Maroc /Accablés, les ménages n’en peuvent plus: L’endettement comme bouée de sauvetage

Maroc /Accablés, les ménages n’en peuvent plus: L’endettement comme bouée de sauvetage

L’endettement des ménages a continué de croître en 2024, selon les constats du 12ème rapport annuel sur la stabilité financière –Exercice 2024. Cette évolution s’est opérée à un rythme « néanmoins modéré », souligne le document publié conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Selon les trois institutions, l’encours de la dette des ménages détenue par les banques et les sociétés de financement a atteint près de 427 milliards de dirhams au terme de l’année 2024, ce qui correspond à une progression de 3,8%. Bien que cette hausse soit plus forte que celle de 3,1% enregistrée l’année précédente, le rapport note qu’il « demeure en deçà des niveaux historiques qui avaient atteint 4,3% en moyenne sur la période 2015-2022 ». Les données recueillies montrent que les banques détiennent 80% de cette dette, dont près de 62% sous forme de crédits à l’habitat et 38% de crédits à la consommation. Toujours selon le rapport, « rapportée au PIB, cette dette s’est stabilisée autour de 27%, niveau comparable à celui observé avant la crise pandémique, relativement plus élevé que celui des pays en développement et certaines économies émergentes, mais inférieur à celui des économies avancées ». De l’avis de BAM, ACAPS et AMMC, cette dynamique reflète une progression de la dette des ménages résidant au Maroc de 3,9% en 2024 contre 3% en 2023, pour atteindre 405 milliards de dirhams ou 25% du PIB contre 26% l’année précédente. Il apparait, en revanche, que la dette des ménages marocains résidant à l’étranger (MRE) a progressé de 2,7%, après une forte croissance de 5,4% en 2023, constatent les experts des trois institutions. Rapporté aux transferts des MRE, qui ont atteint 119 milliards de dirhams au titre de l’année écoulée, les chiffres suggèrent que « le volume des crédits bancaires accordés à cette catégorie de ménages représente environ 18,2%, un rapport quasiment inchangé d’une année à l’autre », précise ledit rapport. BAM, ACAPS et AMMC signalent également une croissance limitée du crédit à l’habitat. En effet, si l’encours des crédits à l’habitat a progressé de 1,5% (comme l’année précédente) atteignant 265 milliards de dirhams à fin 2024, ce rythme reste en deçà des niveaux historiques. Pour les auteurs du rapport, cette évolution témoigne d’«une morosité apparente du marché, avec un certain attentisme des consommateurs dans un contexte d’incertitudes». Qu’à cela ne tienne, l’encours de financement octroyé par les banques et fenêtres participatives, sous forme de Mourabaha destiné à l’acquisition de logement, a augmenté de près de 16% à 25 milliards de dirhams, poursuit ledit rapport. La même source indique par ailleurs que les crédits à l’habitat à taux fixe demeurent largement majoritaires avec une part de 93% et que les taux appliqués à ces crédits se sont globalement atténués. Comme le précise le document, « un taux moyen entre 4% et 6% a été appliqué à 79% de ces crédits, en hausse de 2 points de base par rapport à 2023, tandis que la part des crédits pour lesquels le taux appliqué est entre 6% et 8% s’est réduite, pour revenir à 11%. La part des crédits assortis d’un taux inférieur à 4% s’est établie à 9% ». Les créances en souffrance à un niveau élevé Un sujet d’attention à bien des égards. Des données du rapport, il ressort que les ménages ont cumulé un encours de créances en souffrance de 44,5 milliards de dirhams marquant une hausse de 6,6% en 2024 contre 6,4% en 2023. D’après les chiffres, « le taux de créances en souffrance s’est stabilisé autour de 10,5%. Par type de crédit, les prêts à la consommation présentent le taux de défaut le plus élevé à 13,9%, tandis que les crédits immobiliers enregistrent un taux de sinistralité de l’ordre de 8,3% », souligne-t-on. Les fonctionnaires et quinquagénaires demeurent les plus endetté L’analyse de l’évolution du taux d’endettement des particuliers apporte aussi son lot d’enseignements. Elle montre que le taux d’endettement moyen s’élève à 34% contre 35% en 2023 et une moyenne de 31% sur la période 2015-2022. Par catégorie socioprofessionnelle, le rapport constate que « la part des salariés a rétréci de 42% en 2023 à 33% en 2024 au profit des fonctionnaires dont la part est passée de 24% à 28% », tandis que les parts des retraités et des professions libérales sont restées inchangées en une année à 19% et 9% respectivement. Les fonctionnaires demeurent les plus endettés avec un taux de 40,7% tandis que les autres catégories affichent des taux d’endettement avoisinant les 31%. Autres enseignements : le taux d’endettement le plus élevé a été observé pour la tranche d’âge allant de 50 à 60 ans s’élevant à 39% suivi d’un taux d’endettement moyen de 36% pour la tranche allant de 40 à 50 ans. Alain Bouithy

Maroc. Le secteur des assurances retrouve son dynamisme

Maroc. Le secteur des assurances retrouve son dynamisme

Le secteur des assurances a connu une reprise de sa dynamique en 2024, selon le 12ème rapport annuel sur la stabilité financière publié récemment soulignant un contexte de croissance économique modérée. Une performance portée par les bons résultats des branches vie et non-vie en 2024   « Le secteur des assurances a affiché en 2024 une bonne dynamique », souligne le document publié conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Cette progression réaffirme son rôle essentiel dans la protection des populations et le financement de l’économie. Porté par la performance des branches vie et non-vie, le chiffre d’affaires du secteur a enregistré une croissance de 5,1% au terme de l’année 2024, atteignant 58,8 milliards de dirhams. La collecte épargne, principal moteur de la branche « Assurance vie » Selon les données recueillies, « l’assurance vie a atteint un volume de primes de 27,1 milliards de dirhams, en hausse de 5% par rapport à 2023 », a fait savoir le rapport précisant que cette évolution a renoué ainsi avec un rythme de croissance plus soutenu après une forte décélération constatée une année auparavant (+1,8%). Les données recueillies montrent que la collecte épargne, qui occupe un poids important dans l’assurance vie (87,3%), a été le principal moteur de progression de cette branche. En effet, en dépit d’un contexte marqué par la dégradation du pouvoir d’achat des ménages liée au récent choc inflationniste, elle a drainé 23,7 milliards de chiffres d’affaires au cours de l’année écoulée avec un taux de croissance de 5,3%. D’après le rapport, « la dynamique de l’épargne a notamment profité de la bonne tenue des supports en unités de compte, dont les primes ont crû de 24,4% bénéficiant de l’embellie des marchés financiers ». En dépit de leur modeste poids estimé à 5,8%, « les supports en unités de compte présentent un fort potentiel de développement porté par des perspectives de rendement attractives et par la volonté des assureurs à maîtriser leur risque financier, en particulier dans un environnement empreint d’incertitudes », ont noté BAM, ACAPS et AMMC. Poursuivant une croissance comparable à celle de l’année précédente, l’assurance Décès a enregistré une hausse de 3,2% portant le volume des primes à 3,4 milliards de dirhams. De l’avis des trois institutions, cette catégorie reste majoritairement tirée par l’assurance décès emprunteur (57,9%) qui joue un rôle essentiel dans la sécurisation des crédits. L’assurance automobile conserve sa position dominante Toujours selon le rapport, avec un taux de 5,2%, l’assurance non vie a poursuivi sa trajectoire de croissance pour atteindre un volume de primes de 31,6 milliards de dirhams en 2024. En progression de 5,6% par rapport à l’année précédente, l’assurance automobile a conservé sa position dominante avec un chiffre d’affaires de 15,2 milliards de dirhams. Elle a été suivie de la catégorie «Accidents corporels / Maladie / Maternité» avec une hausse de 4,3% et un volume de primes estimé à 5,6 milliards de dirhams. Avec un volume de primes de 2,8 milliards de dirhams, la catégorie «Accidents du travail et maladies professionnelles» a enregistré une croissance de 7,7%, a indiqué le rapport précisant que ces catégories représentent 74,4% du chiffre d’affaires de la non vie. Quant aux autres catégories de cette branche, les chiffres suggèrent qu’elles ont totalisé un volume de 8,1 milliards de dirhams, avec un taux de croissance de 4,3% en 2024. Le rapport fait, par ailleurs, état de l’augmentation de 9,4% des acceptations en réassurance pour atteindre un montant de 4,2 milliards de dirhams. Principalement axée sur la branche non vie (95,2%), cette activité reste largement dominée par le réassureur exclusif qui capte environ 80% de part de marché, a fait savoir la même source. Assurance Takaful : forte hausse des primes émises En générant un total de 94,9 millions de dirhams de primes, l’activité Takaful a enregistré une hausse de 44,1% par rapport à 2023, grâce principalement aux branches décès (+38,3%) et incendie (+33,8%). Ces deux branches ont généré respectivement un total de 80,8 et 8,1 millions de dirhams de primes. A noter que les acceptations, pour ce qui est de la réassurance de l’activité Takaful,  ont enregistré un chiffre d’affaires de 18 millions de dirhams en 2024 contre 5 millions de dirhams un an auparavant. Signalons également que « le chiffre d’affaires global du secteur des assurances, incluant l’activité Takaful ainsi que les acceptations en réassurance, s’est élevé à 63,1 milliards de dirhams en 2024, affichant une progression de 5,4% par rapport à l’année 2023 », comme l’ont relevé BAM, ACAPS et AMMC dans leur rapport. Tenant compte de l’évolution des primes (hors acceptation en réassurance), conjuguée à une progression plus marquée du PIB en valeur, les trois institutions concluent que « le taux de pénétration a légèrement reculé pour atteindre 3,7% contre 3,8% un an auparavant ». Alain Bouithy

Maroc. La croissance de l’économie nationale atteint 3,8% à fin 2024

Maroc. La croissance de l’économie nationale atteint 3,8% à fin 2024

L’économie nationale a enregistré une croissance de 3,8% au titre de l’année 2024, au lieu de 3,7% en 2023, annonce le Haut-commissariat au plan (HCP). Portée par la demande intérieure, « cette croissance s’est réalisée dans un contexte marqué par une forte inflation et un creusement du besoin de financement de l’économie nationale », a souligné l’institution publique dans une note d’information relative aux comptes nationaux provisoires de l’année 2024 rendue publique récemment. Selon l’arrêté des comptes nationaux de l’année 2024, les activités non agricoles ont connu une hausse en volume de 4,5%, tandis que celles du secteur agricole ont accusé une baisse de 4,8% », indique le HCP. Dans le détail, le Haut-commissariat note que la valeur ajoutée du secteur primaire (en volume) a accusé un recul de 4,5% au cours de l’année dernière  après une hausse de 1,8% l’année précédente. L’institution justifie cette baisse principalement par le recul de l’activité agricole de 4,8%, après une progression de 1,5% en 2023, ainsi que par le net ralentissement de la pêche, dont la croissance a chuté de 6,9% à 2,6%. Dans sa note, il ressort également que la valeur ajoutée du  secteur secondaire a réalisé une progression notable au terme de l’année écoulée. D’après le HCP, elle est passée de 0,8% à 4,2% en 2024, suite à la hausse des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 13% au lieu d’une baisse de 4,2%,  du bâtiment et travaux publics (5% au lieu de 0,3%), de l’industrie manufacturière (3,3% au lieu d’une hausse de 3,1%) ainsi que de l’électricité, gaz, eau, assainissement et déchets (2,6% au lieu d’une baisse de 10,6%). Les données recueillies montrent, par ailleurs, que « la valeur ajoutée du secteur tertiaire a connu un ralentissement de son taux d’accroissement passant de 5% en 2023 à 4,6% », relève le Haut-commissariat expliquant que la VA a été marquée par le ralentissement des activités « Hébergement et restauration » (9,6% au lieu de 23,5%), « Recherche et développement et les services rendus aux entreprises » (4,2% au lieu de 6,8%) ainsi que « Information et communication » (3% au lieu d’une baisse de 5,2%). Selon toujours l’institution publique, la VA du secteur tertiaire a en outre été marquée par l’accélération de la croissance des activités « Transport et entreposage » (7,4% au lieu de 6,8%), « Services financiers et assurances » (7,3% au lieu de 5,2%), « Commerce et réparation de véhicules » (4,1% au lieu de 3%), « Services de l’éducation, de la santé et Action sociale » (6,6% au lieu de 4,6%) ainsi que « Services rendus par l’administration publique générale et sécurité sociale » (4,1% au lieu de 2,1%). Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu une amélioration de son taux d’accroissement passant de 3,7% en 2023 à 4,5% en 2024. Dans ces conditions, et compte tenu de la hausse de 7,5% du volume des impôts nets des subventions sur les produits, le Produit intérieur brut (PIB) en volume a enregistré une hausse de 3,8% en 2024 au lieu de 3,7% une année auparavant. Il est à noter qu’aux prix courants, le Produit intérieur brut (PIB)  a enregistré une hausse de 7,9 % durant l’année 2024 au lieu de 11% en 2023, ce qui s’est traduit ainsi par une  hausse du niveau général des prix de 4,1%. Alain Bouithy

Afreximbank réalise une performance financière exceptionnelle en 2024

Afreximbank réalise une performance financière exceptionnelle en 2024

Le Groupe consolide sa position d’institution panafricaine systémique de financement du commerce La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a publié les états financiers consolidés de la Banque et de ses filiales, pour l’exercice clos le 31 décembre 2024. Faits saillants financiers Afreximbank a enregistré de solides performances financières en dépit d’un paysage économique mondial complexe marqué par des tensions géopolitiques, des pressions inflationnistes et des taux d’intérêt élevés, affichant un revenu net de 973,5 millions de dollars US pour l’exercice 2024, soit une augmentation de 29 % par rapport à l’année précédente – les filiales commençant à apporter des contributions significatives aux résultats financiers du Groupe. Ces résultats impressionnants soulignent la résilience d’Afreximbank, sa pertinence systémique et son engagement à remplir son mandat et à atteindre les objectifs fixés dans le cadre de son sixième Plan stratégique. Le revenu total du Groupe a augmenté de 23 % pour atteindre 3,3 milliards de dollars US, grâce à la croissance des volumes d’affaires et à la hausse des taux d’intérêt du marché. En conséquence, le revenu net d’intérêts pour l’exercice 2024 s’est élevé à 1,8 milliards de dollars US, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’exercice 2023, reflétant la gestion efficace et efficiente des coûts d’emprunt. En dépit de la hausse des charges d’exploitation, le ratio coûts/revenus s’est amélioré pour atteindre 18 % au cours de l’exercice 2024, contre 19 % l’année précédente, ce qui témoigne d’une plus grande efficacité opérationnelle. Ce résultat a été obtenu alors même que les dépenses totales de fonctionnement ont augmenté de 21 % pour atteindre 367,7 millions de dollars US (exercice 2023 304,5 millions de dollars US), principalement en raison des pressions inflationnistes mondiales et de l’augmentation des investissements en capital humain pour soutenir l’expansion des activités commerciales. Le total des actifs du Groupe, y compris les contingences, a augmenté de 7,55 %, atteignant 40,1 milliards de dollars US au 31 décembre 2024, contre 37,3 milliards de dollars US à la clôture de l’exercice 2023. La croissance a été largement tirée par l’augmentation des prêts et avances nets aux clients, des garanties et des lettres de crédit, ainsi que des placements à la juste valeur, des biens immobiliers et des équipements. La valeur comptable des immobilisations corporelles a augmenté de 33 %, passant de 328,1 millions de dollars US à 436,4 millions de dollars US, essentiellement grâce à la construction accélérée des installations ultramodernes du Centre africain du commerce (AATC) d’Afreximbank à Abuja, au Nigeria, et à Harare, au Zimbabwe. Les fonds des actionnaires du Groupe ont augmenté de 2,89 % en 2024 atteignant 7,2 milliards de dollars US (Exercice 2023 : 6,1 milliards de dollars US). Cette croissance a été largement tirée par le revenu net de 973,5 millions de dollars US généré en 2024, qui a contribué à l’augmentation des capitaux propres, tandis que des dividendes de 314,5 millions de dollars US pour l’exercice 2023 ont été affectés à la suite de l’approbation des actionnaires en juin 2024. En outre, la réussite des efforts de mobilisation de capitaux au titre du deuxième programme d’augmentation générale de capital (GCI II), qui a permis d’obtenir de nouveaux apports de fonds propres totalisant 412,8 millions de dollars US au cours de l’année, a également contribué à l’augmentation des fonds des actionnaires du Groupe. Le capital exigible de la Banque, dont une part importante a été rehaussée dans le cadre de la stratégie de gestion du capital de la Banque, s’élevait à 4,3 milliards de dollars au 31 décembre 2024 (exercice 2023 : 3,7 milliards de dollars US). Points saillants de l’activité En 2024, Afreximbank a été classée première dans les trois catégories du Bloomberg Capital Markets League Tables Report for African Capital Markets (Tableau de classement des marchés de capitaux de Bloomberg). La Banque a été le principal teneur de livre, agent administratif et arrangeur principal mandaté pour l’Afrique subsaharienne. Ces classements confirment le rôle de la Banque en tant que chef de file du marché en facilitant les capitaux provenant de divers investisseurs et parties prenantes, à l’intérieur et à l’extérieur du continent, pour répondre aux besoins de financement des États membres africains et des organisations à travers le continent. Afreximbank a continué d’accroître le nombre de ses membres, renforçant ainsi sa portée à l’échelle du continent et de la diaspora. L’adhésion de la Libye à l’Accord d’établissement a porté le nombre d’Etats membres africains à 53 à la fin de l’année, et quelques semaines plus tard, la Somalie est devenue le 54e État participant. Sur le front des Caraïbes, la dynamique de l’adhésion est restée forte, 12 des 15 pays de la CARICOM ayant signé l’Accord de participation de la Banque, ouvrant ainsi la voie à l’expansion des opérations d’Afreximbank dans la région. Les filiales de la Banque ont également enregistré une croissance robuste et ont eu un impact significatif tout au long de l’année. Le Fonds de développement des exportations (FEDA), la filiale d’investissement en actions de la Banque, a élargi son portefeuille d’impact à plus de 0,5 milliard de dollars, en ciblant des secteurs clés tels que les plateformes industrielles, les services financiers, l’agro-industrie et les soins de santé. AfrexInsure, filiale d’assurance spécialisée de la Banque, a déployé avec succès ses solutions auprès d’une clientèle en expansion dans de nombreux secteurs et régions. À la fin de l’année, AfrexInsure avait réalisé des transactions dans dix-sept pays, contre sept l’année précédente, couvrant 3,54 milliards de dollars d’actifs. AfrexInsure a notamment pu placer 97 % de ses primes auprès d’acteurs panafricains, conformément à son mandat qui consiste à maintenir les primes sur le continent. Le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) a poursuivi sa trajectoire ascendante en 2024, avec 3 banques centrales supplémentaires et 50 banques commerciales qui ont rejoint la plateforme, portant le nombre total de banques centrales à 16 et de banques commerciales à 144. En outre, le PAPSS a lancé en 2024 le Marché des monnaies africaines (PACM), qui a traité avec succès 12 monnaies au cours de sa phase

Maroc. La croissance de l’activité du secteur manufacturier s’accélère à fin 2024

Maroc. La croissance de l’activité du secteur manufacturier s’accélère à fin 2024

Le secteur extractif a enregistré une croissance de son indice de production de 21%, contre un recul de 5,3% un an auparavant, selon la DEPF Selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l’Economie et des Finances, la croissance de l’activité du secteur manufacturier s’est accélérée en 2024. Les données montrent que l’indice de production du secteur manufacturier s’est inscrit en hausse de 5,4% à fin 2024, après une augmentation de 2% un an auparavant, a-t-elle indiqué dans sa note de conjoncture du mois de mars 2025 (N°337). D’après les explications de la DEPF, « cette accélération de croissance fait suite à la bonne dynamique enregistrée au cours des quatre trimestres de l’année 2024, soit des performances de +5% au quatrième trimestre, de +9,2% au troisième trimestre, de +5,8% au deuxième trimestre et de +2% au premier trimestre 2024». Il est important de noter que l’évolution observée au quatrième trimestre de l’année écoulée est justifiée essentiellement par le renforcement des indices de production de la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques (+12,5%), de l’industrie chimique (+6,6%), de la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (+25,7%), de la fabrication de produits à base de tabac (+5,6%), des industries alimentaires (+2,4%) et de l’industrie pharmaceutique (+7,6%), comme l’a relevé la note de conjoncture. Commentant les derniers résultats de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib auprès du secteur manufacturier, la DEPF rappelle que ceux-ci font état d’une amélioration de l’activité au premier mois de 2025 par rapport au mois précédent. En conséquence, la production aurait connu une augmentation dans les branches de la « chimie et parachimie» et de « textile et cuir», a-t-elle ajouté. Poursuivant son analyse, la Direction fait état, cependant, d’une stagnation dans le secteur de l’«agroalimentaire» et une diminution dans celui de la «mécanique et métallurgie» ; alors que les ventes auraient augmenté dans toutes les branches d’activité, hormis celle de la «mécanique et métallurgie» où elles auraient plutôt stagné. A souligner également la stabilité du taux d’utilisation des capacités de production (TUC) à 78% en janvier 2025, niveau quasiment identique à celui observé l’année précédente (-0,2 point). La DEPF attribue cette évolution à une hausse du TUC de 1 point au niveau de chacune des industries «agroalimentaire» et de «textile et cuir» et une quasi-stagnation pour celle de la « chimie et parachimie» ; alors que le TUC de l’industrie «mécanique et métallurgie» a reculé d’un point. Dans sa note, la DEPF indique, en outre que « le secteur extractif a clôturé l’année 2024 avec une croissance de son indice de production de 21%, contre un recul de 5,3% un an auparavant». La même source justifie cette performance par des hausses de 28,6% au premier trimestre, de +29% au deuxième trimestre, de +22,4% au troisième trimestre et de +9,2% au quatrième trimestre 2024. Composante importante du secteur extractif, la production de phosphate roche s’est raffermie de 24,5% au terme des onze premiers mois de 2024, contre une baisse de 10,8% un an plus tôt ; tandis que la production des dérivés de phosphates s’est, pour sa part, renforcée de 22%, après un retrait de 3,7% à fin novembre 2023. Toujours selon le document, « au premier mois de 2025, le chiffre d’affaires à l’export des phosphates et dérivés a atteint 5,6 milliards de dirhams, en contraction de 10,7% après une hausse de 17,9% un an auparavant», suite au recul des expéditions de phosphate brut de 36% et de ses dérivés de 7,6%. La DEPF note, en revanche, le raffermissement des ventes à l’étranger des autres extractions minières de 21,2% à fin janvier 2025, après un repli de 24,4% un an auparavant. S’agissant de la production de l’énergie électrique, au niveau national, elle a augmenté de 6,7% au terme du premier mois de 2025, après une amélioration de 9,4% un an plus tôt. «Cette progression a été tirée par un accroissement de la production privée d’électricité de 9,6% et de celle de l’ONEE de 1,1%», selon les explications contenues dans la note qui fait, par ailleurs, état du recul de 3,5% de la production des énergies renouvelables relatives à la loi 13-09 au lieu d’une hausse de 31,5% à fin janvier 2024. Principal baromètre de l’activité de construction, «les ventes de ciment ont continué de s’accroître significativement au cours des deux premiers mois de 2025, avec des performances de +11,5% au mois de février et de +13,8% au mois de janvier 2025», a fait savoir la Direction. Et d’ajouter qu’au total, les ventes de ciment se sont raffermies de 12,6% au titre des deux premiers mois de 2025, après une hausse de 7,5% un an auparavant. Alain Bouithy

2024, année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les travailleurs humanitaires

2024, année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les travailleurs humanitaires

Alors que la communauté humanitaire est toujours sous le choc de la découverte, dimanche, des corps de 15 secouristes tués par l’armée israélienne à Gaza, deux hauts responsables de l’ONU dénoncent l’augmentation sans précédent des attaques meurtrières contre le personnel humanitaire. « Se faire tirer dessus ne fait pas – je répète, NE FAIT PAS – partie de notre travail », a scandé la Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence des Nations Unies, Joyce Msuya, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la protection des agents humanitaire et du personnel de l’ONU. Un rappel opportun, compte-tenu des tendances statistiques actuelles. L’an dernier, en effet, pas moins de 377 travailleurs humanitaires ont trouvé la mort dans 20 pays à travers le monde, faisant de l’année 2024 la plus meurtrière jamais enregistrée pour cette catégorie professionnelle. Cela représente une hausse de près de 100 décès comparé à 2023, qui avait déjà enregistré une forte augmentation par rapport à 2022. « Ces deux dernières années ont été particulièrement brutales », a reconnu Mme Msuya. Gaza, zone de tous les dangers La réunion du Conseil avait lieu trois jours seulement après la découverte, dans les environs de Rafah, au sud de Gaza, des corps ensevelis de 15 secouristes du Croissant-Rouge palestinien, de la défense civile de Gaza et de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Ces derniers avaient été abattus par l’armée israélienne, le 23 mars, alors qu’il tentaient de porter secours à des blessés dans la zone. Leurs véhicules, pourtant clairement identifiés, ont été retrouvés détruits, non loin de la fosse commune dans laquelle une équipe de l’ONU a déterré leur corps. Une vidéo filmée au moment de l’incident et par la suite diffusée par l’organisation montre des civils se faire tirer dessus alors qu’ils tentaient de fuir la zone. « Nous exigeons des réponses et appelons à la justice », a déclaré Mme Msuya aux membres du Conseil. Cette tragédie est loin d’être un incident isolé. Moins de deux semaines auparavant, un membre du personnel des Nations Unies avait été tué et six autres blessés dans l’enclave palestinienne, où plus de 408 travailleurs humanitaires ont trouvé la mort depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, 7 octobre 2023. Au point que Gaza est devenu, selon Mme Msuya, l’endroit le plus dangereux au monde pour les humanitaires. Le personnel local pris pour cible Le Soudan n’est pas non plus en reste. Depuis le début de la guerre civile dans le pays, en avril 2023, au moins 84 travailleurs humanitaires y ont trouvé la mort dans des attaques. Dans 95 % des cas, les victimes sont des travailleurs locaux, dont Mme Msuya a rappelé qu’ils étaient la pierre angulaire des opérations de secours. « Sans eux, les interventions humanitaires s’effondreraient », a-t-elle insisté. Ces derniers s’emploient à sauver des vies humaines, alors qu’ils traversent eux-même de graves difficultés, allant du déplacement de leurs propres familles à la perte d’êtres chers, en passant par l’incapacité à nourrir correctement leurs enfants. Or, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a rapporté que le meurtre d’un travailleur humanitaire local est 500 fois moins médiatisé que celui d’un membre du personnel international. Impunité croissante Selon le chef du Département de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies (UNDSS), Gilles Michaud, ces attaques visent principalement à empêcher l’ONU d’aider les populations les plus vulnérables – mais également de témoigner. D’où l’impunité croissante dont bénéficient leurs auteurs, dont M. Michaud, qui participait à la reunion du Conseil, a noté qu’il  ne s’agissait plus uniquement d’acteurs non étatiques, mais également de gouvernements et de leurs intermédiaires. « Ceux qui ciblent le personnel humanitaire et celui des Nations Unies peuvent avoir de nombreuses motivations », explique-t-il. « Mais ils le font avant tout parce qu’ils peuvent s’en tirer impunément ». Les cadres juridiques internationaux pour protéger les travailleurs humanitaires et le personnel des Nations Unies ne manquent pas, qu’il s’agisse des normes relatives aux droits humains, des conventions concernant les activités de l’ONU et du droit international humanitaire. « Ce qui manque, c’est la volonté politique de s’y conformer », a tranché Joyce Msuya. Criminalisation et désinformation Outre les attaques meurtrières dont ils font l’objet, les agents humanitaires sont confrontés à une volonté croissante de la part des autorités locales de criminaliser leurs activités. « De plus en plus d’entre eux sont détenus, interrogés et accusés de soutenir le terrorisme, simplement parce qu’ils ont apporté de l’aide aux personnes dans le besoin », a déploré la Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence. Ces entraves s’accompagnent souvent de campagnes de désinformation visant la communauté humanitaire, comme c’est le cas à l’heure actuelle en Haïti, dans les territoires palestiniens occupés ou au Yémen. Les exemples ne manquent pas, en effet. En République démocratique du Congo, la crédibilité de l’ONU a été minée par la circulation de fausses rumeurs à son encontre, au point que les relations de l’organisation avec les communautés locales sont désormais compliquées. Au Soudan, depuis avril 2023, des accusations sans fondement de partialité ont conduit à des attaques de travailleurs humanitaires à divers points de contrôle, ainsi que dans la capitale Khartoum. Un risque nouveau ? Dans le contexte actuel de forte réduction des budgets humanitaires, en raison notamment de la suspension, au mois de janvier, de la quasi-totalité de l’aide étrangère des États-Unis, Gilles Michaud a anticipé un nouveau danger potentiel. Selon lui, si l’ONU et ses partenaires sont contraints de réduire l’aide apportée, « les personnels humanitaires risquent de devenir la première cible du désespoir des populations ». Afin d’améliorer leur protection, M. Michaud a demandé à tous les États membres d’adhérer à la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, ainsi qu’à son protocole facultatif. Fort est cependant de constater qu’aucun nouveau pays n’a pris de mesures significatives pour adhérer au traité au cours des cinq dernières années. Des mesures concrètes De son côté, Joyce Msuya a appelé

Secteur manufacturier : L’activité maintient une dynamique positive à fin 2024

Secteur manufacturier : L’activité maintient une dynamique positive à fin 2024

L’activité du secteur manufacturier a poursuivi sa dynamique positive au terme de l’année 2024, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). Selon ce département relevant du ministère de l’Economie et des Finances, «la valeur ajoutée du secteur manufacturier s’est améliorée, en moyenne, de 4,2% au terme des neuf premiers mois de 2024, au lieu d’une hausse de 1,1% un an plus tôt». Cette progression s’explique par une accélération significative de la croissance observée au cours du troisième trimestre 2024 (+7,5%), suite à une augmentation de 2,9% au deuxième trimestre et de 2,1% au premier trimestre de la même année, a indiqué la DEPF dans sa note de conjoncture du mois de février 2025 (N°336). Selon la même source, cette évolution à fin septembre 2024 a bénéficié, d’une part, de la croissance, en moyenne, consolidée des valeurs ajoutées de la «fabrication de matériel de transport» (+15,2%) et de la «fabrication de produits chimiques» (+16,3%). Dans sa note, la Direction ajoute qu’elle est liée, d’autre part, à l’amélioration de la valeur ajoutée des branches de la «fabrication d’articles en caoutchouc et en matières plastiques, et autres produits minéraux non métalliques» (+3,2%), de la «fabrication de produits alimentaires et de boissons» (+1%), de la «fabrication d’ordinateurs, d’articles électroniques et optiques» (+23,7%) et de la «fabrication de produits métallurgiques de base et d’ouvrages en métaux, sauf machines et matériel» (+0,8%). Comme l’indique le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) qui a atteint 77,7% en moyenne durant l’année 2024, cette progression favorable se serait poursuivie au terme de l’année écoulée, réalisant ainsi un record par rapport aux dix-sept dernières années. Il est important de noter que le TUC s’est accru de 3,3 points en une année, après une progression de 2,1 points un an auparavant, d’après les derniers résultats de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib menée auprès des patrons opérant dans le secteur manufacturier. La DEPF rapporte dans la note de conjoncture que cet accroissement s’explique par le renforcement du TUC au niveau des industries «mécanique et métallurgie» (+10,3 points), «électrique et électronique» (+3,8 points) et «chimique et parachimique» (+3points). Les exportations du secteur manufacturier ont clôturé l’année 2024 sur une performance des expéditions de l’automobile de +6,3% avec un chiffre d’affaires à l’export record de 157,6 milliards de dirhams, a par ailleurs fait savoir la DEPF dans sa note. Selon la même source, la valeur des ventes des dérivés de phosphates à l’étranger s’est raffermie de 13,5% et celle de l’aéronautique de 14,9% ; tandis que la valeur ajoutée des exportations de l’électronique et électricité et de l’industrie alimentaire est restée quasiment stable par rapport à fin 2023 (+0,1%et -0,1% respectivement). Alain Bouithy

Le Cameroun enregistre une inflation de 4,5% en 2024

Le Cameroun enregistre une inflation de 4,5% en 2024

Avec un taux d’inflation de 4,5% en 2024, l’économie camerounaise continue de subir des pressions inflationnistes persistantes, bien que leur intensité ait diminué, selon un rapport publié vendredi par l’Institut national de la statistique du Cameroun. Cette tendance s’explique principalement par une hausse de 5,6% des prix des produits alimentaires et une augmentation de 12,3% des coûts de transport, fortement impactés par la hausse des prix des carburants en février 2024. Malgré une baisse par rapport à 2023, où l’inflation avait atteint 7,4%, le taux reste supérieur au seuil de 3% fixé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), regroupant le Cameroun, le Tchad, le Gabon, la Guinée-Équatoriale, la République centrafricaine et le Congo. Bien que le gouvernement camerounais vise à ramener le taux d’inflation à 4%, l’INS redoute la persistance des tensions inflationnistes. Ces inquiétudes sont notamment dues aux ajustements fiscaux prévus dans la loi de finances de l’Etat pour 2025 et à un éventuel réajustement à la hausse des prix de l’énergie, notamment les carburants, l’électricité et l’eau. Xinhua