
Une fresque aux accents contemporains
SERIE. Diffusé jeudi 19 février pour la première fois sur MBC5 à 20h15, le premier épisode de « Rass Jbel » lance officiellement une fresque produite par Cedars Art Production et Ali n’ Productions.
Réalisée par Ayoub Lahnoud et écrite par Basma El Hijri, l’œuvre s’appuie sur une cellule d’auteurs composée notamment de Mounia Magueri, Oussama Oussous, Adil Yachfine et Manal Khalou ; sous le regard des producteurs Rafic El Zein, Nabil Ayouch et Amine Benjelloun.
Portée par Assaad Bouab, Hiba Bennani, Nora Skalli, Amine Ennaji, Sahar Maataoui, Med Ghali Ahmamou, Oussama Bastaoui, Nasser Akabab, Salwa Zarhane, Fati El Jaouhari et Saad Mouaffak, cette adaptation marocaine d’un phénomène arabe s’inscrit dans une démarche de création exigeante et collective.
Adapter une série devenue culte dans tout le monde arabe représentait un défi de taille. Lorsque le producteur Rafic El Zein a souhaité développer une version marocaine, l’enjeu était clair : préserver le socle narratif tout en évitant la redite. L’équipe d’écriture a donc choisi de conserver les grandes lignes dramatiques et les dilemmes universels qui ont fait le succès de l’œuvre originale, tout en réinventant en profondeur la structure des intrigues et la trajectoire des personnages.
Le travail s’est concentré sur l’enrichissement des arcs narratifs. De nouvelles intrigues ont été créées pour chaque épisode afin de donner à la série une identité propre et une dynamique autonome. Plusieurs personnages ont été entièrement réécrits, d’autres supprimés lorsque leur présence ne faisait plus sens dans le contexte marocain. L’objectif était de construire des figures complexes, dotées de motivations claires, de valeurs parfois contradictoires et d’une véritable évolution dramatique sur la durée.
La marocanisation du récit s’est faite de manière organique. Les auteurs ont intégré des traditions locales, un rapport spécifique à la famille, à l’honneur et au regard social, tout en retirant certains éléments présents dans la version originale, notamment les logiques de clans armés et les zones de non droit. Le récit se recentre ainsi sur l’humain, sur les choix cornéliens et sur leurs conséquences irréversibles.
Dès les premières phases de développement, Ayoub Lahnoud a été impliqué dans le processus créatif. Cette collaboration en amont a permis d’assurer une cohérence entre l’écriture et la mise en scène. Le réalisateur a apporté son regard d’auteur, enrichissant la narration et donnant davantage de relief aux personnages et aux enjeux dramatiques. Ce dialogue constant entre scénaristes et réalisateur a structuré la série dès sa conception.
Un soin particulier a été apporté aux décors naturels et à la direction artistique. Les paysages marocains ont été pensés comme des espaces narratifs à part entière, évitant toute approche folklorique. L’esthétique générale, le choix des lieux et la construction visuelle contribuent à ancrer la série dans un contexte réaliste et incarné, où l’environnement participe activement à la dramaturgie.
La direction de casting a constitué une étape déterminante. Le choix d’Assaad Bouab pour incarner le protagoniste masculin répond à une volonté d’allier présence, complexité et intensité dramatique. Hiba Bennani s’impose comme une révélation, apportant à son personnage une profondeur émotionnelle saluée dès les premières projections.
Autour d’eux, Nora Skali, Amine Ennaji, Oussama Bastaoui, Nasser Akabab, Salwa Zarhane, Fati El Jaouhari, Saad Mouaffak, Sahar Maataoui et Med Ghali Ahmamou incarnent des figures qui dépassent l’écriture pour devenir pleinement vivantes à l’écran. Leur interprétation donne chair à des personnages aux trajectoires croisées, nourrissant la densité de la fresque.
Avec ce premier épisode, Rass Jbel ne se contente pas d’annoncer une adaptation. La série dévoile le résultat d’un travail collectif exigeant, où écriture, réalisation, production et interprétation ont été pensées dans une même dynamique de cohérence et d’authenticité.