2022/2023 s’inscrit dans une séquence climatique de 5 années difficiles marquées par la succession d’années sèches, selon une observation du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. Le Département note en outre qu’elle s’est caractérisée par des températures instables, avec des minima bas en février et mars et au-dessus des niveaux de la campagne précédente à partir du mois d’avril, ajoutant que la production céréalière serait autour de 55,1 millions de quintaux pour la nouvelle saison. Alain Bouithy
Recul attendu de la production mondiale de blé cette année

ECONOMIE. « Les dernières prévisions au sujet de la production mondiale de blé en 2023 sont restées quasiment inchangées par rapport aux chiffres précédents publiés en avril », a annoncé récemment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon les prévisions de l’agence onusienne, la production mondiale en 2023 devrait se situer autour de 785 millions de tonnes, atteignant ainsi son deuxième plus haut niveau jamais enregistré. « En Afrique du Nord, la sécheresse a restreint les potentiels de rendements du blé en Algérie, en Tunisie et au Maroc et l’on s’attend à des récoltes en dessous de la moyenne en 2023 », a estimé l’organisation internationale. Au Maroc, la production céréalière devrait atteindre 55,1 millions de quintaux au cours de la campagne 2022/2023 contre 34 millions pendant la campagne précédente, selon les prévisions du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. « La production prévisionnelle des trois céréales principales au titre de la campagne agricole 2022/23 est estimée à près de 55,1 millions de quintaux contre 34 millions de quintaux en 2021/22 », a en effet indiqué le Département de l’agriculture. Bien qu’en dessous des 75 millions de quintaux envisagés dans le projet de loi de Finances pour 2023, il s’agit d’une hausse considérable de l’ordre de 62% par rapport à la campagne précédente, a-t-il toutefois fait savoir. D’après la même source, « cette production est issue d’une superficie semée en céréales principales de 3,67 millions d’hectares contre 3,57 millions hectares en 2021/22, soit une hausse de 2,8% ». Par espèce, la production du blé tendre devrait atteindre 29,8 millions de quintaux, celle du blé dur s’établirait à 11,8 millions de quintaux tandis que l’orge se situerait à 13,5 millions de quintaux. Il est à noter que l’Indice FAO des prix des céréales a affiché une valeur moyenne de 136,1 points en avril, à l’échelle mondiale, a indiqué l’Organisation des Nations unies dans son dernier rapport. Ce qui marque « une baisse de 2,4 points (1,7%) depuis mars et un niveau inférieur de 33,5 points (19,8%) à sa valeur d’il y a un an », a indiqué l’agence onusienne. L’organisation internationale affirme toutefois qu’« une baisse mensuelle des prix mondiaux de toutes les principales céréales a compensé une hausse des prix du riz sur la même période ». S’agissant des prix internationaux du blé, la FAO annonce qu’ils ont cédé 2,3% en avril et sont tombés à leur niveau le plus bas depuis juillet 2021, principalement sous l’effet de l’abondance des disponibilités exportables en Fédération de Russie et en Australie. Selon les explications de l’organisation, « les conditions de culture favorables en Europe, ainsi que la conclusion, fin avril, d’un accord permettant aux céréales ukrainiennes de transiter par les pays de l’Union européenne qui avaient imposé des restrictions à l’importation de céréales en provenance d’Ukraine au début du mois, ont également contribué à l’assouplissement général des marchés ». D’après le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, les prix mondiaux du maïs ont également accusé une baisse en avril dernier, de 3,2%. Ce recul s’explique, en grande partie, par « la hausse saisonnière des disponibilités en Amérique du Sud, où les récoltes se sont poursuivies et les perspectives favorables laissent envisager une production record au Brésil », a indiqué l’agence. Quant aux autres céréales secondaires, les données recueillies montrent que « les prix mondiaux de l’orge et du sorgho ont eux aussi fléchi, respectivement de 4,3 et 0,3%, du fait d’une demande mondiale en berne et des répercussions de la faiblesse des marchés internationaux du maïs et du blé », peut-on lire. Dans son rapport, il ressort que les ventes aux acheteurs asiatiques ont fait remonter en revanche les prix internationaux du riz au mois d’avril, « inversant ainsi la tendance à la baisse des cours du riz à l’exportation enregistrée en mars 2023 ». A titre de rappel, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a enregistré un léger rebond en avril dernier. Il s’est établi en moyenne à 127,2 points, soit 0,8 point (0,6%) de plus qu’en mars et 31,2 points (19,7%) de moins que sa valeur enregistrée au même mois l’année dernière. Selon les explications de la FAO, ce léger rebond « est dû en premier lieu à une nette hausse de l’indice des prix du sucre, ainsi qu’à une remontée de l’indice des prix de la viande, tandis que les indices des prix des céréales, des produits laitiers et des huiles végétales ont continué à reculer ». Alain Bouithy
Le Maroc constitue son stock de sécurité de blé

Les cours du blé devraient augmenter de plus de 40% et atteindre un niveau record en valeur nominale cette année, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale. Si les prévisions actuelles sur le blé se vérifient dans les faits, il y a fort à parier qu’une telle évolution «pénalisera les économies en développement qui dépendent des importations de blé, notamment en provenance de Russie et d’Ukraine», comme l’a récemment souligné l’institution financière internationale dans sa dernière édition du rapport Commodity Markets Outlook. La situation est pour ainsi dire préoccupante d’autant plus que les tensions sur les prix alimentaires dues à la guerre en Ukraine pourraient durer plusieurs années, a prévenu l’organisation internationale dans ledit document. Mieux vaut tard que jamais, le Maroc, à l’instar d’autres pays, a commencé à constituer son stock stratégique de blé tendre et dur afin de faire face aux incertitudes de la conjoncture mondiale actuelle et à venir et répondre un tant soi peu à la situation qui s’annonce on ne peut plus difficile pour bien de pays importateurs de cet aliment. En effet, un appel d’offres (n°09/dc/ps/05/2022) relatif à l’octroi de la prime de stockage au blé tendre et blé dur issus de l’importation a été lancé récemment par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts via l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL). Comme le suggère son intitulé, cet appel tardif ou pas a pour objectif de constituer un stock stratégique de sécurité des céréales. «Les quantités objet du présent appel d’offres sont de 3.000.000 de quintaux de blé tendre et 1.000.000 de quintaux de blé dur issus de l’importation», souligne le document de l’appel d’offres visible sur le site Internet officiel de l’ONICL. Selon ledit document, le présent appel d’offres est ouvert aux organismes stockeurs au sens de la Loi 12-94 relative à l’ONICL notamment son ArtII (commerçants céréaliers et coopératives agricoles marocaines et leur union). Il ressort du même document que « le titulaire ne peut être retenu qu’à hauteur de 40% maximum des quantités achetées ou engagées à partir du Vème jour du mois de mai 2022, exprimées sur la déclaration prévue à cet effet par le règlement de consultation. Ces quantités doivent être réalisées au plus tard le 31 mai 2022 et justifiées par les attestations d’escale et d’importation». L’ONICL indique par ailleurs que la période d’éligibilité à la prime de stockage est de deux (2) mois et prendra effet à partir de la date prescrite dans l’ordre de service de commencement.La même source précise que «l’offre de prix de la prime de stockage ne doit pas dépasser 2,5 dirhams TTC par quintal et par quinzaine (unitaire)». Il est à noter que sur les 3 millions demandés, 1.362.600 quintaux de blé tendre ont déjà été sécurisés, auprès d’une dizaine d’opérateurs (Gromic, Larabi, Abda Céréales, Dynacome Sarl, Graderco, Nador Céréales, Société Espace Céréales, Super Foods Céréales, Zine Cérales et UMPC). Selon le ministre de l’Agriculture, Mohammed Sadiki, le Maroc importe d’Ukraine 9 millions de quintaux de céréales chaque année. Dans un entretien accordé à nos confrères du site Médias24.com, ce dernier a affirmé que le Royaume avait cette année déjà importé 6 millions de quintaux de cet aliment, «quand la guerre a commencé». Ainsi, il resterait au Maroc «3 millions de quintaux qu’il peut «compléter via d’autres marchés sans difficulté», a-t-il confié. Alain Bouithy
La production céréalière mondiale ne suffira pas à répondre aux besoins de consommation

La production céréalière mondiale devrait atteindre cette année un niveau record de 2.800 millions de tonnes (riz usiné compris), indique un nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon les dernières estimations de l’agence onusienne, rendues publiques récemment, la production de céréales devrait bondir de 1,1% par rapport au résultat enregistré en 2020. Mais en dépit du niveau record annoncé, la production céréalière devrait rester en deçà de la consommation mondiale. Elle ne devrait ainsi pas suffire pour répondre aux besoins de consommation prévus pour la campagne de commercialisation 2021-2022, a prévenu l’organisation internationale dans son rapport. «A ce niveau, la production serait toujours inférieure aux besoins de consommation prévus pour 2021‑2022, ce qui entraînerait une diminution des stocks mondiaux », a fait savoir la FAO. Quoi qu’il en soit, et comme l’a expliqué l’organisation, «l’amélioration des perspectives concernant les cultures de blé et de céréales secondaires a fait progresser de 12,1 millions de tonnes (0,4%) les prévisions globales concernant la production mondiale de céréales depuis le précédent rapport qui date de septembre ». Ainsi que l’a relevé la FAO dans son rapport, la plus grande partie de cette hausse est imputable à de meilleures perspectives pour le blé dont la production devrait s’établir à « 776,7 millions de tonnes, soit 7,2 millions de tonnes de plus que le chiffre indiqué en septembre et un niveau identique à celui de la production de 2020 ». Les conditions météorologiques et la diminution des superficies plantées au Canada et en Fédération de Russie ne devraient pas avoir un impact fort sur les perspectives de production du blé, la FAO estimant que « la hausse des rendements prévue en Europe de l’Est et en Australie devrait compenser la baisse de la production à laquelle on s’attend ». Selon les nouvelles prévisions de l’organisation figurant dans le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales, la production mondiale de céréales secondaires devrait atteindre 1.504 millions de tonnes. En ce qui concerne le sorgho, « la production mondiale devrait ainsi atteindre 65,2 millions de tonnes en 2021, soit 7,6% de plus que l’année dernière», a indiqué la FAO précisant que cette révision mensuelle est principalement liée à la hausse des estimations concernant les superficies de sorgho cultivées aux Etats-Unis d’Amérique». En raison de l’amélioration des perspectives de rendement en Australie, «les prévisions concernant la production mondiale d’orge ont été augmentées de 1,9 million de tonnes et atteignent à présent 149,3 millions de tonnes, principalement ». Mais elle reste toutefois toujours inférieure de 6,7% au niveau de 2020. S’agissant de la production du riz, la FAO s’attend à une production mondiale de 50 millions de tonnes. Il s’agit d’un nouveau record attribué principalement au « regain d’optimisme en ce qui concerne les principales cultures en Inde ». Ce, malgré le fait que « les incidences limitées de la sécheresse et des inondations aient tiré vers le haut les perspectives pour la Chine (continentale) et la Thaïlande ». Quant aux prévisions concernant la production mondiale de maïs, qui restent globalement les mêmes, l’agence onusienne table sur 1.192 millions de tonnes, soit 3% de plus que l’année dernière. Précisons que « la révision à la hausse apportée aux prévisions de production aux Etats-Unis d’Amérique, qui s’explique par des rendements meilleurs que prévus dans les Etats de l’est du pays, a été contrebalancée par la baisse des prévisions pour l’Union européenne (UE), où un temps sec dans les pays de l’Est a fait fléchir les perspectives de rendement», a souligné la FAO. Alain Bouithy
Flambée des cours du sucre, du blé et de l’huile de palme à l’échelle mondiale

Les cours mondiaux des produits alimentaires ont repris de la hauteur en août 2021, après deux mois consécutifs de baisse, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Tiré vers le haut par le sucre, le blé et l’huile de palme, «l’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 127,4 points en août, soit une hausse de 3,1% par rapport au mois de juillet et de 32,9% par rapport au même mois en 2020», a indiqué l’institution onusienne. Dans le détail, avec une valeur moyenne de 120,1 points en août, l’indice FAO des prix du sucre a bondi de 9,6% (10,5 points par rapport à juillet), enregistrant ainsi son cinquième mois de hausse consécutive et son niveau le plus haut depuis février 2017. Cette évolution est justifiée par les craintes au sujet des dégâts du gel sur les cultures au Brésil, le premier exportateur mondial de sucre, selon les explications de la FAO. Dans son rapport, l’organisme international affirme toutefois que « de bonnes perspectives de production en Inde et dans l’Union européenne, ainsi que le recul des prix du pétrole brut et l’affaiblissement du réal brésilien, ont atténué cette hausse ». En s’établissant en moyenne à 129,8 points en août, soit 4,3 points de plus qu’au mois de juillet et un niveau supérieur de 30,8 points à celui d’août 2020, l’indice FAO des prix des céréales a progressé de 3,4% par rapport au mois précédent. Soulignons que «la baisse des prévisions concernant les récoltes dans plusieurs des principaux pays exportateurs a fait grimper les prix mondiaux du blé de 8,8% par rapport au mois dernier», comme l’a indiqué l’institution spécialisée des Nations unies notant, en revanche, que les prix du maïs se sont inscrits en baisse de 0,9%, tandis que ceux du riz ont continué sur leur tendance haussière. Avec une moyenne de 165,7 points en août, l’indice FAO des prix des huiles végétales a progressé de 6,7% en raison principalement de la hausse des prix internationaux de l’huile de palme qui retrouve leurs plus hauts niveaux historiques. Selon les données de la FAO, en août dernier, les cours de l’huile de colza et de l’huile de tournesol ont également enregistré une progression. Les prix de l’huile de colza ont bénéficié d’une forte demande dans l’Union européenne, en raison du resserrement des disponibilités mondiales prévu ; tandis que ceux de tournesol ont évolué du fait des disponibilités exportables limitées dans la région de la mer Noire. S’agissant des cours de la viande et des produits laitiers, les données récoltées montrent qu’ils ont connu des fortunes différentes au cours du mois d’août dernier. «L’indice FAO des prix de la viande a légèrement augmenté en août ». Il s’est ainsi établi en moyenne à 112,5 points, ce qui porte l’indice à 20,3 points (22,0%) de plus que son niveau enregistré l’année dernière, à la même période, a expliqué la FAO. Cette évolution est liée aux importants achats réalisés par la Chine, qui ont soutenu les prix de la viande d’ovins et de la viande de bovins, et à la forte demande à l’importation en Asie de l’Est et au Moyen-Orient qui a, de son côté, tiré les prix de la volaille vers le haut, selon le rapport de l’institution. De sont côté, l’indice FAO des prix des produits laitiers a affiché une valeur moyenne de 112,5 points en août, en légère hausse par rapport à juillet. Ce recul s’explique par la baisse des cours internationaux des laits en poudre due à la faiblesse de la demande mondiale à l’importation et la hausse saisonnière des disponibilités exportables en Océanie qui a plus que compensé l’augmentation des prix du beurre et du fromage, précise-t-on dans ledit rapport. Alain Bouithy