Cameroun/Marc Brys vide son sac : Samuel Eto’o, Rigobert Song et André Onana dans la tourmente

Cameroun/Marc Brys vide son sac : Samuel Eto’o, Rigobert Song et André Onana dans la tourmente

Le sélectionneur du Cameroun, Marc Brys, a récemment accordé une interview explosive dans laquelle il n’a pas hésité à critiquer vertement Samuel Eto’o, actuel président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot). Durant cet entretien, Brys est revenu sur ses premières interactions avec Eto’o, révélant une relation tendue, marquée par des affrontements verbaux et des divergences profondes sur la gestion de l’équipe nationale. Dès les premières minutes de l’interview, Marc Brys ne mâche pas ses mots : « Samuel Eto’o n’a réussi que comme footballeur ! Dans les autres domaines, il a échoué : comme entraîneur, entrepreneur, et manifestement comme dirigeant, si l’on en juge par sa gestion de la Fecafoot. » Cette déclaration percutante résume le mécontentement du sélectionneur, qui critique ouvertement la manière dont Eto’o dirige l’institution, le jugeant déconnecté des réalités du management sportif. « Rigobert Song était sa marionnette » Brys dénonce particulièrement les manœuvres de la Fédération pour, selon lui, déstabiliser l’équipe nationale et compromettre ses chances de succès. « Comment peut-on agir contre son propre pays ? » s’interroge-t-il, soulignant l’absurdité de la situation. Il accuse également Eto’o d’avoir transformé l’ancien sélectionneur, Rigobert Song, en une simple marionnette sans aucun pouvoir décisionnel. « Eto’o entrait dans le vestiaire avant et pendant les matchs, modifiant l’équipe de fond en comble. Les joueurs se sentaient opprimés ; c’était une véritable farce. Dans de telles conditions, il était illusoire d’espérer de bonnes performances de la part du Cameroun. » Une altercation marquante avec Eto’o L’entraîneur relate également un incident particulièrement tendu survenu à la Fecafoot le 28 mai 2024. Convoqué à une réunion « sans ordre du jour », Brys raconte qu’Eto’o l’a d’abord ignoré avant de lui adresser la parole de manière agressive. « Je l’ai ignoré en retour, et c’est là que la situation a dégénéré. Il s’est senti humilié par mon attitude et a commencé à crier et à me menacer », relate Brys. Cet accrochage a marqué un tournant décisif dans leur relation déjà fragile. Ce conflit, loin d’être isolé, semble symptomatique d’une série de dysfonctionnements dans la gestion de la sélection camerounaise. Brys évoque également des épisodes chaotiques, comme celui où l’équipe, la veille d’un match contre le Cap-Vert (victoire 4-1), n’avait ni bus, ni ballons, ni équipements. « C’était intentionnel. J’ai donc transformé l’entraînement en simple promenade pour montrer que la situation était inacceptable. » « André Onana a dû s’échauffer seul » La nuit précédant un autre match, Brys reçoit des courriels à des heures indues exigeant que les passeports des joueurs et la composition de l’équipe soient remis à un commissaire de la FIFA logeant à une heure et demie de là. « À 7 h du matin, j’ai loué une voiture pour tout lui apporter moi-même, craignant que la Fecafoot n’intervienne dans ma sélection. Comme si cela ne suffisait pas, mon staff n’était pas accrédité pour ce match, obligeant André Onana, gardien de Manchester United, à s’échauffer seul, sans entraîneur des gardiens ! Du jamais-vu. Voilà le triste bilan de Samuel Eto’o à la tête de la Fecafoot. » Malgré ces tensions, Marc Brys reste déterminé à accomplir sa mission avec les Lions Indomptables. Interrogé sur l’avenir de sa collaboration avec Eto’o, il répond avec pragmatisme : « La balle est dans son camp. S’il veut une relation cordiale et apaisée, je suis prêt. S’il préfère une relation hostile et brutale, elle le restera jusqu’à la fin de ma mission. » Ya Willy.